Les hauts et les bas d’un baril de pétrole

Le litre d’essence ordinaire pourrait atteindre 1,50 $ cet été ! L’Agence d’information sur l’énergie prévoit que le gallon d’essence dépassera les 4 $ aux États-Unis, comme en 2008. Des forces poussent les prix vers le haut. Mais d’autres pourraient agir comme un frein.

Les hauts et les bas d'un baril de pétrole
Photo : iStock

LES HAUTS

 

La demande mondiale s’accroît

Avec un taux de croissance annuel de son économie approchant les 10 %, la Chine est un siphon : on y consommait 7,8 millions de barils par jour en 2008, autour de 9 en 2010. À l’échelle mondiale, le sommet de 87,2 millions de barils par jour atteint en 2007 est déjà dépassé cette année : on en est à 88 millions actuellement.

L’instabilité au Moyen-Orient

Les soulèvements populaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord menacent les approvisionnements. La guerre en Libye a réduit la production de 1,6 à 0,4 million de barils par jour. Si la révolte se propage en Arabie saoudite, le plus grand producteur mondial avec 12,5 millions de barils par jour, les prix vont s’enflammer.

Le nouveau pétrole coûte cher

Les gisements dans les sables bitumineux de l’Alberta, en haute mer ou sous les pôles coûtent beaucoup plus cher à exploiter. Un baril coûtait 10 dollars à la fin des années 1990 ; en Alberta, le prix plancher tourne autour de 30 ou 40 dollars américains le baril. Au Brésil, les immenses réserves sont loin en haute mer, et en profondeur. Le prix du pétrole doit être élevé pour que de telles exploitations soient rentables.

La spéculation

Elle a joué dans le sommet atteint en 2008, soit 147 dollars américains le baril, et cela semble vouloir se reproduire. Les prix comprennent une prime pour l’instabilité géopolitique en Afrique du Nord, et une « bulle spéculative » se dessine dans les matières premières. La faiblesse des taux d’intérêt incite les arbitragistes à emprunter et à miser sur certaines matières, comme le pétrole, le coton ou le cuivre, pour obtenir de meilleurs rendements.

                                                                                                              LES BAS >>

LES BAS

 

Une récession

Perspective peu probable à court terme : le Fonds monétaire international prévoit une croissance mondiale de 4 % pour les deux prochaines années. Une récession mondiale pourrait toutefois survenir d’ici 10 ans. Les États-Unis et de nombreux pays d’Europe montrent des déficits astronomiques. Et lorsque les taux d’intérêt recommenceront à grimper, l’augmentation de la facture liée à leur dette pourrait les paralyser.

L’essence trop chère

En 2008, lorsque le prix du gallon d’ordinaire a touché les quatre dollars, les Américains ont moins utilisé leurs autos, réduit les distances lors de leurs vacances, changé de catégorie de voitures. Déjà, avec le gallon américain à 3,70 $, les ventes de camions légers diminuent.

Une croissance trop rapide en Chine

Le gouvernement mène une politique énergique pour refroidir son économie en surchauffe. Les taux d’intérêt ont été augmentés et les banques font moins crédit. Tout ralentissement de la croissance y a des effets sur les prix des matières premières. Par ailleurs, les rues congestionnées et les embouteillages monstres sur les autoroutes de Chine tempéreront la demande.

Les véhicules hybrides et électriques

L’augmentation du parc automobile pourrait contribuer à mettre un couvercle sur les prix, lorsque le nombre de ces véhicules sera suffisant. Pour l’instant, ceux qui les achètent ont souvent déjà opté pour des petites autos peu gourmandes en essence. L’engouement pour les VUS demeure.

 

Lire le dossier «Vivre sans pétrole» >>

Et aussi : «Les champions québécois des nouvelles énergies» >>

Les plus populaires