Les milliardaires du Canada

L’écart entre les ultrariches du Québec et ceux du reste du Canada a continué de se creuser en 2010.

Les milliardaires du Canada
David Thomson (photo : Adrian Wyld/PC)

L’augmentation moyenne de la fortune des premiers n’est que de 3,4 %, contre 7,9 % pour leurs homologues des autres provinces, dont la fortune est en moyenne plus élevée de 283 millions de dollars.

La différence s’explique en partie par la petitesse de l’échantillon québécois, sur lequel s’est fait plus durement sentir la réévaluation des actifs de David Azrieli (- 21,4 %) lorsque celui-ci est entré en Bourse. Mais même en faisant abstraction de David Azrieli, le rendement moyen des actifs des riches québécois n’aurait été que de 4 % environ ! La moyenne sur cinq ans, qui tempère aussi l’effet Azrieli, indique d’ailleurs le même sous-rendement.

En 2010, le champion canadien de la croissance est Chip Wilson (+ 66,7 %), qui possède 42 % de Lululemon Athletica (soit 1,3 milliard de dollars). Sa spécialité : les vêtements sportifs « inspirés du yoga ». Le milliardaire de 55 ans doit le gros de sa croissance au fait que le prix de l’action est remonté au niveau de celui de 2007, avant qu’il chute de 60 % ! Les investisseurs avaient mal réagi aux dénonciations du magazine Time quant aux prétendues vertus thérapeutiques des vêtements Lululemon. Mais les clientes, elles, ont continué d’y croire.

La deuxième place revient à Frank Stronach, qui a fait fortune dans les pièces d’automobiles (Magna International) et l’élevage de chevaux. Croissance cette année : 64,5 % ! Plus riche de 766 millions de dollars, l’entrepreneur canado-autrichien voit sa fortune frôler les deux milliards de dollars. En 2010, il a touché le pactole en convertissant ses actions à vote multiple en actions ordinaires. Frank Stronach a toujours fait bonne figure au classement : depuis cinq ans, il s’est enrichi de 141 % !

Le producteur énergétique et minier Robert Friedland fait aussi des envieux. Sa croissance de 64,2 % le place au 14e rang canadien, sa fortune s’élevant à 2,6 milliards de dollars. À l’évidence, les mines et l’énergie sont d’excellents placements : Ivanhoe Energy et Ivanhoe Mines lui ont procuré un rendement de 142 % sur cinq ans !

                                                                          

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Quant au géologue manitobain Clay Riddell, qui a fait fortune dans les champs pétrolifères et gaziers grâce à sa société Paramount Resources, de Calgary, il enregistre une croissance de 35,3 %. Ses puits de pétrole (70 000 barils par jour) lui assurent de bonnes rentrées d’argent, mais les marchés reconnaissent depuis longtemps son talent de spéculateur : Riddell investit actuel­lement dans l’exploitation du gaz dans l’Arctique.

Avec 8,5 milliards de dollars en poche, Galen Weston a ajouté deux milliards à sa fortune en 2010 (croissance de 31,3 %). Propriétaire de Loblaws, le petit-fils de George Weston a montré qu’il en avait dans le ventre en redressant les affaires du géant canadien de l’alimentation, qui était en difficulté il y a cinq ans.

À surveiller : la famille Saputo, qui a fait fortune dans le fromage, est passée cette année du 12e au 9e rang canadien, avec une croissance de 757 millions de dollars, soit 27,4 %.

Signalons également le succès de la famille Thomson. Sa fortune de 23,4 milliards de dollars la place dans une catégorie à part. Ce géant de l’information, copropriétaire du Globe and Mail et de l’agence Reuters, est plus riche que les milliardaires Weston, Irving et Rogers réunis, qui suivent aux 2e, 3e et 4e rangs. L’augmentation de la fortune des Thomson en 2010 a beau être légèrement sous la moyenne (6,2 %), ils engrangent tout de même 1,4 milliard de plus !

Enfin, les communications mobiles n’ont pas fait tomber la manne du ciel cette année. Certes, le promoteur immobilier David Azrieli a souffert d’une régularisation comptable à la suite de la première offre publique d’actions du Groupe Azrieli (- 21,4 %). Mais cela n’est rien à côté des ennuis des trois dirigeants de Research in Motion, James Balsillie, Michael Lazaridis et Douglas Fregin (respectivement – 32,4 %, – 30,5 % et – 25,3 %), à qui le BlackBerry n’a pas porté chance en 2010. Les investisseurs ne leur ont pas pardonné de s’être laissé dépasser par le iPad et le iPhone, d’Apple. 

 

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