Le salut par les exportations

Quand Carlos Leitao présentera, mardi, sa mise à jour économique automnale, il parlera forcément d’une performance économique à la traîne. Il y a toutefois une lueur d’espoir dans cette conjoncture bien ombragée, dit Pierre Duhamel.

Blogue EconomieQuand Carlos Leitao présentera, mardi, sa mise à jour économique automnale, il parlera forcément d’une performance économique à la traîne, d’une création d’emploi trop faible et du vigoureux exercice de contrôle des dépenses en cours pour atteindre l’équilibre budgétaire.

Il y a toutefois une lueur d’espoir dans cette conjoncture bien ombragée. La baisse du dollar canadien semble avoir le même effet sur nos exportations que la nitroglycérine sur la maladie cardiaque !

Le phénomène n’est pas seulement québécois, car la hausse des exportations se ressent partout au pays et que le commerce extérieur a contribué pour le tiers de la hausse du PIB canadien au troisième trimestre. C’est beaucoup, et cela a permis à l’économie canadienne de croître de 2,8 % entre juin et septembre, une hausse plus forte que prévu.

L’économie québécoise terminera 2014 avec une croissance inférieure à l’économie canadienne, et cela devrait être aussi le cas en 2015. Mais la situation serait encore plus difficile sans le boum des exportations.

Selon EDC (Exportation et Développement Canada), les ventes du Québec à l’étranger ont augmenté de 8 % cette année et elles feront encore mieux en 2015, avec une hausse supplémentaire de 9 %.

Qu’est-ce qui alimente cette croissance ? Les exportations de bois, d’aluminium et du secteur de l’aérospatiale. Nos ventes de bois ont augmenté de 15 %, cette année, parce que la construction domiciliaire a repris du tonus aux États-Unis. Les constructeurs d’automobiles ont besoin d’aluminium parce que les consommateurs américains ont retrouvé le chemin des concessionnaires, et les ventes de tout ce qui touche à l’aérospatiale ont augmenté de plus de 10 % depuis deux ans.

Peter Hall, l’économiste en chef d’EDC, parle aussi de l’agroalimentaire. L’enrichissement des ménages des pays émergents a accru leur consommation de viande. Le potentiel est immense quand on sait que la classe moyenne chinoise grandit chaque année d’une population équivalente à toute la population canadienne.

Les Chinois pourraient augmenter de moitié leur consommation de porcs au cours des prochaines années et, d’après Peter Hall, «ils adorent nos aliments et leur haut niveau de qualité».

Nous devrions aussi tirer profit rapidement du futur traité de libre-échange avec l’Europe. «Nous ferons beaucoup mieux là-bas que les Européens sur notre propre marché», dit-il.

En ces temps où les gouvernements ralentissent le rythme de leurs dépenses et que les consommateurs sont prudents, les exportations sont encore plus stratégiques pour l’enrichissement de notre société.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Bonsoir,depuis 1976 les budgets du Quebec est fait en prevision du PIBet quand la prevision n’est pas la alors les depenses eux sont la voila pourquoi depuis 1976 notre dette monte et continue de monter 11 milliards de $$$$$$$$$$ juste pour payer les interets sur dette mais la dette demeure car l’argent neuf n’est pas la.
Voila pourquoi il faut faire des budgets en fonction du PIB pour que les depenses balance avec l’argent neuf,M.Duhamel 11 milliards$$$$$$$$$$$ que nos institutions de service auraient grandements besoin des budgets en fonction de l’argent neuf .
Bonne reflexion.ecris avec un pointeur lazer alors pas d’accent.

« Les Chinois pourraient augmenter de moitié leur consommation de porcs au cours des prochaines années et, d’après Peter Hall, «ils adorent nos aliments et leur haut niveau de qualité». » – Pierre Duhamel, L’actualité.

Je ne comprends pas cet argument… Le PM Couillard n’a-t-il pas essayé de leur en vendre lors de son dernier voyage en Chine. Cela a fait les manchettes pendant quelques jours. On disait même qu’il avait perdu la face…

@ Michèle Perron,

L’une des priorités de la Chine, c’est la sécurité alimentaire pour leurs habitants. C’est la raison pour laquelle les chinois achètent des terres agricoles dans diverses parties du monde, incluant le Québec (ce qui d’ailleurs rend plus cher l’accès à ces terres pour les agriculteurs d’ici en raison du prix). C’est pour cette même raison que les chinois investissent dans des porcheries, y compris ici.

À cet effet les exportations du Québec vers la Chine ont bondi de 132 % depuis 5 ans (2,6 milliards de dollars en 2013), la Chine est devenue en importance le deuxième marché le plus important au Québec pour ses exportations. Celles du porc y sont un peu pour quelques choses.

Toutefois, vous avez raison sur le point que vous soulevez, si vous considérez que 60 % du porc québécois va à l’exportation, les exportations vers la Chine sont sous-pondérées par comparaison avec d’autres pays du monde. En 2012, les exportations du porc vers la Chine représentaient 3 %, celles vers Hong Kong étaient de 3 % également et celle vers le Japon de 27 %.

C’est la raison pour laquelle monsieur Couillard voudrait accroître les exportations porcines vers ce pays. Il est possible comme le précise Pierre Duhamel que la baisse de la valeur du huard ait une influence positive pour exporter plus de porc. Mais ce n’est pas une certitude car les chinois préfèrent d’autres viandes comme le bœuf par exemple et s’ils apprêtent du porc, c’est simplement parce que c’est sur leur marché la viande la moins cher.

Ainsi pour accroître encore le volume de ses exportations agricoles vers la Chine, le Québec devrait-il d’abord abaisser significativement ses coûts de production. Hors en matière d’élevage porcin, abaisser les coûts signifie des porcs toujours plus gros, des porcheries toujours plus grosses et des dégâts pour nos lacs et nos cours d’eau (en raison des déversements « accidentels » de lisiers) qui sont aussi plus gros.

Montée de l’Indépendance énergétique des États-Unis et diminution de ses importations pétrolières, baisse consécutive du prix du pétrole et baisse du dollar canadien.
Merci aux producteurs de gaz de schiste!

…et si nos clients extérieurs faisaient exactement ce que propose nos gauchistes étatiques à courte vue (très!!!) et qu’ils achetaient « local » et « du terroir »?

Bye-bye nos exportations…

On vend 2,6 milliards aux Chinois qui nous vendent pour 8,5 milliards de cossins. Bonne chance au terroir.
Le Québec est dans le rouge avec presque tous les pays de la planète.
Bien des raisons mais la principale c’est qu’ici c’est un jeu d’enfants d’importer alors qu’ailleurs il y a plein de barrières.

Il y a autant sinon plus de barrières tarifaires ici qu’il y en a ailleurs dans le monde.

La raison pour laquelle nous achetons certains produits ailleurs est qu’il nous en coûte beaucoup trop cher ici pour les manufacturer à cause des taxes et des impôts trop élevés et des lois pro-syndicales qui nuisent à l’économie. En plus, on a le PQ…

« En plus, on a le PQ… » – Je comprends la partisanerie, mais la vous sombrez carrement dans la derision. Le PQ a ete au pouvoir pendant 19 mois au cours 11.75 dernieres annees. Si le PLQ n’a rien pu faire concernant les problemes que vous soulevez, ce ne peut pas etre exclusivement la faute du PQ.

Erreur… L’ombre du séparatisme que fait peser le PQ sur l’économie québécoise est bel et bien présent en permanence et nuit grandement au Québec.

Les déclarations incendiaires, les lois scandaleusement pro-syndicales, la « piasse » du Québec, les prises de position anticapitalistes, les querelles incessantes avec le fédéral (le Canada est l’un des 2 ou 3 pays les plus admirés dans le monde!) et j’en passe, et ce, même d’un parti politique qui est dans l’opposition mais qui peut prendre le pouvoir à n’importe quel moment finissent par hérisser grandement les investisseurs autant que les importateurs et ceux-ci décident d’aller voir ailleurs à moins que le Québec ne les subventionne outrageusement. Ce qu’il est obligé de faire actuellement.

Je suis assuré que lorsque le PQ aura disparu de notre vie politique (ce n’est qu’une question de temps…), nous pourrons alors récolter les fruits de notre solide appartenance à l’un des pays les plus admirés de la planète.

Et pour en revenir au noeud du probleme – il est tout aussi farfelu de croire que les taxes et les impots au Quebec sont en cause dans l’absence de production des produits bons marches que nous importons. Je vous invite a lire David Ricardo et ses avantages comparatifs pour une explication simpliste a la vision simpliste que vous proposez.

Est-ce que David Ricardo a expliqué comment il se fait que plus de 70% des usines de la production des produits bon marché ont décidé de foutre le camp ailleurs?… C’est ce que je pensais…

Foutaise ton affaire!

Si les gauchistes achetaient tout leur pétrole du terroir nous n’aurions pas de déficit commercial et Bye-bye nos importations.

Qu’est que le dogme du libéralisme peut faire dire et écrire!

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C’est à cause de la diminution du mal hollandais que l’on exporte plus, c’est-à-dire la baisse du dollar.