Les écoles de commerce pour réinventer l’« après »

La collaboration des écoles de commerce et des entreprises dans un monde post-COVID-19 fera partie de la solution. Le point de vue de la doyenne de la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill.

Isabelle Bajeux-Besnainou (crédit : L'actualité)

Les chefs d’entreprise qui sont sur la ligne de front depuis le début de la crise n’ont pas nécessairement le temps ni les moyens de planifier stratégiquement leur « lendemain » alors que samorce le déconfinement. Lélaboration dune stratégie efficace pour sortir de cette crise, au courant des 18 prochains mois ou plus, exigera une ingéniosité considérable.

C’est pourquoi il paraît essentiel de s’appuyer sur les écoles de commerce pour inventer le « jour d’après » et la reprise économique. Alors que les plans de déconfinement des pays touchés par la COVID-19 sont en élaboration, le FMI prévoit une récession mondiale de 3 % pour l’année en cours. Le taux de chômage bondit dans tous les pays et certains secteurs — comme le tourisme, le commerce de détail et le transport de masse — sont particulièrement touchés.

C’est dans ces moments d’incertitude et de grands changements que les écoles de commerce ont une occasion unique de combler les lacunes et d’aider les entreprises à évoluer pour répondre aux exigences d’un monde nouveau. Elles doivent à la fois continuer de former leurs étudiants, mais aussi être au centre du débat d’idées sur ce qui sera le monde des affaires de l’après-COVID-19. De plus, elles devront réinventer les industries qui ont connu les plus graves perturbations.

Plusieurs initiatives exemplaires ont déjà été lancées

Avec l’arrivée de cette pandémie, l’industrie du commerce de détail, déjà ébranlée par le commerce en ligne, est aux prises avec une bataille encore plus difficile. À l’École Bensadoun de commerce au détail de l’Université McGill, le laboratoire d’innovation de vente au détail fournit des données de pointe dans des domaines comme l’expérience client, les chaînes d’approvisionnement durables ainsi que la santé et le bien-être. En lien avec le laboratoire, une série de concours étudiants sur l’après-crise COVID-19 va être lancée pour générer des idées applicables le plus rapidement possible.

L’industrie du tourisme a subi de très lourdes pertes. L’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies estime que les déplacements touristiques pourraient diminuer de 20 à 30 % en 2020. En France, l’ESSEC Business School a mis en place une série de cours en ligne pour aider les hôteliers à maximiser leurs revenus.

L’industrie du transport sera à réinventer. À une époque où même les voyageurs les plus fréquents sont confinés à la maison, de nombreuses sociétés de transport luttent pour leur survie. À l’Institut de recherche sur les transports de l’Université de Toronto, les chercheurs explorent les questions liées aux transports en commun, à la demande du public et au développement des infrastructures dans le contexte de la pandémie COVID-19. Dans le contexte actuel, les données et recherches que peuvent fournir les chercheurs canadiens permettront d’éclairer les solutions pour l’industrie à court et moyen terme.

D’autres initiatives plus transversales peuvent être mises en place, comme c’est le cas du programme MMA Redonne, qui permet aux étudiants de la maîtrise en gestion en analytique de l’Université McGill d’offrir leur expertise, grâce à une banque d’heures de consultation, à une vingtaine d’entreprises locales afin de les aider à traverser au mieux cette crise économique.

Enfin, les écoles de commerce sont à la disposition des chefs d’entreprise pour leur permettre d’acquérir des compétences d’avenir en élargissant l’offre de formation en ligne pour les cadres. De plus, le gouvernement du Québec a mis en place un nouveau programme nommé PACME, qui permet aux entreprises participantes de recevoir un soutien financier direct pour les initiatives de formation.

Pour apporter une solution à cette crise économique, il est plus que jamais impératif de collaborer entre universitaires et chefs d’entreprise, afin de mettre toutes les chances de notre côté et relever ensemble le défi économique qui se dresse devant nous, celui d’inventer le monde des affaires du « jour d’après » la COVID-19 !

 

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