L’emploi au Québec : de mal en pis

Ça ne va pas bien au Québec et il va bien falloir l’admettre. Les résultats sont franchement atroces pour les 12 derniers mois.

Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne
Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne

Blogue EconomieLes sites d’information économique du Canada anglais pavoisent ce vendredi, et avec raison. L’économie canadienne a ajouté 43 100 emplois en octobre et le taux de chômage est passé de 6,8 % à 6,5 %, son plus bas niveau depuis novembre 2008.

Comparé à l’an dernier, on compte 182 000 emplois de plus au Canada.

Depuis la divulgation de ces données, la Bourse est en forte remontée et le dollar canadien reprend du mieux.

Pour le Québec, les statistiques publiées aujourd’hui sont cependant alarmantes. Il y avait 14 000 emplois de moins en octobre qu’en septembre, et l’économie a détruit 30 000 emplois à temps plein.

Le taux de chômage est en hausse à 7,7 %. Le Québec compte 28,6 % de tous les chômeurs de longue durée au Canada (27 semaines et plus). Un chômeur québécois mettra un peu plus d’une semaine de plus qu’un chômeur canadien à se trouver un emploi.

Les résultats sont franchement atroces pour les 12 derniers mois. On compte 30 000 emplois de moins qu’en octobre 2013 et près de 100 000 emplois à temps plein de moins.

Ça ne va pas bien, et il va bien falloir l’admettre.

Je ne vois pas de rattrapage face à l’Ontario. L’économie ontarienne ajoute des tonnes d’emplois et, depuis un an, plus de 60 % d’entre eux sont à temps complet. L’écart sur le taux d’emploi ne cesse de s’agrandir. Il était de 0,9 % en octobre 2010 ; cinq ans plus tard, il est de 2,1 %.

La sympathique idée voulant que l’emploi à temps partiel est une question de style de vie personnel plutôt qu’une conséquence économique me paraît toujours aussi douteuse. Les seules provinces où l’on a créé plus de travail à temps partiel que de postes à temps plein sont précisément celles où le marché de l’emploi est le plus fragile, comme Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et le Québec.

Le Québec ne va pas bien parce que ses deux grands pôles économiques sont moins performants. Il s’est perdu 19 400 emplois à temps plein depuis un an dans la région de la Capitale-Nationale et 37 000 à Montréal. Les gains réalisés ailleurs, comme dans le Centre-du-Québec (+8 700), en Montérégie (+8 000) et à Laval (+5 700) n’arrivent pas à compenser.

À Montréal, les statistiques sont plombées parce que l’on n’arrive pas à intégrer les immigrants, et cela devient pathétique. Le taux de chômage dans la métropole n’est que 6,8 % pour une personne née au Canada, mais de 11,9 % pour un immigrant reçu.

À Toronto, où le nombre d’immigrants est beaucoup plus élevé, il n’y a quasiment pas de différence entre le taux de chômage des «natifs» et ceux des immigrants reçus (7,9 % contre 8,3 %).

Sur ce front, comme sur bien d’autres, il faut agir — et vite.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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16 commentaires
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Quelles sont vos suggestions?
Créer des emplois ne se fait pas en criant « pinotte ».

En changeant de gouvernement et en élisant PKP!
Son prestige et sa propension envers les médias sociaux, les technologies et la publicité coup de point devraient suffire à ramener des capitaux à plein bateau.
N’est-ce pas ce que nous avait fait miroité le bon docteur Couillard et que le rouge libéral, si repoussoir pour les taureaux, au contraire serait l’aimant économique qui ferait des miracles là ou le PQ avait si lamentablement échoué, alors qu’il ne parlait que de souveraineté…ce qui était faux…et que la classe journalistique avait si bien contribué à propager qu’elle en a j’en suis convaincu influencée les résultats du vote!

Péladeau, Péladeau, Péladeau, Péladeau…

L’emploi va mal parce que suite à 10 ans de discours alarmant: on ne soutire jamais assez des minières, les plus fortunés doivent payer plus d’impôt, on ne veut plus de prétrole sale, redonnons le fleuve aux citoyens, les patrons sont tous des voleurs… Qui, sincèrement, croit qu’une entreprise veut installer pignon sur rue au Québec dans un climat semblable???

Exactement! À cette liste, on peut ajouter : pas d’hôpitaux universitaire dans ma cours…de traige, pas de casino avec un chapiteau du cirque du Soleil. le Québec est carrément fermé aux entreprises. Nos dirigeants ont décidé d’écouter ceux qui nous conduisent dans le trou et après parce que la richesse ne se crée pas, on impose le même groupe de citoyens.

C’est pas normal que le Québec soit dans le camps que le Nouveau-Brunswick, l’Île du Prince-Edouard et la Nouvelle-Ecosse. Bordel, juste à Montréal on a quatre université! Mais réformer notre modèle semble impossible et on écoute les apôtres de la pauvreté!

S’il est vrai qu’il faut agir…. Que faut-il faire ? Quelles actions doit-on mener pour relancer l’emploi dans l’Est du Canada et bien sûr au Québec ? — Personnellement je ne pense pas que c’est avec des cimenteries en surnombre, avec un projet de « Plan nord » loin encore d’être bonifié, avec une politique complaisante mais inefficace en matière de ressources énergétiques…. Qu’on parvienne à créer des conditions favorables à la création d’emplois.

Pour moi, ce sont les petites et moyennes entreprises et même les très petites entreprises qui sont le sel de la terre. C’est sur et avec ces entreprises qu’il faut travailler, ce sont sur ces entreprises qu’il faut miser, ce sont sur elles que doit reposer notre confiance. C’est avec elles qu’on crée un environnement et un tissu économiquement sain.

Bien que je sois favorable aux politiques de rigueur budgétaires. Je m’aperçois que ces politiques actuellement, sont vécues par la population comme de véritables politiques d’austérité. Ne serait-ce que sur ce poste, je trouve que notre gouvernement déçoit. Non qu’il ne devrait pas prendre ces mesures ; plus spécifiquement parce que nos communicateurs sont nuls pour vendre au citoyens ce plan de redressement.

Pour ce qui est de la pédagogie, on pourrait faire mieux ! Hors si la population ne perçoit pas les aspects positifs de cette politique. Ne demandez pas aux investisseurs d’en ressentir « eux » ces merveilleux aspects. Ils voient très bien que ce gouvernement est habité par de bonnes intentions. Tandis que manifestement, on ne peut que constater par ses actes que ce gouvernement ne marche jamais autrement qu’à tâtons !

Il est important que l’État québécois soutienne l’économie créatrice d’emplois quitte pour se faire à reporter d’un peu ses objectifs d’équilibre budgétaires qui ne seront d’ores et déjà pas atteints si les contribuables comme les consommateurs finissent par manquer à l’appel ou faire défection.

Ces quelques points… et il y en a bien d’autres… font que nous ne sommes pas en situation de « conquête » pour l’emploi. Et si d’ici une année le gouvernement n’était toujours pas capable de redresser la barre, il faudrait sans-doute se poser des questions sur la réelle capacité de monsieur Couillard de répondre vraiment aux aspirations légitimes de la population.

Le Canada crée des emplois et le Québec perd des emplois depuis plus d’un (1) an. De plus, le Québec a toujours été à la traîne du reste du Canada en matière de finances publiques, d’emploi, de taux de chômage, et tutti quanti.

Maintenant, les gauchistes, montrez-nous où votre modèle québécois a fonctionné.

Le gros problème avec votre faux raisonnement basé sur de fausses prémisses est: « Maintenant, les gauchistes, montrez-nous où votre modèle québécois a fonctionné. »
C’est que les gauchistes n’ont jamais été au pouvoir et n’ont par conséquent jamais gouvernés!
Même dans les années Péquistes les plus glorieuses, alors que la gauche a certainement un peu influencé, le PQ lui, n’a jamais été de gauche, mais très timidement centre-gauche.
Les rouges à Charest ont été au pouvoir pendant 10 ans.
Les méchants Péquistes voulant chercher des appuis à tout prix à droite pour se renforcer a été au pouvoir pendant 18 mois.
Et depuis, les rouges des docteurs et des banquiers de succursales n’ont cessé d’agir négativement sans plan précis et ils n’ont pas cessé depuis l’arrivé du PQ au pouvoir de claironner à la planète d’affaires comment à cause d’eux, les péquistes, et en agissant en ce sens depuis leur prise de pouvoir, comment et jusqu’à quel point le Québec était mal prix. Ils n’ont cessé de couper partout, dans toute l’aide aux petites et aux moyennes entreprises même là où ça coûtait peu mais aidait à créer des entreprises et des emplois, pouvant générer des dépenses pour des clients qui n’y seront plus, et le reste. Dans ces conditions, qui voudrait investir?
C’est Éric Duhaime qui doit être content!
La concurrence de l’entreprise privée ne devrait-elle pas faire le travail?
Mais s’il n’y a pas d’entreprises pour se faire concurrence?
Ce sera le début de la fin. Les quelques entreprises restantes pourront demander ce qu’ils veulent.
C’est peut-être même présentement le début de la fin?

Et voilà ma prédiction: le gouvernement des docteurs et des banquiers de succursales, feront de toutes nos institutions gouvernementales et même législatives, y compris l’assemblée nationale, un partenariat public-privé. Quel aubaine cela sera! Les ententes seront offertes à l’encan. Les docteurs maintenant habitués à brasser les clients comme des affaires, deviendront en majorité les partenaires, les banquiers de succursales les fournisseurs de fonds. Les docteurs connaissent ça couper pour soigner les gros bobos, certains 24 heures par jour, 7 jours sur sept, tout en continuant à traiter les gros bobos de la business et législatifs!
Et tout ça sous l’égide d’un couillon en chef se déroulera en anglais!

Hum…alors selon vous, les syndicats alliés de toujours du PQ seraient de centre gauche? Les riches détruiraient l’économie (à n’en pas douter, il y a des profiteurs éhontés dans le système, et ils sont de toutes les couches sociales, de toutes les idéologies politiques…)? Lancer des pierres dans la boues ne sert à rien, cela n’apporte rien de constructif, qui plus est on risque d’être éclaboussé et cela peut faire en sorte que des propos intelligents se perdent dans un discours partisan, non respectueux et plein de fiel. Je partage votre inquiétude à l’effet que les banques aient davantage de pouvoir…
Rouge, Bleu violet… on s’en fout un peu. J’aimerais un gouvernement qui agit pour le mieux être de la société avec des élus (tous) qui échangent et partagent civilement leur points de vue et qui participent aux grandes décisions sans égards à leur idéologie partisane…

« alors selon vous, les syndicats alliés de toujours du PQ seraient de centre gauche? »
Selon vous, c’est ce que j’ai écris?
Vous pouvez me citer et qui dit selon vos prétentions Robert?

Il ne faut pas se laisser distraire par les pertes d’emploi du Québec, alors que la hausse d’emploi pour le Canada n’a été que de 1 % depuis un an avec une hausse de la population active de 0,6 % et une baisse du taux d’activité et du taux d’emploi. On est dans une stagnation de l’emploi au Canada et il n’y a pas de quoi à se pavaner.

Que fait-on grâce à ses bons syndicats qui avaient comme but d’aider les employés mais sont depuis trois décennies des organismes qui sont en place pour se payer la tête de tout le monde et se graisser les poches, pensez-vous vraiment que la construction est le seul domaine où c’est le cas. Ils servent d’emmerdeur pour les employeurs même les plus petits. Une taxation “mur à mur” qui font fuir les investisseurs et le problème de la langue unique qui ne peut plaire qu’aux unilingues français n’attireront jamais aucun investisseur d’envergure.

Des salaires et avantages sociaux qui ne cessent jamais d’augmenter pour que les employés s’endettent et ne mettent même pas d’argent de côté, l’épargne étant pour les autres, bien entendue.

Un manque le plus total d’engagement des citoyens envers l’investissement puisque c’est la responsabilité des entreprises mais ne veulent pas comprendre que les entreprises sont constituées de millions de petits investisseurs qui croient en leurs prospérités.

Tant en aussi longtemps que le Québec n’offrira une main d’oeuvre dont les produits ne sont pas accessibles à la majorité des citoyens, l’emploi demeurera inaccessible au Québec. Ce n’est pas les projets du grand Nord qui feront la différence puisque les minières sont grandement automatisés. C’est l’éternel pensé magique que les ressources naturelles sont au centre de la richesse d’un pays au lieu de sa main d’oeuvre et de ses connaissances.

Avec une scolarité de plus en plus défaillante depuis plus de 20 ans, le Québec crée des universitaires qui ne savent pas écrire et sont bornés par l’unilinguisme. Le Québec se voulait “autonome” selon les PQ des quatre dernières décennies et voilà où leur fameux “projet de société” a amené ses citoyens.

Je ne trouve pas vraiment cela intéressant pour les jeunes qui désirent se faire une place au soleil mais ont été bernés et relégués aux bancs d’en arrière. Une jeunesse qui est aliénée depuis trop longtemps.

Tel que l’exprime un autre blogueur, cet éternel “pas dans ma cour” qui est devenu une embûche au développement du Québec.

La fonction publique québécoise soufre d’hypertrophie. La prestation des services publics n’est pas mesurée, et jamais mise en concurrence avec des agences privées. Par conséquent le secteur public n’est pas suffisamment productif, toutes les comparaisons avec les autres provinces et le gouvernement fédéral le démontrent. Ce secteur public consomme trop d’énergie et prend la place de l’emploi dans le secteur privé, d’où doit venir l’innovation, grâce à la concurrence. Faites l’inventaire des grands projets informatiques entrepris par le gouvernement du Québec, et vous n’y verrez que des résultats non atteints, des dépassements de budget exponentiels, des abandons gênants, équivalant à plusieurs centaines de millions $ (je suis conservateur). Or il ne s’agit pas ici que d’informatique, dont la gestion se fait par des projets identifiables, donc mesurables. Vous ne verrez jamais le dessous de l’iceberg, soit l’évolution des dépenses générées par la gestion des programmes récurrents, jamais abandonnés, jamais évalués de manière critique.
Le privé doit prendre le relais de la croissance au Québec, et c’est là que les immigrants trouveront du boulot, pas dans des ministères occupés à compter leurs heures et à empiler des programmes fondés sur le principe du « ‘paradis avant la fin de nos jours ».

Québec a délégué au niveau de l’être l’homme malade de l’Amérique du Nord. Ironiquement nombreux Quebecs se déplacent à Toronto, la ville qui a remercier le Parti Québécois pour une grande partie de son succès.