Les 25 ans du Fonds de solidarité

Je ne suis pas sûr si une institution singulière comme le Fonds de solidarité de la FTQ pourrait être créée en 2008. En 1983, quand Louis Laberge en a eu l’idée, les relations syndicales-patronales étaient pourries et les besoins en capital de démarrage pour les entreprises étaient considérables. Cela est moins vrai. Je crois néanmoins à la pertinence du Fonds et je trouve que ce serait une immense bêtise pour un gouvernement de le remettre en question.

Jean-Marc Suret, professeur de comptabilité à l’université Laval, a sans doute raison quand il oppose la rentabilité relative des fonds de travailleurs aux 2,7 milliards de dollars dont les gouvernements se sont privés entre 1983 et 2003 à cause des crédits d’impôts consentis aux cotisants. Son étude, écrite pour l’Institut économique de Montréal, me semble irréprochable au niveau financier. Il est aussi tout à fait légitime de soulever ces questions. Après tout, 2,7 milliards, c’est du gros argent.

L’étude ne tient toutefois pas compte de toutes les retombées plus ou moins tangibles des fonds de travailleurs. 575 000 personnes sont actionnaires du Fonds de solidarité ? Ces personnes auraient-elle épargné si elles n’avaient pas été sollicitées dans leur lieu de travail ? Les gouvernements se sont certes privés de revenus, mais combien ont-ils pu récupérer grâce à l’activité économique générée par des entreprises dans lesquelles les fonds de travailleurs ont investi ?

On l’a dit, le climat de travail est bien meilleur au Québec qu’il ne l’était il y a 25 ans. Les syndicats, au lieu de vouloir « casser le système » sont souvent devenus les partenaires des entreprises. Des milliers de travailleurs syndiqués ont suivi une formation sur le fonctionnement d’une entreprise et les défis qu’elle doit affronter. Comme dit l’annonce, cela n’a pas de prix.

Un gouvernement qui voudrait mettre fin aux avantages fiscaux des fonds de travailleurs s’attaquerait à un symbole puissant. Il pourrait gagner quelques dizaines de millions de dollars par année, mais il pourrait perdre beaucoup plus.

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Ce document de Jean-Marc Suret n’est pas une « étude » comme vous le dites, mais une « note économique ». Nulle part ce document ne prétend être une étude.

Généralement, une étude fait plus de quatre pages. Les notes économiques de l’IEDM se rapprochent plutôt aux articles qu’on retrouve dans diverses revues pour initiés.

La pire performance du Fonds a eu lieu sous la présidence de Bachand, actuel ministre de Jean Charest…

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Jeffrey Simpson ce matin revient sur un sujet longuement débattu ici: la péréquation. Ce qu’il dit évidemment est archifaux.
http://www.cyberpresse.ca/article/20080520/CPOPINIONS02/805200749/6732/CPOPINIONS

« Le Québec continue de recevoir de forts paiements de péréquation de la part d’Ottawa, paiements financés en transférant de l’argent des contribuables de l’Ontario et des autres provinces riches. »

Le 8 milliards que reçoit le Québec vient des poches des Québécois. On l’as-tu assez dit?

Il parle de la force de la piasse qui fait mal et de l’immigration où là il me rejoint:
« une immigration massive qui ne marche plus bien parce que de trop nombreux immigrants tombent maintenant dans la pauvreté et y restent. Étant donné que Toronto accueille à elle seule 43% des immigrants au Canada chaque année, lorsque l’immigration ne marche pas, la ville, et par extension, la province, connaît des ennuis. »

Si Jeffrey Simpson, l’un des plus célèbres columnists canadian, immigrant lui-même (il est né aux USA) dit que l’immigration ne marche plus en Ontario, est-ce que Bibi peut dire que l’immigration au Québec, telle que pratiquée depuis une vingtaine d’années, est un désastre?

On semble oublier que ce n’est pas un congé fiscal comme celui accordé à des compagnies, mais un report d’impôt.

Cet argent va revenir dans les coffres de l’État.

A Noel: en tout cas, bibi ne peut pas dire, comme il est probablement le seul à le faire au pays, que la péréquation n’existe pas. Ce que M. Simpson dit serait vrai pour l’immigration mais pas pour la péréquation ? On retient bien l’info qu’on veut.

Oui, l’Ontario a toujours été canadienne en premier. Mais les temps changent. L’Ontario devient ontarienne avant d’être canadienne.

Comme le Québec l’Ontario devra se payer elle-même de la péréquation.

Oui, quoi qu’en disent les défendeurs de l’imigration, l’Ontario s’est planté avec l’immigration. Un tel problème prendra 30 ans à se résorber et les dommages collatéraux resteront à jamais.

Avec la moitié des immigrants dans la misère au Québec nous ne sommes pas sortis de l’auberge non plus.

Ben pour dire quand le fric diminue, on allume.

@mb
Jamais dit que la péréquation n’existait pas. C’est 13 milliards par année et le Québec en reçoit 8

Ce qui est faux c’est de dire comme dit la légende urbaine fédéraliste que les 8 milliards viennent des poches des riches Albertains et des maintenant moins riches Ontariens et que c’est un cadeau qu’ils font aux pauvres ptits Québécois, les BS du Canada. C’est là qu’est le mensonge

M. Guillaume Lamy vous avez raison.

Cette Note économique a été préparée par Jean-Marc Suret, professeur à l’École de comptabilité de l’Université Laval, fellow du CIRANO et titulaire d’un doctorat en finance de l’Université Laval. ( Institut économique de Montréal)

http://www.iedm.org/uploaded/pdf/mai08_fr.pdf

Monsieur Noel, si c’est 13 milliards par année dont 8 milliards vont au Québec, ou 61,5% de l’enveloppe, et que l’Ontario doive dorénavant recevoir de la péréquation pour pouvoir offrir des services comparables à ceux offerts aux citoyens des autres provinces, devra-t-on réduire les paiements offert aux autres provinces, ou devra-t-on grossir l’enveloppe de manière significative ? Il se joue présentement un match politique entre Ottawa et Queen’s Park qui a atteint aujourd’hui un niveau loufoque. Pierre Poilièvre, un député Conservateur de la région d’Ottawa, déclarait hier qu’il écrira au Ministre des finances, aussi député ontarien, afin que celui-ci réduise les transferts en santé parce que l’Ontario a décidé que notre assurance maladie paierait dorénavant pour certains cas de changements de sexe. Le fédéral, dit Poilièvre, n’a pas à payer pour les changements de sexe des Ontariens. Les Ontariens ont vite noté que le fédéral ne menace pas de couper dans les transferts vers l’Alberta où les changements de sexe sont payés par l’assurance maladie albertaine. Le fédéral accepterait donc de payer pour les changements de sexe des Albertains mais pas des Ontariens. Voilà de la politique de basse-cour.

Donc, on coupe chez les uns pour en donner aux autres ou on grossit l’envelope?

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