Les dragons et la vraie vie

Me revoici après une courte éclipse de quelques jours. Je terminais la rédaction d’un livre, mon premier, sur l’entrepreneuriat au Québec. C’est en fait un grand reportage sur l’économie québécoise depuis 4 siècles (!). J’ai réalisé une cinquantaine d’interviews avec des entrepreneurs, mais aussi avec des professeurs d’histoire, d’économie et de démographie, des investisseurs et d’autres spécialistes. La parution est prévue à la mi-mai.

Je m’intéresse depuis très longtemps à l’entrepreneuriat. Je dirais même que la plus grande partie de ma carrière de 33 ans (aujourd’hui) en journalisme a été consacrée à l’entrepreneuriat. Inutile de vous dire que j’étais très curieux de regarder hier la première de la série Dans l’oeil du dragon, à Radio-Canada.

J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu. Il y a beaucoup de montage et tout est en accéléré, mais l’essentiel s’y trouve. Dans l’émission d’hier, tous ces éléments ressortaient :

1. Il n’y a pas de limite dans la créativité humaine. Chaque jour, il y a des gens qui  inventent quelque chose, perfectionnent ce qui existe déjà ou croient offrir un service ou un produit différent ou amélioré.

2. Ces entrepreneurs en devenir ont tous besoin d’argent pour matérialiser leur idée ou la mettre en marché.

3. Les institutions financières prêtent à ceux qui ont déjà des actifs et des résultats. Si votre entreprise n’en a pas encore, vous allez devoir mettre en contrepartie vos actifs personnels. Il y a fort à parier que l’argent pour développer votre affaire va venir de vos poches ou de vos proches.

4. Quand vous allez chercher des capitaux chez un investisseur, la monnaie d’échange est une partie de votre entreprise. Il devient votre partenaire et le copropriétaire de votre société. Si vous ne voulez pas partager la garde de votre bébé, tenez vous loin des dragons, des anges financiers ou de tout autre investisseur.

5. Chaque entrepreneur croit que son entreprise, ou que l’idée qui en est à la source, vaut une fortune et chaque investisseur cherche une occasion de faire un coup d’argent en offrant le minimum d’argent pour avoir le maximum d’équité et éventuellement de retombées. Cette dynamique est à la base de toutes les négociations commerciales depuis le début des temps.

6. Au-delà de l’argent, l’investisseur cherche un entrepreneur allumé, ferme dans la réalisation de son rêve (il y mettra tous les efforts) et souple sur les moyens de le réaliser. Les investisseurs ne peuvent pas – ne veulent pas travailler – avec un entrepreneur têtu qui n’est pas capable d’adapter son idée ou son plan d’affaires pour réussir.

7. Au-delà de l’argent, un bon entrepreneur doit pouvoir apprécier ce que son investisseur peut lui apporter en termes d’expérience, de réseaux et de contacts. Encore une fois, ce n’est pas un banquier qu’il recrute, mais un copropriétaire qui a autant intérêt que lui à la réussite de son projet.

8. L’entrepreneur apprendra beaucoup s’il sait bien s’entourer et choisir les bons partenaires. Au lieu de commencer à zéro et de tout apprendre sur le tas, il pourra compter sur quelqu’un qui a vécu la même chose que lui et qui a réussi.

9. L’entrepreneur ne sera plus propriétaire de toute la tarte, mais ses chances de cuisiner une plus grande tarte sont beaucoup plus grandes.

10. Les affaires constituent un sport extrême. Ce sont ces dynamiques remplies de passions et d’intérêts qui m’intéressent. L’émission en donne un fidèle aperçu.

 

 

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Je suis content qu’on ait finalement une version francophone! J’adore le concept! Espérons que ça puisse stimuler l’entreprenariat au Québec.

C’était une première, mais j’ai trouvé que c’était moins dynamique que la version canadienne de Dragon’s Den. Les dragons ont trop de réserve. Il manque trop de chiffres pour que l’auditeur se fasse une bonne idée.
J’ai trouvé qu’il y avait trop de montage. Soit qu’ils manquent de temps d’antenne, soit ils laissent trop les entrepreneurs prendre de temps.

J’aime bien Kevin dans Dragon’s Den, car il coupe ça court.

« Les investisseurs ne peuvent pas – ne veulent pas travailler – avec un entrepreneur têtu qui n’est pas capable d’adapter son idée ou son plan d’affaires pour réussir»

On l’a bien vu avec les deux premiers et leurs cartouches recyclés. Le produit semblait intéressant (c’est tellement ces maudites cartouches-là) et les dragons étaient vivement intéressés. Mais le courant ne passait pas. Les dragons ne se voyaient pas travailler avec les deux gars, beaucoup trop têtus à leur goût.

Je vous aurais vu en dragon. On ne vous a pas approché?

A t-on une idée du taux de succès des entreprises de l’émission anglaise. C’est bien beau et ça fait rêver mais je me demande sérieusement si ça donne un bon rendement à moyen long terme.

Mais non…mais non Monsieur Duhamel. Vous faites la propagande des « drettistes »!!!

On sait tous, chez les gauchistes (voir QS et Ferrandez, entre autres!), que tous les entrepreneurs, commerçants et les hommes d’affaires du Québec se sont retrouvés millionnaires comme ça, un beau matin en ramassant négligemment l’argent dans leur cour arrière ce qui leur permet aujourd’hui de tous rouler en Porsche, d’exploiter honteusement les pauvres petits travailleurs sans autre défense que leur petit syndicat de boutique, d’avoir des bateaux de croisière dans les îles Caïman où blanchissent leurs centaines de millions tout en y passent la plupart de leur temps.

C’est une honte nationale!

Il faut étatiser TOUTES NOS entreprises comme l’ont fait les soviétiques avec succès. Dans le temps, tous les Russes étaient égaux, en ligne devant la boutique du boulanger pour en ressortir plusieurs heures plus tard avec leur généreux quignon de pain rassis et noir. Pas de gaspillage!

Ah…le bon vieux temps.