L’économie américaine marche à plein régime, la nôtre moins

Blogue EconomieLa logique économique voudrait que le Canada profite de la croissance économique enregistrée aux États-Unis, comme il en subit les contrecoups quand l’économie de nos voisins est en panne.

La logique derrière ce raisonnement est limpide. Cela tombe sous le sens que la bonne ou mauvaise santé économique de nos voisins se répercute ici, vu que 30 % du pays PIB canadien dépend de nos exportations et que notre voisin est de loin notre plus gros marché. Quand ça va mal chez eux, ils achètent moins chez nous et vice versa.

On dirait pourtant que c’est moins vrai qu’avant. Par exemple, on apprend ce vendredi que l’économie américaine a ajouté 248 000 emplois en septembre, ce qui est grosso modo la moyenne des six derniers mois. Cette création d’emploi est propulsée par une économie qui a crû de 4,6 % entre avril et juin dernier.

Ce même vendredi, Statistique Canada annonce que le surplus commercial de 2,2 milliards de dollars enregistré en juillet s’est transformé en un déficit de 610 millions de dollars au mois d’août. D’avril à juin, la croissance du PIB canadien n’avait été que de 3,1 % et de 0,7 % au Québec. Le marché du travail est aussi en panne, à part en Alberta, qui a accaparé 80 % des emplois supplémentaires depuis un an.

Pourquoi le Canada ne profite-t-il pas cette fois encore de la vigueur de l’économie américaine ?

Je n’ai pas de réponses définitives à cette grande question, mais je vous soumets quelques hypothèses.

Il y a d’abord l’énergie. Les Américains ont moins besoin de notre pétrole et de notre gaz naturel. Cela a un impact direct sur notre commerce international. L’énergie abondante et à bon marché les rend aussi plus concurrentiels.

Deuxième facteur : la plus grande productivité américaine. Il en coûte généralement moins cher de fabriquer chez eux que chez nous. Au lieu d’importer de l’équipement, de la machinerie ou des biens de consommation chez nous, ils sont en train d’investir à la maison et de créer des emplois chez eux.

Les usines américaines sont utilisées presque au maximum de leur capacité. Pour fournir à la demande, les entreprises doivent investir pour créer de nouvelles usines, agrandir leurs installations et acheter du nouvel équipement. Les commandes de machinerie et équipement sont en hausse de 13% depuis le mois de mai. Les entreprises, qui ont engrangé une cagnotte de 1 600 milliards de dollars pendant les temps mauvais, se remettent à dépenser. L’augmentation sera de plus de 4,5 % cette année et pourrait atteindre 7 % en 2015.

Les entreprises investissent aux États-Unis et embauchent aux États-Unis. Entre 2010 et août dernier, le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier américain est passé de 11,45 millions à 12,16 millions.

Troisième facteur : la baisse du dollar. À terme, nos entreprises exportatrices vont en profiter parce que les produits canadiens seront moins chers sur le marché américain et devraient vendre davantage. À court terme, la baisse du huard signifie des revenus moins élevés à volume égal.

Quatrièmement, les temps changent et les États-Unis aussi. Traditionnellement, les États-Unis accusent un grand déficit commercial, car ils importent beaucoup plus de marchandises qu’ils n’en exportent. Cela aussi serait en train de changer au fur et à mesure que leur productivité s’améliore et que leurs besoins en énergie diminuent. Le tiers des 10 millions d’emplois ajoutés aux États-Unis entre février 2010 et septembre 2014 sont dans des secteurs liés au commerce international.

Le professeur Matthew Slaughter, de l’Université de Darmouth, au New Hampshire, croit que 10 millions d’emplois pourraient être créés aux États-Unis dans ces secteurs au cours de la prochaine décennie.

Conclusion : les entreprises québécoises et canadiennes devront redoubler d’ardeur pour compter comme autrefois sur l’extraordinaire marché américain.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Depuis des années Paul Krugman — entre autres –, martelait que le États-Unis étaient en moyenne et dans le meilleur des cas à 70% de leur capacité de production ; qu’il fallait être prêt à produire moins cher pour redevenir concurrentiel. Que dans de nombreux cas, le produit fabriqué aux États-Unis l’emporterait à la vente sur celui de leurs concurrents à prix égal ou encore comparable.

La mécanique s’entend aussi pour l’agriculture et pour les services ou même des activités connexes telles l’éducation post-secondaire, professionnelle et universitaire.

Le virage qualitatif en plus du quantitatif était essentiel au même titre qu’un retour à l’innovation.

Je suis content que Krugman ait finalement été entendu par ses concitoyens, quand de toute évidence on est resté sourd ailleurs, comme ici au Canada.

Pendant ce temps, nous perdons des emplois dans toutes sortes de secteurs (nous devrions connaître les chiffres bientôt) et nous continuons de dormir sur cette bulle immobilière qui a fait croire à plus d’uns que — tout-à-coup –, tout le monde possédant un bien immobilier était devenu riche.

Qu’on le veuille ou bien pas, l’économie repose essentiellement sur notre capacité de produire des richesses de toutes sortes puis d’échanger ces richesses contre d’autres richesses qui en toute fin contribuent à notre bienêtre et notre enrichissement. Cela consiste à s’engager à nouer des partenariats à long terme avec le monde et principalement de rester à l’écoute du besoin des clients.

Toutes ces règles sont élémentaires peut-être. Et elles fonctionnent. Si ce n’est que l’imagination et le génie humain sont capables d’inventer des alternatives qui en toute fin finissent pas se casser la gueule, ce qui fait inexorablement mal quand on se trouve juste au milieu du « crash »….

En attendant, cette promesse d’un minimum de 250 000 jobs d’ici 5 ans au Québec. J’ai remarqué que certaines têtes pensantes estiment avec sagacité que notre planche de salut consiste à taxer toujours plus fort les riches. Je dois dire que c’est une très bonne idée… à laquelle je n’avais nullement pensé. Mais, mais, mais… s’en trouve-t-il dans nos patelins en si grand nombre que ça ?

Puisque nous ne pouvons pas produire plus, mieux et différemment, mettre notre énergie et notre intelligence au service de tous et récolter les fruits de nos investissements ; adressons plutôt à la place nos prières au Saint-Frère-André pour qu’il fît en miséricorde descendre plus de riche « taxables à mercy » ici et sur le champ sur nos tant belles contrées, ainsi bénies soient-elles 🙂

Pas si sûr que les USA qui font encore un déficit aux alentours du 500 milliards par année(il a été de plus de 1 trillard dans les dernières années) vont si bien que ça. D`ailleurs question emploi, le taux d`emploi US m`indique pas que ça va super bien comme les analystes le prétendent :

http://data.bls.gov/timeseries/LNS11300000

Et un article à lire sur la santé économique des USA :

http://la-chronique-agora.com/pib-emploi-inflation-deficits-us/

Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, les diplômés en sciences molles pas de maths qui hantent de blogue prédisaient rien de mois que l’effondrement du capitalisme américain…

Pas mal non pour un pays « anéanti »???

Peut-être devrions-nous imiter ces leaders incontestés de la croissance et de la richesse plutôt que de se coller sur la France, pays en voie de décrépitude totale.

Incontestés? Vous devriez lire plus souvent Paul Craig Roberts James Howard Kunstler et le site Zero Hedge, entre autres, pour n’en nommer que trois. Qui croit encore les statistiques du gouvernement américain, à part les tenants d’une certaine idéologie?

Tiens…un autre avocat de la théorie de la conspiration…

Tellement…mais tellement années ’70.

Il est connu que celui qui a publié cet article est souvent dans le champ pour diverses raisons sur ses sujets. USA = économie botox

Il faut toujours se méfier des statistiques ponctuelles que certains VALETS de l’idéologie finançière dominante et qui espèrent, un jour, faire miraculeusement partie du fameux 1%… Ne vivons-nous pas tout prêt du pays qui promet à TOUS une chance égale au bonheur et à la gloire….(:-)

Quelles chimères poursuivons-nous ?

Pendant que l’histoire de l’économie mondiale(1920-1970) nous apprends que, grâce à la forte croissance d’une classe moyenne et de son pouvoir d’achat ET à une PRIOTISATION de se donner des politiques fiscales ( jusqu’à 40-50% du revenu national ) aptes à développer l’éducation, la santé et la sécurité, le BIEN-ÊTRE de la majorité des menbres de nos Sociétés-Nations s’est accru considérablement.

Aujourd’hui, les milieux financiers et leurs VALETS nous poussent à croire qu’il soit de bon ton d’obliger nos gouvernements à affaiblir leurs fiscalités à des niveaux proches de pays pauvres ( 10-15 % ). Niveaux en passant qui ne leur permetteront JAMAIS de pouvoir se développer comme nous l’avons fait…( pas de santé, d’éducation, de formation de la maind’oeuvre et de démocratie effective).

Bien sûr, cela procure à une certaine oligarchie un terrain de jeux extrêmement » économique « . De plus, la PROPAGANDE mondialisante pour la réduction des taxes et des règlementations, la réduction des pouvoirs de la plupart des États qui les poussent à s’affailbir avec des politiques fiscales en concurrence pour attirer les dieux investisseurs….

Aujourd’hui, les pays anglo-saxons ont, pour la plupart, des politiques fiscales (effectives) RÉGRESSIVES et nous retournons à une situation pré 1920 pour la population en générale de nos sociétés et nos classes moyennes disparaissent avec leur pouvoir d’achat… ( ref: LE CAPITAL AU XXI SIÈCLE par Thomas Piketty )

Savons-nous VRAIMENT ce dont nous faisons la promotion dans nos chicanes partisannes relativement triviales…

Il y a des enjeux drôlement fondammentaux…: Faisons-nous Une tête plutôt que LA tête !!!! Bonne lecture. ( 🙂

La crise financière et la méga récession qui a suivit on causé une importante restructuration de l’économie américaine, le mirage de crédit basé sur l’immobilier résidentiel et l’endettement des ménages est en train d’être remplacé par une économie beaucoup plus productive avec des bases plus saines. Il reste beaucoup de chemin à faire et la situation est encore difficile pour beaucoup d’américains mais la tendance est claire, il y a de le lumière au bout du tunnel.

Pourquoi c’est différent au Canada et au Québec? Parce qu’ici l’économie ne s’est pas restructurée, l’endettement des ménages a continué de grandir (avec l’aide de l’état et sa SCHL les canadiens peuvent s’endetter sans (pour l’instant…) se soucier du jugement des marchés). Mais voila qu’on atteint un point de saturation, les ménages ralentissent leur dépenses et le reste de l’économie éviscéré de ses activités productives en arrache. De plus notre dollar surévalué, les taxes, la réglementation, la taille de l’état, les syndicats, tout ça rend les coûts de produire au Canada prohibitifs.

En d’autre mots pendant que les américains voient la lumière au bout du tunnel nous on est même entré dedans!

Pour que notre économie reparte sur des bases plus saine il va falloir devenir moins cher et ça j’espère que tout le monde sais ce que ça veut dire… On a le chois, soit on s’organise soit on laisse les marchés nous organiser.