Les écofrais font exploser les prix

Dix cents pour un cellulaire, 39,50 $ pour un téléviseur de 32 po, 1,20 $ pour un ordinateur portable… Une nouvelle taxe ? Pas tout à fait. Ces frais de gestion environnementale, aussi appelés «écofrais», s’ajoutent désormais à la plupart des produits électroniques vendus au Québec.

ecofrais
Illustration : Alain Reno

Dix cents pour un téléphone cellulaire, 39,50 $ pour un téléviseur de 32 po, 1,20 $ pour un ordinateur portable… Une nouvelle taxe ? Pas tout à fait. Ces frais de gestion environnementale, aussi appelés « écofrais », s’ajoutent désormais à la plupart des produits électroniques vendus au Québec.

Si vous ne les aviez jamais remarqués (même s’ils sont facturés depuis octobre 2012), c’est normal : la loi prescrit qu’ils soient inclus dans le prix affiché. Aucun détaillant n’est obligé de les indiquer — quoique certains, comme Best Buy, le fassent.

Souvent sans le savoir, les Québécois paient des écofrais sur de plus en plus de produits. En 2013, quelque 30 millions de dollars ont atterri dans les coffres de l’Association pour le recyclage des produits électroniques du Québec, organisme privé sans but lucratif qui gère le programme. Cette année, l’ARPE-Québec prévoit percevoir 40 millions de dollars.

Cet argent sert à étendre à tout le Québec les points de collecte, où les consommateurs déposent leurs appareils désuets ou défectueux. « Les écofrais financent également le transport et le recyclage des produits », précise Dominique Lévesque, directrice de l’ARPE-Québec.

La section québécoise de l’ARPE, organisme national créé par les producteurs et les détaillants de produits électroniques, a vu le jour après l’adoption, par le gouvernement du Québec, du Règlement sur la récupération et la valorisation de produits par les entreprises. Depuis 2011, l’industrie de l’électronique est en effet responsable de ses produits jusqu’à la fin de leur vie utile.

Si toutes les personnes interrogées par L’actualité saluent l’initiative, certaines déplorent que son financement repose sur les épaules des consommateurs. « Les entreprises pourraient payer les frais de recyclage à même leurs profits. À la place, elles ont l’odieux de refiler l’ensemble de la facture à leurs clients », s’indigne Jean-Louis Chamard, conseiller principal de Chamard et Associés, un cabinet d’expertise environnementale.

La directrice de l’ARPE-Québec, Dominique Lévesque, explique que les écofrais sont déterminés non pas en fonction du prix des appareils, mais de la complexité de leur prise en charge. « Certaines matières sont extrêmement coûteuses à recycler. Par exemple, le verre plombé de l’écran d’un téléviseur cathodique exige un traitement très dispendieux », dit-elle. Il en coûte également beaucoup plus cher pour transporter un gros téléviseur qu’un cellulaire.

Dominique Lévesque assure que les écofrais diminueront à mesure que les vieux appareils — coûteux à recycler et pour lesquels aucuns frais écologiques n’ont été payés par l’acheteur — auront été récupérés. Et que le fonds de l’ARPE sera mieux garni.

Impossible pour l’instant de savoir combien de cellulaires, téléviseurs et autres appareils ont été récupérés jusqu’ici, car on ne dispose pas encore des données. L’organisme constate cependant que le volume collecté a augmenté depuis le démarrage du programme. Et il espère que ce volume continuera de croître à mesure que la population sera sensibilisée à l’importance de recycler de façon responsable les produits électroniques.

Et ce sera là le grand défi : informer les Québécois de l’existence d’un tel service. « Les entre-prises devront accélérer le processus de sensibilisation, car cela fait aussi partie du Règlement », dit France Latreille, directrice de l’Union des consommateurs. Elle confirme qu’aucune plainte n’a à ce jour été reçue relativement aux écofrais.

L’industrie a l’obligation d’atteindre des objectifs de récupération, faute de quoi elle devra payer des amendes au Fonds vert du ministère du Développement durable. Et elle a peu de temps devant elle : 2015 est à noter à son agenda (électronique).

Quels frais pour quels produits ?

Téléviseur de 30 po et plus :
39,50 $

Numériseur :
7,75 $

Ensemble de cinéma maison :
6 $

Console de jeux vidéo :
3,50 $

GPS :
2,75 $

Lecteur MP3 :
40 ¢

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Méchant racket vert. Et faites-moi rire avec le transport: même si vous payez 32$ sur le nouveau téléviseur, ils ne viennent pas chercher votre vieux téléviseur.
A quoi ca sert en bout de ligne si ce n’est qu’à créer des jobs subventionner pour nos verts.

Encore une autre gogosse totalement inutile de nos enverdeurs mais qui nous coûte une véritable petite fortuneet ne fait que rajouter aux taxes et impôts déjà insupportables au Québec.