Les pires (et les meilleurs) aéroports pour les correspondances

L'aéroport O'Hare de Chicago - Crédit: Maksim/Wikimedia/CC 3.0
L’aéroport O’Hare de Chicago – Crédit: Maksim/Wikimedia/CC 3.0

Été 2012. Je rentre du Mexique après des vacances en famille, et j’attends patiemment dans une interminable file à l’aéroport O’Hare de Chicago, où je suis en transit. Derrière moi, un père transpire à grosses gouttes et finit par aborder une préposée.

-Pardon, notre avion décolle très bientôt, pourriez-vous nous faire passer devant les autres?

-Désolé, ce n’est pas possible… Vous prendrez le vol suivant!

-Mais… Nous sommes quatre et il s’agit d’un vol transatlantique hebdomadaire!

L’échange qui précède démontre bien le degré de préoccupation envers les passagers qui prévaut dans cet aéroport: pas de passage rapide dédié aux correspondances et, pire encore, aucune compassion de la part des préposés, malgré la lenteur extrême des contrôles douaniers.

Ce jour-là, moi et ma famille disposions de trois heures entre nos deux vols, et pourtant, nous avons failli rater le second. Si j’avais été en voyage d’affaires, j’aurais sans doute, moi aussi, perdu quelques litres de sueur…

De tous les aéroports états-uniens, celui de Chicago revient fréquemment au sommet des palmarès des aéroports à éviter pour une escale, ce que confirme un sondage dévoilé en janvier dernier par Travel Leaders Group, une des plus importantes entreprises de voyages d’Amérique du Nord.

Selon ce sondage, effectué auprès de 1000 agents de voyages, les pires aéroports de cette catégorie sont, dans l’ordre: Chicago O’Hare, New York JFK, Hartsfield-Jackson (Atlanta), LaGuardia (New York), Newark (NJ), Miami, Denver, Philadelphie, Dallas/Fort Worth et Los Angeles.

Étonnamment, certains d’entre eux se retrouvent également dans la liste des meilleurs aéroports états-uniens par où transiter, dont Atlanta (1er) et Dallas-Forth Worth (3e). Explication possible de cette contradiction: tous deux brillent par la qualité des services offerts aux gens d’affaires (WiFi gratuit, spas, etc.), comme si on voulait compenser pour les autres irritants.

En recoupant ces résultats avec les données sur la ponctualité des vols, compilées par le Bureau of Transportation Statistics, on obtient déjà un tableau plus clair: les aéroports de Newark, San Francisco, Chicago Midway, Miami, Houston (George Bush) et Chicago O’Hare, pour ne nommer qu’eux, excellent dans l’art du vol retardé.

Mais comment a-t-on bien pu en arriver là? Plusieurs facteurs, cumulatifs ou non, expliquent qu’il soit ardu de transiter par certaines plaques tournantes aéroportuaires: coupures d’effectifs (à l’enregistrement, aux points de contrôle, à la manutention des bagages…), grèves, resserrement des normes de sécurité, temps de correspondance irréaliste mal évalué par un agent de voyage incompétent, saturation lors d’événements spéciaux, signalisation déficiente ou couloirs étroits et labyrinthiques (vous avez dit: Charles-de-Gaulle?), problèmes mécaniques récurrents des appareils de certains transporteurs

Parallèlement aux engorgements qui découlent notamment de la prolifération de transporteurs à bas tarifs, certains aéroports doivent composer avec les soubresauts du climat: 38 700 retards ou annulations annuels dus à des orages à Miami, et surtout 43 000 à JFK (orages et tempêtes de neige) et… 160 000 à O’Hare (orages, neige et vents violents).

Du reste, les perpétuels travaux d’agrandissement et la taille pharaonique de certains aéroports ne facilitent pas la vie des voyageurs en transit. Ainsi, au Canada, les aéroports les moins appréciés (toutes raisons confondues) correspondent à la taille de la ville qu’ils desservent, selon un autre sondage effectué en 2012: plus la ville est d’envergure, moins on aime. En tête de liste figure donc Toronto Pearson, suivi par Montréal-Trudeau, Edmonton…

À l’échelle planétaire, le site Refund.me – qui aide les passagers à effectuer des réclamations lorsqu’une prestation aérienne n’est pas rendue – a pour sa part compilé les plaintes de ses usagers sur 122 transporteurs desservant 50 pays.

Selon ceux-ci, l’aéroport de Francfort (Allemagne) arrive en tête de liste mondiale pour les retards et les annulations de vols, suivi de près par les aéroports de Manchester, Stansted et Gatwick (R.-U.), Dusseldorf (Allemagne), Tegel (Berlin), Antalya (Turquie), Barajas (Madrid), Birmingham (R.-U.) et JFK, au cours des neuf derniers mois.

Du côté des seules annulations de vols, les aéroports de Francfort, Munich (Franz Joseph Strauss) et Charles-de-Gaulle (déjà classé pire au monde avant l’aménagement de l’aérogare 2E) se distinguent particulièrement par leur médiocrité, suivis par ceux de Gatwick, Schiphol (Amsterdam), Copenhague, Dusseldorf, Heathrow (Londres), Barajas et Manchester.

Mais tout ne va pas si mal dans le merveilleux monde des transporteurs aériens: toujours selon Refund.me, l’aéroport Narita de Tokyo serait le plus ponctuel qui soit (92 % des vols à l’heure en avril dernier), suivi de ceux de Munich et de Seattle. Et si on se fie à cette liste des 15 meilleurs aéroports du monde recensés par Le Figaro, il y a de l’espoir: même lorsqu’on est coincé entre deux vols, l’expérience, les services et les loisirs aéroportuaires tendent à s’améliorer…

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Je ne connais pas beaucoup d’aéroports, mais, vraiment le terminal 2 de Charles de Gaulle remporte la palme de ce que j’ai vécu de pire! Pour prendre le transfert vers Nice, c’est l’enfer! Des couloirs interminables, un ascenseur à prendre, redescendre, passer ailleurs, attendre, faire la file mélangé avec des gens qui prennent un avion pour ailleurs, rien comprendre… Risque de rater l’avion… qui de toute façon part en retard…mais pourquoi faire simple, n’est-ce pas! Quand on demande de l’info, on a l’impression d’être quelqu’un d’idiot… J’ai failli rater mon avion.
À l’automne dernier un de mes amis français qui est venu me rendre visite s’est plaint du temps d’attente à son arrivée, pour sortir de l’aéroport. Je pense qu’il devrait aller essayer une correspondance vers Nice.