Les artistes, Harper et nous

Les artistes québécois sont-ils furieux parce que le gouvernement conservateur a sabré certains programmes destinés à la promotion des arts à l’extérieur du pays ? Ou est-ce l’idée même de l’élection d’un gouvernement conservateur avec de solides assises au Québec qui leur est insupportable ?

Je me pose naïvement la question après avoir entendu sur tous les tons et tous les registres plusieurs d’entre eux au cours des dernières semaines. Remarquez, ils ont parfaitement le droit de s’exprimer et il est raisonnable de penser qu’ils sont bien placés pour défendre un point de vue sur les politiques culturelles de nos gouvernements.

Non, il y a deux choses qui n’énervent dans cette salve de critiques entendues sur toutes les tribunes. D’abord, il y a cette espèce de supériorité morale dont ils se drapent quand ils se prononcent sur toutes les questions politiques, sociales, environnementales ou culturelles. Certains sont devenus des experts universels et infaillibles. Je ne leur accorde pas cette distinction.

La deuxième chose, c’est qu’il me semble qu’ils font tout un plat avec finalement bien peu. De quoi parle-t-on au juste quand on parle de ces coupures ? Des programmes visant à faire la promotion des artistes à l’étranger ont été abolis. Ils l’auraient été sur la base d’études d’efficacité effectués par le ministère du Patrimoine canadien et un autre programme serait en gestion pour les remplacer.

Le gouvernement conservateur sabre-t-il dans la culture ? Ces coupes, totalisant 45 millions de dollars, sont en partie compensées par une contribution supérieure de 30 millions de dollars par an au Conseil des arts du Canada. C’est sans compter un budget supplémentaire de 25 millions de dollars pour TV5, dont 15 millions seront utilisés pour augmenter le contenu canadien diffusé sur TV5 Monde. Le financement des grands festivals a été amélioré et on n’a pas touché à celui de Radio-Canada, dont le budget a été plusieurs fois charcuté par les libéraux quand ils étaient au pouvoir.

Il y a beaucoup de raisons pour aimer ou ne pas aimer les politiques du Parti conservateur. Il me semble que les changements effectués à certains programmes de Patrimoine Canada n’en font pas partie.

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Coudonc, écoutez-vous la radio X en cachette? C’est exactement le discours que tiennent les X depuis des années. Fillion à l’époque faisait des sorties mémorables contre les subventions à Éric Lapointe.
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Ceux qui ont acheté du Fannie Mea la semaine dernière ont fait toute une passe!
Un p’tit 3,600$, au plus bas mercredi dernier, valait 14,000$ à matin. Buy low, sell higher…

http://bigcharts.marketwatch.com/advchart/frames/frames.asp?symb=ca%3Abbd.b&time=&freq

En tout cas Radio-Canada et la moitié des chroniqueurs de La Presse (et je n’en doute pas Le Devoir) sont apparemment en campagne contre ces coupures, en fait on assiste à une campagne médiatique en règle.

Pourtant la population n’a pas l’air d’embarquer, c’est rafraichissant et ça démontre que les conservateurs sont beaucoup plus en phase avec la population que ne le laisse croire la couverture des médias.

S’il fallait que la couverture médiatique soit plus balancée le PCC gagnerait par un raz de marée. Autrement ce sera plus difficile mais circonstances aidant (division de la gauche et faiblesse des libs) ils y parviendront sans doute.

Quand à R-C j’espère qu’un gouvernement conservateur majoritaire en finira avec ça et nous redonnera le milliard par an que nous gaspillons là dessus alors que le privé pourrait très bien prendre la relève.

Le contrôle de la diffusion d’information par l’état est une relique nuisible de l’étatisme des années 60 qui ne fait que perpétuer, l’étatisme, l’immobilisme et le statu-quo; la chicane actuelle sur la culture est un bon exemple. Il est temps d’en finir avec ce dinosaure coûteux qu’est Radio-Canada/CBC.

Quand aux subventions et aux quotas ils ne font qu’éloigner la culture des gens (elle n’a plus besoin d’intéresser pour subsister), sans parler d’encourager la médiocrité qui mène immanquablement au déclin.

Le film « Bon cop bad cop » pourtant un succès au box office n’a même pas fait ces frais.

Alors, si tu ne veux plus jamais voir un film québécois, applaudis aux coupures.

« alors que le privé pourrait très bien prendre la relève. »
Qui dans le privé aurait financé le Film « Bon co… »? Qui Monsieur Brasseur? Vous!

M. Duhamel a raison sur toute la ligne. De plus, si on écoutait nos artistes, il me semble que 50% des cours de littérature, sinon 75%, seraient consacrés à la littérature québécoise! Imaginez : 50 % des cours sur la littérature de l’humanité (6 500 millions d’individus) seraient consacrés à la littérature de 6,5 millions d’individus (0,1% de la planète)! Ce serait cela être cultivé, version artistes (corporatistes?) québécois!

Si on écoutait nos artistes, 50 % des livres en librairie seraient des livres écrits ou imprimés au Québec, au détriment de la culture de 99,9% de la planète!

Imaginez s’il fallait que 50% des cours de physique, de chimie ou de biologie soient consacrés à la physique, la chimie ou la biologie québécoise. Ce ne serait pas la fin du monde. Le Québec ne deviendrait pas subitement un trou noir, mais ce serait inculte, misérable.

Résistons à ces raccourcis du lobby artistique qui exploite indument toutes les tribunes qui lui sont ouvertes via des émissions subventionnées par nos taxes. Un peuple qui ne consommerait et ne connaitrait “que” la culture du 99,9% de la planète qui lui est extérieure (les 6 493 millions d’individus qui ne sont pas Québécois) demeurerait un peuple cultivé. Et ce peuple aurait une identité bien définie: l’ouverture à l’autre; la connaissance de l’autre.

Enlevons, par hypothèse (je ne le souhaite nullement) toutes les subventions aux artistes du Québec. Si cela était fait, il est concevable que nous pourrions en sortir PLUS cultivés que nous le sommes présentement. Pourquoi? Parce que, par exemple, l’on pourrait voir, sur nos TÉLÉVISIONS locales, ou entendre à la radio locale, que ce qui se fait de mieux dans le monde, au lieu de voir, ou d’entendre, une part exagérée de médiocre parce que, mais enfin, si c’est du “nous”, du”vécu”, du “local” du “d’ici”, cela vaut bien un petit accroc à la qualité.

J’invite les artistes à avoir une conception un peu moins solipsiste de la question culturelle.

Mario Roy a été perspicace dans son article du 19 sept. dans La Presse: http://www.cyberpresse.ca/article/20080919/CPOPINIONS03/80918307/6737/CPACTUALITES

“L’affaire est autre, et plus grave. Si on les écoute, il n’y a pas de principes plus chéris par les 23 000 artistes québécois que ceux de la diversité, au nom de laquelle ils ont mené des luttes épiques à l’échelle internationale ; de la non-violence et de la tolérance, qui ont inspiré des recueils complets de chansons.

Or, les voir après cela atteints d’une telle unicité de pensée – parfois belliqueuse et intolérante – par rapport aux enjeux sur lesquels la société, elle, est profondément divisée ne cesse de surprendre.?Et, franchement, d’inquiéter un peu.”

Toute aussi pertinente est la chronique de Nathalie Elgrably sur ce sujet, dès le 18 septembre. Elle s’intitule « réponse aux artistes ». Elle y traite intelligemment de la réalité sur le financement, puis de la réalité sur la censure et elle termine par la réalité sur les pseudo retombées économiques:

“Évidemment, on nous sermonne que ces subventions sont indispensables, ne serait-ce qu’en raison des retombées économiques que la culture génère. L’étude du Conference Board à ce sujet a d’ailleurs été largement citée. Or, le calcul des retombées économiques est une arnaque intellectuelle, rien de plus qu’un concept canularesque. Les économistes ont depuis longtemps compris que la méthodologie employée est si tordue qu’il est mathématiquement impossible qu’un projet soit non rentable, quel que soit le projet à l’étude!

On peut comprendre le mécontentement des artistes. Mais ne nous laissons pas aveugler par des chiffres grotesques élevés au rang de faits incontestables! Surtout, gardons un esprit critique fasse à l’argumentation boiteuse qui circule.”

http://argent.canoe.com/lca/chroniqueurs/nathalieelgrably/archives/2008/09/20080918-093054.html

Je dois dire que la scéance de bitchage des artistes durant le gala (subventionné)des prix Gémeaux m’a particulièrement irrité.

Non seulement on doit les faire vivre mais en plus on doit payer pour qu’ils puissent nous abreuver de leur propagande.

Idem pour les journalistes de Radio-Canada qui nous assaillent avec cette question dix fois par jour.

Raz le bol!!!

Vive Harper!

La culture anglo-canadienne est très riche, et moins « bitcheuse » (ou du moins le fait-elle avec plus de finesse et d’esprit que l’élite artistique québécoise). Des exemples? Ecoutez « Radio 2 drive » pratiquement chaque jour de 15h00 à 18h00, et « Canada Live » pratiquement chaque jour de 20h00 à 22h00. Le tout sur CBC radio 2 (93,5 FM à Montréal).

Quelle condescendance de la part de ces artistes québécois que de se croire le nombril culturel du Canada. Ils en sont une composante très importante, sans plus.

Coudons! Je n’avais pas compris qu’ils coupaient aussi Télé-Film Canada-Si je comprends bien, on est entrain de tout leur faire passer sur le dos.

Et quelle condescendance du bon docteur?

Est-ce que les jeunes Américains ont seulement 50% de littérature américaine au programme?

A la télé, c’est 100% d’émissions américaines
Les films? 99% de films américains
La musique: 99% de musique anglaise, en grande majorité américaine.

Nos jeunes ont accès à d’autres choses que de la culture québécoise.

Au fait, tes amis hassidiques à Montréal, ils connaissent quoi de la culture québécoise?

Vous êtes tous et toutes cordialement invités à venir enregistrer votre vote électoral pour la campagne fédérale actuelle.

Désolé pour le spam mais si je veux me rendre à 100 voteurs d’ici le 14 octobre prochain, je dois en faire un peu question d’avoir quelque chose de représentatif.

Rendez-vous sur http://www.tymmachine.blogspot.com

M. Duhamel est un barbare! Qui l’eût-cru?

@Jacques Noel

Savais-tu que Bush a décidé d’envoyer son armée en Irak parce qu’il écoutait la radio X? Si si je te jure. Sarkozy en France est aussi un auditeur secret de radio X. Tu le savais, non?

Un élément capital de la culture québécoise, J. Noel, c’est la liberté de ne s’intéresser qu’à la culture non-québécoise. Cet élément-là est capital. Merci aux hassidim de nous rappeler cette dimension essentielle de la culture québécoise, dimension sans laquelle notre culture deviendrait un carcan culturel, et un cul-de-sac potentiel.

Dans le mille M. Duhamel.

Entendre le braillage de ces artistes me dégoûte.

On peut facilement faire un parallèle avec les milliers de Québécois qui oeuvrent bénévolement ou presque dans le sport amateur. Ca reste un «sideline» qu’ils font à temps partiel à côté de leur vrai travail, sauf pour les meilleurs ou les plus passionnés qui peuvent en vivre. Pourquoi ce ne serait pas la même chose pour les artistes ? Fais de ton art un hobby, à part si tu es assez bon pour en vivre !

Oui, le bon doc vous avez raison la culture anglo-canadienne est très très riche, oui très riche en culture américaine.

Et puis le grand doc vous avez RAISON, les artistes Québécois ne sont pas le nombril culturel du Canada, ils en sont une composante très importante, mais ils sont le NOMBRIL CULTUREL DU QUÉBEC.

Les Canadiens sont cultivés par les USA, (colonisés peut être?) contrairement aux Américains qui sont cultivés par les USA.

Maintenant les Elvis, avant d’exploser, dites moi combien en % les Canadiens du ROC consomment de culture « made in USA ».

Pendant ce temps, les artistes québécois écopent, et les artistes du Canada hors Québec, à quelques exceptions, se meurent.

Maudit pluss beau pays colonisé.

M. Harper sait ce que le Canadien moyen pressent: que la masse d’incultes sous-diplômés (lire: beaucoup de représentants du show-business; beaucoup de nos acteurs; beaucoup de nos chanteurs; beaucoup de nos humoristes) qui se présente depuis des décennies comme porte-paroles et activistes de la culture au Québec, n’en représente qu’un aspect, et un aspect peut-être parmi les plus factices et les moins profonds. Notre culture, c’est tellement plus que 2 chansonnettes, 3 gags, 4 soaps et 5 petits drames ou petites comédies sur pellicule ou sur scène.

« Merci aux hassidim de nous rappeler cette dimension essentielle de la culture québécoise, dimension sans laquelle notre culture deviendrait un carcan culturel, et un cul-de-sac potentiel. »

Le « nous » et le « notre », ce sont ceux de majesté que vous utilisez?

Sinon votre énoncé ne renvoit qu’au vide.

“Merci aux hassidim de nous rappeler cette dimension essentielle de la culture québécoise, dimension sans laquelle notre culture deviendrait un carcan culturel, et un cul-de-sac potentiel.”

C’est le mur de Berlin entre les Québécois et les Hassidims.
Et je ne sais ben pas ce que se déguiser ainsi dans les rues de Montréal peut apporter à la culture locale!

Jamais rencontré un Hassidim qui était québécois. Et jamais rencontré un Québécois qui est devenu Hassidim.

Docteur Laughrea : M. Harper sait ce que le Canadien moyen pressent: que la masse d’incultes sous-diplômés se retrouve chez les députés conservateurs aux communes. Seulement 3,9% des congressmen aux ÉU n’ont pas de diplôme universitaire alors qu’ici, 32,1 % des députés aux communes n’ont pas de diplôme universitaire.

Par parti politique :
– 40.9% des députés Conservateurs n’a pas de diplôme universitaire
– 40.0% des Bloquistes
– 37.5% des néo-démocrates
– 15.6% des Libéraux

http://www.ppforum.ca/common/assets/reports/en/mps.pdf

Monsieur Harper connaît son électorat.

En passant, c’est Preston Manning du Manning Centre for Building Democracy qui se sert de cette petite présentation. Il est en pourparler avec l’Université Carlton pour créer un programme pour former des politiciens. Quelle follie !

Mme King: cependant, les 41 % de conservateurs sans diplômes universitaires ont la décence de ne pas se prendre pour le fleuron ou le fer-de-lance de la culture, contrairement à nombre d’artistes, d’acteurs, et d’humoristes sous-diplômés ou pas plus diplômés que le député conservateur moyen. Ces politiciens ne se prennent que pour les représentants de la population, qui, elle, est sans doute à 40 ou 60% sans diplôme universitaire.

Le contraste que vous notez entre les politiciens canadiens et les politiciens américains est par ailleurs fort intéressant.

En passant, Docteur Laughrea, lorsque vous écrivez ‘la masse d’incultes sous-diplômés (lire: beaucoup de représentants du show-business; beaucoup de nos acteurs; beaucoup de nos chanteurs; beaucoup de nos humoristes)’ – sortez-vous ça de votre brillant cerveau ou avez-vous des statistiques ou une preuve quelconque pour vous formez un telle opinion des artistes ?

Les Jacques Noël de ce monde qui traitent les « barbares » d’ignorants sont les premiers à ignorer les faits, à propager le mensonge et surtout à éviter le débat de fond sur la question.

Selon la Conférence Canadienne des Arts…

En 2007-2008, le gouvernement fédéral a consacré plus de 3,3 milliards de dollars aux diverses activités du secteur des arts et de la culture, incluant le budget du ministère du Patrimoine canadien, CBC/Radio-Canada, le Conseil des Arts du Canada et les autres institutions nationales des arts et de la culture. Selon l’Analyse annuelle du Budget fédéral de la Conférence canadienne des arts, les dépenses totales pour les arts et la culture ont été relativement stables au cours des trois dernières années.

Le Conseil des Arts du Canada a reçu une augmentation ponctuelle de 50 millions de dollars de son budget, répartie sur 2006-2007 et 2007-2008 et cette année, une augmentation récurrente de 30 millions de dollars de son budget de base. Le gouvernement a investi 100 millions de dollars dans des infrastructures culturelles très nécessaires (au Centre national des Arts et dans les musées nationaux). Un investissement important a été promis pour la construction et le maintien du premier musée national à l’extérieur de la région de la capitale nationale (le Musée canadien des droits de la personne, à Winnipeg). Le financement de la plupart des organismes culturels (CBC/Radio-Canada, contribution du gouvernement au Fonds canadien de télévision, Office national du film, etc.) n’a pas vraiment varié. Un nouveau budget annuel de huit millions de dollars a été attribué au soutien des festivals locaux de tous les types et le budget du Programme Présentation des arts Canada du ministère du Patrimoine canadien a été accru de sept millions de dollars par année.

Les Questions…

Est-ce par simple distraction que les Jacques Noêl de ce monde ignore les bonifications et les créations de nouveaux budget du gouvernement Harper en arts et culture?

Est-ce par simple distraction que les Jacques Noël de ce monde évitent de parler de l’existence des rapports d’évaluation des programmes coupés?

Est-ce par simple distraction que les Jacques Noêl de ce monde accusent les autres de véhiculer des préjugés alors qu’ils sont eux mêmes les porteurs de grands préjugés en matière de culture?

Les Jacques Noel de ce monde ignorent qu’ils sont ignorants.

@Loraine King

Le seul humoriste qui a de l’instruction universitaire est Jean-Francois Mercier (actuariat).

Chère Mme King: il y a largement place pour l’erreur dans mon appréciation des représentants les plus visibles du monde artistique. Je n’inclue évidemment pas, dans cette « masse » des gens comme Gilles Vigneault, Gregory Charles, Jim Corcoran, Edgar Fruitier, Alain Lefèvre, etc. puisqu’ ils ne sont pas sous-diplômés, ou encore, dans le cas de M. Fruitier (dont je connais mal le CV), aux antipodes de l’inculture. Je pense surtout à ces invités de talk-shows (sans doute pour la plupart des comédiens (1)) que le hasard m’ait donné d’entendre ou de regarder, parfois à répétition, d’ailleurs, au cours des décennies, prouvant ainsi soit leur visibillité ou l’aspect “chaise musicale” du monde artistique québécois.

En somme, pour répondre encore plus clairement: l’opinion qui attire votre circonspection ne repose pas sur des statistiques. Mais peut-être en avez-vous, sur les diplômes universitaires de nos humoristes, comédiens et chanteurs, particulièrement québécois, pour qu’on les compare aux députés du parti conservateur, par exemple. Je serais intéressé à les connaitre. Je me souviens du groupe Les Cyniques, dont tous les membres étaient diplômés universitaires, que je sache, et ce, dès les années 60 ou débuts 70. Le monde artistique ou humoristique a sans doute beaucoup progressé depuis, un peu comme le monde scientifique: dans les années 60, il était encore concevable, en Sciences, mais déjà rare, d’obtenir un emploi de chercheur après un doctorat. Depuis plus de 25 ans, c’est impossible: un ou 2 stages postdoctoraux sont exigés.

Le monde est de plus en plus exigeant. Il n’y a pas de raison qu’il ne le soit pas des artistes également.

(1) Représentants d’un “art mineur”, dirait le grand comédien Philippe Noiret.

@ M.Laughrea
Vous semblez valoriser les diplômes mais les écoles des beaux arts nous apprennent à maîtriser des techniques, pas à sentir.
De plus, si vous vivez au Québec, vous devriez savoir que les diplômes:MPhil et Phd ne vous autorisent pas à employer le « Dr » devant votre nom!!!
Seuls les médecins y sont autorisés (société distincte)

M. Fortin: devant la porte de mon laboratoire, situé dans un hôpital de Montréal, figure un écriteau, installé par l’hôpital, sur lequel on peut lire « Dr » devant mon nom. On y voit même, dans le département de chirurgie dentaire du même hôpital, le mot « Dr » devant le nom des dentistes. Vous voudrez bien immédiatement alerter le collège des médecins, l’office de la langue française et tous les Big Brother du monde…

Vous écrivez les deux choses qui vous énervent:
Pour la première («Ils l’auraient été sur la base d’études d’efficacité effectués par le ministère du Patrimoine canadien et un autre programme serait en gestion pour les remplacer.»), ça fait beaucoup de « si » conditionnels. La réalité est que les programmes avaient bien reçu une évaluation positive et divers Ministères s’étaient félicité de leur efficacité, dont celui des Affaires étrangères que je vais citer à la fin de ma réaction.

Quant à la supériorité morale des artistes, c’est parfois vrai et ce n’est malheureusement pas réservé à ces seules personnes. Le «tout un plat pour bien peu», c’est malheureusement vrai : ce peu ne peut représenter par exemple qu’une journée de budget alloué à la guerre, mais des années de travail pour ces jeunes artistes créatifs qui ne font pas partie du showbizz.

D’autre part, où va l’argent frais apporté dont vous tentez de rassembler les fragments? C’était pourtant dans les nouvelles d’hier: «Le premier budget des conservateurs en matière de culture était surévalué. De plus, une partie des sommes allouées aux arts a été réaffectée au sport et au multiculturalisme. Voilà ce qui ressort d’un rapport de la Conférence canadienne des arts (CCA), que La Presse a obtenu. » Les détails ont suivi et il serait bien qu’un journaliste de L’Actualité fasse part d’une certaine objectivité lorsqu’il écrit dans des formes au conditionnel.

D’autre part, en tant qu’économiste, que pensez-vous de la façon du gouvernement Harper de travailler « en douce » et de s’immiscer dans des programmes financés par la population sans l’ombre d’une consultation. Cette façon de faire fait peur car elle ouvre la porte à toutes les dérives – ce vers quoi sont d’ailleurs portés les représentants du parti conservateur.

Évaluation du programme
En janvier 2006, les évaluateurs du programme Promotion des arts écrivent : «En général, le programme de promotion des arts est reconnu pour avoir atteint les objectifs de promotion des arts et de la culture du Canada, objectifs qui ont guidé son développement depuis les années 1970. Il existe une présence culturelle dans les pays choisis, même si le niveau peut sembler insuffisant dans certains cas. Le programme a clairement contribué à l’amélioration des débouchés professionnels pour les artistes canadiens et pour les autres membres de la communauté culturelle, et le Canada occupe maintenant une place de choix sur la scène internationale en matière d’excellence artistique.» Le rapport ajoute que «l’évaluation a aussi permis de démontrer que le programme est efficace et responsable sur le plan opérationnel, et [qu’]aucun problème important n’a été soulevé quant à l’administration des subventions». On recommandait d’augmenter les ressources consacrées au programme et de replacer celui-ci au coeur de la stratégie diplomatique canadienne.

L’Office québécois de la langue française a émis un avis concernant l’utilisation de l’appellation de docteur :

« Toute personne qui a réussi un programme de doctorat universitaire a le droit de porter le titre de docteur. Toutefois, une récente modification apportée au Code des professions en précise les règles. Le membre d’un ordre professionnel dont le diplôme de doctorat est requis pour la délivrance du permis d’exercice, ou du certificat de spécialité, a le droit d’utiliser le titre de docteur ou l’abréviation du titre avant son nom, mais à la condition d’indiquer immédiatement après son nom le titre réservé aux membres de l’ordre (par exemple, Docteur Pierre Roy, chiropraticien). Celui ou celle dont le diplôme de doctorat n’est pas requis pour la délivrance d’un permis d’exercice peut porter le titre de docteur, mais seulement après son nom et son titre professionnel (par exemple, Colette Paradis, inf., docteure en biologie). Le titre de docteur peut être utilisé sans restriction par les médecins, les dentistes et les vétérinaires.
Au Québec, comme partout ailleurs en Amérique du Nord, le premier grade en médecine est appelé doctorat, mais il n’en demeure pas moins un grade de premier cycle. Les programmes de doctorat de troisième cycle sont sanctionnés par le grade de Philosophiae Doctor (Ph.D.), ou de docteur selon le cas. »
— Grand dictionnaire terminologique, article docteur.