Le Rousseau Show

rousseau1.jpg

Henri-Paul Rousseau est un redoutable professeur. Incollable, il maîtrise parfaitement son sujet et c’est un fabuleux communicateur. Il a donné aux résultats de la Caisse de dépôt et de placement une mise en contexte et une perspective qui manquaient lors de la présentation des états financiers de la Caisse. Mais comme tout bon prof, il a un petit côté donneur de leçon qui peut tomber sur les nerfs et une grande facilité de passer à côté de ce qui l’intéresse moins.

Côté bon professeur, il ne répètera jamais assez que 40 milliards de dollars ne se sont pas « envolés ». Cette somme n’est pas « perdue ». 57 % des pertes de 40 milliards de dollars s’expliquent par des provisions comptables. Cet argent, nous le reverrons probablement une fois que l’économie aura pris du mieux. La Caisse, parce qu’elle est considérée comme une société de placements plutôt qu’un gestionnaire de caisse de retraite, doit prendre des provisions plus élevées que les autres institutions comparables.

Les pertes sur les marchés boursiers sont aussi des pertes sur papier. Les marchés se sont écroulés partout au monde et les différents portefeuilles de la Caisse ont été frappés de plein fouet ET en même temps. Les cours reprendront du tonus un jour ou l’autre.

Aussi, il faudrait demander aux commentateurs politiques d’arrêter de nous parler des 40 milliards disparus. Non seulement ils ne sont pas disparus, mais les gestionnaires les plus futés, les plus malins, les plus devins n’auraient probablement pas fait mieux qu’une perte de 30 milliards de dollars en 2008. Henri-Paul Rousseau a raison de se défendre contre ceux qui lui attribuent tous les malheurs du monde, y compris la crise économique et financière mondiale. Il a le dos large, mais ne charrions pas.

Reste le fameux papier commercial. Les provisions de la Caisse attribuées en 2008 au papier commercial ne représentent que 10 % de la perte de 40 milliards, ou encore 40 % de la différence qu’on attribue entre le rendement moyen des caisses de retraite canadiennes et celui de la Caisse de dépôt. Henri-Paul Rousseau s’en attribue la responsabilité. «C’était une erreur d’en accumuler autant », a-t-il déclaré. Certains auraient aimé qu’il sorte le cilice et qu’il commence à s’auto-flageller, mais il a le bon sens de ne pas lire ou écouter certains commentateurs.

Son intervention a aussi eu le grand mérite de nous rappeler que la Caisse répond non pas au gouvernement ou à la ministre des Finances, mais à ses déposants. Ce sont eux qui lui fixent des cibles de rendement et qui établissent leur politique de gestion de fonds. Cela explique pourquoi certains ont bien fait et d’autres moins.

Par contre, Henri-Paul Rousseau joue dans la mélasse quand il essaie de justifier les rendements de la Caisse. Oui la Caisse a doublé sa taille de 2003 à 2007, mais ce sont les raisons qui lui ont permis de croître si rapidement qui expliquent sa déconvenue de 2008. A contrario, ne faisons pas l’erreur ne nous arrêter à la seule année 2008, sans tenir compte des années précédentes.

Les comparaisons avec les autres gestionnaires sont aussi boiteuses. Chaque gestionnaire a une année où il se plante plus que les autres. Un gestionnaire réputé de Montréal a affiché des résultats misérables pendant les années du boom des technos avant de jouer au prophète quand ces titres se sont écroulés. Pensez-vous que Teachers n’a pas manqué son coup avec la privatisation de BCE ? Warren Buffet a acheté des actions d’une pétrolière juste avant la chute du prix du pétrole. En 2008, la Caisse a subi sa propre « tempête parfaite ».

Ce sont là les risques d’un investisseur. De tous les investisseurs. Henri-Paul Rousseau aurait pu le reconnaître.

Photo : Ryan Remiorz / PC

Laisser un commentaire

C’était très intéressant sa conférence, et ses petites piques envers les « visionnaires » qui avaient tout prévu… mais qui, il y’a 6 mois ne disaient rien. J’espère que son remplaçant aura la même stature et surtout le « courage » de ne pas se laisser manipuler par nos chers petits, très petits politiciens.
Va peut être falloir que Legault et Mme change de disque, surtout qu’il commence à sérieusement être fatiguant.

Que c’est donc agréable d’apprendre qu’on s’est fait enc***r par un artiste, qui nous explique que nous avons joué un si beau rôle dont nous garderons le souvenir pour le reste de nos vieux jours, alors que lui, passé sa modeste prestation d’illusionniste, ira poursuivre discrètement ses rêves ailleurs…

Merci de sa reconnaissance ineffable.

Nous baisons humblement le bas de sa liquette de millionnaire.

Et nous en redemandons.

Si Rousseau était resté les deux mains sur le volant de la CDPQ, je le respecterais un peu plus….
Son départ inopportun sent mauvais.

Bonjour M.Duhamel le show passe par les papier commerciaux,l’achat immobilier à l’extérieur du pays,l’achat d’une couverture avec une assurance pour protéger les devises,et le mandat de caisse sur Jean Lesage en 1965 les deux missions première de la caisse qui on été amender en 2004 par une loi (baillon)et qui donne des missions autres que la mission fondatrice du départ en 1965 ce qui à produit beaucoup investissement (hors)Québec (hors)Canada,et (hors)pays.M Duhamel je ne peut plus regarder ma piscine elle est parti à l’extérieur du pays alors aucun contrôle pour la stabiliser car elle est partie.
Merci et bonne fin journée pense que j’ai besoin d’un bon café à matin.

PROVERBE RUSSE

Le succès a plusieurs pères
L’échec est orphelin.

Surtout au Québec….
———
En Chine, Rousseau serait un homme déjà mort
Au Japon, il se serait déjà fait harakiri
Au Québec, il a eu une prime de 400k

——–
Rousseau est venu mentir effrontément aux députés l’an dernier en affirmant qu’il n’allait perdre que 500 millions sur 13 milliards sur 155 milliards. Des pinottes. On est rendu à 5,5 milliards. Une petite erreur de 1100%, de 5 milliards.

Les PCAA étaient pour 30, 60 et 90 jours. Comment expliquer qu’il a continué à en acheter alors que le marché s’effondrait?

Comment expliquer qu’il a investi dans l’aéroport de Londres plutot que dans l’Alcan du Saguenay?

Comment expliquer que les dépenses n’ont cessé de monter alors qu’il devait couper après la période faste de son prédécesseur?

Comment expliquer qu’on a joué contre le dollar américain au point de perdre 9 milliards????

Combien d’employés ont gagné plus de 100k en 2007?

Qu’a-t-il fait entre son départ en mai et son arrivée chez Power en janvier?

Et tant d’autres questions?

Son discours était comme prévu, une session de relations publiques.
C’est à cause de la crise qu’il n’avait pas vu venir malgré qu’en juin 2007 le Washington Post avait décrit précisément cette crise.
« Perfect storm » « To big to bail »….quelques expressions pour assurer sa crédibilité….on aura compris tempête parfaite et trop gros pour renflouer.
Il a résumé ce que d’autres analystes ont expliqué avant lui.

Dans le fond, Rousseau a dit que ce n’était que des exercices comptables et donc on doit s’attendre vu que tout est sous contrôle à ce que le bon gouvernement n’augmente pas les taxes et impôts ou même les cotisations…..merci Henri!

Oh oui on oublie qu’Henri a accepté sa responsabilité ….vu que ce fut sous sa présidence que le PC Ha Ha ont été acheté….alors il n’a pas définit sa responsabilité…..était-il responsable vu son incompétence, était-il responsable de son manque de contrôle, était-il responsable d’avoir écouter les recommandations de Charest pour des profits en déréglementant en 2004….et donc il n’a pas précisé.
À une question précise sur les PC Ha Ha , il a répondu que c’était pour lui un mystère…..hey bin.
Toutefois, pour ne pas avoir terminé son mandat et être récupéré chez Power Paul, cela n’est pas un mystère.

« Son intervention a aussi eu le grand mérite de nous rappeler que la Caisse répond non pas au gouvernement ou à la ministre des Finances, mais à ses déposants. »

ET ces déposants répondent à qui? Franchement, tous les teindus libéraux aimeraient bien que leur bon gouvernement n’ait aucune responsabilité dans la C de D pour l’année 2008. Ils ne peuvent prendre la responsabilité que pour les bonnes années. Le fait que Charest et Jérôme-Forget aient ridiculisé leurs adversaires pendant les élections lorsque ceux-ci nous donnaient l’heure juste sur la C de D et sur la péréquation, ça se nomme comment, d’après vous?

je vous décris un extrait du discours inaugural de Charest le 4 juin 2003 : » » Nous allons évaluer la mission, le mandat et la gouvernance de la Caisse de dépôt afin que nous ne revivions plus jamais les pertes et les écarts que nous avons vécu au cours des dernières années » »
On se rends bien compte que Charest a tellement bien travaillé que les pertes, depuis son nouveau mandat sont une catastrophe nationale sans aucun responsable Wow!! quel beau travail
En plus lui, qui ne veut pas politiser la caisse a mis les deux mains dedans en changeant le mandat.