L’économie Facebook en 5 points

Facebook fait son entrée en Bourse. Voilà la nouvelle financière du jour. Mais c’est tellement plus qu’une nouvelle économique.

1. C’est une histoire extraordinaire, de celle dont on parlera dans 100 ans ou dans 1000 ans. Comme le dit si bien Philippe Escande dans Les Échos, le quotidien économique français : « C’est une histoire improbable, comme il ne s’en passe qu’aux États-Unis. Celle d’un gamin de 20 ans qui créé son entreprise par défi en 2004 et se retrouve huit ans plus tard patron d’une entreprise valorisée cent milliards de dollars.»

2. Facebook est une entreprise qui réussit bien avec des revenus de 3,7 milliards de dollars en 2011 et un bénéfice net de 1 milliard de dollars. La marge bénéficiaire nette de Facebook (27 %) est du même ordre que celle de Google. Il est clair que ces résultats, encore modestes, ne justifient en rien une évaluation boursière de 100 milliards de dollars. La valeur accordée à Facebook est essentiellement une anticipation de ses résultats futurs. Une grosse anticipation d’énormes résultats futurs.

Certains trouveront que c’est trop cher. Qui dit que Facebook ne connaîtra pas le même sort  que Yahoo!, Netscape ou Myspace ? D’autres ne voudront surtout pas manquer le prochain Google. Ce débat illustre le risque inhérent à tout placement boursier, surtout quand on parle de technologie.

3. Plus qu’une entreprise, Facebook est un phénomène culturel. Chez Facebook, ce ne sont pas les chiffres de ventes qui défient l’imagination, mais le nombre « d’amis » de la plateforme. Si Facebook était un pays, il serait le troisième plus peuplé avec 845 millions d’usagers actifs en décembre dernier.  À chaque jour de ce mois de décembre, 483 millions de personnes ont fréquenté le site. C’est beaucoup de monde et Facebook pense même atteindre le milliard d’utilisateurs cette année.

Voilà donc des centaines de millions de personnes qui communiquent, débattent, partagent dans un réseau privé parallèle au web et qui en est aussi le site le plus fréquenté.

4. Plus qu’un média social, Facebook est une régie publicitaire. Mark Zuckerberg a construit Facebook ne sachant pas comment au juste il en retirerait de l’argent ni d’où cet argent proviendrait. Il a été brillant et patient. Au fil des ans, le modèle Google s’est imposé. Comme Google avec son moteur de recherche et ses logiciels, Facebook offre un service gratuit et accessible à tous, tout en créant un environnement protégé et taillé sur mesure pour vendre des publicités. La publicité représente 84 % des revenus actuels de l’entreprise.

Le patron de Procter & Gamble, Robert McDonald, a annoncé cette semaine que son entreprise, le plus gros annonceur au monde, diminuerait ses investissements publicitaires de 10 milliards de dollars dans les médias traditionnels parce que « Facebook et Google peuvent être beaucoup plus efficaces ». P&G veut répéter le coup fumant qu’il a réussi avec ses publicités virales de Old Spice, qui ont généré 1,8 milliard (oui, milliard) de clics.

Facebook est un média au sens le plus traditionnel du terme : elle offre des contenus qu’elle finance avec des annonces.

5. Plus qu’un média, Facebook est un extraordinaire réservoir de sentiments et d’émotions. Plus nerveux, plus bref, Twitter va gagner la bataille des leaders d’opinions et de l’humeur, mais Facebook a gagné celle du coeur. Ce n’est pas tant qu’on aime Facebook, mais Facebook nous permet de partager de ce qu’on aime avec ceux qu’on aime. C’est fort comme modèle d’affaires.

 

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Tout comme certain produit d’Apple, comment un produit ou service si peu essentiel peut-il avoir autant d’importance ?

Incroyable, non ? Le pire, c’est que des sites similaires (au départ) existaientt bien avant l’arrivé de Facebook. Ces programmeurs doivent se mordre les doigts !

Une valeur de 100 milliards?

A 20 fois les profits, sa valeur serait plus autour de 20 milliards. Va-t-elle dégonfler de 5 fois? Attention, danger

La douche froide.

J’ai lu dans un article critique que Facebook fait un dollar de revenu publicitaire pour chaque 13 (treize) heures qu’une personne passe sur leur plateforme.
Les optimistes diront qu’il y a de la place pour l’amélioration;
les autres voient Google atteindre 100 millions d’utilisateur ce mois-ci sur l’équivalent facebook.
Il y a un an, on nous faisait tout un plat sur Groupon.
Grou quoi?