Le vrai secret du iPad

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Steve Jobs présentait mercredi le nouveau iPad 2. Apple a vendu 15 millions d’exemplaires de la première génération en 2010 et accaparé 90 % du marché mondial des tablettes numériques. Alors que Motorola, Samsung, Dell, RIM et les autres commencent à prendre le marché d’assaut, Apple vient de mettre la barre encore plus haut.

Il y a plusieurs raisons qui expliquent la domination d’Apple. Être le premier sur le marché – presqu’un an avant tout le monde, – lui confère évidemment un avantage concurrentiel majeur. L’histoire nous a néanmoins appris qu’il ne suffit pas d’être le premier pour gagner. Apple l’a prouvé en perdant la bataille des PC et en gagnant, plusieurs années plus tard, celle de l’iPod. Cela n’explique surtout pas pourquoi Apple a pu arriver premier et s’y maintenir.

Est-ce le marketing ? Certes, Apple est un maître dans ce domaine. Est-ce le design et le soin apporté à l’apparence de ses produits ? Vrai, les produits d’Apple sont toujours très élégants. Le succès d’Apple s’explique-t-il  par la performance de ses systèmes d’exploitation et logiciels et au grand nombre d’applications qui sont disponible ? Peut-être, mais d’autres systèmes et logiciels sont très solides et le marché des applications est en forte hausse partout. Est-ce  parce que son PDG est un perfectionniste intransigeant qui pousse constamment ses équipes ? Bien sûr, mais Steve Jobs n’est pas le seul patron intraitable.

Tous ces facteurs contribuent au succès d’Apple, mais je pense que ce qui fait la différence ultime, c’est la chaîne d’approvisionnement.

Disons que vous êtes un concurrent d’Apple et que vous lancez une tablette numérique. Il va falloir vous trouver un processeur double coeur (dual core) très performant et très rapide. Vous aurez aussi besoin d’un logiciel d’exploitation, probablement le Android Honeycomb, de Google. Hélas, vous n’êtes pas le seul au monde à y avoir pensé. Vous voudrez vous distinguer en ajoutant quelques attributs uniques. Quand le tout sera assemblé, vous aurez entre les mains un très bon produit. Sauf que vous serez un manufacturier de tablette numérique de plus propulsé par Android 3.0

Chez Apple, les choses sont plus simples dès le départ. Apple est à la fois un fabricant de produits et une entreprise de logiciels. Elle est aussi verticalement intégrée. Pour le iPad, elle compte sur son propre processeur double coeur (A5),  son propre système d’exploitation, le iOS 4.3, sa propre plateforme de téléchargements, ses propres logiciels et ses magasins d’applications, de musique et de livres. La batterie, la coque et l’écran tactile sont les mêmes pour tous les iPad, ce qui permet des économies d’échelle auprès de ses fournisseurs et une cohérence totale dans le produit. Toutes les pièces et les logiciels sont conçus pour fonctionner ensemble. Sans compter ses propres magasins physiques, ce qui lui permet d’accroître sa marge bénéficiaire.

Voilà pourquoi Apple maintient une longueur d’avance et pourquoi aucun de ses concurrents n’est capable de vendre une tablette moins cher que les 499 dollars du modèle de base de l’iPad. Google empoche des redevances des fabricants alors que Apple empoche le magot.

Les mêmes raisons qui expliquent pourquoi Apple a été déclassée par Microsoft et les PC jouent cette fois pour l’entreprise de Cupertino. La différence ? Contrairement aux PC de 1990, les téléphones intelligents et les tablettes numérique ne sont pas des produits génériques. Ils se démarquent par leur performance, leur convivialité, leur style et l’éco-système auxquels ils sont reliés. Ce qui marginalisait Apple il y a 20 ans, lui a redonné vie et en a fait l’entreprise la plus innovatrice et la deuxième plus valorisée en Bourse.

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« Tous ces facteurs contribuent au succès d’Apple, mais je pense que ce qui fait la différence ultime, c’est la chaîne d’approvisionnement. »

Humm! Pas aussi convaincu que vous M. Duhamel.

Les achats sont un atout, c’est vrai, mais c’est surtout les ventes qui assurent la prospérité. Pas de ventes pas d’affaires.

Les détaillants ont le droit de mort ou de vie de votre produit. Ce sont eux qui ont le dernier mot.

Mais voilà, Apple détaille ses produits elle-même. Si un détaillant indépendant veut en vendre, il doit se plier aux exigences très sévères d’Apple qui décide même du prix de vente. Vous devez certainement avoir entendu parler de ventes par pression et de ventes par vacuum. Apple fonctionne au vacuum, « ses propres magasins physiques, » le net la pub.

Autrement dit elle fait affaire directement à son client.

Il me semble que cela ressemble aux balayeuses Électrolux dans le temps.

Mon grain de sel…
Un Apple Store (physique) n’est pas qu’une chaîne d’approvisionnement : c’est un étal permettant au client de toucher, de manipuler un objet et peut-être de voir si, d’instinct, il ne retrouvera pas un confort et une simplicité qui lui sied bien 🙂

Pinokio

Bien que le iPad a bel apparence et est bien conçu, je ne suis pas intéressé. Je n’aimes pas la politique de Apple de tout controler. Je préfère acheter un produit qui fonctionne sous Androïd 3.0 car c’est basé sur linux et donc open source. Et plus important encore c’est multi-tâches. Les spécifications du Motorola Xoom sont plus intéressantes que celles du iPad. Il y a 1Go de RAM, 1 port Micro USB et 1 micro HDMI

http://products.liliputing.com/database/Motorola/Xoom/

« Android n’est-il pas un logiciel libre et gratuit pour les manufacturiers? »

Ceci est une chose que probablement 90% ou 99% des gens qui achètent des iPad ou tablettes numériques ignorent totalement pour ne pas dire que les autres s’en foutent.

Ce ne sont pas des informaticiens qui achètent ces objets.

Le billet de M. Duhamel est très, très près de la réalité et des faits.

Android est effectivement gratuit pour les manufacturiers, s’ils se contentent de la version « de base ». Pour avoir accès aux fonctionnalités « Google », par exemple Google Maps, ils doivent payer une licence.

Que voici un article qui nous fait tous prendre conscience des innombrables bienfaits du capitalisme: créativité, compétition, mise en marché, satisfaction de la clientèle, etc.

Pourquoi ne pas appliquer cette recette qui a fait ses preuves à la SAQ, à la SAAQ, à Loto-Québec, à Hydro-Québec, au système d’éducation québécois, au système de santé québécois, etc.?

L’article est excellent!

D’ailleurs, j’aimerais mentionné également que ce qui aide Apple, en tête de liste, c’est le fait qu’ils réalisent énormément de vente en focalisant les achats de leurs clientèles via leur site web!

Pour ce qui est des caractéristiques techniques de l’iPad 2, honnêtement, rien ne m’impressionne. L’iPad 3 qui devrait sortir entre Mars et Juillet 2012 sera beaucoup mieux! Surtout avec l’ajout de « retina display » !

Si vous voulez un iPad, je vous conseille fortement de vous retenir et d’attendre la sortie du 3e dans environ un an et demi!

Comme vous le mentionnez M. Duhamel, je suis d’accord qu’il ne suffit pas d’être le premier pour gagner, mais ça ne prouve rien du tout de dire qu’Apple a predu la bataille des PC, mais gagné celle du iPod… L’exemple aurait été pertinent si vous aviez parlé d’une compagnie qui a lancé un produit très vendeur et qui a ensuite été détrôné, ce qui bien sûr est déjà arrivé dans l’histoire…

De plus, je suggère de lire cet excellent article (en anglais) de Fortune qui explique que le triomphe du iPad n’est pas aussi incroyable qu’ils aiment le dire eux-mêmes. Ils n’accaparent pas du tout 90% du marché comme ils le disent, d’autres tablettes déjà sur le marché sont plus puissantes que le iPad et ils n’ont pas nécessairement l’avantage du prix comme ils se targuent de l’avoir…
http://tech.fortune.cnn.com/2011/03/03/steve-jobs-reality-distortion-takes-its-toll-on-truth/

Ce qui les aide probablement est une formidable machine de marketing qui réussi à ce que même les journalistes chevronnés se fassent prendre à leur jeu et colportent le discours erroné de Apple…