Les raisons derrière l’impasse

La dynamique du conflit étudiant m’inquiète, car je ne vois pas d’issue entre des intérêts, des logiques et des discours incompatibles.

Nous subissons aussi notre première crise s’auto-alimentant en direct et en temps réel sur les réseaux sociaux. Ces derniers s’avèrent de prodigieux instruments de mobilisation, mais aussi de radicalisation et de confusion. Je suis en grand utilisateur et consommateur de réseaux sociaux et je suis à même de mesurer leurs forces et leurs faiblesses, mais jamais ils ne m’ont paru si consternants.

Leur capacité de rejoindre personnellement des milliers de personnes à la fois est fabuleux. Vous ne vous doutez pas de  tout ce que j’apprends en les consultant. Ils sont aussi de grands émetteurs d’émotions et de passions et, c’est du moins l’impression que j’en avais hier soir, de grands amplificateurs des états d’âme et des positions sans nuance. Bref, des accélérateurs de crise.

La crise actuelle est résolument moderne. Non seulement chaque individu devient un média, mais les organisations, autrement centralisées, deviennent fragmentées et informelles, ce qui rend la résolution des problèmes et des différends encore plus complexes. Je ne parle pas ici spécifiquement de la CLASSE, mais de Toutes les organisations, y compris les entreprises privées.

Quand j’étais éditeur d’un groupe de publications, je me retrouvais avec la responsabilité budgétaire de magazines et de journaux, mais sans avoir le contrôle sur les principales fonctions qui permettaient la rentabilité. En milieu de travail, on appelle ça la gestion matricielle : les fonctions administratives deviennent des entités autonomes qui rendent des « services » aux unités d’exploitation. Cela me mettait souvent en rogne, car la responsabilité était centralisée (à moi) alors que l’exécution ne l’était pas. Cette situation créait un petit chaos permanent et un besoin insatiable de réunions pour coordonner les efforts de tout le monde.

Dans ce sens, croyez-le ou pas, je comprends (un peu) Gabriel Nadeau-Dubois quand il prétend qu’il n’a pas le pouvoir de diriger son organisation comme on serait en droit de l’entendre d’un leader. Il détient un immense pouvoir informel, mais il n’a pas le contrôle en temps réel sur ses troupes.

Son métier, c’est plutôt celui d’un agitateur professionnel : trouver le discours, bâtir la cohérence et influer sur le cours des choses. Ici, son pouvoir est infini et il est en train de réussir son audacieux pari qui consiste à faire migrer la lutte contre la hausse des frais de scolarité à une contestation radicale de l’ordre établi. Quand il parle d’une élite «gloutonne, vulgaire et corrompue » et qu’il affirme que la lutte actuelle n’est qu’un tremplin à une contestation beaucoup plus large, il trace un chemin qui mène davantage à la révolution qu’à la réforme.

La « non organisation » de la CLASSE,  jumelée à la puissance des médias sociaux, est une recette pour le chaos. Chaque assemblée étudiante est souveraine et tout le monde peut convoquer et publiciser sur le site de la CLASSE une manifestation dans l’heure qui suit. Tout le monde peut aller, au sens propre et au sens figuré, dans la direction qu’il veut, à cause d’un manque flagrant d’encadrement. Comme sur les médias sociaux, c’est le règne de la spontanéité.

Pourquoi croyez-vous qu’il y a tant de dérapages et d’infiltration d’éléments indésirables dans chacune des manifestations de la CLASSE et qu’il y en a si peu dans les grandes manifestations organisées par d’autres groupes ? Parce que même la CSN n’accepterait jamais qu’un manifestant masqué, casqué et muni d’un pic à glace participe à une manifestation qu’elle organise. Son service d’ordre interviendrait massivement, sinon brutalement, pour empêcher des éléments perturbateurs de tout gâcher. On dirait que l’ordre social indiffère totalement la CLASSE, à moins qu’elle ne trouve son intérêt, elle aussi, dans la radicalisation de la crise et du mouvement.

Je le dis, la CLASSE n’assume pas les responsabilités qu’on doit s’attendre d’une organisation au si fort pouvoir de mobilisation. Je comprends son modèle, mais il est inadéquat dans les circonstances.

Quant au gouvernement, il est enfermé dans une logique qui ne permet pas beaucoup de concessions. J’ai mes opinions sur les droits de scolarité et l’accessibilité aux études supérieures, mais nous avons déjà dépassé cet enjeu.

Dans l’optique gouvernementale, cette mesure présentée il y a plus d’un an et adoptée par l’Assemblée nationale n’est pas négociable sur le fond. Retraiter sur cette question, revient à donner le mode d’emploi à tous les groupes qui voudraient faire reculer le gouvernement sur un enjeu. Le pouvoir de perturbation des syndicats de la construction ou des cols bleus est autrement plus considérable que celui des étudiants.

Les autres leaders jouent un jeu subtil. Pauline Marois veut profiter de la vague, sans trop se compromettre sur le gel des frais de scolarité ni trop s’embarquer dans la déferlante de la CLASSE. À la place de Jean Charest, j’aurais déjà mon discours : le PQ joue le jeu de la gauche la plus radicale. Quant à François Legault. il veut que les négociations reprennent sans la CLASSE, alors qu’elles ont justement été interrompues à cause du refus des autres associations de négocier sans la CLASSE.

Comment sortir alors de cette impasse ? Des élections sur les frais de scolarité et le Plan Nord ?

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Une des vrais raisons qui font que le conflit perdure se balade avec le petit carré rouge et se nomme Pauline Marois…

Une stratégie fort simple à comprendre pour les étudiants, entretenir le bordel et la tension jusqu’à la prochaine élection, aider à renverser le gouvernement et le remplacer par le PQ qui annulera les hausses. Et voila, mission accomplie!

Une autre fois l’électoralisme pourrait avoir raison du bon sens…

Je l’ai dit souvent et je le répète, on fonce vers un mur au Québec mais il n’y aura pas de réforme tant que le marché des obligations n’aura pas dit C’EST ASSEZ!!!!

« Quand il parle d’une élite «gloutonne, vulgaire et corrompue » et qu’il affirme que la lutte actuelle n’est qu’un tremplin à une contestation beaucoup plus large, il trace un chemin qui mène davantage à la révolution qu’à la réforme »

Vous touchez là à un point important. Ce conflit sur la hausse des droits de scolarité se fait dans un contexte bien particulier. Depuis plusieurs mois, on nous dévoile à répétition des cas de corruption, de collusion, et de magouilles de toute sortes. Même dans le milieu universitaire on a vu des orgies et des primes sans aucune mesure.

Le citoyen ordinaire en a ras le bol et réclame un grand brassage de cage. Beaucoup de personnes éprouvent de la sympathie envers la cause étudiante, justement parce qu’ils sont en train de brasser la cage.

Il y a eu une manifestation monstre dans les rues de montréal il y a déjà un mois et le gouvernement n’a même pas réagi. On transfert aux étudiants une facture plutôt que de mettre de l’ordre dans l’administration des universités.

Le gouvernement joue un jeu dangereux à entretenir la colère des jeunes pour se faire du crédit politique auprès des « vieux » électeurs.

Peut importe qui est responsable cette situation, il est temps d’imposer l’arbitrage aux deux partis.

Les frais de scolarité c’est un prétexte utilisé par la CLASSE. Ce qu’on voit en ce moment à Montréal c’est la 2e phase du mouvement « Occupy », la phase violente.

Le pas sous-estimer le danger que représente les groupes anarcho-communistes.

Si vous croyez que la dégradation de la grève étudiante repose sur les seules épaules de Pauline Marois, que les étudiants ont un quelconque espoir dans le PQ, c’est que vous ne côtoyez pas les principaux intéressés.

Ceux qui disent que la motivation profonde des étudiants est de «brasser la cage» sont bien plus près du véritable sentiment qui anime les grévistes. Derrière la lutte contre la hausse des frais de scolarité, c’est tout un modèle de société qui est contesté.

Ce n’est pas pour rien que le gouvernement libéral ne discute pas sur le fond des choses mais instrumentalise tous les satellites qui gravitent en périphérie du débat. «L’ordre» social qu’il promut est conspué par les étudiants. Il ne veut surtout pas qu’on questionne les impacts de ses décision de manière intelligente, inquisitive et sortant de la simple logique comptable.

Mieux vaut accuser la violence de l’autre que de réfléchir à celle que l’on commet.

Le dire avec des fleurs

Le violet est le symbole de la paix et le rose est le symbole de la jeunesse.

Mais la branche d’olivier est gage de la paix.

Présentement le PLQ personnalise le débat en crucifiant sur la croix un des leaders étudiants.

La sémantique utilisée par le PLQ pour qualifier la crise ne règlera pas le problème de la hausse des frais de discussion.

L’évidence est un moratoire, mais Monsieur Charest ne le fera et la valse des dommages collatérale va se continuer jusqu’à l’élection.

Donc présentement il pousse son refus de négocier jusqu’à obtenir une fenêtre électorale favorable au PLQ.

Mais le temps presse, le congrès du PLQ a lieu la semaine prochaine et il sera très populaire comme le Plan Nord.

Dommage que l’olivier ne pousse pas au Québec.

Les boycotteurs fonctionnent à géométrie variable. Ils veulent qu’on les appelle grévistes alors qu’ils ne le sont pas:

« Parce que même la CSN n’accepterait jamais qu’un manifestant masqué, casqué et muni d’un pic à glace participe à une manifestation qu’elle organise. Son service d’ordre interviendrait massivement, sinon brutalement, pour empêcher des éléments perturbateurs de tout gâcher. On dirait que l’ordre social indiffère totalement la CLASSE, à moins qu’elle ne trouve son intérêt, elle aussi, dans la radicalisation de la crise et du mouvement. »

« Je l’ai dit souvent et je le répète, on fonce vers un mur au Québec mais il n’y aura pas de réforme tant que le marché des obligations n’aura pas dit C’EST ASSEZ!!!! »

Ouais ! Et lorsque le moment arrivera, il n`y aura pu rien pour sauver la social-médiocratie du Québec. Les petits bébés, les syndicaleux et les communistes auront beau manifester, tout casser rien n`y changera. Comme en Grèce et autres pays en faillite.

Ce que vous n’avez pas compris, c’est que personne ne s’attend à ce que le gouvernement retraite sur la question des hausses de frais de scolarité. Même les étudiants s’en doutent. C’est plutôt dans la façon de gérer la crise que le gouvernement failli. Le travail de Charest et de ses sbires, pour lequel ils sont payés, consistent à trouver une solution à cette crise. À ne pas laisser pourrir la situation, ou même à l’enflammer. Mais lorsqu’on a des visées électoralistes et que c’est la seule chose à laquelle un gouvernement peut s’accrocher pour aller en élection, on comprend que Charest instrumentalise la crise. Il s’en servira jusqu’au déclenchement des élections.

« Dans l’optique gouvernementale, cette mesure présentée il y a plus d’un an et adoptée par l’Assemblée nationale n’est pas négociable sur le fond. Retraiter sur cette question, revient à donner le mode d’emploi à tous les groupes qui voudraient faire reculer le gouvernement sur un enjeu. »

Voilà le gros du problème : la démocratie ne se résume pas à décider et imposer. La démocratie c’est aussi négocier avec les groupes de la société qui représentent une partie importante des citoyens afin que les mesures à mettre en place soient acceptées pas ceux qui en font l’objet.

Pour ce qui concerne la politique partisanne, la CAQ va déborder le PLQ par la droite, pour la seule et unique raison qu’elle offre une alternative à ceux qui sont pour la hausse mais qui en ont assez souper de la corruption libérale.

Chacune des manifestations que la CLASSE organise… Ça n’est pas la CLASSE qui ORGANISE les manifestations. Merci.

Si j’étais Jean Charest, je convoquerais personnellement Nadeau-Dubois et je lui offrirais une enveloppe brune…

…Quoi ? Ce n’est pas comme ça que ça marche ???

Une simple question…
Accepteriez vous une augmentation de plus de 82% de vos impôts sans protester ??

Cette soi-disant proposition qui n’est en fait qu’un aménagement de la dette des étudiants pour faire bien paraître Charest est une insulte à la démocratie. Encore une fois on considère ces jeunes adultes comme des enfants, sans droit de parole….
Je me demande surtout pourquoi on a entendu 11 semaines de grèves étudiantes pour accoucher d’une proposition sans véritable contenu et qui augmente la charge totale…

Ce soir des étudiants s’en sont pris aux casseurs !
Alors , il faudrait revoir votre raisonnement !
Rendus où nous en sommes , peu importe ce que vous en pensez , le gouvernement doit ramener la paix sociale en déclarant un moratoire sur les frais de scolarité un point final !
Où on cherche à redorer son image au prix de la paix sociale en faisant porter le blâme sur les étudiants ou on recule tout en risquant de perdre les prochaines élections tout en ramenant la paix sociale chère à tous les Québeçois !
Il me semble que la logique est simple !

«Retraiter sur cette question, revient à donner le mode d’emploi à tous les groupes qui voudraient faire reculer le gouvernement sur un enjeu. »

À l’inverse la retraite des étudiants donnerait le mode d’emploi au gouvernement pour ne plus jamais tenir compte des citoyens. Ce que ce gouvernement fait déjà assez bien. NOUS sommes le peuple! Le gouvernement devrait en tenir compte plutôt que de se comporter comme si nos impôts et ressources lui appartiennent personnellement.

Au risque de passer pour un « méchant gros prétentieux » ou bien pour « prétentieux gros méchant », il me semble que de régler ce méchant gros conflit ne devrait pas être un exercice ni trop méchant, ni trop difficile. C’est pourquoi mon sentiment depuis le début est qu’il n’y a pas de volonté globale, multipartite et multifonctionnelle de débattre, de discuter, de s’entendre, de faire régner la paix et l’harmonie.

Si notre bon et débonnaire gouvernement est prêt à étaler sur sept ans au lieux de cinq cette augmentation indexée sur le coût de la vie, ce qui signifie en somme qu’en 2022, le coût des session aura tout simplement doublé, cela signifie tout bonnement qu’il n’est pas péril en la demeure, au point où nous en sommes de se donner un bonne année pour travailler ensembles et explorer toutes les avenues qui conduisent à une formation post secondaire et universitaire de qualité au plus juste prix qui soit répartie équitablement et progressivement pour le bénéfice de toutes et de tous.

Ce que nous comprenons en cette occurrence, c’est que l’obsession de produire de la richesse coûte que coûte et à tout crin de notre État québécois conduit à ce paradoxe qu’il fait feu de tout bois, que l’ensemble du financement des études est un moyen parmi plusieurs autres d’accroitre en flux tendu cette richesse virtuelle qui permet de gonfler les PIB rendant de par le fait même l’emprunt sur les marchés toujours plus attractifs avec les aléas que cela comprend pour des états gloutons qui ignorent comment s’autofinancer sans jamais produire de déficits fussent-ils tout bonnement d’ordre structurel.

Collectivement nous souffrons presque tous d’aveuglement; comme chacun sait, c’est au pays des aveugles que les borgnes sont rois. Les personnes qui occupent les fauteuils au plus haut niveau ne font pas réellement dans le cadre contextuel de la gouvernance substantiellement exception à la règle.

« Les raisons derrière l’impasse » (P. Duhamel)

On sait maintenant que ce gouvernement va probablement déclencher des élections le 7 mai.

Ce n’est pas une impasse, mais plutôt une passe du gouvernement qui représente la grande entreprise et les très hauts salariés au détriment de la très grande majorité de la population.

Cette passe en une du gouvernement afin d’écoeurer la population pour ramasser des votes en maintenant les étudiants dans la rue.

Ces derniers ont deux choix: Abdiquer ou risquer la réélection de John James Charest et ses libéraux. Le risque est grand pour J. J. Charest, ces étudiants sont la crème du savoir et de l’apprentissage. Il y a des députés qui veulent se retirer, probablement les plus mouillés du gouvernement.