Les deux gagnants du Grand Prix du Canada

Bernie Ecclestone fait-il de l’extorsion quand il exige des pouvoirs publics 15 millions de dollars par année et une hausse annuelle de 5 % au cours des 10 prochaines années pour avoir le droit de présenter un Grand Prix de Formule 1 à Montréal ? Ou ne prélève-t-il pas tout simplement une redevance légitime, s’apparentant davantage à un droit d’auteur sur un événement international rentable pour l’économie locale et les gouvernements ?

Il y a en effet deux façons d’envisager la relation d’affaires avec le pape, ou le caïd, de ce grand cirque qui fait ces jours-ci son passage annuel à Montréal.

Première option, vous êtes scandalisé. 15 millions de dollars et plus pour un spectacle ennuyant et bruyant qui brûle des milliers de litres d’essence et qui ne comble que des amateurs fortunés, certains étant même prêts à payer 560 dollars pour un billet donnant accès au site pendant trois jours.

Le gouvernement fédéral ne fait pas un tel jugement de valeur, mais il ne serait pas enclin à hausser de 5 % par année sa contribution de 5 millions de dollars. Il y a aurait une meilleure façon de dépenser l’argent public. Les discussions sont en cours avec les autres bailleurs de fonds, Tourisme Montréal (5 millions), le gouvernement du Québec (5 millions) et la ville de Montréal (1 million).

La tenue du Grand Prix est-elle menacée une fois de plus ? Ce serait surprenant. Les autres partenaires croient en effet que cet événement est une bonne affaire, même au prix exigé par Bernie Ecclestone.

Leur raisonnement est le suivant. La course attire 300 000 personnes pendant le week-end. Près de 20 % des spectateurs viennent des États-Unis et 8 % d’ailleurs dans le monde. En fait, il n’y a que 35 % des détenteurs de billets qui habiteraient Montréal. Ces touristes envahissent les restaurants et remplissent les hôtels, ce qui contribue à la survie et la rentabilité de plusieurs d’entre eux. Ces visiteurs auraient les poches pleines et ils dépenseraient sans compter dans les boutiques chic qui font leurs meilleures affaires de l’année. J’exagère à peine, les commerçants du centre-ville de Montréal font une prière à genoux devant la photo d’Ecclestone !

On dépenserait tellement d’argent dans les restos et les hôtels que les gouvernements empocheraient 18 millions en recettes supplémentaires de TPS et de TVQ pendant ces quelques jours et y trouveraient déjà leurs comptes. En ajoutant les emplois temporaires, les autres dépenses engagées et les retombées indirectes, on parlerait de retombées s’approchant des 100 millions de dollars pour l’économie montréalaise.

Le Grand Prix serait donc un puissant moteur économique et l’industrie touristique craint la panne sèche si l’événement bouderait Montréal.

Qui va gagner la course ? Bernie Ecclestone, comme toujours. Mais l’industrie touristique montréalaise sable aussi le Champagne !

Photo : Grand Prix du Canada

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Si Bernie Ecclestone ne devait compter que sur le Grand-Prix de Montréal pour assurer sa subsistance, on peut dire en tout état de cause qu’il serait pauvre, très très pauvre. Ce qui est demandé actuellement peut paraître cher…. Mais c’est juste assez pour couvrir l’ensemble des frais. Années après années avant réajustement des tarifs, le GP du Canada était déficitaire et c’est Bernie Ecclestone qui en épongeait lui-même les déficits d’exploitation.
Il se trouve que monsieur Ecclestone a toujours adoré la destination de Montréal, c’est aussi le Grand-Prix le plus apprécié des professionnels de la F1 en incluant les pilotes. C’est à Montréal qu’on trouve le meilleur public, le circuit Gilles Villeneuve est — en plus de se trouver dans un paysage de rêve — l’un des plus intéressant à parcourir en terme de pilotage. C’est un circuit taillé pour les bons pilotes.

Néanmoins, le GP du Canada — c’est ce dont parlait la société radio-Canada aujourd’hui — est une excellente affaire également pour l’industrie du vice, toute l’industrie du vice, incluant la prostitution et aussi la prostitution de mineurs. Cela contribue à fortifier l’image que Montréal est « la » ville de tous les plaisirs, que toutes les perversions y sont désormais permises et c’est un puissant incitatif au tourisme sexuel ce qui en principe est banni par la loi canadienne.

L’époque où la F1 était d’abord une affaire de passionnés — ce qui était mon cas —, tout cela est en voie de disparaître. On a rendu le spectacle plus joli, plus esthétique, plus coloré, plus « haut de gamme » et en même temps on a perdu l’essence même de la Formula One qui était à chaque fois un défi, une épopée mécanique et humaine hors-pairs. On n’a plus besoin de nouveaux héros, ce dont on a besoin, c’est toujours plus de « cash », vite gagné, vite vite vite dépensé.

Si le GP de Montréal venait à disparaître en bonne et due forme, une bonne fois pour toute, ce que je souhaite personnellement, cela ne me ferait pas couler une seule larme.

Portant, je suis une personne très sensible et rien ne me fait plus pleurer que les injustices.

Je trouve personnellement scandaleux que l’on pompe des millions de l’argent des contribuables qui triment dur pour leur argent dans un évènement où les millionnaires abondent. Idem pour le Colisée de Québec d’ailleurs où le gouvernement québécois a dû passer une loi pour faire taire ses propres concitoyens récalcitrants.

C’est aux organisateurs eux-mêmes à financer LEUR évènement. Pas aux autres.

Marre de subventionner des millionnaires!!!

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