Le scénario japonais

Je ne crois pas que la crise actuelle sera aussi dramatique que celle qui a suivi le krach boursier de 1929. Mais elle pourrait être très longue, un peu sur le modèle de la dépression qui a paralysé l’économie japonaise pendant les années 1990.

On parle en effet de dépression pour décrire la situation du Japon de la décennie précédente. Contrairement à la Grande dépression des années 1930 aux États-Unis, il n’y a avait pas de file pour les soupes populaires ni des millions d’indigents qui croupissaient dans la misère. En 1930, l’économie mondiale s’est affaissée. Le marché boursier avait perdu 80 % de sa valeur, presque 50 % des banques avaient fait faillite et leurs déposants avaient été ruinés. Le taux de chômage avait atteint 25 % et l’économie était en recul de 30 %. De 30 % !

Une crise d’une telle envergure est inconcevable aujourd’hui. D’abord, les dépôts bancaires sont assurés par le gouvernement. La faillite d’une banque ne signifie plus automatiquement celle de ses clients. La protection est de 100 000 dollars au Canada, mais elle sera bientôt portée à 250 000 dollars aux États-Unis. De plus, en 1930, il n’y avait pas d’assurance-chômage, d’aide sociale et d’assurance-maladie. Les conditions matérielles dans lesquelles les gens vivent ont aussi considérablement changé. Il faut néanmoins admettre, que sans être aussi dramatique, une récession, surtout longue, rendra les conditions de vie plus difficiles pour beaucoup de monde.

Revenons à la dépression « light » du Japon. On parle d’une dépression, parce que cette récession était interminable. Une récession dure en moyenne 10 mois, celle-là a duré 10 ans. Pendant toutes ces années, la croissance économique faisait des petits pas en avant et des tous petits pas en arrière. Une année, on affichait une croissance économique de 1 %, l’autre année on reculait de 0,5 %. C’était comme si l’économie avait intégré le cérémonial du thé, tout en douceur et en finesse.

Le taux de chômage a atteint un niveau désastreux… pour le Japon. Imaginez la catastrophe : 3,3 % ! Mais tout est relatif en économie et ce niveau était inacceptable. Retenons toutefois que les déficits budgétaires ont explosé, que l’endettement du pays s’est considérablement accru, que le yen a pris une débarque et que même le taux directeur de 0,5 % de la Banque du Japon n’a pas réussi à faire redémarrer le moteur nippon.

Voilà donc, en ce 7 octobre, le type de scénario que j’imagine pour les pays occidentaux. Les gouvernements sont devenus hyperactifs et tentent à tout prix – c’est le cas de le dire – d’éviter l’effondrement des institutions financières. C’est la grande leçon apprise des années 1930. Les choses finiront par se temporiser sur ce front.

Reste que le niveau d’endettement des consommateurs est trop élevé pour soutenir une économie vacillante. Juste dans le secteur de l’immobilier américain, il faudra des années au marché pour absorber les nouvelles constructions et faire en sorte que la valeur des résidences reparte à la hausse. Il faudra aussi du temps pour récupérer les billions de dollars perdus sur les marchés financiers.

Préparez-vous donc, car la convalescence sera longue.

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Moi aussi je crois que la crise est nettement exagérée. La bourse grossit tout et là elle capote. C’est le meilleur temps pour acheter. Regardez Buffet qui vient de mettre 3 milliards sur GE. Il a perdu 450 millions en une semaine. Don’t care. Il sait que ca va remonter.

Quelqu’un qui a acheté juste après le 11 sept a fait 100% à l’été 2007 sur un fonds pépère, ultrapépère de fonds de divididendes canadiennes, pour un rendement annuel de 16%. Evidemment, fallait vendre là parce que depuis vous avez perdu 25% sur votre fonds.

Là c’est le temps idéal pour acheter. Tout est en vente. Quelqu’un qui a embarqué hier à Toronto, va doubler son investissement d’ici 5 à 10 ans. Mais si vous êtes embarqué au top l’an passé, vous allez devoir attendre 2 à 3 ans pour récupérer vos billes. Ca me fait toujours rire d’entendre les vendeux de fonds dirent qu’il faut rester dans le marché! C’est la méthode pour faire du 8% au lieu d’en faire le double.
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Je suis passé à Tout le monde en parle dimanche!

Guy A qui demande si c’est la fin de l’Empire américain? Et Vézina de lui répondre que c’est la fin de l’American Dream, l’espoir qu’en travaillant fort et en étudiant fort, on va pouvoir s’acheter une maison avec un garage et piscine.
Aille, ça fait des mois que je parle de celà icite!
Ma blonde m’a dit de rester modeste…

Je n’ai jamais entendu parler de la « fin des USA ».

Par contre, avec l’émergence d’autres forces économiques, plusieurs spécialistes annoncent le déclin de l’hégémonie des États-Unis.

Les mots ne signifient pas n’importe quoi.

Quelqu’un disait que c’était les « gros » investisseurs qui liquidaient leurs actions sur les bourses du monde.

Est-ce pour créer un vent de panique afin que les moyens et plus petits investisseurs fassent de même, pour ensuite racheter à vil prix les actions de ces gens ruinés, afin de recommencer le cycle?

Greed is good! 👿

Est-ce qu’il y a un pro américain obsessif ici qui sait faire la différence entre déclin et déchéance, déclin et fin, déclin et chaos.

À part quelques obsédés anti-américain, bien sûr, on entend toujours parler de déclin des USA et non la fin.

Déclin ça veux dire que leur poids économique relatif n’est plus le même, déclin ça veux dire que leur poids politique n’est plus le même.

Ils sont encore les plus gros, les plus forts, les plus puissant (la preuve, leur crise frappe soudainement toute la planète), ils sont probablement les mieux outillés pour faire face à la prochaine crise mais ils n’ont plus 1000 pieds d’avance sur leurs plus proches concurrents. Les poursuivant se rapproche tranquillement.

Ce n’est pas parce qu’ils sont en déclin, qu’ils vont sombrer dans la barbarie pendant des siècles comme l’on fait les Romains.

Ça veux juste dire qu’à cause de la guerre en Irak entre autre, ils font moins peur qu’avant. Que grâce à la mondialisation, ils ne sont plus le seul centre économique mondial. Que grâce aux avancés technologiques, l’éducation et la connaissance se répandent partout sur la planète, ce n’est plus autant un luxe de pays riche.

Bref, déclin n’égale pas la fin.

À l’été 2007 je disais ici que sa pue, ça sent le tsunami. Et voilà il est là. Mais on se relève toujours d’un tsunami. Combien de temps?

Les consommateurs, mêmes moins endettés, pourraient difficilement doper l’économie. Leurs produits de base en grand volume ne sont plus fabriqués aux USA. Même l’industrie de l’automobile grand créateur d’emploi est se meurt et ne peut plus vivre de ses propres moyens.

C’est fini, ils ne seront plus jamais les champions de tout comme jadis. Avec la mondialisation même de très petits pays auront leur mot à dire et apporteront leur contribution. Les communications diffusent le savoir et les plus pauvres en profitent déjà.

Gérald Larose a dit un jour « La mondialisation ce sera aussi la mondialisation de pauvreté. » Nous y assistons. Ce sera aussi le partage des richesses.

Les pays qui se sont fait voler leurs terres pour la production de nos fruits, les récupéreront et les mettrons à profit pour eux.

Les USA auront de l’eau jusqu’au cou et nous en auront certainement par-dessus les bottines.

Bref ce ne sont pas seulement les USA qui devront se recycler, mais la planète entière et ce sera longs, très longs.

Dans quelques semaines, voire quelques jours, les États-Unis ne pourront non plus acheter le Japon…

@David Gagnon

« Dans les années 80 on disait que le Japon allait acheter les USA… »

Ça doit bien faire 300 fois que je la lis celle-là.

Et là, je pose la question en toute ignorance. Toute proportion gardé, est-ce qu’à l’époque, les japonnais « possédait » plus les USA que la Chine d’aujourd’hui.

Et est-ce une fausse impression ou aujourd’hui, en plus de la Chine, il y a le Moyen-Orient, entre-autre qui possède de grosses actifs aux USA, ce qui pourrait laissé croire que les USA se possède moins qu’avant? bref, est-ce que leur actif à l’étranger est plus grand que l’actif étranger chez-eux?

Ce n’est peut-être plus le Japon qui est en-train d’acheter les USA mais le monde.

« Ce n’est peut-être plus le Japon qui est en-train d’acheter les USA mais le monde. » (Etienne)

Et il y en a déjà un bon bout d’acheté.

Effectivement on parle du DÉCLIN des États-Unis et de la CHUTE de l’Empire américain.

Hier, Obama soulignait que sous Bush on est passé d’un surplus budgétaire de 250 milliards à un déficit de 500 milliards, d’une dette de 5 trillions à 10 trillions! Si c’est pas le signe d’un déclin, what is it?

Pendant ce temps, on trouve en Asie les 3 plus hauts buildings au monde, ils nous arrachent les Grands Prix, la Chine a un énorme surplus commercial, gagne les Jo et envoie un homme dans l’espace.

Le 21e siècle sera chinois. Mettez vos enfants au mandarin au plus sacrant. Tout de suite après l’anglais….

La dette des USA, n’en déplaise à la gauche, est moins élevé par rapport a son PIB que la dette de l’Europe.

Comparer des valeurs absolues n’est pas utile. Une dette de 1000$ pour une personne avec un salaire de 20 000$ ce n’est pas la même chose qu’une dette de 1000$ pour une personne qui gagne 200 000$.

Si les USA sont en déclin, alors ça veut dire que l’Europe est sur le chemin de la destruction.

@ Yvon Fleurent:

Les faits ne mentent pas, les faits montre que c’est toi qui a tort sur la mondialisation:

http://www.antagoniste.net/?p=3962