L’Institut Fraser et les grosses méchantes taxes

Les résultats de la plus récente étude de l’Institut Fraser — qui tente encore une fois d’effrayer les Canadiens au sujet des «grosses méchantes taxes», dit Alexis Gagné — sont justes… mais les conclusions qu’en tirent ses auteurs ne tiennent pas la route.

taxes-argent
Illustration : Getty Images

Mardi, l’Institut Fraser a publié une autre étude (pdf) qui, comme la plupart des études publiées par cet institut, tente d’effrayer les Canadiens au sujet des grosses méchantes taxes.
Blogue Economie

Les résultats de cette étude sont justes, mais les conclusions qu’en tirent ses auteurs sont erronées.

Voici leurs deux principaux constats :

  • De 1961 à 2013, les taxes sont devenues la source de «dépenses» la plus importante du ménage canadien moyen, dépassant désormais le logement, la nourriture et les vêtements combinés. D’après les auteurs du rapport, la part des taxes dans le budget de la famille typique canadienne est passée de 34 % à 42 %, tandis que la part des besoins de base est passée de 57 % à 36 %.
  • De 1961 à 2013, le montant que la famille canadienne moyenne paie en taxes a augmenté plus rapidement que le revenu moyen de cette même famille (1 832 % d’augmentation contre 1 448 % d’augmentation).

Pour les auteurs, ces deux résultats sont très inquiétants, signes d’un «État Léviathan» qui va, avec le temps, venir chercher tout l’argent des familles pour le jeter dans un grand trou noir.

J’ai plusieurs critiques à faire devant cette vision simpliste des choses. J’énoncerai ici les deux principales.

Premièrement, agréger toutes les taxes — incluant les impôts sur les revenus, les taxes de vente, les impôts fonciers et même les taxes sur le profit des entreprises — dans un point de «dépenses» des ménages n’est pas du tout logique.

Cela est parfaitement démontré par l’inclusion de la taxe sur les profits. En effet, les auteurs intègrent cette taxe car, selon eux, le coût de celle-ci est largement transféré aux ménages par les entreprises au moyen de prix plus élevés.

C’est certainement vrai, mais si l’on inclut une taxe comme une dépense lorsqu’elle augmente les prix des biens et services consommés par les ménages, il faudrait inclure comme revenus toutes les subventions, qui ne sont que des taxes négatives et qui font baisser les prix de ces biens et services.

Et quels sont donc ces biens et services qui nous reviennent moins cher grâce aux subventions du gouvernement ? Pour rire, dressons-en ici une liste, en ajoutant le prix qu’ils nous en coûtent :

  • La majorité de nos soins de santé : gratuits
  • L’école publique : gratuite
  • L’utilisation de nos routes : gratuite
  • Les transports en commun : subventionnés à environ 50 %
  • Une place en garderie : 7 $ par jour
  • Les services de recyclage et d’enlèvement des ordures : gratuits
  • L’éclairage de nos rues : gratuit
  • Les bibliothèque publiques : gratuites
  • La sécurité publique et la défense nationale : gratuites
  • Etc.

C’est ridicule, vous me direz peut-être… mais je ne fais que suivre la logique des auteurs jusqu’au bout.

Deuxièmement, il est parfaitement normal que les montants payés en taxes par les ménages croissent plus vite que le prix des besoins de base. Pourquoi ? Parce que la plus grande part de l’argent public sert à payer les salaires, tout simplement.

Dans un monde idéal, ces salaires croîtraient au même rythme que les salaires dans l’économie globale. Et s’ils augmentaient à la même vitesse que les prix des besoins de base, cela voudrait dire que le niveau de vie serait constant.

Ainsi, le fait que la part des «dépenses» des ménages destinée aux taxes augmente est signe que le niveau de vie des ménages croît lui aussi, ce qui est évidemment — et heureusement — ce qui se passe au Canada depuis 1961.

Nous en arrivons donc à la seule vraie question soulevée par cette étude. Est-il normal (ou souhaitable) que les «dépenses» en taxes augmentent plus vite que le revenu des ménages ?

Pour la période allant de 1961 à 2013, je dirais presque certainement oui, étant donné que nous avons grandement augmenté la quantité de services offerts à la population — et que ces services améliorent la qualité de vie dans notre société.

En voici quelques exemples :

– Beaucoup plus de personnes terminent leurs études secondaires et poursuivent des études post-secondaires.

– Nous vivons plus longtemps et recevons donc davantage de services de santé.

– Le régime des rentes du Québec a été créé et bonifié plusieurs fois pour supplémenter les revenus des retraités, ce qui a contribué à faire diminuer grandement la pauvreté chez les aînés.

– Les paiements de transferts aux familles défavorisées ont augmenté.

Maintenant, il est certain que cette croissance des taxes plus rapide que les revenus des ménages ne peut continuer pour toujours, puisque l’État finirait par contrôler tous les aspects de notre économie.

OCDE

Néanmoins, le Canada est très loin de ce point. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le pourcentage du PIB que représentent les revenus de taxation au Canada est passé de 25,2 % en 1965 à 30,4 % en 2011. Une augmentation, certes, mais une augmentation beaucoup plus lente que le reste des pays occidentaux.

En effet, en 2011, le Canada se trouvait au 11e rang sur 34 parmi les pays de l’OCDE. Quelques exemples de contrées où les taxes représentent une part moins grande du PIB : le Mexique, le Chili, la Turquie, la Slovaquie et les États-Unis.

Et les cinq pays champions de la taxation, sont-ils des enfers pour leurs citoyens ? Demandons-le aux résidants du Danemark, de la Suède, de la France, de la Belgique et de la Finlande ! Ce sont leurs pays qui dominent le palmarès, avec des pourcentages du PIB allant au gouvernement de l’ordre de 43,7 % et plus.

En conclusion, les revenus des différents paliers de gouvernement au Canada ont grandement augmenté dans les 50 dernières années d’un point de vue nominal, mais seulement légèrement en pourcentage du PIB.

Cette augmentation nous a permis d’accéder à une quantité accrue de services et de maintenir un niveau minimum d’équité entre les citoyens.

Pour ce qui est de l’avenir, j’ai grandement espoir que le Canada et le Québec tentent un peu plus de se diriger vers le modèle scandinave social-démocrate qui, malgré les méchantes taxes qu’il engendre, semble mener à de meilleures finalités pour ses citoyens que le modèle néolibéral américain.

* * *

Alexis Gagné est analyste stratégique à la Fondation Chagnon, qui vise à prévenir la pauvreté en misant sur la réussite éducative des enfants du Québec. Les opinions exprimées ici sont purement les siennes.

 

 

Laisser un commentaire

Vous oubliez qu`on vit dans un monde ultra-compétitif et que les taxes nuisent à l`économie. Surtout qu`au Québec, les taxes et les impôts, en plus des taxes déguisés sont très mal dépensés par le gouvernement qui s`engraisse continuellement. Et vous avez oubliez de mentionnez que le gouvernement en a jamais assez, il nous endette sans bons sens. Le troisième poste bugétaire du Québec après la santé et l`édication sont les intérêts sur la dette.

Les taxes ne semblent pas vraiment nuire à la croissance économique. Dans les 20 dernières années, la croissance économique des pays scandinaves, qui ont tous des pourcentages du PIB allant en taxes de plus de 40%, a été meilleure que celle des pays riches à modèle néoliberal. Ce qui nuit à la compétitivité des pays sont des trop hauts salaires AVANT taxes et trop de réglementations, surtout du marché du travail. Nous pouvons rester compétitif tout en ayant des taxes élevées.

Je ne nie pas par contre qu’il y a du gaspillage dans le secteur public (il y en a beaucoup dans le secteur privé aussi) et que nous avons un problème de finances publiques. Mais je dirais définitivement que des taxes trop élévés ne sont pas le problème, surtout dans le reste du Canada.

Les taxes nuisent certainement aux revenus du gouvernement. Les revenus sont à la baisse partout. Combien de Québecois vont magasiner en Ontario ou aux USA ? Ou font faire des travaux et payent en dessous de la table ?

Et le fardeau fiscal est lourd pour les entreprises. Combien d`entreprises on perd aux mains des Américains et de d`autres. 50 % des faillite d`entreprises au Canada sont au Québec :

«Le Québec demeure le champion des faillites d’entreprises avec la moitié de toutes les cessions répertoriées au Canada. Au total, 198 entreprises d’ici ont connu des problèmes financiers, en mai seulement.»

http://www.journaldemontreal.com/2014/07/31/baisse-des-faillites-au-quebec

Tous les pays scandinaves et la Suède la première, au début des années ’90, ont dû réviser leurs politiques économiques et DIMINUER leurs taxes et leurs impôts de façon substantielle tout en ouvrant grandes leurs portes aux entreprises privées sinon, c’était la banqueroute assurée.
.

Si les soins de santé, l’école, les routes, le recyclage, l’enlèvement des ordures, l’éclairage de nos rues, les bibliothèque et le sécurité publique sont gratuits, pourquoi je payent des taxes?

P.S.: et je ne parle même pas de la qualité médiocre des « gratuités » gouvernementale… Qu’on laisse l’argent dans mes poches, je vais me payer quelque chose de mieux que le gouvernement. Mais je suis d’accord sur un point, on devrait faire comme la Suède et privatiser la quasi totalité du filet de sécurité sociale (oui, la Suède est devenu néolibérale pour éviter la faillite dans les années 90).

Nous, Québécois, avons l’immense privilège d’être les PLUS TAXÉS en Amérique, donc, nous devrions recevoir les MEILLEURS SERVICES PUBLICS en Amérique justement dans les dossiers que vous avez énumérés soit: la santé, l’éducation, la qualité de nos routes, les transports en commun, les services de garderie, l’enlèvement et le recyclage des ordures (chez-nous, l’enlèvement est passé de 2 fois à une seule fois semaine soit une BAISSE de service de 50% sans baisse de taxes!!!), l’éclairage des rues, sécurité publique et défense nationale (policiers en pantalons camouflage qui saccagent le bien public!), et même le etc.

La question qui tue: quelqu’un peut-il venir ici et nous écrire sans rire que nous avons dans TOUS ces domaines les meilleurs services en Amérique?

C’est ce que je pensais…

En tout cas on vit 3 ans de plus que les Américains
Pis on a un taux d’homicide 3 fois moins élévé
Dans les Test PISA nos enfants ne font qu’une bouchée des petits Américains.
Pour ce qui est du faible taux de pauvreté, là encore on bat les Américains

On vit 3 ans de plus? Z’avez vu ce qu’on l’air nos CHSLD récemment? Vous voudriez vraiment y vivre 3 ans de plus???

Si le taux de criminalité est plus bas ici, vous devriez remercier Harper et les Conservateurs qui ont grandement contribué à cet état de fait:

http://www.antagoniste.net/2014/08/04/la-loi-et-lordre-2/

Par contre, au Vénézuela, du temps de votre très honoré Chavez…

Pour ce qui est des tests PISA, vous devriez remercier les écoles privées à genoux pour avoir augmenté le taux de réussite car sans eux, Dieu seul sait où nous aurions croupi.

Le taux de pauvreté est très discutable car les paramètres sont très différents d’un pays à l’autre. Par exemple, un Québécois « pauvre » deviendrait riche dans la plupart des pays du tiers-monde. Les USA ne sont pas le tiers-monde mais si leur taux de pauvreté était si élevé et que leur mode de vie était si horrible, nous attendons toujours la vague d’immigration en provenance de ce pays… D’ailleurs, il semble y avoir beaucoup plus de gens qui quittent le Québec vers les USA que le contraire. Z’avez une petite idée du pourquoi du comment???

Par rapport au coût payer par les contribuables versus le service rendu, oui le crois que les Québecois reçoivent ont un bon ration qualité/prix. Si vous comparer les Universités Américaines avec les Université Québecoises, c’est sur que les Universités Américaines sont de meilleur qualité, cependant, pour une années à l,université au États-Unis pour les frais d’inscription, l’étudiant peut dépensé jusqu’à 30 000$ tandis qu’ici, avec les hausses récentes, l’étudiant va payer moins de 3000$ pour une université où son diplôme sera reconnu dans beaucoup de pays. Est-ce la meilleur éducation qu’un étudiant peut recevoir, certes non, mais est-ce la plus accessible et est-elle de bonne qualité, Oui!, Je le crois et ma comparaison peux être fait pour le domaine de la santé où un pompage coronarien coûte des milliers de dollars au États-Unis si ce n’est pas plus près de 100 000$. Ici, c’est avec nous impôt et lors de l’opération, aucun frais ne sera exigé.

Il faut pouvoir discerner avec le coût dépenser, avons-nous un service de qualité. Comme comparaison finale, avons nous besoin de nous déplacer en Ferrari pour aller faire les commission à l’épicerie, ou bien une voiture standard rend très bien le service.

J’en reviens toujours à la question qui tue: où est la vague d’immigration en provenance des USA?

Les citoyens américains sont MOINS (BEAUCOUP!!) TAXÉS que nous et ils ont accès aux meilleures universités AU MONDE. Pas nous. Si vous étiez employeur et que vous ayez le choix entre deux candidats; un de l’UQUAM et l’autre du MIT, lequel choisiriez-vous? C’est ce que je pensais…

Idem pour les soins de santé. Même notre propre gouvernement national-québécois se voit forcé d’envoyer des patients québécois se faire soigner aux USA car notre technologie est dépassée.

Réveillez-vous sacram…: nous sommes les PLUS TAXÉS et les PLUS IMPOSÉS en Amérique, donc, nous devrions nous attendre logiquement à recevoir les meilleurs services en Amérique non? Mais nous devons nous contenter de services faméliques et gangrenés: nos salles « d’urgence » débordent et les files d’attente s’éternisent, nous produisons des cancres et des analphabètes à la tonne (merci au système privé de contribuer à augmenter le taux de réussite scolaire…), nos infrastructures sont désuètes et même dangereuses, nous sommes les plus corrompus en Amérique (merci au système socialiste et étatique qui favorise les monopoles et qui a permis cette immonde dégradation), nos finances sont à bout de souffle et nous frisons la décote (sans le reste du Canada, nous serions depuis longtemps aux côtés de la Grèce et autres pays insolvables!), et nous avons créé un monstre bureaucratique et technocrate presque ingouvernable où les grosses centrales syndicales, toutes aussi corrompues que le reste, et les groupes de pression manipulent élus et se foutent royalement du principal intéressé, LE CONTRIBUABLE.

La Suède a réussi à préserver en partie son modèle social démocrate mais seulement au prix d’importantes réformes néolibérales. Et un autre round pourrait bien bientôt s’avérer nécessaire, l’économie de ce pays est basée sur un endettement des ménages quasiment catastrophique, même chose au Danemark et aux Pays-Bas.

La France et la Belgique sont aux prises avec d’importante difficultés économiques. La France est lourdement endettée, la croissance anémique et le chômage chroniquement élevé, même les socialistes reconnaissent que l’état prend trop de place et prévoient … baisser les taxes.

Notre compétiteur à nous ce sont les États-Unis qui indicemment se remettent de leur grande crise et sont en train de nous larguer…

Notre économie traine de la patte, nous sommes lourdement endettés, nos services sont rationnés et nos infrastructures tombent en ruine. Qu’est-ce que ça vous prend de plus pour comprendre?

Votre argument est à l’effet que les hausses des taxes ont été plus élevées que l’inflation, car les services publics sont composés principalement de salaires et par conséquent pour permettre aux employés de l’état de s’enrichir, les hausses devaient minimalement couvrir l’inflation. C’est en gros votre argument?

Je ne reprendrais pas tous les services que vous mentionnez qui sont gratuits, d’autres l’ont déjà fait. Je vais juste prendre les garderies à 7$. En fait, nous ne devrions pas dire 7$ par jour, mais 58$ par jour, soit le montant qu’elles nous coûtent collectivement. Présenter de cette façon, ce coût est très supérieur à ce que vous trouveriez dans le secteur privé. C’est là le problème du secteur public : offrir des servir plus dispendieux de ceux offerts dans le secteur privé parce qu’il faut bien payer les employés. Le programme de CPE a été lancé en 1998 et depuis le nombre de places a été multiplié par 3 et les coûts par 8 ou 9. Ceci explique pourquoi les taxes montent plus vites que l’inflation. Il n’y a plus de politicien pour contrôler la machine, à tout le moins au Québec. On ne pense jamais en terme de gains de productivtié, une notion qui semble complètement absente du secteur public (à tout le moins québécois)!

En passant, si dans vos calculs, nous devrions intégrer les subventions pour les services offerts alors il faudrait ajouter les déficits qui sont une source de revenus de l’état qui ne provient pas (immédiatement) de la poche des contribuables. Le déficit devrait créer un surplus de bonheur en faveur des contribuables puisqu’ils recoivent une masse de services supérieure à ce qu’ils ont contribué. On sent le bonheur au Québec?

Supposons que tout ait augmenté entre 1961 et 2013 de la même façon et que cette augmentation uniforme ait été la même que celle des divers prélèvements auprès de la population. Cela signifie qu’on paierait tout 1832 % plus cher. Cela ferait-il du Canada un pays bien placé pour le coût (théorique) de la vie ?

La question que je me pose simplement : est-ce que cette augmentation (théorique) importante des dépenses pour toutes choses, aurait-elle été supportable pour toute et par toute la population ? Lorsque déjà maintenant les écarts entre les canadiens les plus fortunés et les plus pauvres sont considérables.

Comme le mentionne ce document de l’Institut Fraser, les prélèvements de toutes sortes, ne sont même pas suffisants pour couvrir les dépenses de la plupart des Provinces et de l’État, d’où la production de déficits publics. Ce qui signifie que pour qu’il n’y ait pas eu de déficits, il aurait fallu que ces taxes se soient accrues par rapport à 1961 en moyenne de presque 2000 %.

Est-il possible que cette progression disproportionnée des prélèvements par rapport au revenu moyen, révèle d’une certaine façon le caractère dysfonctionnel du système lorsque nous sommes de facto aux antipodes des modèles scandinaves en particulier du modèle suédois tant au niveau des échelles des revenus qu’à celui de la générosité et de l’efficacité de toutes sortes d’équipements et de programmes sociaux ?

De plus, j’aimerais signaler que les suédois paient en moyenne seulement 15 % sur leur revenu d’emploi lorsque que ce prélèvement dépassait 18 % en 2000. D’où dans leur cas une baisse des prélèvements.

Quant au fait de nous à comparer à d’autres pays de l’OCDE qui sont en moyenne plus taxés que nous en pourcentage de PIB, cela forme-t-il une réelle consolation ?

Ce que relève non sans raison l’Institut, c’est que nous avons au Canada un système de taxation très complexe. Cela est vrai, c’est aussi ce qui rend les comparaisons difficiles lorsque l’expérience montre que partout où les systèmes de taxations sont complexes, moins ils sont équitables, moins ils sont efficients et plus ils coûtent cher à gérer.

Ce qui est plus comminatoire selon moi, c’est que le Canada soit un des pays qui en principe ait une des meilleures fiscalité au monde pour les entreprises, lorsque les entreprises n’affluent pas en si grand nombre que cela au Canada. Lorsque les chiffres de l’emploi restent toujours préoccupants.

Si la croissance du nombre des entreprises était supérieure, le PIB devrait croître en conséquence et la proportion des prélèvements par rapport au PIB continuerait de décroître. Mieux encore, l’accroissement du nombre des entreprises et des personnes au travail assurerait un accroissement soutenu des revenus des divers paliers de gouvernements.

Il serait possible alors soit de réduire les impôts des ménages, soit accroître le montant des investissements ou bonifier certains programmes sociaux (assurance emploi et formation notamment) ou encore un ensemble de ces paramètres.

Ainsi l’Institut Fraser qui est un habitué de ce genre de publications, n’effraie absolument personne, ils font seulement plaisir et confortent celles et ceux qui se plaignent tout le temps de payer trop d’impôts. — Combien de décennies faudra-t-il attendre encore pour qu’on décide de passer en mode solutions ?

Les taxes qui étouffent l’économie sont tellement bien utilisées!

La majorité de nos soins de santé : gratuits. D’accord, mais on oublie de dire qu’il y a 500-600 morts par année dans les hôpitaux du Québec dues aux maladies nosocomiales (manque d’hygiène), que l’état refuse de rembourser les médicaments anti-cancéreux les plus nouveaux et les plus efficaces, préférant rembourser des médicaments moins efficaces ET mourir dans la dignité, que les attentes aux urgences sont interminables et qu’il est presque impossible d’avoir un rendez-vous avec un médecin.
L’école publique : gratuite. D’accord, mais le taux d’analphabètes fonctionnels atteints presque 50% et plusieurs écoles sont littéralement moisies.
L’utilisation de nos routes : gratuite. D’accord, mais dans un état tellement lamentable qu’on a l’impression de rouler dans une zone de guerre à plusieurs endroits.
Les transports en commun : subventionnés à environ 50 %. D’accord, mais en prenant l’argent de ceux qui ne les utilisent pas, sinon ça ferait faillite.
Une place en garderie : 7 $ par jour. D’accord, mais il en coûte beaucoup plus cher (de 40 à 60$) par jour pour des services pas accessibles.

Pour le taxage que les individus subissent, peut-on dire qu’on en a pour notre argent?

Santé: Notre espérance de vie, nos taux de mortalité infantile, nos taux de survie du cancer, etc. sont parmi les plus hautes au monde. Oui, le système n’est pas parfait, mais il est solide.
Éducation: Les élèves du Québec et du Canada se classent parmi les meilleures du monde. Nos taux de décrochage sont encore beaucoup trop élevé, mais notre système d’éducation est très bon.
Route: Bon, là-dessus je suis pas mal d’accord…
Transport en commun: Le transport en commun à Montréal est très bon, gagnant des prix à l’international.
Garderie: Nous ne payons pas assez cher, les éducatrices de garderies sont payés à peine 60% de ce que reçoivent des enseignantes au primaire. Ceci pour des gens qui s’occupent de 6 à 10 enfants à la période la plus critique de leur vie. Les dollars mis en petite enfance ont un très bon rendement, surtout si nous misons sur la qualité.

Est-ce qu’on en a pour notre argent? Définitivement. Est-ce qu’on pourrait potentiellement avoir les mêmes services pour moins chers? Avec les nouvelles technologies et beaucoup de bonnes réformes, potentiellement un peu, mais les recherches sur les gouvernements montrent que nous pourrions sauver 3-5% si nous sommes très chanceux.

Vivre dans nos CHSLD « plus longtemps »? Ça ne m’intéresse pas.

Réussite scolaire? Remerciez les écoles PRIVÉES d’augmenter notre taux de réussite.

Le transport en commun est loin…très loin d’un transport fiable. Quiconque prend le métro régulièrement à Montréal en sait quelque chose.

Les « éducatrices en garderie » ne sont en fait que des gardiennes d’enfant point barre. Le socialisme étatique en a fait des technocrates surpayées et syndicalisé mur-à-mur. Les enfants naissaient et grandissaient et étaient même gardés (très bien merci!) avant que les garderies étatiques n’existent.

Bref, nous payons pour une Mercedez et nous finissons avec une Lada.

Mentionnons aussi que pour avoir des services de qualité, il faut souvent aller dans le privé. On se fait voler par les taxes, et comme on ne reçoit pas de service, on paie encore au privé.

Il y a juste les gauchistes pour voir ça comme un paradis…

Pouvez-vous me dire dans quelles écoles vous allez car pour « L’école publique : gratuite » on repassera.
Mon 1er s’en va justement en MATERNELLE cette année et ça nous coûte 75$ et s’il n’avait pas été au service de garderie de l’école ça aurait été 145$. Et ça c’est sans compter le matériel scolaire obligatoire pour faciliter le travail des enseignants mais pas d’une nécessité absolue pour l’éducation de l’enfant.
Et pour revenir sur la garderie, on va payer 7$ comme pour une garderie subventionnée mais attention, pour la moitié du temps de garderie (à la maternelle, il sera gardé env 4h au total contre env 8h en garderie classique)

Les services de recyclage et d’enlèvement des ordures : gratuits ==> Ça ne passe pas dans les taxes ça ??
La majorité de nos soins de santé : gratuits ==> Les taxes aussi ça

Je vous soupçonne d’être au service de ‘ceux’ qui souhaitent toujours nous endetter d’avantage. Genre les syndicats, les politiciens et tous ceux qui profitent du système. Pour tous les autres qui en ont marre de toujours payer plus pour des services de merde, laissez nous notre argent et garder vos écoles, routes, et hôpitaux pourris.

Que Paul Krugman clame de taxer les plus riches pour redistribuer aux plus pauvres et ce serait un atout pour la croissance économique, certains diront que venant d’un économiste de gauche cela n’a rien d’étonnant. Lorsque des organismes tels, l’OCDE et le FMI nous disent que les inégalités freinent la croissance de l’économie et qu’il faudrait taxer davantage les plus riches – on pourrait même aller jusqu’à 15 % de plus au Canada – pour redistribuer aux plus défavorisés, là ça devient du sérieux. Mais, lorsque S&P s’y met aussi, c’est que ça devient grave. Gageons que les membres de l’Institut Fraser ne lisent pas les recommandations du FMI et de l’OCDE, mais S&P, la parole de l’Évangile !

La France a expérimenté les hausses de taxes aux riches. On voit le résultat : 12% de chômage, les jeunes qui quittent la France découragés parce qu`ils ne trouvent pas d`emploi, la dette et le déficit explosent. Le Canada va beaucoup mieux que la France. Et rappelons qu`au Québec, si on calcul l`impôt fédéral et provincial, les riches payent proche 50% d`impôts. En Ontario, c`est proche aussi. Et comme de raisons, ces 2 provinces sont embourbés dans des déficits.

Avec vos connaissances, j’hésiterais à contredire les experts du FMI ou de l’OCDE qui doivent en savoir un peu plus que vous sur l’économie. Sans raison, vous donnez la France en exemple, sans savoir sur quoi vous vous appuyez avec un chiffre faussé sur le chômage, alors que d’autres pays taxent autant leurs citoyens avec un taux de chômage convenable, en contradiction avec votre raisonnement. La France connaît une situation difficile parce que l’Europe est en crise. On apprend maintenant que c’est au tour de l’Allemagne de voir son économie décroître.

Quant au Canada, le même article qui mentionnait que le Canada pouvait taxer ses riches ajoutait : « Le FMI constate également que les inégalités de revenus ne cessent de se creuser dans la plupart des pays développés au moment même où diminue la progressivité de leurs régimes fiscaux. Une augmentation du taux maximal d’imposition des contribuables les plus riches serait un moyen de renverser cette tendance. Un autre moyen, peut-être plus efficace encore, serait de recourir à d’autres formes de taxes, comme l’impôt foncier et les autres formes d’impôt sur le patrimoine et les successions. Le rapport du FMI rappelle, par exemple, que les 10 % des Canadiens les plus riches détiennent plus de la moitié des avoirs nets du pays contre seulement 5 % de la richesse pour la moitié de la population la plus pauvre. » (Le Devoir, Éric Desrosiers, Taxez les riches, dit le FMI) On le voit, il y a de la place pour taxer les riches et si on peut créer des mesures contre l’évitement ou l’évasion fiscal ce serait mieux.

Il a été démontré qu’il était moins dommageable à l’économie d’augmenter les impôts et les taxes pour réduire le déficit d’un état que faire des politiques d’assainissement budgétaire (austérité).

«Il a été démontré qu’il était moins dommageable à l’économie d’augmenter les impôts et les taxes pour réduire le déficit d’un état que faire des politiques d’assainissement budgétaire (austérité).»

Ou ça a été démontrer ?

L`Angleterre a fait des mesures d`austérités et l`économie va mieux qu`en France ou on a augmenté les taxes. Même le FMI approuve les mesures d`austérités en Angleterre :

http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201106/06/01-4406393-grande-bretagne-le-plan-de-rigueur-reste-approprie-selon-le-fmi.php

« A l’exception des travaux d’Alesina, un large consensus émerge des derniers travaux théoriques et empiriques existants dans la littérature économique : une politique de consolidation budgétaire est préférable en période de reprise de l’activité et est pernicieuse voire inefficace lorsque l’économie est à l’arrêt ; si celle-ci doit être menée en période de basse conjoncture, une augmentation des impôts serait moins néfaste à l’activité qu’une réduction des dépenses publiques… des préconisations qui figuraient dans Creel, Heyer et Plane (2011). » (http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/une-revue-recente-de-la-litterature-sur-les-multiplicateurs-budgetaires-la-taille-compte/ ) Bonne lecture.

Une déclaration du FMI en 2011 ? Vous n’êtes pas à jour. Vous, qui ne jugez que par la France et son déficit (4,3 % du PIB en 2013), expliquez-moi pourquoi celle-ci, malgré ses difficultés, obtient un déficit moins élevé que le Royaume-Uni (5,8 % du PIB en 2013) ? Vous m’expliquerez ensuite comment l’austérité ça marche.

Et la France aura pas le choix d`en venir à des mesures d`austérités elle aussi. Car taxer à outrance n`est pas la solution pour éliminer le déficit de la France. Même Hollande le comprend :

«Alors qu’il peine à concrétiser sa promesse d’une inversion de la tendance du chômage, le président a annoncé un allègement des charges de 30 milliards d’euros (près de 45 milliards de dollars) pour les entreprises ainsi que des efforts consentis par l’État et par les collectivités locales devant permettre d’ici à 2017 d’économiser 50 milliards d’euros (environ 75 milliards de dollars).»

http://www.lapresse.ca/international/europe/201401/15/01-4728892-le-virage-social-democrate-de-francois-hollande-froisse-a-gauche.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_international_29810_accueil_POS3

Et que dire de la province de Québec qui a augmenté la TVQ de 2% et l`impôt des plus riches et le gouvernement voit ses revenus diminuer.

On est pas en récession présentement. On est en croissance économique. La prochaine récession va être là d`ici 2-3 ans. Peut-être même l`année prochaine.

Vous ignorez totalement les effets d’une surtaxe sur le comportement des gens qui n’ont pas tendance à rester là, à ne rien faire pendant que l’on s’apprête à les plumer comme des pigeons.

Les « riches » sont généralement bien instruits et surtout mobiles; d’ailleurs, la courbe de Laffer internationalement reconnue vous le rappelle à tous les jours:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Laffer

Allez lire cet article…ça vous fera le plus grand bien et ça fera pénétrer un infime rayon de connaissance dans votre désert de connaissances économiques.

Si toute cette belle social-démocratie s’était construite sans alourdir la dette publique, vous auriez peut-être raison. Hélas pour vous…

Comme d’habitude, l’Institut Fraser produit un rapport biaisé et loufoque ayant comme seul objectif d’amener la population davantage vers la droite afin de plaire à ses clients, les entrepreneurs. L’Institut a volontairement choisi de commencer son étude en 1961 parce que les années soixante ont été la période de création des programmes sociaux auxquels sont profondément attachés les Québécois et les Canadiens.

En effet, les régimes de rentes du Québec et du Canada ont été créés le 1er janvier 1966 et l’assurance-maladie date du 1er juillet 1970. Une étude sérieuse aurait donc dû utiliser la période 1971 à 2013 pour être honnête. Or, si vous regardez le graphique ci-dessus, vous verrez que le pourcentage de taxation n’a même pas augmenté de 1% sur cette période.

Chaque fois que les médias rapportent des conclusions de l’Institut Fraser, ils pourraient d’abord rappeler les objectifs de cet organisme et, pourquoi pas, l’origine de ses revenus. Cela dit, l’Institut a quand même du bon: il force la réflexion.

@ Daniel Senécal,

Vous n’avez de toute évidence pas téléchargé ou probablement pas consulté le bulletin de l’Institut Fraser, que pourtant Alexis Gagné offrait de télécharger au début de son article, voici le lien en clair :
http://www.fraserinstitute.org/uploadedFiles/fraser-ca/Content/research-news/research/publications/canadian-consumer-tax-index-2014.pdf

Vous pourrez remarquer en page 4 notamment, que l’indice de référence est modulé par périodes. Vous pouvez de par le fait-même contrôler l’accroissement de l’indice des taxes perçues (selon les calculs de l’Institut), avec un indice de référence 100 en 1961, l’indice est de 186 en 1969, de 324 en 1975 puis s’accroit progressivement jusqu’à 1932 % en 2013.

Donc l’assurance maladie et le régime des rentes ont peut-être eu un impact sur le montant des prélèvements, il n’en demeure pas moins que sur votre période de référence, prenons pour simplifier de 1975 par exemple à 2013, vous remarquerez que les taxes se seront néanmoins accrues de presque 1700 %. Ou si vous préférez en proportions, les taxes perçues se sont multipliées par 3 environ de 1961 à 1975 et si vous prenez comme référence de 1 l’année 1975, les taxes ont été multipliées par 6 en moyenne entre 1975 et 2013.

Ce que vous relevez, c’est le rapport taxes/PIB. Hors l’accroissement du PIB peut être supérieur à celui de l’inflation lorsque ce qui touche directement le contribuable, c’est plus ce qu’il a dans sa poche et la croissance pratique ou la décroissance de son pouvoir d’achat.

Je vous laisse par conséquent le soin de procéder par vous-même à vos conclusions.

Dans l’étude de l’Institut Fraser, il existe un tableau qui confirme ce que vous avez affirmé. Le tableau 3 de la page 5. L’Institut prétend que les taxes et impôts ont augmenté de 147 % entre 1961 et 2013. Lorsqu’on examine ce tableau, on remarque que l’année 1974 correspond à 94,2 % de hausse. En calculant 94,2 / 147 = 64,1 % , on obtient déjà grosso modo les deux tiers des hausses totales des taxes et impôts qui recoupent les années d’amélioration de nos programmes sociaux.

Pour une critique encore plus détaillée de l’étude Fraser voir http://jeanneemard.wordpress.com/2014/08/16/lindex-fraserien/ dont j’ai puisé les informations pour mon commentaire.