L’entrepreneure québécoise de l’année révèle ses secrets

Mère de famille, Noémie Dupuy a aussi été couronnée entrepreneure québécoise de l’année en 2014. Mais vous ne la verrez pas au bureau après 17 h ! 

Noémie Dupuy a été couronnée entrepreneure québécoise de l’année en 2014. Elle dirige une entreprise qui se classe tout juste derrière Disney dans son domaine, l’édition d’applications pour enfants, elle gère 70 employés, réalise la moitié de ses ventes à l’étranger… et vous ne la verrez pas au bureau après 17 h ! 

Noémie Dupuy a été classée première entrepreneure du Québec et huitième du Canada dans le palmarès 2014 des 100 entrepreneures les plus importantes du pays, parrainé par les magazines Chatelaine et Profit. (Photo : Louise Savoie)
Noémie Dupuy a été classée première entrepreneure du Québec et huitième du Canada dans le palmarès 2014 des 100 entrepreneures les plus importantes du pays, parrainé par les magazines Chatelaine et Profit. (Photo : Louise Savoie)

Cette entrepreneure de 41 ans, mère de deux filles de 7 et 5 ans, a fait de la conciliation travail-famille son cri de ralliement pour attirer plus de femmes dans les affaires. En ce moment, seulement 16 % des petites entreprises du Canada appartiennent en totalité ou en majorité à des femmes.

« On fait croire aux femmes qu’elles devront travailler 95 heures par semaine et être obsédées par leur seul travail. Je ne suis pas d’accord avec ça », dit la cofondatrice et coprésidente de Budge Studios, qui exploite depuis 2010 des applications mettant en vedette, entre autres, Dora et Diego, Barbie, Fraisinette, les Schtroumpfs, Garfield et Caillou. « J’adore être entrepreneure et je veux montrer qu’on peut avoir du succès et avoir une famille. »

L’entrepreneuriat permet aux femmes de dicter les règles du jeu et les conditions de travail, croit Noémie Dupuy. « Je travaille de 9 h à 17 h et je ne suis pas joignable les fins de semaine, que je passe en famille à la campagne. » Les bureaux sont fermés les samedis et dimanches, et la coprésidente dit s’inquiéter quand un employé reste travailler tard le soir. « Nous voulons des personnes performantes, mais nous tenons à ce qu’elles aient des vies bien remplies, une famille et des passions. »

Sa recette tient en quelques ingrédients. Une gestion serrée du temps, une capacité de prendre des décisions rapidement et un partage des responsabilités de PDG entre elle et ses deux associés, Michael Elman et David Lipes.

« Nous ne prévoyons jamais d’heures supplémentaires quand nous évaluons le temps qu’il faudra pour réaliser une application, dit Noémie Dupuy. S’il y a du retard, nous ajoutons des ressources ou nous repoussons l’échéance. Je n’ai jamais fait d’heures supplémentaires depuis que je suis dans les affaires, il y a maintenant 15 ans. »

C’est une règle qu’elle applique à l’ensemble de ses employés. « Si on impose des heures supplémentaires, on épuise notre personnel. Moi-même, je ne serais pas capable d’endurer ça. » Ne risque-t-elle pas de perdre des contrats en agissant ainsi ? « Au contraire. Nos clients veulent travailler avec nous parce que notre production est d’une grande qualité. »

Les résultats sont éloquents. Budge Studios a acquis des licences pour créer des applications mettant en vedette les chéris des enfants, et celles-ci ont été téléchargées plus de 70 millions de fois à ce jour !

Budge Studios a vu le jour quelques années après que les trois associés ont lancé, en 2001, Wave Generation, une société spécialisée dans la conception sonore, l’enregistrement de voix et le mixage pour les jeux vidéos (comme Assassin’s Creed, célè­bre jeu d’Ubisoft). Wave Generation allait et va toujours bien, mais ses possibilités de croissance étant limitées, les associés ont créé Budge Studios. Cette entreprise s’attaque à un marché peu développé, celui des enfants de 4 à 10 ans, particulièrement les filles. Elle a bénéficié de l’engouement pour les applications mobiles, avec le lancement par Apple de la première tablette électronique, en 2010.

Parmi les facteurs qui favorisent sa conciliation travail-famille, Noémie Dupuy inclut sa situation géographique : elle réside à 15 minutes à pied des bureaux de Budge Studios, et ses filles fréquentent l’école du quartier.

« Ce ne sont pas les heures qui comptent, mais la vision que nous portons, les gens qui nous entou­rent et notre capacité de bien déléguer », dit-elle.

 

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9 commentaires
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« « Je travaille de 9 h à 17 h et je ne suis pas joignable les fins de semaine… »

M. Duhamel,

Vous avez toujours dis qu’il fallait travailler très fort et qu’il ne faillait pas avoir peur de faire de nombreuses heures.

Noémie Dupuy me donne raison.

Quand on travaille trop, on a pas le temps de s’occuper des ses affaires et on est trop fatigué pour le faire.

Texte intéressant…mais beaucoup moins intéressant à lire, puisque quelques paragraphes se répètent!!!

RÉPONSE DE L’ACTUALITÉ:
Ce petit bogue technique a été corrigé. Merci de nous en avoir fait part!

Je trouve ça vraiment inspirant de lire ça! Je suis maman de deux jeunes enfants et je souhaite me lancer en affaires…mais je repousse constamment l’échéance parce que tout ce qu’on me répète, c’est que je n’aurai plus de vie parce que je ne vais QUE travailler les 5 premières années du moins. Merci pour ce portrait inspirant!! 🙂

Tout dépend du secteur dans lequel vous vous lancez. Si vous êtes en restauration, vous pouvez oublier le 9 à 5.

Remarquez bien que Noémie Dupuy et ses partenaires d’affaires ont choisi un « marché peu développé ». Et si vous continuez de lire l’actualité (ou si vous regardez les archives), vous allez constater que tous les entrepreneurs qui ont du succès ont fait la même chose : aller dans un marché peu développé ou créé un nouveau marché (produits uniques et en demande).

Cela me rend très fière d’être une femme et de constater de si belles valeurs au coeur d’une jeune entreprise tel que la vôtre. Je suis bien heureuse de lire que l’efficacité et la qualité ne rime pas avec l’épuisement. Merci mme.Dupuy…j’ai à coeur le développement de votre « type de femme »!!

Un portrait très inspirant. Noémie Dupuy donne une preuve essentielle : c’est possible d’être mère et entrepreneure. Elle sait s’organiser et s’entourer, et certainement garder la flamme 😉 Bravo !

Mesdames,

Ici on voit que les intervenantes se supportent au lieu de se battre à coup de poisson pourrit comme les hommes.