Les jeux québécois omniprésents à l’E3

Montréal a brillé cette année au salon du jeu vidéo de Los Angeles.

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Un mur du Convention Center était tapissé d’images du jeu Watch Dogs 2, produit par le studio montréalais d’Ubisoft. (Photo: Jean-Philippe Cipriani)

LOS ANGELES — Il suffisait de se promener aux alentours du Convention Center de Los Angeles pour entendre parler québécois la semaine dernière. Sur l’un des murs du bâtiment, une fresque gigantesque de Watch Dogs 2, jeu produit par le studio montréalais d’Ubisoft, dominait la rue.

La filière québécoise a été très présente à la 21e édition de l’Electronic Entertainement Expo (E3), grande messe mondiale du jeu vidéo, qui a rassemblé 55 000 personnes. Toutes les nouveautés de l’automne y ont été présentées.

Ubisoft a de grandes ambitions avec son jeu Star Trek: Crew Bridge, et Steep, une virée virtuelle hallucinante dans les sports extrêmes en pleines Alpes françaises.


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À un coin de rue de là, Electronic Arts (EA) tenait sa foire parallèle. Le studio a décidé de bouder le E3… mais de profiter de l’afflux pour présenter son propre événement. Pas bête comme stratégie: le géant a obtenu une visibilité plus importante.

EA a aussi un pied important à Montréal, où sa division Motive développe les jeux forts attendus dérivés des films Star Wars, version J.J. Abrams. L’autre division montréalaise, Bioware, a dévoilé les premières images de Mass Effect: Andromeda.

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La présentation d’Ubisoft à Los Angeles. (Photo: Jean-Philippe Cipriani)

Montréal, faut-il le rappeler, est la cinquième ville en importance dans l’industrie du jeu vidéo. Le Canada, quatrième pays. C’est ce qui a mené la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et l’Alliance numérique à piloter une mission commerciale au E3, à laquelle L’actualité a été invité à se joindre.

« Il faut marquer notre présence, c’est une industrie trop importante pour le Québec », estime Michel Leblanc, président de la Chambre. Il aurait néanmoins souhaité qu’un ministre québécois se joigne à la mission, mais tous ont décliné pour des questions de disponibilité.

« On va à Farnborough pour l’aéronautique, pourquoi on n’irait pas à Los Angeles? » ajoute Hubert Bolduc, récemment nommé PDG de Montréal International.

Au Québec, le jeu vidéo représente environ 10 800 emplois, rémunérés en moyenne à 65 000 dollars. Ajoutez le secteur numérique et l’animation, ce sont près de 20 000 postes, soit la moitié du secteur aéronautique.

Plus de 140 studios, petits et grands, sont présents au Québec. Lundi matin, Guillaume Provost, fondateur du studio Compulsion Game, était sur la scène de Microsoft pour présenter We Happy Few, qui transporte le joueur dans un univers digne de Tim Burton.

Microsoft mise beaucoup sur les studios indépendants pour développer des jeux, et le Montréalais a fait l’une des meilleures impressions.

Pour Guillaume Provost, la refonte du Fonds des médias du Canada a donné une nouvelle impulsion à l’industrie en donnant accès à du capital pour les petits studios. « C’est grâce à ça si on est passé d’à peu près deux studios à une soixantaine. Il manquait un soutien de capitaux. »


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La liberté en VR

L’industrie mondiale se cherche cependant un élan cette année. Microsoft a bien présenté une nouvelle console, la XBox One S, beaucoup plus mince et dotée de la technologie 4K, une image ultra-haute définition.

Mais elle n’intègre pas encore la VR qu’on attend chez ses concurrents PlayStation et Nintendo. La VR? C’est maître-mot cette année: VR, pour réalité virtuelle. C’est-à-dire les casques qui offrent une immersion totale et périphérique dans le jeu, et qui réagissent aux mouvements.

Le Star Trek: Crew Bridge d’Ubisoft s’y prête avec le casque Oculus Rift développé par Facebook. Doom et Fallout 4 aussi, du studio Bethesda, avec le casque HTC Vive. PlayStation offrira aussi le sien en octobre… au même prix qu’une console, pour une cinquantaine de jeux.

« C’est la liberté de mouvement que j’aime dans ces casques », confie Justin, un jeune joueur américain rencontré sur place.

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      La VR séduira-t-elle pour de bon? Les plus vieux se rappelleront le Virtual Boy de Nintendo, premier essai du genre il y a 20 ans, qui s’est avéré un échec retentissant.

      La technologie s’est bien sûr raffinée depuis. Mais comment s’assurer que la VR ne rejoindra pas les échecs des télévisions 3D ou des lunettes Google Glass, autrefois censées révolutionner l’expérience virtuelle? Rien n’est moins sûr.

      D’autant plus que les développeurs ont aussi la réalité augmentée en tête, qui permet littéralement d’intégrer le jeu dans le quotidien par des hologrammes.

      Mais il reste encore à faire. D’ici là, les gamers attendront les nouvelles consoles de Nintendo et de PlayStation, probablement l’an prochain.

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