Le smoked meat québécois fait craquer New York !

Noah Bermanoff a transplanté un peu de son quartier d’origine, le Mile End de Montréal, à Brooklyn. Au menu de son miniresto, qui fait fureur : smoked meat, bagels et autres saveurs du terroir… comme la poutine.

Le smoked meat québécois fait craquer New York !
Photos : Daniel Krieger

Dans une jolie rue de Brooklyn, la même scène se répète tous les jours. Des New-Yorkais s’entassent dans un minuscule restaurant, assis coude à coude avec des inconnus autour de tables faites de planches de pistes de quilles recyclées, encombrées d’assiettes de smoked meat, de poutine et d’autres spécialités bien québécoises.

Le responsable de toute cette agitation, c’est Noah Bermanoff, jeune homme de 28 ans originaire de Dollard-des-Ormeaux, qui, il y a quelques mois à peine, ne connaissait rien à l’industrie de la restauration. Le Mile End Delicatessen, c’est son idée, son restaurant.

Il s’est installé à New York il y a trois ans, après avoir quitté la métropole québé­coise pour vivre avec son amoureuse, mais aussi pour étudier le droit. À mi-chemin de ses études, il a abandonné. « Je me suis rendu compte que le travail d’avocat ne me rendrait pas heureux », explique-t-il.

Ce qui allait le rendre heureux, c’était une des seules choses qu’il n’arrivait pas à trouver dans sa ville d’adoption. Les New-Yorkais ont leur pastrami, les Mont­réalais, eux, leur smoked meat. Deux plats cousins, mais différents. On dit de la viande fumée québécoise qu’elle a un goût moins piquant.

C’est ainsi qu’il s’est mis en tête de transplanter quelques mètres carrés du Mile End de Montréal à Brooklyn. « Pendant un an et demi, dit Bermanoff, j’ai élaboré ma recette. Les saveurs, le mélange d’épices, la durée de vieillissement de la viande, j’ai tout testé. Je faisais fumer ma viande sur mon toit. »

Le résultat : un hommage à la plus pure tradition du smoked meat montréalais présenté, depuis le 25 janvier, dans un décor néo-rétro qui allie le branché au classique. Et en plat d’accompagnement, les New-Yorkais découvrent aussi le grand incontournable de la tradition culinaire québécoise. « Des frites, de la sauce et du fromage : c’est surprenant, mais c’est bon », dit une jeune Américaine en plein baptême de la poutine.

Le Mile End Delicatessen ne saurait être digne de son nom sans la spécialité de son quartier éponyme. Ainsi, chaque samedi, les bagels de la rue Saint-Viateur parcourent plus de 600 km avant de faire les délices des New-Yorkais.

Le petit restaurant de Noah Bermanoff est situé un peu en marge d’un des quartiers les plus courus de Brooklyn. La concurrence y est féroce. Malgré cela, le Montréalais a su se faire remarquer. En quelques semaines, presque tous les grands journaux et magazines de la ville lui ont consacré quelques lignes. Le critique du magazine Saveur a même décrit son repas au Mile End Delicatessen comme un moment de « bonheur en concentré ». Le succès a été instantané. « Je ne m’y attendais pas du tout, dit le propriétaire. C’est incroyable, on n’a même pas fait de publicité. »

Depuis, chaque jour, le restaurant est pris d’assaut. Noah Bermanoff recourt à la technologie pour que ses clients ne se déplacent pas en vain : « 29 mai, 12 h 36, nous n’avons plus de viande », écrit-il dans Twitter. Signe qui en dit long, il doit envoyer de tels messages de plus en plus souvent.