Le traité de libre-échange a-t-il bien servi le Canada ?

Il y a 25 ans, le Canada et les États-Unis signaient un traité de libre-échange afin de favoriser le commerce entre les deux pays. Hier dans le Globe And Mail, Jim Stanford, économiste chez les Travailleurs unis de l’automobile, affirmait que le traité a mal servi le Canada et qu’il a nuit à son économie. Un quart de siècle plus tard, la polémique se poursuit donc.

Jim Stanford constate que la balance commerciale du Canada est négative et que nous n’exportons pas plus en proportion de la taille de notre économie qu’il y a 25 ans. Nous exportons dorénavant des matières premières alors que nous vendions à nos voisins surtout des biens manufacturiers. Notre part du marché américain a diminué depuis 25 ans, notre productivité a décru et le revenu médian des familles canadiennes n’a pas augmenté, une fois qu’on tient compte de l’inflation.

Bref, ce traité n’aurait rien donné de bon au Canada, tout en assurant aux Américains un accès à nos ressources énergétiques. Pire, tous les problèmes économiques du pays s’expliqueraient par la signature de ce seul traité.

Les syndicats n’ont jamais digéré le traité de libre-échange. Ils promettaient à l’époque les pires calamités, à commencer par la disparition des politiques sociales canadiennes. On attend encore… Je ne suis donc pas surpris des conclusions de Jim Stanford. Ce qui m’étonne toujours, c’est quand on essaie d’expliquer la réalité à partir d’un seul facteur. L’économie est un organisme trop complexe pour qu’on puisse l’analyser à partir d’une simple variable et sans tenir compte des époques et de leur conjoncture particulière.

Oui, le Canada exporte trop peu de marchandises aux États-Unis. Cela s’explique par au moins trois facteurs qui n’ont aucun rapport avec le traité de libre-échange : la faible productivité de nos entreprises manufacturières (on investit peu et on vend trop cher), les difficultés propres de l’économie américaine et l’endettement de ses consommateurs (ils achètent moins) et la montée en puissance de la Chine et des autres pays émergents (des concurrents vendent moins cher à un client plus pauvre). Le Traité de libre-échange, et l’ALÉNA après lui, garantissent un accès au marché, pas la conclusion d’une vente !

Les problèmes manufacturiers canadiens ne sont pas causés et leur origine ne dépend pas des traités commerciaux. À preuve, entre 1994 et 2002, le secteur manufacturier canadien a créé plus d’un demi-million d’emplois supplémentaires, à l’opposé de tout ce que l’on observait dans les autres pays industrialisés. L’ALÉNA facilitait certes l’accès au marché américain, mais d’abord et avant tout, un dollar canadien à 62 cents rendait nos entreprises très concurrentielles.

Ce huard maigrichon masquait les problèmes de fond qui commençaient à miner le secteur manufacturier. Quand le gouvernement canadien a mis de l’ordre dans les finances publiques, le dollar a commencé à s’apprécier et cela a causé de graves problèmes à nos exportateurs. Plusieurs des emplois industriels créés pendant les années 1990 ont disparu. L’ALÉNA n’est donc pas à la source des déboires de nos manufacturiers.

On vend trop de pétrole aux Américains ? Il faut voir dans la hausse des exportations d’hydrocarbures un phénomène mondial qui dépasse totalement le cadre de l’ALÉNA. Le monde a besoin d’énergie et les prix montent, ce qui en retour rend l’exploitation du pétrole canadien non traditionnel plus rentable. Du reste, cet avantage est strictement conjoncturel, car le développement de pétrole de schiste dans les États américains risquent de changer la donne au cours des prochaines année, de la même façon que les sables bitumineux et le gaz de schiste bouleversent le marché.

Pressé de répéter la position traditionnelle des syndicats face au libre-échange. Jim Stanford a juste oublié de parler du dollar, du pétrole, de la Chine et de la crise économique. Voilà quelques oublis fâcheux.

L’ALÉNA a plutôt bien servi le Canada. Ce traité facilite les échanges, il ne les créé pas. Il est devenu le modèle qui permet au Canada et au Québec de négocier des ententes commerciales, dont celle en cours avec l’Europe et qui a l’appui des trois grands partis à l’Assemblée nationale. Le commerce enrichit les peuples, les traités créent des conditions favorables aux transactions.

 

17 commentaires
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L’ALENA a vu le jour grâce aux québécois. Ce sera la même chose pour le traité de libre-échange avec l’europe. Le Québec a tout ce qu’il faut pour tirer son épingle du jeu dans le monde en tant que pays souverain. Pourquoi se contenter d’être une simple province?

@seb

Même si l’Alena a vu le jour grâce aux québécois au sein du canada, ça ne veut pas dire que le québec seul en aurait fait autant.

Ce qui compte dans la balance c’est le marché canadien dans sont ensemble, plus lourd et plus vaste que le seul marché québécois. Et puis si le québec arrive à pousser pour faire signer ces traités au sein du canada, c’est bien un bon exemple que le fédéralisme fonctionne et nous sert bien.

On est en train de péter une méchante baloune parce que ca fait 25 ans qu’on nous remplit avec ce maudit traité. Tout le Québec inc a mordu à l’appat de Mulroney. Même Bernie.

J’ai entendu Gérald (celui qui a gagné un prix de journalisme d’économie pour des raisons que j’ignore) dire une fois que le traité de libre-échange avait créé 3 millions de jobs au Canada et… 8 millions aux USA.

Si quelqu’un pouvait vérifier ce chiffre qui résume bien comment on s’est fait avoir avec ce foutu traité.

Le traité de libre échange a aussi permis au Canada de contrôler le prix et l’inflation de certains biens à la consommation comme les automobiles importés des états unis, les produits industriels fabriqué aux états unis et les biens agricoles…

Sans parler de revenus, le coût de la vie au Canada reste plutôt agréable en regard des revenus et les canadiens disposent d’un excellent pouvoir d’achat, surtout comparé à plusieurs partenaires / concurrents à l’échelle mondiale.

(1) Theme: Au dela de l’homme de paille

« Les syndicats n’ont jamais digéré le traité de libre-échange. Ils promettaient à l’époque les pires calamités »

Au dela de l’hommes de paille … et des propos ici et la sur les syndicats ….

25 ans plus tard, le point n’est pas de determiner si oui ou non ca donner rien de bon au Canada ou que tous les problemes viennent de la … mais de regarder en details en regard des objectifs de depart dans quelle mesure le deal fait ce qu’on lui avait demande ?

Ca serait pas cela une demarche rigoureuse d’un analyste ?

Je suis pas economiste, ni blogueux, ni penseur universel … mais il me semble que le premier truc qu’on evoque quand on parle de traite de libre echange c’est l’acces a des marches nouveaux et favoriser l’exportation. C’est essentiellement cela.

Moi quand on me dit (meme si c’est un syndicaliste ou pierrejeanjacques …) …

« Jim Stanford constate que la balance commerciale du Canada est négative et que nous n’exportons pas plus en proportion de la taille de notre économie qu’il y a 25 ans. Nous exportons dorénavant des matières premières alors que nous vendions à nos voisins surtout des biens manufacturiers. Notre part du marché américain a diminué depuis 25 ans, notre productivité a décru et le revenu médian des familles canadiennes n’a pas augmenté, une fois qu’on tient compte de l’inflation »

Je me dit qu’on devrait tout de meme aller dans le details pour analyser le deal en question … car le fait que la part de marche americain a diminue depuis 25 et qu’on exporte pas plus en regard de la taille de l’economie sont des aspects qui me semblent centraux …

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(2) Theme: les conditions gagnantes

« Cela s’explique par au moins trois facteurs qui n’ont aucun rapport avec le traité de libre-échange »

Dans le fond vous etes vous meme en train de demontrer qu’en regard des exportations ils y a trois facteurs qui semblent dominer le probleme peu importe que nous ayons un traite de libre echange ou non et font en sorte que le deal n’a pas rempli son role …

Pourquoi mettre en place un deal il y a 25 ans quand les conditions pour en tirer parti n’etait manifestement pas au rendez vous au niveau des exportations ?

Aussi aurait-il mieux fallut s’attarder a ces trois facteurs plutot que de mettre en place un deal qui ne pouvait pas remplir ses promesses en regard de ces trois facteurs ?

Pourquoi les analystes au moment du deal n’ont pas vu que les conditions pour en tirer parti n’etaiten pas en place ? Si on le voyait pas que ces trois facteurs etaient un probleme comment me fier a leur analyse maintenant ?

Si on le voyait que ces trois facteurs etaient un probleme pourquoi avoir soutenu un deal alors que les conditions pour en tirer parti sont pas la ?

Dans le futur serez vous capable de reconnaitre les facteurs qui pourraient faire en sorte qu’un traite de libre echange livre pas ses promesses ?

ou c’est une science qui fonctionne seulement apres coup … et que dans le fond on prefere l’idee d’un traite peu importe les circonstance meme quand on sait qu’on en tirera pas les benefices predits.

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(3) Theme: Le futur

Moi ce qui m’intquiete c’est de voir des analystes incapables de veritablement analyser si le deal est bon en ce qui concerne le Canada et les Etats-Unis … parfois on est tellement dans notre ideologie qu’on veut sauver l’idee meme du traite sans veritablement reflechir si celui ci a livre ce que l’on avait etablit comme objectif.

Et on va proceder de la meme maniere avec l’Europe …

Certains veulent conclure un deal peu importe le details … ca fait parti de leur ideologie, leur heritage politique pour certains, d’autres comme negociateur auront leur ego ….

Mais le courage ca serait aussi d’etre capable de dire non a un deal dans un contexte ou les conditions pour en profiter ne serait pas la.

Mais on aime mieux faire miroiter dans le vide d’eventuels marches en Europe, plus d’exportation …

Mais dans 20 ans allez vous nous dire notre part de marche a diminue, on exporte pas plus, et la balance est negative … mais c’est pas de la faute du deal car ceci ou cela …

Autre désastre amené par le Libre-échange: la fin du métrique.

Avez-vous regardé ce qu’il y a sur les tablettes?
Ok le lait et l’essence sont encore en litres. Tout comme les degrés Celcius. Mais tout le reste est en mesures anglaises

Jus d’orange Irésistible: 1,89 litre
Pate Barilla: 454 grammes
Crème à barbe Baléa: 198 grammes
Dentifrice Colgate: 165 grammes
Sauce Westershire: 142 grammes

etc. On est revenu 30 ans en arrière. Comme avec la monarchie! Le Canada n’avance pas, il recule

@Rod – En quoi le fait que le traité ait créé plus d’emploi aux E-U qu’au Canada indique que l’on se soit fait avoir?

Mais ce que Jim Stanford n’aime pas en réalité et ne dit pas, c’est que l’ALENA a surtout mis les entreprises canadiennes en concurrence en supprimant la plupart des mesures protectionnistes qui leur assuraient des ventes faciles au Canada sans nécessairement être productifs ou meilleur marché.

@Rod

Les États-Unis on probablement eu une plus forte création d’emplois reliée au traité que celle du Canada parce que les États-Unis partage une frontière avec le Canada ET le Mexique. Le commerce entre le Canada et le Mexique a probablement augmenté beaucoup qu’il ne la fait entre les États-Unis et le Mexique.

De plus, vous semblez dire que la seule façon que le traité est pu aider le Canada c’est si nous avions eu une plus grande création d’emploi que les États-Unis. Drôle de façon de voir les choses. Sans traité avoir 3000000 moins d’emplois serait donc mieux selon vous? Gagner moins que les États-Unis fait du Canada le perdant du traité?

*Le commerce entre le Canada et le Mexique a probablement augmenté beaucoup MOINS qu’il ne la fait entre les États-Unis et le Mexique.

J’ai l’impression que les québécois ont perdu le contrôle de leur économie avec cet accord de libre-échange avec les américains, les américains ont voulu s’établir comme les autorités nous extorquant nos ressources naturelles à bas prix pour nous renvoyer des produits faits avec des matières premières faits aux états-unis en faisant fermer nos manufactures, produits américains qui ont pu être nocifs pour les québécois, mêmes conduites que sont en train de présenter les asiatiques de chine ayant envahi les états-unis qui leur doivent beaucoup d’argent et qui envahiront, en étant aux états-unis, le canada et le québec, les québécois devraient cesser d’exporter leurs matières premières aux étrangers, les garder, les transformer pour produire leurs biens, de meilleures qualités, ce de la nourriture aux ordinateurs et aux téléphones portatifs, les québécois s’en porteraient mieux, étant autonomes économiquement, ils devraient engendrer leur état pour produire leur argent qu’ils pourraient posséder, dont ils pourraient contrôler la valeur, argent qu’ils ne possèdent pas dans le canada avec les anglais qui produisent l’argent et qui ne le donne pas aux québécois francophones, argent que les américains ont pu prêter aux québécois en établissant une relation d’autorité sur les québécois qui leurs doivent de l’argent, mauvaise relation pour les québécois.

@Gerald Tremblay

Le canada est minuscule face aux USA ou à l’Europe. La taille des marchés québécois et canadiens n’a rien à voir. Tout ce que le Québec fait comme simple province, il pourrait le faire en étant indépendant. Par contre, il y a plein de choses impossibles actuellement qu’on pourrait faire si on était indépendant.

@ seb (# 11):

« il y a plein de choses impossibles actuellement qu’on pourrait faire si on était indépendant. » (sic)

Et à part faire lamentablement faillite, quelles sont ces choses seb?

@François 1(#12):

Faire faillite? Vous avez vraiment une si faible confiance en vos moyens que vous vous croyez moins bon que les habitants des autres pays du monde?

Si j’étais à votre place j’irais voir la patronne et je lui suggèrerais un projet d’un long reportage sur le Québec, 25 ans après le libre-échange.
Voilà un sujet où on nous a rempli trop longtemps. Il est temps de faire le bilan et mon pif me dit qu’on s’est fait avoir.

@Seb – Le Canada est minuscule face aux USA ou à l’Europe… et le Québec ne représente que 19 % du PIB canadien.

Merci monsieur Duhamel,
merci de mettre les pendules à l’heure, de voir l’ensemble des avantages de l’Alena. Heureusement que nous faisons partie d’un beau et grand pays prospère qui nous permet cette belle qualité de vie que nous avons. Bravo pour votre texte.
Gilles

@ seb (# 13):

J’ai confiance en MES moyens!

Pas aux gens qui dirigent le Québec et plus particulièrement depuis les dernières semaines qui ont vu un troupeau d’amateurs multiplier les âneries et les maladresses.

On est au point où on se sent soulagé de les savoir minoritaires. Tous se disent: imaginez, ces ignares auraient pu être majoritaires. ça donne des frissons.

Ou même PIRE, ils auraient pu diriger la Républik du Québec. D’ailleurs, on vient d’avoir un petit avant-goût de ce que serait notre misérable vie dans leur cage à homards.

Je répète, j’ai confiance en MOI. Pas en EUX!