Les entrepreneurs fantômes

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J’étais assez pessimiste sur l’état de l’entreprenariat au Québec. Toute proportion gardée, on compte moins d’entrepreneurs qu’il y a 20 ans et trop peu de Québécois veulent devenir propriétaires d’entreprises.

Pire, j’avais peine à identifier une seule nouvelle grande entreprise québécoise née au cours des 20 dernières années. Même le Cirque du Soleil a 27 ans et Couche-Tard en a 25. Une fois nommés les Cascades, Bombardier, Quebecor, CGI ou Saputo et autres fleurons toujours mentionnés, j’avais l’impression que peu de noms s’ajoutaient à la liste des succès québécois en affaires.

On connaît tous ces entreprises vedettes. Nous connaissons leur histoire et souvent celle de leur fondateur. Je suis tenté de dire qu’elles ont grandi avec nous. Surtout, nous les connaissons sous toutes leurs coutures parce qu’elles sont cotées en Bourse.

Or, il n’y a presque plus de Premier appel à l’appel publique. Depuis deux ans, moins de 30 entreprises canadiennes se sont inscrites à la Bourse de Toronto. La seule inscription dont je me rappelle, outre les sociétés minières ou énergétiques, est celle de Dollarama en 2009. Il semble que l’inscription en Bourse n’est plus le gage du succès entrepreneurial.

Par ailleurs, les entreprises technologiques peuvent très bien tirer leur épingle du jeu sans embaucher des dizaines ou des centaines d’employés. Elles sont nombreuses, mais restent petites. Facebook, qui vaudrait 50 milliards en Bourse, a le même nombre d’employés que la montréalaise MegaBrands, fabricant de blocs de construction pour enfant, dont la capitalisation boursière est de 38 millions de dollars.

Enfin, les patrons sont plus discrets. Il aura fallu que Peter Simons annonce l’ouverture l’an prochain d’un magasin à Edmonton pour que nous en sachions un peu plus sur son entreprise. Nous savons maintenant que ses revenus atteignent 300 millions de dollars et ses ventes au pied carré 600 dollars, ce qui est fantastique. On avait bien vu que les magasins étaient tout le temps pleins, mais le nombre de clients avec un sac Simons dans les centres commerciaux et sur la rue Sainte-Catherine n’est toujours pas reconnu comme un indice financier valable !

Pouvons-nous parler d’entrepreneurs fantômes ? Cela convient sans doute à Robert Miller, seul propriétaire de Future Electronics, une entreprise de distribution de pièces servant à la fabrication de téléphones mobiles ou d’ordinateurs établie dans le West Island. Les ventes de cette entreprise atteignent 4 milliards de dollars et la fortune de Robert Miller est évaluée à 2,5 milliards de dollars par le magazine Forbes. Selon le magazine américain, il n’y aurait que Paul Desmarais de plus riche que lui au Québec. Qui a déjà vu ce type ? Il n’y a même pas de photo de lui disponible pour les médias.

Il n’y a qu’un seul Robert Miller au Québec, mais on trouve des centaines, sinon des milliers d’entrepreneurs, qui ne font jamais les manchettes et qui contribuent immensément à l’économie québécoise. Leurs entreprises sont connues dans leur secteur ou leur région, mais le grand public ignore à peu près tout de leur réussite.

J’entreprends deux grands projets qui me mèneront à mieux connaître les joyaux méconnus du Québec. Pour l’un deux, je me fixe comme objectif de rencontrer des dizaines d’entrepreneurs, de tous les secteurs, de tout âge et toutes les régions du Québec.

La semaine dernière, j’ai rencontré 7 entrepreneurs pour ce dernier projet. Des gens que je connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parlé. Je suis tombé en bas de ma chaise tellement leurs réalisations sont étonnantes et leurs succès éclatants.

J’ai hâte de partager mes découvertes avec vous. Je pense que cela sera bon pour le moral en ces froides journées d’hiver.

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Parmi les grandes entreprises du Québec déjà connues depuis pas mal d’années, certaines n’ont pas toujours mis en pratique l’ethique dont elles se prévalent officiellement à la moindre occasion, loin s’en faut!

Essayez donc de savoir pourquoi on trouve si peu de Québécois dans l’exploitation de nos ressources naturelles?
Pourquoi qu’on les a toutes données aux étrangers plutot que de les exploiter?
L’avenir du Québec passe par l’exploitation de nos ressources. Pour l’instant, on les donne!

@Rod

« L’avenir du Québec passe par l’exploitation de nos ressources »

C’est ce qu’ils se disent aussi au Nigeria…

Un simple tour d’horizon mondial vous instruira: la présence de ressources naturelles ne constitue en aucun cas la garantie d’être prospère. La Suisse, l’Allemagne, le Japon et bien d’autres sont très riches sans miser sur les ressources.

@Pierre Duhamel

C’est une excellente initiative que vous prenez là. Un des problèmes au Québec est que dans les médias on ne parle presque jamais d’entrepreneurship et des entrepreneurs.

Si vous écoutez Desautels ou Paul Houde en revenant à la maison vous avez de très bonnes chances d’entendre interviewé un ministre, un fonctionnaire, un représentant syndical ou un membre d’un quelconque groupe de pression, mais un entrepreneur pratiquement jamais.

Pour ça il faut aller à Québec écouter Radio X (ou « poubelle » de son vrai nom à Montréal), où je me souviens avoir écouté une entrevue d’une demi-heure justement avec le président de Simons en conduisant vers Québec. Mais Radio X est l’exception et d’ailleurs décriée de partout.

L’entrepreneuship étant devenu quasiment absent de notre culture, la côte à remonter pour changer ça ressemble à l’Everest…

Faire la tournée des régions pour faire connaître les entrepreneurs fantômes du Québec, est un beau projet, et une belle initiative. Ces entrepreneurs s’ils sont méconnus du grand public, sont par contre la fierté de leurs régions. Loin d’être des fantômes, sont très connus dans leurs milieux, des modèles entrepreneuriat,et surtout le bois d’allumage pour le développement économique des régions.
Pour faire de ce projet un grand succès, je vous invite à consulter les Centres locaux de développement (CLD), présents dans toutes les régions du Québec. Ils connaissent très bien les histoires à succès de leurs régions, ils vont vous les raconter avec fierté, ou encore mieux, ils peuvent vous organiser des rencontres avec leurs entrepreneurs vedettes.

Karim Elfilali, MA, D.Éc,
Commissaire au développement économique,
CLD des Pays-d’en-Haut,

M. Duhamel,

Il faut se rappeler que les grands centres se sont souvent bâtis à partir des régions.

J’aimes bien ce billet et le projet décrit. Sa c’est constructif.

SURTOUT M, Duhamel ne cherchez pas seulement des entreprises 100 millions et plus. Rappelez-vous que Bombardier et Apple sont parties dans un garage. Je vous invite à suivre la suggestion de Karim Elfilali des Pays-d’en-Haut. J’y suis allé faire un tour cet été.

Très petite entreprise de ce coin, mais originale et délicieuse:
http://www.smokefinefoods.com/fr/Products.htm

Alors je vous encourage à persévérer longtemps dans ce projet et vous en félicite.

Bonne journée.

@pierre brasseur

Vous pensez sans doute que l’Alberta a un PIB de 60k per capita à cause de l’intelligence de nos cowboys? lol

Vous pensez que le nouveau boom en Saskatachewan est dû à autre chose que la potasse?

Vous pensez que les pays du Golfe persique sont passés du Moyen Age à la post-modernité en une génération à cause de leur créativité?

Pétrole dans le golfe, uranium à Sept-Iles, gaz de chiste dans Lotbinière, or et lithium en Abitibi, diamants dans le Grand Nord. Sans parler de tout le reste, de l’hydro au vent. Le Québec est assis sur beaucoup de richesse.

Malheureusement, il se fait piller par les étrangers. D’où ma question: pourquoi nos savants entrepreneurs n’exploitent-ils par les richesses du Québec plutot que de se casser la tête à en créer artificiellement?

@rod

Faites l’inventaire des pays producteurs et vous verrez, pour une Alberta il y a dix Vénézuela.

L’Alberta laisse le libre marché exploiter ses ressources, contrairement au Québec elle n’a pas nationalisé et elle ne gaspille pas la ressource en subventionnant la consommation. Elle retire donc le plein potentiel de ses ressources et se sert des redevances pour diminuer le fardeau fiscal des ses citoyens, ce qui aide grandement à garder l’économie dynamique et en santé.

Par ailleurs l’économie de cette province est beaucoup plus diversifiée que ce que vous semblez croire.

L’Ontario a un déficit, per capita, 4 fois et demi plus élevé que le Québec, l’Alberta 4 fois aussi et les USA, rien de moins que 12 fois !
Le Gouvernement du Québec a une dette nette inférieure à un tiers du PIB du Québec, à des années-lumière du 5e rang que Bachand a inventé de toute pièce pour faire peur au monde.
Si le Québec était un État américain, il serait aujourd’hui au 17e rang du PIB, 3000 piasses devant la Florida. La Florida, qui fait tant saliver nos Elvis, où 14% de la population mange grâce aux Food Stamps de l’Uncle Sam
Si le Québec était un État américain, il aurait le 9e plus bas taux de chômage. La ville de Québec a le plus bas taux du continent ! Et El Centro, en Californie, le plus élevé.
Si le Québec était un État américain, il aurait le plus haut salaire minimum. Et le 5e plus haut en Amérique du Nord sur 64 États
42% des Québécois ne paient pas d’impot, mais 43% des Ontariens itou !!!
Le Québec a l’une des plus hautes espérances de vie du continent, 3 ans de plus qu’aux Zétats, 7 ans de plus qu’au Mississipi.
Loin de vivre sur la péréquation de l’Alberta, le Québec s’est fait saigner de 66 milliards entre 2000 et 2007
Loin de se vider, la population ne cesse de croître ; 81,000 cette année ! Plus d’Albertains sont venus s’établir au Québec en 2010 que de Québécois sont allés en Alberta.

Très intéressant – Je l’ai déjà écrit, ici sans doute. Les hommes d’affaires ontariens que je côtoie n’hésitent pas à dénigrer les politiciens du Québec, peu importe le parti, mais je n’ai jamais entendu un homme d’affaire ontarien dénigrer les entrepreneurs québécois. Au contraire, les gens d’affaires du Québec sont très appréciés.

J’ai hâte de lire vos chroniques.

Les premiers appels publics ne sont plus LA stratégie – on préfère l’investissement privé (private equity)et les fonds d’investissement (hedge funds). Les bourses se sont ‘démocratisées’ – même des petits investisseurs comme moi achètent des tires. Mais le vrai, le gros capital est dans les mains des fonds d’investissement – et il faut avoir les reins très solides, souvent plusieurs millions de mises de fonds, pour se joindre à de tels groupes. Les rendements sont exceptionnellement élevés.

@pierre brasseur

Le Vénézuela a 28 millions d’habitants et une population peu scolarisée. Le Nigéria 110 millions et une population encore moins scolarisée! Le pétrole ne peut pas faire vivre tout ce monde.

L’Alberta compte à peine 3 millions d’habitants et jouit d’énormes ressources de pétrole et de gaz, en plus du blé et de l’élevage.
Ceci dit, les Albertains se font aussi piller leurs ressources par les cies qui encaissent le gros des profits de leurs pétrole et gaz.
La Norvège, elle, accumule le gros de l’exploitation de son pétrole grâce à des PPP…

L’avenir du Québec repose sur l’exploitation de nos ressources dont la valeur ne cesse de monter à cause de la demande asiatique.

Ce qu’il faut copier c’est le modèle norvégien, surtout pas le modèle albertain. Il faut associer le privé et le public dans l’exploitation de nos ressources.

Mme Loraine King je crois que vous prêchez pour votre paroisse ou votre patron.

Ce ne sont pas les financiers qui font tourner les entreprises. Ils se contentent d’empocher ce qui est le plus souvent contre productif qu’ils sont éloignés de la raison de vivre de l’entreprise.

Les entrepreneurs fantômes dont les entreprises peuvent atteindre jusqu’à des milliards de dollars de ventes sont fantômes justement parce qu’ils ne sont pas sur le marché de la bourse.

Présenter des actions pour les vendre sur le marché coûte un bras. Alors la plupart du temps le PDG fait marcher son entreprise par goût plutôt que par la raison monétaire comme nous le disent les libertaires et les privatiseux. Alors, faire pousser une entreprise pour un PDG c’est aussi intéressant avec ou sans la vente d’actions qui de toute façon ne rapportera qu’aux autres.

Voyez-vous Loraine King investissez de votre salaire autant que vous le voudrez, même à vous priver de faim vous n’arriverez jamais à la hauteur de la semelle d’Armand Bombardier qui lui se foutait d’investir.

C’est avec son talent et avec des risques fous à tout perdre ce qu’il possédait que sont entreprise a fait vivre toute une ville et bien plus aujourd’hui.

Les grands holding ne produisent rien, ils administrent leur avoir et en bout de ligne purgent les avoir des entreprises et des citoyens pour faire des profits.

Il y a plusieurs années que je dis que le « Small Is Beautiful » reviendra plus fort que jamais. La crise présente ne fera que précipiter cette tendance.

Pourquoi jouer low profil Pour ne pas se faire vider de sn sang par le grand méchant loup.
Grand-Mère comme vous avez de grandes dents!
Tant mieux s’il y en a qui ont réussi a trouver moyen de faire des profits, faire travailler du monde et ne pas se faire avaler tout rond(par les syndicats, le gouvernement et les envieux qui vont les copiers, essayer de leur enlever leur marché, taxer ses profits ou subir les pressions de ceux qui veulent s’approprier tout ce qui a un potentiel viable), tout en créant de la richesse au Québec. Il faut être ruser pour nager avec les requins et ne pas se faire dévorer.

@Rod, j’ai su aujourd’hui que la pêche par les chinois en gaspésie n,est pas uniquement a grande-vallée, il y a plusieurs endroits grande rivière, petits gaspé etc. Ils en prennent d’énormes quantités.

Nous avons les pieds sur des milliards de milliards de dollars de richesse naturelles, mines, forêts, agriculture, pêche, tourisme, beaucoup de cerveaux inovateurs pour les exploiter, et on a encore les moyens d’avoir des citoyens pauvres, il est inconcevable que chaque habitant de cette belle provinces n’aient pas un fond de pension payé a même les redevances de ces richesses, pas plus nombreux que nous sommes sur une si grande étendue de terre promise.Les entrepreneurs pilleurs fantômes sont pour une bonne part les artisants de cette pauvreté avec l’accord des « yesmen » aux enveloppes brunes.Peut-être un jour, ça va être notre tour a se faire parler d’amour…deux jours..trois jours…cent ans…c’est permis de rêver.

@Youlle – le fait demeure que Bombardier pour devenir ce qu’il est aujourd’hui a eu besoin d’aller chercher du financement sur les marchés boursiers.

Les grands financiers ne font pas tourner l’entreprise, ils la financent !