D’immenses défis économiques attendent Couillard

Le budget Marceau prévoyait un déficit de 1,75 milliard de dollars pour l’exercice 2014-2015. Pour atteindre cette cible, il faudra que les revenus soient au rendez-vous et que le budget des dépenses soit respecté au dollar près.

Blogue EconomieAvant la victoire des libéraux, il y a la défaite du Parti québécois. Elle est retentissante et massive. Les discours des trois candidats potentiels à la succession de Pauline Marois illustraient le drame de ce parti, perdu dans son arrogance.

Pour les libéraux, la victoire est douce, mais les célébrations seront courtes.

Nous aurons droit dans quelques jours à l’incontournable «c’est pire que prévu», où la nouvelle équipe nous dira qu’on nous avait caché l’état réel des finances publiques. C’est un classique et il y a suffisamment de flou et d’imprécisions dans le budget de février dernier pour susciter un numéro d’indignation bien senti.

Le budget Marceau du 20 février prévoyait un déficit de 1,75 milliard de dollars pour l’exercice 2014-2015. Pour atteindre cette cible, il faudra que les revenus soient au rendez-vous contrairement à l’exercice qui se terminait le 31 mars dernier et que le budget des dépenses soit respecté au dollar près. Il y a aussi un écart de 500 millions de dollars à résorber et le budget présenté n’a aucune provision pour éventualités. En résumé, zéro marge de manoeuvre et de nombreux écueils.

La discipline s’impose donc. L’agence de notation Fitch Rating a mis la cote de crédit du Québec sous surveillance avec une perspective négative. La dette brute atteint 198 milliards de dollars et représente 54,3% du PIB, un sommet dans les provinces canadiennes. Cet endettement nous coûtera cette année 8,6 milliards de dollars en paiements d’intérêts. Une décote pourrait hausser les coûts d’emprunt du Québec sur les marchés financiers.

Voici donc l’héritage pour lequel les libéraux, en toute justice, ont leur part de responsabilité.

La nouvelle équipe gouvernementale devra être très disciplinée dans la gestion des fonds publics. On nous promet des coupes de 600 millions de dollars en 2014-2015 et de 750 millions dans le prochain exercice. Pour se faire, on compte réduire les dépenses administratives et mettre sur pied une commission permanente de révision des programmes. Je crains que cela ne soit pas suffisant.

Le cadre budgétaire du Parti libéral s’appuie sur une projection d’une croissance économique réelle (une fois l’inflation enlevée) de 2,1%, ce qui est sensiblement plus élevé que les prévisions des économistes du secteur privé. C’est cette croissance qui devrait augmenter les recettes du gouvernement et permettre l’atteinte des cibles budgétaires.

Pour doper la croissance, le Parti libéral mise sur des leviers bien connus. Il veut notamment rétablir les sommes consacrées aux dépenses d’infrastructure au même niveau qu’il y a 18 mois et lancer un programme de crédits d’impôt à la rénovation domiciliaire.

Ce sont des mesures conjoncturelles qui créent des emplois à court terme. C’est l’équivalent des stéroïdes dans l’entraînement d’un athlète. L’avenir de notre société ne peut pas seulement dépendre du béton et des marteaux. Mais on peut aussi facilement admettre qu’il y a encore beaucoup de rattrapage à faire du côté des infrastructures et que leur mise à niveau créé des conditions favorables pour le développement économique. Par exemple, des routes en bon état permettent une meilleure circulation des personnes et des biens.

Le problème, c’est que ces dépenses alourdissent une dette déjà énorme. Peut-on continuer de dépenser sans compter? Surtout, il faut prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter les cafouillages, les dépassements de coûts et le copinage. Il faut retenir les leçons des dernières années du régime libéral, sinon cela serait désespérant.

Le Parti québécois comptait sur un État stratège, véritable chef d’orchestre qui donnait la note aux secteurs et aux entreprises à privilégier. Ce n’est pas la philosophie libérale, mais il faudra créer des conditions pour que les entreprises québécoises soient encore plus innovantes et plus présentes sur les marchés d’exportation.

Faut-il conserver tels quels les crédits d’impôt offerts à certaines entreprises ou faudrait-il mieux baisser les charges fiscales de toutes les entreprises et faire du Québec un paradis pour entrepreneurs? J’aimerais que le nouveau gouvernement se pose la question.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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J’imagine que nous devrions en savoir un peu plus sur toutes ces questions d’ici quelques semaines, lorsque le nouveau gouvernement déposera son budget. Il ne faut pas s’attendre à ce que tous les choix soient faciles. Néanmoins, je pense qu’il faut se montrer optimiste.

Les infrastructures sont indispensables au développement du Québec. Certainement, le choix des infrastructures et le contrôle des coûts est essentiel. Espérons que le copinage passé n’aura plus sa place désormais dans un gouvernement du Québec. Il faut veiller à ce que chaque dollar investi soit productif et porteur d’effets multiplicateurs.

Ceci dit, faut-il conserver tels quels tous les crédits d’impôts à certaines entreprises, me semble une question pertinente. J’aimerais beaucoup mieux qu’on réduise les charges fiscales des jeunes entreprises pour lesquelles ont doit créer un environnement idéal à leur développement, tout comme pareillement aux entreprises qui soutiennent une création constante d’emplois.

De la même façon, je ne suis pas certain qu’il soit adéquat de subventionner si généreusement certaines compagnies au détriment d’autres. Je pense notamment à cette cimenterie de Port Daniel qui en plus d’être polluante pour peut-être cent ans, ne nous garantit pas de si considérables retombées économiques tant à moyen qu’à long terme.

Considérant que l’industrie du béton est elle-même en pleine mutation. Le récent projet de fusion de Lafarge avec la suissesse Holcim est assez emblématique de ce questionnement, quand toutes deux sont d’importants employeurs tant au Québec qu’au Canada.

Sur ce point, je sais que monsieur Couillard était en faveur de ce projet, il n’en demeure cependant pas moins qu’il va devoir faire montre de réalisme tant sur ce projet que sur bien d’autres sujets à fin que tous satisfassent et rencontrent son engagement de conduire le Québec vers plus de prospérité tout en restant au fait des réelles capacités financières qui incombent inexorablement aux québécoises et aux québécois.

Un gouvernement majoritaire libéral, rompu à la gestion économique, est ce qui pouvait nous arriver de mieux. La montée en puissance de la CAQ va également assurer une critique de l’opposition qui sera constructive et qui poussera à l’accélération des réformes nécessaires. La
présence encore importante du PQ à l’Assemblée nationale pourrait nuire au progrès en continuant de créer un climat acrimonieux et instable, mais les députés de cette formation incohérente et en pleine dérive seront occupés non seulement à panser leurs plaies, mais à se poser des questions fondamentales sur la véritable identité du PQ. C’est leur spécialité, après tout!

Il est vrai M. Duhamel que les libéraux n`auront pas droit à l`erreur! La marge de manoeuvre est très délicate pour en arriver à un déficit zéro! Il ne faut pas oublier que les libéraux ont promis beaucoup de choses dans leur cadre financier pendant la campagne! Mais l`équipe économique du parti libéral est pas mal plus réaliste que l`ancienne équipe du p.q.
Les libéraux devront dès le départ montré leurs couleurs et mettre au pas les syndicats de la fonction publique et parapublique dans leurs réquisitions pour le renouvellement des conventions collectives de mars 2015! Ils auront l`appui de la population et aussi de la C.AQ. s`ils le font par consensus , ce que le P.Q. n`a pas daigné faire avec un gouvernement minoritaire! Les libéraux devront aussi se rappeller constamment qu`il y a une troisième voie ( C.A.Q ) au Québec qui va leur souffler dans le dos et que cette troisième voie a obtenue pratiquement autant de voix au scrutin que les VRAIS québecois c`est à dire nos péquistes qui veulent un pays avec à peine 25 % des votes des contribuables qui sont allés aux urnes!

La grande question économique qui se pose pour le Québec est la suivante: Comment générer la croissance nécessaire pour maintenir notre niveau de vie?

Fondamentalement c’est ça, il faut s’occuper de la dette et du déficit déficit dans la mesure ou ils deviennent une entrave à la croissance, ce qui est déjà le cas quand nous devons hausser taxes et impôts pour arriver et ça sera pire quand les taux d’intérêt augmenteront.

Mais ce qu’il faut bien comprendre est que même avec le déficit zéro le problème de la croissance et du probable déclin de notre niveau de vie ne sera pas réglé.

Pour ça il nous faut devenir plus productif et ce n’est pas simple. La taille même de l’état, ses impôts et son interventionnisme sont à la source de nos problèmes mais en même temps tout retrait de l’état aura initialement un effet négatif sur le PIB. Pas étonnant que les politiciens soient alors si tentés de pelleter les problèmes par en avant (par exemple en dépensant plus et avec des programme qui incitent les consommateurs à s’endetter, ce qui est exactement ce que proposent les libéraux).

Bref pour avancer ils nous faudra d’abord reculer et ça prend un courage auquel les Libéraux ne nous ont pas habitués et à défaut duquel les progrès seront au mieux illusoires.

Vous avez absolument raison pbrasseur! Les libéraux auront-ils le courage? Mais il y aura une opposition qui fera avancée les choses et ce sera la C.A.Q à moins que nos 3 clowns d`hier du parti québécois ( Drainville, Lisée,P.KP ) nous amènent des solutions extraordinaires qui vont nous lancées sur une piste de croissance insoupconnée que la majorité des québecois pourrait achetée!

@ pbrasseur

Même si vous répétez plusieurs fois ces faussetés que vous venez d’écrire, ça ne les rends pas plus vraies.

Pour avancer, il faut reculer ! Quel trait de génie ! Pendant un moment de lucidité, PBrasseur mentionne l’impact négatif sur le PIB si l’État n’intervenait pas et du même souffle il déclare que l’interventionnisme de l’État est la source « de nos problèmes ». Toute une analyse, dire une chose et son contraire dans la même phrase. En plus de développer des théories économiques bien personnelles.

C`est absolument vrai. Il faut payer le prix pour réduire le déficit(couper de la bureaucratie gouvernementale) et baisser les taxes et les impôts des entreprises. Pas d`austérité, pas de prospérité. Juste à regarder la France qui patauge dans sa médiocrité sans arrêt. Toujours en déficit, la dette explose, la bureaucratie gouvernementale qui s`engraisse, le chômage est élevé, les taxes et les impôts sont au plafond et les gens quittent la France tellement qu`ils sont découragés. On commence à avoir le même phénomène qu`en France au Québec.

@ jackwood
Quelle belle démonstration de votre ignorance. On pouvait lire samedi dans les journaux français ainsi que dans les nouvelles au Québec : « Manifestation contre l’austérité à Paris ». C’est la politique d’austérité qui coule la France et c’est cet exemple que vous me donnez, pour me dire que tout ira mal au Québec, si on n’applique pas des mesures d’austérité !

« Comparer n’est pour l’ignorant qu’un moyen commode de se dispenser de juger. » de Johann Wolfgang von Goethe

Les mesures d`austérité en France sont nécessaires s`ils veulent retrouver de la prospérité un jour. C`est sûr que la population chiale pour pas rien perdre. Mais la France vit à crédit s`en bon sens. Voyons, c`est pas dur à comprendre. Quand tu vis toujours à crédit, tu finis par payer le prix et ça fait mal.

Même la Suède blâme les politiques économiques de la France :

http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-suede-attaque-la-politique-economique-de-la-france_1346831.html

C`est parei comme si moi-même je vivrais à crédit sans arrêt et que je me payerait du gros luxe et qu`un jour la banque me dirait, c`est fini monsieur, on vous prête pu d`argent, c`est sûr que ça ferait mal à mon train de vie et que faudrait que je me prive. C`est la même chose qui arrive à la France et à tous les pays-étsts-provinces-villes, etc… qui s`endettent sans bon sens.

jackwood,

La Suède, pour retrouver sa compétitivité a dévalué sa couronne, ce que ne peut faire la France avec l’euro. Là-dessus, elle n’a aucune leçon à donner.

« la France vit à crédit » Tous les pays empruntent figurez-vous et la France a même pu emprunter à des taux négatifs comme quoi son crédit est bon malgré une décote de S&P, mieux que le vôtre.

Avez-vous lu les recommandations des experts du FMI qui demandent aux pays en difficulté budgétaire de mettre la pédale douce avec les mesures d’austérité ?

Je vous laisse Francis Vailles, je préfère lire des gens plus sérieux tel que celui-ci :

« Ces dévaluations par rapport aux monnaies européennes ont indéniablement (Lindbeck, 1997) amélioré la compétitivité-prix des produits suédois sur les marchés internationaux. En ce sens, elles ont pu contribuer à accroître les débouchés de l’économie suédoise, ce qui peut expliquer en partie le dynamisme remarquable des exportations suédoises observé depuis vingt ans. […]

En effet, au milieu des années 1990, la renaissance de l’économie suédoise résulte en partie des gains de compétitivité-prix acquis sur les marchés internationaux grâce à la dévaluation de la couronne. »
LES PERFORMANCES ÉCONOMIQUES DE LA SUÈDE, Quelques éléments d’évaluation
Vincent Touzé OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques)

Il est tout à fait acceptable dans certaines circonstances de reculer pour mieux foncer au sens littéral autant qu’au sens figuré. Les exemples pullulent.

Je ne vois aucune « fausseté » dans cet énoncé Marc.

Au Québec, les politiques gauchistes où l’État et son immense troupeau de fon-fons qui ont sévi depuis 50 ans nous ont mené tout droit à la ruine en redistribuant une richesse inexistante et en vivant à crédit et seul un sévère virage, où certains dommages collatéraux malheureux mais nécessaires viendront, pourra nous sortir du trou.

Ensuite pourrons-nous entrevoir enfin un avenir radieux et prometteur pour les générations qui nous suivront dans un monde qui récompensera les efforts et rendra la LIBERTÉ à la nation Québécoise.

@ François 1

On peut reculer pour mieux s’élancer, sauter, mais sûrement pas pour avancer, tout de même ! Je prendrai vos déclarations sérieusement, lorsque vous me ferez la démonstration sans équivoque de ce que vous soutenez et je ne crois pas que ce soit pour demain.

J’espère que Couillard ne deviendra pas un péquiste « soft » et un taxeux comme Charest et Bachand. La CAQ va faire pression dans le sens contraire on peut croire. La maudite taxe-santé est toujours de trop.

Premièrement, il faut que notre Vérificateur Général se penche sur les VRAIES finances du Québec car les péquistes étaient passés maîtres dans l’art du camouflage.

Ensuite, l’équipe du Tonnerre de Monsieur Philippe Couillard pourra étudier le bilan consciencieusement établi et apporter des correctifs vraisemblablement nécessaires car n’oublions pas que ça fait 18 mois que les activistes péquistes massacrent notre économie.

Il faudra rétablir les ponts avec les industries et avec les investisseurs qui craignaient, et avec raison, les incohérences péquistes.

Ça prendra du temps mais avec une telle équipe Libérale, tout est possible.

Un référendum au plus vite, pour rapatrier tout nos pouvoirs et décider nous même !
Voilà «la» solution à tout nos problèmes.