L’équité entre les générations: un enjeu que nous ne pouvons ignorer

Dans la plupart des cas, ce qui est bon pour les jeunes est aussi bon pour les moins jeunes.

Blogue EconomiePour commencer, je me présente. Mon nom est Alexis Gagné, je travaille actuellement comme analyste stratégique à la Fondation Lucie et André Chagnon. Je suis économiste de formation et je détiens aussi une maîtrise en politiques publiques de l’Université de Chicago. Je suis passionné, entre autres, de l’éducation, de la petite enfance et de la lutte aux inégalités sociales. Un nouveau sujet qui me préoccupe grandement récemment est l’équité entre les générations. J’ai, au courant de l’année 2013, piloté le la conception de l’Indice québécois d’équité entre les générations (IQEG) pour le Réseau des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ).

Je ne résumerai pas ici l’IQEG et ses conclusions, car cela a été très bien fait dans l’excellent dossier sur le sujet dans l’édition d’avril de L’actualité. Si vous ne l’avez pas lu, je vous le recommande fortement. Vous pouvez aussi consulter le sommaire exécutif et le rapport complet.

L’équité entre les générations est un enjeu de société dont on ne parle pas suffisamment au Québec. Un bon exemple est la campagne électorale actuelle, qui accorde très peu de place aux grands enjeux d’équité jusqu’à maintenant. Dans les rares cas où l’équité est discutée, la discussion reste souvent peu profonde et se centre presque toujours sur les régimes de retraite et la dette.

Pourtant, l’équité entre les générations est un sujet complexe qui touche presque tous les aspects de notre société. Les personnes plus âgées, qui, grâce à leur poids démographique grandissant, pourront prendre encore plus de contrôle sur les pôles décisionnels de notre société, devront en tenir compte dans toutes leurs décisions.

Car ils auront besoin des jeunes, et si les jeunes ne trouvent pas leur place dans la société, ils seront moins productifs ou risqueraient même de quitter en grand nombre le Québec. En Italie, où la population a beaucoup vieilli au fil des dernières décennies et où les jeunes n’occupent pas une place importante, un grand nombre de jeunes ont simplement quitté le pays.

Dans la plupart des cas, ce qui est bon pour les jeunes est aussi bon pour les moins jeunes. Investir en petite enfance et en éducation, par exemple, rendra les travailleurs de demain plus productifs et donc capables de supporter les coûts de santé et des régimes de retraite.

Cependant, il ne faut pas se leurrer; dans plusieurs cas, surtout à court terme, les intérêts des jeunes vont à l’encontre des intérêts des personnes âgées. Certains régimes de taxation, par exemple, sont plus bénéfiques pour les jeunes et moins bénéfiques pour les plus vieux. Dans ces cas encore plus que dans les autres, les décideurs devront faire très attention de ne pas toujours trancher du côté des plus âgés.

Je bloguerai donc sur l’équité intergénérationnelle, en démarrant par l’IQEG, mais ne m’y arrêterai pas. Entre autres, j’entends traiter des sujets suivants :

  • Les 27 indicateurs formant l’indice (chacun des 27 raconte une histoire fascinante);
  • L’amélioration de l’indice par l’ajout ou le retrait d’indicateurs, permettant ainsi à l’indice de mieux refléter les valeurs de notre société;
  • Les grands enjeux de viabilité qui influencent ces 27 indicateurs (réchauffement climatique, trajectoire future des finances publiques, dette, retraite)
  • L’équité entre les générations et à l’intérieur des générations dans la société québécoise.

Je ne serai pas seul à rédiger ici sur l’équité entre les générations. Mes collaborateurs dans la création de l’indice, Laura O’Laughlin, Maripier Isabelle et Nathaniel Bérubé-Mimeault, y collaboreront aussi. Christian Bélair, président du RJCCQ, qui a commandé la création de l’indice, y participera également. Nous ferons place aussi à des invités, jeunes et moins jeunes, qui amèneront leurs points de vue et leur expertise à la discussion.

Avec vous, chers lecteurs, nous tenterons de faire avancer la discussion de cet enjeu primordial pour l’avenir du Québec qu’est l’équité entre les générations.

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Je ne comprends pas la logique du texte principal « Certains régimes de taxation, par exemple, sont plus bénéfiques pour les jeunes et moins bénéfiques pour les plus vieux. Dans ces cas encore plus que dans les autres, les décideurs devront faire très attention de ne pas toujours trancher du côté des plus âgés. » Si, en effet, les régimes de taxation sont plus bénéfiques pour les jeunes que pour les moins jeunes, alors pourquoi serait-il illogique de trancher du côté des moins jeunes? Mon épouse et moi avons fondé une famille de 4 enfants et sommes les heureux grands-parents de neuf petits-enfants. Je ne traite donc pas ici de théories mais bien de personnes en chair et en os. J’ai sué pendant 35 ans pour amasser honnêtement ce qui me permet de survivre actuellement et ce labeur a permis à mes enfants et mes petits-enfants de bien vivre et satisfont les aspirations de mes enfants. Je n’accepte pas que les aînés soient considérés comme des citrons qu’on peut presser à volonté (en créant, par exemple d’une main des allègements fiscaux que de l’autre main, par le biais d’interprétations illégales de la Loi par Revenu Québec, on vient arracher de toute façon par l’imposition d’acomptes provisionnels auxquels ils ne sont pas tenus selon la Loi). Nos gouvernements sont des fourbes et leurs laquais des Ministères aussi: à titre d’exemple, le PQ a promis à la jeune génération de ne pas augmenter ses frais de scolarité tout en permettant au Revenu de diminuer leurs crédits d’impôt. Résultat: les étudiants ne pourront faire autrement que de voir leurs frais de scolarité augmenter sous un autre vocabulaire. Ce que je souhaite c’est que la jeune génération soit plus lucide que la mienne et ne laisse pas faire ;les politiciens à leur guise. Jacques Bédard

Tout ce que je tentais de dire c’est que les jeunes ne sont pas non plus des citrons qu’on peut presser à volonté. Je suis ici très loin de parler de frais de scolarité (même s’il est intéressant de noter que certains services gouvernementaux sont tarifiés, alors que beaucoup d’autres ne le sont pas). Tout simplement, il ne faut pas trop faire de décisions dans le sens des jeunes ou des ainés, il faut une équité entre les deux. Je vois, par contre, un plus grand risque que les décisions aillent trop dans le sens des aînés, considérant leur pouvoir politique beaucoup plus grand et les besoins grandissants qu’ils auront dans les prochaines années.

Il y a définitivement iniquité entre les générations. Merci aux gauchistes et aux sociaux-démocrates québécois qui ont continuellement vécu au-dessus de nos moyens.

http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise

Mais attendez car vous n’avez encore rien vu: si le Québec se sépare du Canada, alors là…vous pourrez réellement verser toutes les larmes de votre corps car vous aurez l’une de plus imposantes iniquités sur la Terre.