L’endettement : le point de vue de l’expert en marketing

On parle beaucoup d’endettement public, et avec raison. On aurait néanmoins tort d’oublier la dette des ménages et son impact sur l’économie. Si l’économie américaine est en panne, c’est notamment parce que que les Américains ne sont plus capables de consommer comme avant.

Jacques Nantel, peut-être le meilleur expert en marketing au Québec, en collaboration avec mon amie Ariane Krol, éditorialiste à La Presse, viennent de publier un excellent livre sur la dangereuse efficacité du marketing quand il s’agit de pousser les gens à la surconsommation.

Dans On veut votre bien et on l’aura, on apprend notamment que les dépenses des ménages canadiens représentent presque les deux tiers du PIB, en très forte augmentation depuis 10 ans. Ce qui est préoccupant, c’est que cette consommation s’est largement faite à crédit. Entre 1997 et 2009, les revenus des Canadiens progressaient de moins de 30 % alors que nos dépenses augmentaient de 40 %. Voilà pourquoi notre endettement atteignait près de 150 % de notre revenu disponible au début de 2011.

Est-ce à cause du prix toujours plus élevé des maisons ? Non, répond Jacques Nantel. La dette moyenne a augmenté de 33 % entre 1999 et 2005 alors que l’hypothèque n’a augmenté que de 29 % pendant la même période. En revanche, la dette due aux cartes de crédit a augmenté de 33 % et celle contractée grâce à une marge de crédit garantie par la résidence a bondi de 122 %. Bref, on consomme en grugeant l’actif immobilier.

Nos dépenses de loisirs ont augmenté de 53 % entre 1997 et 2009. Et la prochaine fois que vous entendrez un reportage à TVA (Vidéotron) ou à CTV (Bell) sur l’augmentation des prix d’électricité, gardez en tête que les services de téléphonie, de câblodistribution et d’internet ont augmenté de 700 % !

Évidemment, les conditions de crédit sont beaucoup plus intéressantes et expliquent en partie cet endettement massif. Ce que le livre nous apprend, c’est comment les entreprises et les détaillants ont énormément appris sur nous pendant cette période et sont beaucoup plus efficaces.

Jacques Nantel, qui est professeur titulaire et Secrétaire général à HEC Montréal, fait dans cet excellent livre une  recension de tous les trucs du métier et des puissantes technologies qui permettent aux entreprises de connaître nos habitudes de consommation et de nous proposer immanquablement les produits et des offres susceptibles de nous faire flancher.

Le marketing était un art redoutable. Avec la technologie, il est devenu une science quasi imparable.

Mieux vaut connaître les trucs pour consommer intelligemment et selon nos moyens.

 

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Malgré l’efficacité du amrketing, la décision finale d’acheter ou non revient au consommateur. Si une personne est trop stupide pour se rendre compte qu’elle vit au-dessus de ses moyens, alors elle n’a qu’elle à blâmer.

avant de me trouver mon premier « vrai » emploi, je collectionnais les jobines, mangeait du saumon en cannette à chaque jour et allait à une banque alimentaire. J’avais bien une carte de crédit, mais je payais le solde à chaque mois. TOUT le monde est capable d,agir ainsi

Si les syndicats représentaient les intérêts des employés au lieu des leur, ils les auraient consultés sur le projet de loi auraient soumis au vote les propositions retenus par leurs membres. Au lieu de les forcer a se taire et les forcer a perdre du temps de travail. L’égotrip des syndicats a assez duré.
On a un congrès libéral qui méne notre gouvernement(tout les projets renversés en fin de semaine dernirèe alors que les congressistes ne sont pas imputables ni élus).
Un parti majoritaire au fédéral qui ne tient pas compte de la volonté de la majorité des citoyens(concernant le régistre des armes a feu).
Et des syndicats qui ne pensent qu’à leurs intérêts et veulent mener le gouvernement.
Assez c’est assez a défaut de pouvoir changer tout le système. On doit créer un parti politique »coopération citoyenne ».
Ce parti devrait avoir un site internet et sonder les citoyens sur leurs opinions chaque électeurs aurait son accés pour voter sur chaque questions débattu a l’assemblée nationale et les représentant élus devraient non pas voter selon leur propre conviction mais selon la majorité dans son compté. C’est au citoyens qu’on doit laisser le soin de choisir et détablir ses priorité. La coopération de citoyens responsables et engagés. Fini les égostrip les partis et organisations qui mènenet selon leur idéologie au lieu de se référer aux citoyens et de prendre les décisions que la majorité des citoyens veulent.

Monsieur Duhamel, je l’ai déjà affirmé dans votre blogue en mai (dans votre billet intitulé « Les Québécois et la cuisine ») et je le reformule ici en d’autres mots : si l’économie faisait partie des programmes de formation dans les écoles élémentaires et secondaires du Québec, les jeunes seraient en mesure de faire des choix éclairés en matière de consommation. Qui sait? Peut-être pourraient-ils ainsi s’ouvrir aux vertus de l’épargne…

@lemoutongris : je n’ai pas de carte de crédit mais je j’ai jamais non plus eu à aller dans une banque alimentaire, même quand je faisais des « jobines ». Peut-être la seule raison que vous persistez sans dette c’est que vous n’avez jamais à repayer vos « emprunts » aux banques alimentaires et autres programmes sociaux.

Vidéotron offre un grand spécial: 99,99$ plus taxes pour les 4 services: cable, internet, téléphone et cellulaire.

Ben, le cout de la première année, lorsqu’on ajoute les taxes, revient plus cher que l’achat de la télé, de l’ordi, du téléphone dur et du sans fil!

Les chiffres ne disent pas tout. On devrait plus souvent pondérer les chiffres par une observation sur le terrain, ce qui est le propre des sciences naturelles. S’il est vrai que les dépenses en services électroniques se sont décuplées et que tout est bon pour cela et… qu’il est impossible de ne pas succomber, ne serait-ce qu’une fois. On constate qu’il y a celles et ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de consommer et celles et ceux qui sont empêchés de consommer parce qu’ils ne se qualifient pas ou pas exactement dans les paramètres qui plaisent à la société de consommation.

C’est pour cela qu’il y a tellement de tricheurs car il peut être humiliant de ne pas pouvoir se qualifier.

Ce qui me fait bondir le plus, ce sont les marges de crédit accordées sur les hypothèques. C’est une invention des banquiers et des politiques pour illusionner les propriétaires de maisons qu’ils sont nantis alors que les plus pauvres de cette société sont bien celles et ceux qui possèdent un bien immobilier hypothéqué assorti d’une marge de crédit. En somme, ils risquent de mourir avec du crédit sur le dos.

On nourrit une illusion qui n’existe pas et qui n’a jamais existé depuis le début de la civilisation, celle que tout le monde peut devenir propriétaire. C’est le nourrissage de cette illusion qui a conduit à la crise de 2008. C’est en vertu de cette alimentation illusoire qu’on génère une société dysfonctionnelle qu’il sera de plus en plus difficile à gouverner. C’est aussi par de telles illusions qu’on renonce à construire des logements sociaux ou abordables lorsque l’environnement bâti, la sécurité financière et la qualité du cadre de vie sont intrinsèquement liés à l’amélioration de notre compétitivité, à terme aux performances des entreprises et la croissance des PIB.

lorsque vous évoluez dans des conditions favorables. Vous êtes plus enclin à produire mieux et à produire bien.

J’ai crainte que les spécialistes du marketing ne finissent un jour par se faire une bonne fois pour toute débarquer lorsqu’ils auront contribué à vendre le prix de la planète Terre pour environ 700% de sa valeur d’achat initiale.

A ce moment là nous n’aurons plus qu’à nous vendre aux plus offrants des guildes intergalactiques pour tenter d’éviter la complète faillite. Mais même par une vente de feu, les extra-terrestres seront-ils encore prêts à nous racheter ? Surtout qu’en y prenant le temps, il pourraient même nous avoir pour rien… 🙂

mon point : c’est possible de vivre sans, ou avec très peu, de dette. les banques alimentaires que j’utilisais fonctionnaient sur le générosité des gens, alors il n’y a rien à repayer

Il y a deux ans je trouvais que je n’économisait pas assez pour ce que je gagnais. Je me suis fait un budget sur excel. J’y ai planifié mes dépenses. Maintenant lorsque je passe près de faire une dépense impulsive, je vais consulter mon budget. Ça me force à considérer ce que je devrais enlever pour me payer un nouveau bidule. Parfois ça marche et parfois non, cependant, au moins c’est fait en respectant ses priorités et son budget.

Car il faut penser à ce qu’on veut vraiment faire. Avant d’être patron il faut se gérer sois-même et avant de gérer le budget d’une entreprise, il faut apprendre à gérer son propre budget.

@ Jacques E. Bouchard (# 4):

La plupart des banques alimentaires sont opérées par des bénévoles et reçoivent gratuitement (dons individuels ou de commerces) les aliments qu’elles distribuent.

Elles sont le fruit de décisions et d’implications individuelles et n’ont que très peu de salariés.

Elles fonctionnent sur une base volontaire et ne font que très peu appel à l’État.

Le mouton gris n’aurait donc aucune dette à rembourser.

Nous approchons de la fin. Depuis des années, l’argent n’a plus de valeur: seul le crédit compte. Aujourd’hui, on peut acheter une voiture sans payer d’intérêt avant 5 ans! C’est de la folie. Les gens n’épargnent plus car les gouvernements encouragent le « leverage » XX. L’économie pompée de crédit n’arrive plus à tourner à plein régime, car les gens se rendent compte que l’endettement est trop élevé et que le système actuel tire à sa fin.

Puisque les gouvernements ont déclaré la guerre aux épargnants et qu’ils ont choisi de transférer les actifs de ces derniers à ceux qui sont endettés, et que les gouvernements ont également décidé de ruiner les monnaies papiers, je me réfugie dans les actifs solides comme l’or et l’argent, seuls devises qui ne peuvent être imprimées par nos gouvernements fous.

Dans un univers où la consommation, le rendement et la croissance sont érigés au rang de religion, faut-il s’en étonner?

Tant et aussi longtemps que le veau d’or demeurera dans le giron du paraître, l’être, lui, y perdra son âme.

Ce qui est aussi à considérer dans le merveilleux monde de l’endettement c’est que la part de la croissance du pib accaparé par les corporations leur permet, aussi, de nous laisser croire que l’on profite de la croissance en nous prêtant à des taux exorbitant l’argent de la croissance que nous n’avons pas pu toucher.

Donc, non content de s’accaparer la part du lion, ils nous poussent à consommer pour nous faire payer un loyer sur l’argent nécessaire (étant donné que les revenus de la vaste majorité ne croissent que très peu en terme réel) pour faire rouler l’économie et assurer une croissance du PIB qui ne sera pas partagée de façon équitable. Un superbe cercle vertueux.

Lemoutongris & François 1 : Bien sûr que quiconque va à la banque alimentaire n’est pas dans l’obligation légale de les rembourser. Mais si on veut se vanter de son autonomie financière, il faut se rendre à l’évidence que de faire appel à elles est une forme de dépendance (sans compter les autres oeuvres charitables qui ont bien voulu aider Monsieur lemoutongris dans ses heures difficiles, même s’il semble lui-même si peu charitable envers son prochain).

Et si lemoutongris veut condamner ceux qui s’endetteraient pour survivre, il aurait un peu plus de crédibilité s’il faisait don à ces banques alimentaires une fois que son état financier s’est amélioré – au risque de se faire accuser d’opportunisme.

@ Yann

Tout à fait d’accord avec vous. Un cours d’Économie 101 et j’ajouterais même de Politique 101 aux élèves du secondaire ne leur ferait pas de tort !

En tout cas, moi, je n’attendrai pas que l’état s’en occupe. Je compte bien enseigner l’art de l’épargne à mes enfants et les responsabiliser de mon mieux.

@ Jacques E. Bouchard (# 13):

Je ne connais pas « lemoutongris » et vous non plus de toute évidence. Peut-être que ce dernier a déjà remboursé d’une façon ou d’une autre les banques alimentaires qu’il a fréquentées, soit en argent, en matériel ou en bénévolat.

Par contre, je crois que ses écrits sont sages: personne absolument PERSONNE n’oblige les gens à s’endetter.

S’endetter, c’est ne pas vouloir attendre d’avoir l’argent avant d’acquérir un bien et en filigramme d’accepter de payer ce dernier plus cher via les intérêts sur la dette.

Plus les préférences temporelles des gens sont grandes (tout et tout de suite!!!) et plus leurs dettes seront élevées et moins ils laisseront de choses durables à long terme:

Allez voir ceci:

http://www.leblogueduql.org/2009/04/les-pr%C3%A9f%C3%A9rences-temporelles-linterventionnisme-%C3%A9tatique-et-la-civilisation.html

Mon tôt d’endettement est très faible et sera nulle au mois de juin lorsque j’aurai terminé de payer ma voiture pour laquelle j’ai obtenu un prêt sans intérêts sur 5 ans. En ce qui concerne à ma carte de crédit je paie le solde complet à chaque mois.

Ça s’appelle vivre selon ses moyens et tout le monde peut faire ça.

j’oubliais, j’espère que ce n’est pas Jacques Nantel spécialiste en marketing qui a décidé de la marquette de la couverture du livre. J’ai un recul juste à la regarder.