Les 10 milliards de François Legault

François Legault sait compter, il est comptable de formation. Mais je me demande quelquefois comment il fait ses calculs. Dans un article publié mercredi dans La Presse, il propose que la Caisse et le gouvernement créent un fonds de 10 milliards de dollars afin de prévenir les nouvelles acquisitions d’entreprises québécoises par des intérêts étrangers. Ce fonds est une très mauvaise idée. J’en conteste le principe et la pertinence, mais surtout je suis convaincu qu’un tel fonds sera tout simplement incapable d’empêcher la vente d’une entreprise comme Alcan, ce pour quoi il serait créé.

Sur les principes, je serai bref. Dans le même article, l’économiste Pierre Fortin disait que « jouer avec les Fonds de la Caisse, ce n’est pas juste de la mauvaise économie, c’est immoral ». Notre collègue à L’actualité ajoutait « que les épargnants n’ont pas donné le mandat au gouvernement de piger dans leurs économies ».

J’ajouterai que ce protectionnisme primaire se joue dans les deux sens et que plusieurs entreprises québécoises ont fait d’importantes acquisitions à l’étranger ces dernières années. Comment peut-on refuser aux autres ce que nous faisons nous-mêmes ? De plus, comment empêcher les actionnaires des sociétés convoitées de refuser l’offre la plus alléchante ?

Mais revenons aux 10 milliards de François Legault. Admettons, que ce fonds prend des participations dans une vingtaine de grandes sociétés cotées en Bourse dont le siège social est au Québec. Cela ne fait pas plus que 500 millions par entreprises. Présumons que le capital investi serait plus important dans quelques-unes de ces entreprises stratégiques. Mettons 1 milliard, ce qui serait considérable dans un portefeuille que l’on veut sans doute bien diversifié.

Que vaudrait ce milliard de dollars face aux 38 milliards mis sur la table par Rio Tinto ? Comment cette somme relativement dérisoire aurait-elle fait pencher la balance ?

Monsieur Legault reproche à la Caisse de ne pas avoir levé le petit doigt pour sauver des centres de décisions comme Alcan, ou Domtar. Avec son fonds, il ne fait que ça, lever le petit doigt.

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Votre confrère Girard ne partage pas votre point de vue

« Alors que l’Indice Québec affiche un recul de 24% sur un an, l’indice S&P/TSX de la Bourse canadienne présente une perte de 33%. Avantage Québec!

Là où les entreprises québécoises se distinguent depuis un an, c’est surtout par rapport à la contre-performance des entreprises étrangères. Pendant que les actions des compagnies américaines de l’indice S&P 500 reculent collectivement de 39% sur un an, les actions des grandes sociétés européennes perdent au-delà de 40% et celles des sociétés asiatiques, plus de 45%.

Mais qu’en est-il sur une période de cinq ans? L’indice S&P/TSX remporte la palme de la meilleure performance (+20% l’an), suivi de l’Indice Québec (+1,4% par année). Et les indices étrangers? C’est tout simplement un rendement annuel composé négatif pour la plupart: -9,5% pour le Dow Jones; -13% pour le S&P 500; -17% pour le Nasdaq; -4,4% pour Londres; -19% pour le Nikkei. L’Allemagne se distingue avec un rendement positif de 8,5% l’an. »

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/article/20081117/LAINFORMER0201/811170578/6021/LAINFORMER0201

Monsieur Parizeau non plus! Il a dit à TLMP que si c’est bon pour le Gouvernement américain, ca doit être bon pour le gouvernement du Québec

Bombardier vaut 6,9 milliards; 500 millions c’est 7,2% de la cie. Chez SNC c’est 11%, CGI 20% et chez Jean Coutu 56%!!!

En plus investir 500 millions dans ces cies ferait monter le prix des actions à la joie de tous…
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L’idée que le pire investissement à l’étranger vaut plus que le meilleur investissement au Québec (comme sous-entend toute la « théorie » de l’ouverture sur le monde) est ce que j’ai entendu de plus ridicule en économie!!
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Alors qu’on vient de perdre 30 milliards et que le marché traverse sa pire crise depuis 1929, on apprend ce matin qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion! Kaput le nouveau boss. Et Charest a le culot de nous faire une élection sur l’économie et les 3 paires de mains sur le volant!

Je n’aime pas l’idée que vous vous faites de l’utilisation de ces 10 milliards.
Moi, je pensais que la Caisse pourrait intervenir, de temps en temps, jusqu’à une hauteur de 10 milliards, pour sauver certaines de nos entreprises-fleurons, si cette somme suffit pour les sauver.
Si un émirat arable décide d,acheter Hydro-Québec et met 200 milliards sur la table, la Caisse n’y pourrait rien, bien sûr ! mais, par exemple, quand Maax a décidé de vendre, alors là, la Caisse aurait pu investir quelques centaines de millions, juste assez pour garder cette entreprise chez nous.
Voila comment je ferais si j’étais président de la Caisse et je n’aurais surtout pas besoin des conseils de Jean Charest pour ce faire !

Ah ben c’est le bout de la m….Rousseau, qui nous a fait perdre 1,9 milliard dans son papier-torchon, a eu 1,8 million en boni! L’autre, le ti-nouveau, 1,4 million.
Et pendant ce temps on s’énerve pour les 700,000 de Mam Tibo!

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/200811/19/01-802425-la-caisse-pourrait-verser-des-bonis-de-performance.php

Pierre Couture
Le Soleil

(Québec) Malgré des rendements anémi­ques, la Caisse de dépôt et de placement du Québec pourrait être tenue de verser à ses hauts dirigeants des bonis de performance cette année.

«C’est une possibilité», a fait savoir hier le porte-parole de la Caisse de dépôt, Mark Boutet.

D’après les règles de rémunération adoptées par le conseil d’administration du «bas de laine» des Québécois, la rémunération du président et des hauts dirigeants varie selon une performance déterminée selon le degré d’atteinte des objectifs de valeur ajoutée au-dessus d’un indice de référence.

En clair, explique le porte-parole de la Caisse, des bonis de performance pourraient être versés si des gestionnaires réussissent à faire mieux qu’un indice de référence dans un marché donné, et ce, même dans le cas d’un rendement négatif.

Une partie des primes offertes par la Caisse à ses hauts dirigeants s’appuie également sur le rendement des dernières années, et non seulement sur le dernier exercice financier, a précisé M. Boutet.

Or, au cours des cinq dernières années, le rendement moyen annuel de la Caisse s’est élevé à 12,4 %. Une performance bien au-delà de l’objectif moyen attendu de 7 % de la part des gestionnaires de la Caisse.

N’empêche. Avec la crise financière qui frappe les marchés boursiers et immobiliers cetteannée, tout indique que le recul du rendement global de la Caisse sera significatif en 2008. On parle maintenant d’une perte d’environ 20 % (30 milliards $) sur les avoirs nets des déposants de 155 milliards $.

40,7 M $ l’an dernier

L’an dernier, la Caisse de dépôt a versé à ses employés 40,7 millions $ en bonis annuels de toutes sortes. La Caisse avait alors offert un rendement de 5,6 % à ses déposants malgré une forte dépréciation de 1,9 milliard $ (15 %) de ses investissements dans le secteur des papiers commerciaux adossés à des éléments d’actif (PCAA).

Le président de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, avait alors encaissé une rémunération globale de 1,8 million $. Le chef de la direction des placements de l’époque, Richard Guay (maintenant président), avait pour sa part encaissé 1,05 million $ alors que le vice-président aux placements privés, Normand Provost, avait touché un salaire global de 1,03 million

L’humoriste français Fernand Raynaud:

« J’aime pas les étrangers, ils viennent manger le pain des Français.

Un jour, l’étranger a quitté le village avec sa femme et ses enfants.

Et depuis ce jour, on ne mange plus de pain…

Il était boulanger ! »

Santé mentale : Le mutisme persiste… Quel chef saura briser le mur du silence?

Lettre ouverte de l’Alliance des forces communautaires et alternatives en santé mentale adressée aux chefs des partis politiques

Monsieur Jean Charest,

Madame Pauline Marois,

Monsieur Mario Dumont,

Madame Françoise David,

Monsieur Amir Khadir,

Monsieur Guy Rainville.

Mesdames, Messieurs, est-ce que les mots « troubles de santé mentale » évoquent quelque chose pour vous? Sûrement, car il est à peu près impossible, pour tout Québécois et Québécoise, de ne pas avoir connu au moins une dizaine de personnes vivant ou ayant vécu avec un problème de santé mentale. Il est même certain que vous avez aussi bien connu une personne qui s’est suicidée. Alors pourquoi en campagne électorale ne parlez-vous pas de ce sujet?

Demandez à vos conseillers de faire une petite recherche. Vous verrez que c’est un thème très important pour l’ensemble de la population : une personne sur six souffrira d’une problématique de santé mentale au Québec. Quotidiennement dans l’actualité vous trouverez des gens qui vivent des troubles de santé mentale et qui font la manchette : dans les urgences, les hôpitaux, les tribunaux, les prisons où parfois ils en meurent, dans les centres jeunesses, dans les centres pour personnes âgées et particulièrement dans le monde du travail ou dans la rue où ils se retrouvent faute de service,… Dans tous les secteurs de la société il y a des gens de tous âges, avec leurs familles et leurs proches, qui doivent composer avec cette situation. Le tout engendrant une facture économique fort importante.

Monsieur Charest et Madame Marois, vous nous direz que vos gouvernements respectifs ont fait des actions à ce sujet. Examinons où nous en sommes rendus. Si vous aviez un ou une proche dont la santé mentale vous inquiéterait… à quel endroit allez-vous lui suggérer de se présenter dans le réseau public pour avoir accès à une évaluation de sa santé mentale? Nous vous laissons fouiller pour trouver la réponse. Pour avoir accès aux services requis, vous verrez que ce n’est pas aussi simple que ça.

Par contre, si votre proche ou son entourage désire des services différents, complémentaires ou alternatifs, saviez-vous qu’il existe environ 400 organismes communautaires spécialisés en santé mentale au Québec? Les récents gouvernements avec l’aide de la communauté ont contribué à la création de centres d’intervention de crise, de centres de jour et de soir, de centres d’écoute, de traitements, de groupes d’entraide et de soutien, de ressources d’hébergement, de prévention du suicide, de suivi communautaire, de soutien aux études, de retour au travail, d’associations de parents et proches, d’organismes de promotion, de prévention et de défense des droits et divers autres. Tous ces organismes sont maintenant réunis dans une « Alliance des forces communautaires et alternatives en santé mentale » pour vous faire une demande.

Au fil des ans, la société québécoise a favorisé l’éclosion et le développement d’un excellent réseau d’organismes communautaires en santé mentale. Leurs expertises et compétences sont maintenant reconnues. Les différents ministres de la Santé ont apprécié le travail de ces organismes. Ils se sont engagés successivement à ce que ce réseau communautaire reçoive au moins 10 % du budget consacré à la santé mentale au Québec. Quoique modeste, il s’agit d’un objectif louable, surtout quand on sait que ces budgets sont immédiatement transformés en services directs à la population, avec un minimum de coûts administratifs dans des organisations à échelle humaine.

Cependant, saviez-vous que selon les dernières données du Ministère de la Santé et des Services sociaux, la moyenne provinciale du budget de la santé mentale consacrée aux groupes communautaires est de 7,2 % ? Saviez-vous que dans 9 régions le pourcentage ne dépasse pas 8 %, que dans 3 d’entre elles il stagne aux environs de 5 % et que dans d’autres régions les données récentes montrent même un recul du pourcentage ? Ces réalités devraient interpeller certains de vos candidats. Pour l’Alliance, il faudrait ajouter, d’ici 2010, environ 40 M$ pour atteindre l’objectif du 10%. Il s’agit d’un investissement minime si vous envisagez les retombées directes au niveau des services à la population.

Une crise économique se pointe et va grossir le lot de gens en détresse psychologique cherchant de l’aide dans la communauté. Après des années d’attente pour le rehaussement de son financement, le réseau communautaire spécialisé en santé mentale montre des signes évidents d’épuisement tout en faisant face à des demandes qui s’accroissent de plus en plus rapidement. En effet, malgré les efforts effectués par les derniers Ministres de la Santé, le réseau public de santé cafouille encore quand il est question de santé mentale. Les personnes qui désirent accéder aux services appropriés se heurtent toujours à l’insuffisance des moyens et à la lourdeur administrative.

Pour toutes ces raisons, l’Alliance des forces communautaires en santé mentale souhaite que chaque parti politique prenne l’engagement d’aborder en priorité la santé mentale. Aussitôt élu, le Gouvernement devra rapidement hausser le financement des organismes communautaires spécialisés en santé mentale.

Avec des expertises reconnues, avec ses centaines d’intervenants spécialisés et d’employés de tout ordre, avec ses milliers de bénévoles dévoués dans les conseils d’administration et dans les services, avec ses milliers d’activités, programmes et services, faire le choix de soutenir une force collective et vivante qui assure une excellente complémentarité avec le réseau public pour la santé mentale est un pari gagnant. Maintenant, parlerez-vous de santé mentale d’ici la fin de la campagne électorale?

Robert Théoret

Porte-parole de l’Alliance

L’Alliance des forces communautaires en santé mentale réunit 5 regroupements provinciaux et 16 tables régionales en santé mentale. Elle représente 400 organismes communautaires spécialisés en santé mentale qui interviennent auprès des personnes qui ont un problème de santé mentale ou des membres de leur entourage.

Pour information : http://www.robsm.org/10/index.html

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Je suis de votre avis, ce protectionnisme primaire est de très mauvaise augure pour le Québec.

Imaginez si Obama décidait de faire la même chose pour les USA en revoyant le NAFTA dans quelle merde nos entreprises manufacturières qui ne vont déjà pas très bien à cause de la crise économique qui secoue le monde entier présentement seraient. Ce serait catastrophique pour nos exportateurs qui exportent bon an mal an 85% de notre production vers les USA.

C’est au moment même où l’ADQ a sombré dans ce genre de protectionnisme primaire d’achat chez nous et cie qu’ils ont littéralement chutés dans les sondages.

Est-ce que monsieur Legault reviendra sur terre ou sait-il déjà que le PQ ne rentrera pas alors il peut promettre n’importe quoi comme son frère bloquiste au fédéral peut promettre de faire exploser la lune sachant qu’ils ne seront jamais au pouvoir.

@Philippe

Qui est Guy Rainville?

Et vous oubliez Gilles Paquette, chef du parti République Québec et Eric Tremblay chef du Parti Indépendantiste.

Avec des raisonnements de ce genre, Hydro-Québec n’existerait pas. Certains en serait très heureux (pour des raisons idéologiques). Les Québécois seraient alors plus pauvres qu’ils ne le sont.

GM Defense (filiale de GM Canada) a déjà voulu acheté Bombardier. GM Defense a fait faillite et n’existe plus.
Un état qui protège (et même qui favorise) son économie et ses « grappes industrielles » n’est pas une exception mais plutôt la norme. Le capitalisme d’état est en cours depuis + de 50 ans. (Singapour – entre autre – en est une preuve vivante). Jusqu’à preuve du contraire le support de l’état à l’économie nationale ( et surtout au développement social) est une nécessité – et ce n’est pas les développements récents dans l’économie mondiale (i.e. les banques et autres Gm nécessiteux) qui me feront changer d’idées – au contraire)

Maintenant, les 10$ milliards de Legault, est-ce significatif ? Je n’en sais rien mais le laisser-faire lui l’est beaucoup.