Les conseils d’Alexandre Taillefer aux entrepreneurs

L’entrepreneur, aujourd’hui investisseur et covedette de l’émission Dans l’œil du dragon, a séduit les participants à la Conférence PME 2014 de L’actualité en multipliant les anecdotes, les conseils et les déclarations-chocs !

Photo: Benoit Desjardins
Photo : Benoit Desjardins

Blogue EconomieAlexandre Taillefer a le sens de la formule. L’entrepreneur, aujourd’hui investisseur et covedette de l’émission Dans l’œil du dragon, a séduit les participants à la Conférence PME 2014 de L’actualité en multipliant les anecdotes, les conseils et les déclarations-chocs !

«Ce ne sont pas des cours d’administration que les entrepreneurs devraient suivre, mais des cours de théâtre !» a-t-il lancé devant les 250 participants amusés. «Un entrepreneur, dit-il, doit utiliser sa créativité pour maintenir son client sur le bout de sa chaise. Il doit en mettre un peu…»

À 23 ans, alors qu’il venait de fonder sa première entreprise, Intellia, Alexandre Taillefer raconte avoir reçu un appel de Bombardier, qui cherchait une boîte à qui confier le mandat de refaire son site Web. Intellia connaissait un certain succès, mais n’avait pas encore la taille suffisante pour prendre un contrat d’une telle ampleur.

«J’avais loué un local beaucoup trop grand pour nous dans le Vieux-Montréal. J’ai invité 20 de mes amis, et quand Bombardier est venue nous voir, nous étions passés d’un coup de 30 à 50 employés ! Il y avait de la fébrilité dans l’air, et nous avions l’air d’une entreprise beaucoup plus établie que nous ne l’étions en réalité.»

Le reste appartient à l’histoire. Intellia a rempli ce mandat de 1,2 million avec Bombardier. Un an plus tard, Alexandre Taillefer a vendu son entreprise à Québecor, devenant ainsi l’un des premiers millionnaires québécois du Web.

Parce qu’il a choisi de demeurer au Québec et d’y payer ses impôts, Alexandre Taillefer se décrit comme un entrepreneur de gauche. Et selon lui, le modèle québécois, «un modèle d’équité, d’égalité et d’accessibilité», ne pourra subsister sans l’apport de nouveaux entrepreneurs qui contribueront à créer de la richesse.

Selon lui, le climat pour démarrer des entreprises au Québec n’a jamais été aussi bon. «Il y a du capital de risque et des incubateurs d’entreprises. Tout ça n’existait pas il y a 20 ans. Il y a aussi une deuxième génération d’entrepreneurs qui ont fait de l’argent et qui réinvestissent dans de nouvelles entreprises.»

Il a souligné l’apport de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a mis sur pied en février dernier «Innover. Agir.», un forum d’entrepreneurs (dont fait partie Alexandre Taillefer) qui cherchent activement des solutions pour renforcer l’entrepreneuriat dans toutes les régions du Québec.

«C’est la première fois que je vois la Caisse s’engager autant pour que l’entrepreneuriat devienne une option pour les Québécois. Et il faut que cette option soit présentée aux jeunes le plus tôt possible, dès le primaire et le secondaire.»

La conférence d’Alexandre Taillefer en quelques citations clés…

… sur la nécessité de l’échec

«L’entrepreneuriat, ça s’apprend en vendant de la limonade, des t-shirts et en organisant des discomobiles. Et ça s’apprend surtout en se cassant la gueule. L’échec rend plus fort et je suis un balafré.»

«Avoir été un jour transféré aux créances spéciales de ma banque a été la meilleure expérience de ma vie ! J’ai appris l’importance de gérer le flux de trésorerie.»

… sur les cours de gestion

«Les écoles de gestion ne sont pas la seule piste pour se lancer en affaires. Trop d’études peuvent même enlever l’envie de devenir entrepreneur. Plus on est instruit, plus on a peur, car on connaît les risques.»

… sur la passion

«Trouvez d’abord votre passion plutôt qu’une occasion d’affaires. Vous aurez peu de succès dans un marché qui ne vous intéresse pas. Pour devenir un bon entrepreneur, il faut vouloir changer le monde, pas juste vouloir faire de l’argent.»

… sur la détermination et la jeunesse

«Le métier d’entrepreneur n’est pas rose. Pendant les trois premières années, vous travaillerez beaucoup pour un salaire très petit. Pendant ces années de vaches maigres, la détermination sera le critère le plus important pour réussir.»

«Ce sont les jeunes qui doivent se lancer en affaires, parce que plus tard, on est corrompu par notre job, notre salaire, nos deux autos dans l’entrée, l’emprunt hypothécaire et les enfants…»

* * *

À propos de Kathy Noël

Kathy Noël est chroniqueuse et blogueuse à L’actualité. Journaliste économique depuis près de 15 ans, elle a auparavant travaillé au journal Les Affaires et au magazine Commerce, où elle a occupé le poste de rédactrice en chef adjointe de 2002 à 2009. On peut la suivre sur Twitter : @kathy_noel.

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