Les Québécois en rogne contre l’entreprise privée ?

Cet article a été publié le 27 octobre dernier sur le site pierreduhamel.ca

J’écoutais hier matin les très divertissantes conversations entre Jean Lapierre et Paul Arcand au 98,5. Paul Arcand se scandalisait du fait que la ville de Laval avait totalement sous-traité aux firmes d’ingénieurs ses travaux publics, faisant allusion au contenu de l’article publié dans Le Devoir.

Je ne me lancerai pas dans l’apologie de la gestion de la ville de Laval et je ne reproche pas à Paul Arcand sa saine vigilance. La Presse avait déjà indiqué qu’un nombre restreint de firmes d’ingénierie s’y étaient partagées l’essentiel des contrats et il est de notre devoir de rapporter les faits et de poser des questions.

Il n’empêche qu’il y a actuellement un énorme préjugé contre les entreprises au Québec. Le privé, c’est louche. Ça pue l’argent et le trafic d’influence. Dès qu’un homme d’affaires soutient financièrement un parti politique on présume d’intentions malhonnêtes.

Les intérêts de l’entreprise privée seraient différents de ceux des Québécois pour l’exploitation des puits de gaz et de pétrole. Les Québécois hésitent aussi à confier au privé un plus grand rôle dans la gestion de notre système de santé. On reproche aux entreprises du secteur de la construction leur laxisme et dénonce la connivence qui existerait entre les firmes d’ingénierie et les donneurs d’ordre du système public. La participation du privé par le biais des PPP dans certains grands travaux étaient vues comme une chose ignoble nous privant des redoutables capacités organisationnelles des ministères et organismes gouvernementaux. La sous-traitance est mal vue… même si on trouve qu’il y a trop de fonctionnaires . À lire les commentaires sur d’autres tribunes, les patrons seraient des corrupteurs, des profiteurs et des égoïstes.

Les entreprises feraient dorénavant partie des « pas bons ». Les patrons devraient avoir honte, se cacher. La gauche réclame donc de garder tous les services actuellement offerts par l’État dans les habiles mains du secteur public et d’accroître encore plus sa mainmise sur d’autres secteurs comme l’énergie et le génie.

Sommes-nous en processus d’amirkadirisation du Québec ?

C’est quoi cette idée voulant que l’État soit à ce point efficace et qu’il représente toujours mieux nos intérêts ?

Je ne suis pas convaincu par les grandes capacités à gérer de l’État. Les systèmes de santé et d’Éducations ne m’apparaissent pas particulièrement performants. La liste des projets gouvernementaux en retard et dont les coûts dépassent allègrement les prévisions sont légions (CHUM, métro, autoroute 30…). Les finances publiques sont dans un état lamentable.

Hier, Sheila Fraser soulignait que l’achat d’hélicoptères militaires par le gouvernement fédéral étaient une catastrophe. Les Cyclone coûteront deux fois plus cher et seront livrés 7 ans plus tard que prévu. Les coûts des Chinook sont passés de 2 milliards de dollars, à 4,9 milliards de dollars. Ces appareils seront livrés 5 ans plus tard que prévu.

Par contre, nos firmes de génie-conseil sont parmi les meilleures au monde. SNC-Lavalin (22 000 employés et un carnet de commandes de 11,4 milliards $) construit des raffineries dans les pays arabes, une rivière artificielle en Libye, elle est la plus importante firme de génie-construction en Russie et au Brésil et elle compte 4 bureaux en Inde, mais elle serait incapable de construire correctement, professionnellement et honnêtement une salle de concert pour l’Orchestre symphonique de Montréal  ? Capable de moderniser l’autoroute M30 à Madrid, mais il faudrait se poser des questions pour la 30 au Québec ?

L’entreprise privée n’est pas un corps étranger au pays et à la nation.
La richesse du Canada et du Québec provient du travail de 17,2 millions de personnes. Près de 80 % d’entre elles travaillent pour des entreprises du secteur privé ou pour elles-mêmes. Un classement international dévoilé hier fait du Canada le 7e pays le plus prospère au monde. Je me plais à penser que le secteur privé y est pour 80 % des raisons. C’est mieux de croire ça que de penser que nous sommes 80 % à travailler pour des gens qui n’ont que leur intérêt en tête.

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«Les systèmes de santé et d’Éducations ne m’apparaissent pas particulièrement performants»

On vit 3 ans de plus que les Américains et nos élèves clanchent à peu près tout le monde dans les tests PISA, à commencer par les Américains vraiment pas de taille avec nos enfants.

Pendant ce temps, ca fait 4 mois que j’essaie de faire corriger une facture de Bell qui a un service à la clientèle archi-pourri.

On est tellement dans la merde vous n’avez pas idée…

L’étatisme Québécois a tellement pourrit l’économie que les gens confondent maintenant les entreprises et le marché avec la corruption et le copinage généralisé…

On peut difficilement les blâmer d’autant que le système d’éducation Québécoise les a laissé dans une ignorance crasse concernant tout ce qui touche l’économie.

Pendant ce temps 2010 fut l’année où l’endettement des ménages Canadiens a dépassé celui des américains et où les ventes de maisons ont commencé à s’effondrer!

A vous d’imaginer la suite.

Le Québec (et le Canada) n’est pas si pire pour l’entrepreneuriat.
J’ai un membre de la parenté, pour palier aux quotas « imposés » par le gouvernement, a démarré une entreprise au États-Unis. Assez facile de la démarrer (bien que la construction est aussi complexe qu’à Québec) mais difficile de la maintenir. Victime d’actes de sabotages, elles se sont arrêtés dès que le cousin en question a commencé a verser de l’argent pour l’élection des « shérifs », « juges », « maires », « gouverneurs », « sénateurs », etc… (Dieu sait qu’il en a des élections aux États-Unis.)
En plus, l’impôt des entreprises y est plus élevé qu’ici!

Au départ, le cousin voulait construire 9 usines. Il a arrêté après une seule, l’expérience américaine étant trop demandant….

@ Rod :

La beauté du système privé, c’est que rien, absolument RIEN, ne vous empêche de changer de fournisseur de téléphonie, soit de passer de Bell avec lequel vous semblez avoir quelques difficultés, à un autre fournisseur; par contre, avec les monopoles étatiques, rien de ceci n’est PAS possible.

On n’a pas le choix!!! On DOIT se contenter de services infects et en plus, on DOIT également payer le prix comme si ces services étaient de première classe.

Moi, je n’ai pas peur de la compétition. Et vous???