Les PME sont l’avenir

Les PME disposent d’atouts appréciables dans leur combat contre les géants, dit le blogueur Pierre Duhamel.

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Photo : Getty Images

D’un côté, les PME, qui comptent pour plus de 99 % des entreprises et qui représentent environ 55 % de l’économie. De l’autre, moins de 3 000 entreprises de plus de 500 employés (0,3 % du total), mais qui représentent à elles seules 45 % du PIB canadien.
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A priori, on ne devrait pas donner cher de la peau des toutes petites entreprises face à des géants qui sont souvent des multinationales implantées dans plusieurs pays.

C’est aussi l’intuition des gouvernements, qui font tout ce qu’ils peuvent pour soutenir les grands joueurs, quitte à taxer davantage les PME qui n’ont pas les mêmes répercussions sur leur collectivité.

Les PME disposent néanmoins d’atouts appréciables dans leur combat contre les géants.

1. Le coût de la technologie baisse continuellement et les PME peuvent combattre à arme égale avec les grands joueurs.

2. Un joueur régional a le même accès au Web et aux logiciels — de même qu’aux services de transport et de logistique — qu’une grande entreprise située dans une grande ville.

3. Les grandes entreprises sont moins flexibles, et cela peut leur prendre du temps avant de changer d’orientation. Les PME ont moins accès aux capitaux, mais leur flexibilité leur permet de s’adapter plus rapidement.

4. Les PME savent innover. Les grandes entreprises d’aujourd’hui, comme Facebook et Google, ont été des PME qui ont su développer un produit et un marché avant que les grands joueurs déjà bien établis ne s’y intéressent.

5. Les grandes entreprises ont des acquis considérables, mais cela leur complique aussi la vie. Elles tentent tout naturellement d’intégrer toute innovation dans leur modèle d’affaires existant, alors qu’un entrepreneur partira de zéro et choisira la meilleure option pour faire décoller son projet.

6. Les grandes entreprises sont lourdes et se sont dotées d’innombrables chaînes de commandement. Si vous avez une bonne idée, il va falloir la faire progresser tout au long de l’organigramme. Bonne chance !

Au final, on s’aperçoit que l’histoire économique est jonchée de grandes entreprises dominantes à leur époque et qui sont aujourd’hui disparues. Et elles ont été remplacées au sommet par des entreprises qui n’étaient que des PME pendant qu’elles étaient à leur zénith.

Pas convaincus ?

Xerox n’a pas voulu faire de l’informatique personnelle ; Microsoft fait constamment du rattrapage sur la mobilité ; Apple a dit non aux réseaux sociaux ; les chaînes de librairies ont été anéanties par Amazon ; les Woolworth, Woodward, Miracle Mart, Greenberg, Towers, Zellers, Kmart et Woolco n’ont pas su résister à Walmart, créée en 1962 et arrivée au Canada en 1994.

Les PME ne sont pas condamnées à rester petites et les grandes entreprises ne sont pas destinées à rester puissantes de toute éternité. Le talent, l’ambition, la vision, le travail et un peu de chance peuvent transformer une PME en grande entreprise.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

1 commentaire
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Oui les PME deviennent parfois de très grandes entreprises, elles sont de plus en plus souvent actives en périphérie (comme partenaires / sous traitants) des grosses entreprises et comme vous le dites leur taille leur donne une souplesse que les grosses n’ont pas.

Les grandes innovations proviennent la majorité du temps je crois des PME et nous voyons les grosses les acheter / les intégrer pour profiter de leur savoir-faire et ce sont les bonnes idées des PME couplées aux capitaux des grosses entreprises qui font que les innovations atteignent les marchés et nous permettent d’évoluer.

Mais je me demande bien dans quelle mesure une autre formule que cette formule traditionnelle ne serait pas plus porteuse encore, soit que les PME complémentaires se regroupent pour décupler leurs forces de création et capacité de lever des fonds pour progresser au lieu de se vendre aux grosses entreprises, ça nous permettrait probablement d’évoluer plus vite encore.

Et parlant de vitesse d’évolution, lorsque l’économie d’une société comme celle du Québec repose autant que ça sur les PME, les aider à se mettre en réseau / à se regrouper pour agir serait à mon sens une stratégie gagnante pour ces PME et pour l’économie du Québec.