Le sud sans tout compris

Entre le condo loué, la petite auberge et le tout compris, votre portefeuille balance ? Suivez le guide !

Photo: Chris Cheadle/Corbis

Après quelques séjours dans des tout compris, ces complexes de villégiature où on dort, mange et se divertit à prix fixe, Marie-Pierre Bouchard en a eu assez de se faufiler sur des plages surencombrées, de manger à heures fixes au buffet, de côtoyer des pochtrons accoudés au bar de la piscine dès 9 h du matin.

« Bien sûr, les tout compris ne sont pas tous comme ça, dit-elle. Mais je n’aime pas me faire servir et être traitée comme une prin­cesse plus d’un jour ou deux », dit cette recherchiste montréalaise, en couple et mère de deux jeunes enfants.

Sur la recommandation d’amis, Marie-Pierre Bouchard a successivement loué une villa puis un condo en bord de mer, dans les environs de Cabarete, en République dominicaine. Et elle a adoré. « Quand tu loues une propriété, tu es maître des lieux et de ton temps, dit-elle. Et puis, tu as généralement plus d’espace qu’à l’hôtel. »

C’est pour ces mêmes raisons que Robert Gadoury préfère désormais louer une propriété dans le Sud. Lors d’un séjour familial en forfait tout compris à Puerto Vallarta, il y a quelques années, ce retraité de 58 ans a repéré un complexe de condos avec cuisinette au bord de la mer… où il est revenu séjourner l’année suivante.

« J’aime avoir le choix d’aller prendre une bière avec les Mexicains, de manger dans la rue ou de cuisiner au condo », dit-il. Coût du séjour : environ 6 500 dollars pour deux semaines, pour une famille de quatre, avion et repas compris, durant les vacances de Noël. Soit l’équi­valent de certains voyages forfaitaires de qualité semblable en cette période de l’année.

La location de propriétés et les séjours dans de petits établissements indépendants gagnent en popularité dans le Sud, qu’on planifie nos vacances ou qu’on parte sur un coup de tête.

C’est ainsi que procède Patrice Francœur, directeur artistique dans la quarantaine : abonné aux infolettres des transporteurs aériens, il attend une offre du tonnerre pour acheter son billet d’avion, avant de naviguer sur Internet à la recherche d’une chambre.

L’an dernier, il est ainsi parti seul à Isla Mujeres, au Mexique, pour une semaine dans un petit hôtel, où il a négocié à la baisse le prix de sa chambre (de 139 à 89 dollars la nuit). Son séjour a coûté 1 600 dollars, avion et repas compris. « Midi et soir, je mangeais dans des restos, tous très bons », dit-il.

D’autres préfèrent orga­niser leur séjour, puis réserver leur vol. Pour son voyage de deux semaines en famille au Costa Rica, avec séjour partiel en bord de mer, Nathalie Lassonde, de Boucherville, a ainsi fait affaire avec un organisateur de voyages réceptif, Imagenes Tropicales. Coût pour quatre, excursions comprises, mais épi­cerie et restos exclus : 4 700 dollars, avec des billets d’avion achetés au moyen de milles aériens.

Évidemment, beaucoup de ces options sont plus coûteuses qu’un forfait tout compris, souvent offert à partir de 800 dollars par semaine. Mais certaines destinations proposent de l’hébergement à prix vraiment modique.

C’est le cas des casas particulares cubaines (particuba.net), ces gîtes chez l’habitant à compter de 15 dollars la nuit (pour deux), mais aussi des cabañas, ces mignonnes maisonnettes mexicaines en bord de mer, qu’on trouve notamment dans des agences de voyages en ligne, comme Expedia (expedia.ca).

L’achat d’un bon guide touristique (Guide du routard ou, pour les ultra-fauchés, Let’s Go) avant le départ peut aider à éviter les mauvaises surprises. Les indécis peuvent aussi glaner de l’information dans les guides généraux que publient Rough Guides et Lonely Planet, pour la zone caraïbe.

Internet compte aussi de nombreux sites communautaires où sont ras­semblés les commentaires de milliers de voyageurs, comme IgoUgo (igougo.com) ou TripAdvisor (tripadvisor.com), même si l’intégrité de ce dernier a parfois été mise en doute (hôteliers qui vantaient eux-mêmes leur hôtel, gens qui auraient bénéficié d’avan­tages en échange de commentaires élogieux). Sur Oyster.com, la section « photos fakeout » permet de repla­cer dans son contexte  réel une photo trompeuse diffusée sur le site d’un établissement.

Malheureusement, l’équivalent n’existe pas pour la location d’une propriété, comme l’a appris à ses dépens Nathalie Lassonde, qui a traité avec Homelidays, un site englobant une centaine de pays. « Sur la photo, la maison avait l’air bien, mais sur place, elle était sale et sentait l’humi­dité, dit-elle. En outre, il fallait laisser un dépôt de 800 euros, qui n’était remboursé que deux mois plus tard, bien après notre retour au Québec. »

Pour louer une propriété dans le Sud, bien des voyageurs ne jurent que par VRBO.com, fr.airbnb.com et Wimdu.fr, des services de location entre particuliers, où tant les photos que les commentaires abondent. « Avec VRBO, on peut négocier de gré à gré avec le propriétaire, dit Robert Gadoury. Et même si on peut avoir des appréhensions à envoyer son argent à des inconnus, on a tôt fait de vouloir renouveler l’expé­rience dès qu’on voit que ça fonctionne bien. »

Ceux qui craignent de réserver leur hôtel sur Internet ont avantage à confier cette démarche à une agence de voyages. Moyennant certains frais, ils seront admissibles au Fonds d’indem­nisation des clients des agents de voyages si la prestation n’est pas rendue. L’agence doit posséder un permis au Québec, ce qu’on peut vérifier sur le site de l’Office de la protection du consommateur.

 

 

Airbnd : 200 000 propriétés dans 192 pays, de 6 à 12 % de commission prélevée sur le prix de location. Paiement encaissé une fois arrivé sur place.

VRBO : 190 000 propriétés à louer dans 100 pays, aucun frais, garantie de remboursement jusqu’à 10 000 $.

Wimdu : 50 000 propriétés partout dans le monde vérifiées par l’entreprise et évaluées par les usagers. Assurance jusqu’à concurrence de 500 000 euros couvrant les dommages faits par le locataire ou quelqu’un qui l’accompagne. Paiement prélevé une fois sur place.

Hotels.com : 130 000 établissements disponibles à travers le monde.

Couchsurfing.org : communauté de 4 millions de membres qui acceptent de recevoir gratuitement un autre membre chez eux.

Bed y casa : site regroupant des appartements, des chambres d’hôte et du logement chez l’habitant, partout dans le monde.

OnTheFly (www.itasoftware.com): une application pour téléphone qui permet de magasiner un billet d’avion à bas prix, notamment grâce à un outil qui repère les meilleurs tarifs disponibles sur une période de 30 jours.

Kayak et Hipmunk : des métamoteurs de recherche qui passent au crible d’autres moteurs de recherche pour trouver des billets d’avion à bas prix.

YUL Deals : un site qui propose des billets d’avion à des tarifs à tout casser, au départ de Montréal.