Les pétro-dépendants

On sous-estime probablement l’impact de la crise pétrolière sur le ralentissement de l’économie. On parle et on écrit beaucoup sur la crise financière ou celle de l’immobilier aux États-Unis, mais je crois qu’un litre d’essence à 1,50 dollars fait encore plus de dégâts.

D’abord, parce que la situation actuelle devrait perdurer jusqu’en 2013 selon l’Agence internationale de l’énergie. La demande mondiale est constamment à la hausse alors que la capacité de production tend à baisser. Réagissant aux prix élevés, les Nord-Américains et les Européens devraient diminuer leur consommation de 200 000 barils par jour, mais les pays émergents augmenteront la leur de 7,6 millions de barils. On voit tout de suite l’impasse.

Dans les années 1970, une crise pétrolière avait causé une forte récession jumelée à une inflation effrénée. Nous sommes autant vulnérables cette fois-ci, d’autant plus que nous consommons 50 % plus de pétrole qu’il y a 35 ans.

Nos automobiles consomment moins qu’autrefois, mais plusieurs ménages possèdent aujourd’hui deux véhicules, ce qui n’était accessible qu’aux gens très à l’aise à l’époque. Nous prenons l’avion plus souvent, que ce soit par affaires ou comme touristes. Nous utilisons davantage des services de messageries et une compagnie comme UPS exploite une flotte de 88 000 véhicules!

Depuis 35 ans, des millions de personnes ont pris d’assaut les banlieues et ont augmenté considérablement leur trajet pour aller travailler. Les maisons construites depuis quelques décennies sont en moyenne 60 % plus grandes que les plus anciennes habitations et coûtent plus cher à chauffer. La prolifération des ordinateurs, des cinémas maison, des téléphones sans fil, des consoles vidéo et des appareils ménagers a considérablement haussé la consommation d’énergie dans chaque domicile. Cela a peu d’impact au Québec, mais dans plusieurs États ou provinces l’électricité est produite par des centrales thermiques.

Non seulement, les Nord-Américains consomment plus, mais la hausse des prix de l’énergie se répercute partout dans l’économie. L’effet inflationniste est redoutable car les frais d’exploitation et de transport de toutes les entreprises augmentent.

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Vous avez bien raison, Monsieur Duhamel : l’effet inflationniste est redoutable. Par contre, il ne faut pas non plus sous-estimer les gains réels et potentiels de l’efficacité énergétique. Nous avons vu apparaître depuis les années 70 un grand nombre de technologies, éolienne, solaire, géothermale, etc. et les ‘patenteux’ continuent de s’affairer. La situation actuelle est bien différente de celle des années 70 alors que l’approvisionnement reposait largement sur les pays de l’OPEP qui eux créaient des pénuries pour des motifs purement politiques.

Ayant vu le ‘bas de laine’ de mes parents se rétrécir considérablement après seulement quelques années d’inflation galopante au cours des années 70, j’avoue que je me sens vulnérable. Est-ce que mes épargnes et mes investissements perdront une grande partie de leur valeur ? Un peu d’inflation c’est peut-être pas si mauvais que cela, mais j’ai l’impression que certains politiciens, surtout chez nos voisins, veulent toujours dépenser de plus en plus tout en coupant les impôts, alors ils doivent emprunter, et emprunter encore. Si jamais les taux commencent à grimper, la situation pourrait être catastrophique. C’est difficile de se protéger à 100% de tout cela mais le meilleur moyen, comme toujours, c’est d’éviter l’endettement !

J’aimerais revoir mon texte précédent. Les Américains ont certes choisi une politique monétaire qui a encouragé trop de gens à s’endetter au delà de leurs moyens, et nous avons suivi leur exemple. Par contre, ce gouvernement sous Harper a laissé grimper le huard en trop peu de temps, ce qui n’a pas du tout aidé le secteur manufacturier concentré dans les deux provinces qui fournissent près de 75% des revenus du pays. Pendant ce temps, le gouvernement a haussé ses dépenses à un rythme soutenu et sans précédent. En raison des surplus, on dirait que les commentateurs ne s’attardent pas aux augmentations des dépenses du gouvernement fédéral.

Enfin, tout ceci pour conclure qu’il n’y a pas que les voisins qui jouent avec le feu.

Votre sujet me fascine et arrive au moment ou je lis Tomorrow’s Gold de Marc Faber.

Contrairement aux poussées inflationnistes des années 70, ce que l’on constate est une forte augmentation de la demande – mais pas seulement pour l’énergie et le pétrole mais pour un grand nombre de matières – en raison du développement économique de pays comme la Chine, l’Inde, etc. Je lisais sur l’augmentation vertigineuse des prix de l’acier. La Chine ayant un grand appétit pour l’acier en importe en très grande quantité, ce qui contribue à une rareté, sans compter que le prix élevé de l’énergie garde élevés les coûts de production de l’acier.

On sous-estimerait donc non seulement l’effet de l’inflation mais le fait que l’on pourrait devoir apprendre à vivre avec une forte inflation sur une période de plusieurs années, stimulée non seulement par les prix élevés de l’énergie mais par une hausse de la demande et des prix pour un grand nombre de matières premières et de produits.

Je ne vous écrirai plus, n’ayez crainte, tout du moins pas avant d’avoir finit de lire Tomorrow’s Gold!

Le bas prix du pétrole a permis à l’Amérique d’abolir la distance comme obstacle à la progression économique, au profit du temps gagné.

«La distance n’a pas d’importance!», «Juste à temps!», «Le temps c’est de l’argent!»

Maintenant, les distances deviennent importantes dans le coût économique de tous les biens et services.

Localement, régionalement, provincialement, nationalement, continentalement et internationalement!

Comment réajuster le rythme et la trajectoire du développement économique en équilibrant ces deux poussées opposées sans faire dérailler la machine: la distance et le temps?

Moi, je n’ai rien contre l’inflation qui ferait monter les taux d’intérêt. Je pourrais alors obtenir un rendement décent pour mes économies, qui me rapportent présentement du 3% au lieu de 10%, comme j’avais escompté…

Lors du choc pétrolier de 1980, pour parcourir 25 000 Km, un américains devait consacrer 13% de son revenu disponible.

En 2008, le prix de l’essence est maintenant plus cher que durant le choc de 1980. Pourtant, pour parcourir la même distance, un américains doit consacrer seulement 7% de son revenu disponible.

Pour que le prix de l’essence génère en 2008 le même effet quand 1980, il devra atteindre le prix de 8$/gal.

http://www.antagoniste.net/?p=3682

Intéressant votre tableau, Monsieur Gagnon, sur le pourcentage du revenu disponible consacré au prix de l’essence. Mais prise dans son ensemble la situation actuelle est différente de celle des années 70 et 80. Les gens seraient-ils plus endettés?

Chose certaine, même s’il doivent consacrer un plus petit pourcentage de leur revenu pour l’achat d’essence, il semble que les Américains ont moins d’argent pour s’acheter leur ‘cup of joe’ chez Starbucks qui ferme des centaines de magasins.

Dans les années 70 et début 80, on a connu l’inflation et la stagnation de l’économie (stagflation) alors qu’aujourd’hui l’économie mondiale est en pleine croissance. C’est la demande qui pousse l’inflation, non seulement la demande pour l’essence mais on constate une forte demande et une hausse des prix de l’acier, du cuivre, etc., et des denrées alimentaires.

Mme King, vous avez raison. Moins d’argent à consacrer au temps des employés = plus d’argent pour acheter des ressources, donc augmentation de la demande = pression à la hausse sur les prix donc inflation.

En 2008 c’est selon les propres calculs de Gagnon selon ses dires.

En plus les compagnies aériennes de transport routier, naval, et l’industrie, doivent certainement consacrer moins de fric au carburant selon lui.

L’inflation est très faible par rapport au dernier choc pétrolier.

Dans les années 80, l’inflation était de 10-12%.

Aujourd’hui on est à 3%.

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