Les trop bonnes nouvelles d’Emploi Québec

Une toute nouvelle étude dévoilée par Emploi Québec parle de plus de 725 000 emplois à combler et d’un taux de chômage qui fondra comme neige au soleil, entre autres nouvelles. Mais plusieurs questions restent en suspens, dit Pierre Duhamel, qui demeure sceptique.

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Illustration : Getty Images

Plus de 725 000 emplois disponibles, 27 % des travailleurs à remplacer au cours des prochaines années et un taux de chômage qui fondra comme neige au soleil. Voilà les excellentes nouvelles tirées d’une étude que vient de publier Emploi Québec sur les perspectives du marché du travail.
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L’étude a été faite sérieusement à partir des données de Statistique Canada et des prévisions économiques du Conference Board.

Le portrait est rassurant. On craignait la diminution du nombre de personnes sur le marché du travail à cause du vieillissement de la population. Voilà qu’on nous dit aujourd’hui que 76,1 % des personnes de 15 à 64 ans occuperont un emploi en 2022, alors que le taux d’emploi n’était que de 59,6 % le mois dernier.

Nous serons donc proportionnellement plus nombreux et plus longtemps sur le marché du travail, et cela compensera les effets du choc démographique. En prime, le départ à la retraite massif des baby-boomers crée des occasions d’emplois à la tonne pour les jeunes.

Je veux bien y croire, mais je reste sceptique. Plusieurs questions restent en suspens et l’avenir me paraît plus embrouillé que ne laisse paraître cette étude, dans laquelle on part d’ailleurs du principe qu’il n’y aura pas de récession au cours des dix prochaines années.

D’abord, ce scénario tient-il la route ? De 2013 à 2017, on dit qu’il y aura 53 900 emplois de plus dans les services gouvernementaux. Je ne suis pas sûr si le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, et le ministre fédéral des Finances l’entendent ainsi. Il y aura beaucoup d’attrition dans l’administration publique, et rien n’est moins sûr que chaque emploi existant soit remplacé.

Deuxièmement, c’est sans compter sur l’automatisation et la robotisation de larges pans de l’économie. Les entreprises et les organismes publics voudront bénéficier des gains de productivité rendus possibles par le développement technologique.

Les robots pourraient occuper la moitié de nos emplois, titre aujourd’hui un journal belge. Oxford Analytica, un groupe de réflexion (think tank) de prospection économique, estime que 47 % des emplois sont «à risque» d’être remplacés par des robots et des systèmes automatisés dans moins d’une génération. Les nouveaux robots seront capables d’intervenir dans toutes les activités humaines avec le développement de l’intelligence artificielle.

Il m’apparaît hasardeux de compter sur le départ des travailleurs à la retraite pour assurer le dynamisme futur de notre marché du travail. Notre capacité d’innover et d’être productifs sont plus susceptibles de créer des emplois payants et nombreux qui assureront notre croissance économique. Les entreprises du Québec doivent être encore plus nombreuses, meilleures et plus compétitives sur les différents marchés.

Voilà le véritable enjeu.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Ça paraît que nos Libéraux ont repris le pouvoir et que le Parti québécois a été mis hors d’état de nuire pour longtemps.

le taux d’emploi n’était que de 59,6 % le mois dernier : c’est faux il était de 71,4 % en juin 2014

« Au Québec, 4 018 500 personnes occupent un emploi en juin, soit un niveau semblable à celui du mois précédent (au Canada : 17 820 700; – 0,1 %). Pour sa part, le taux d’emploi demeure stable à 59,6 % (au Canada : – 0,1 point; 61,4 %). » Résultats de l’Enquête sur la population active pour le Québec, ISQ

Je crois que Pierre Duhamel voulait comparer avec le taux d’emploi général, celui des 15 ans et plus. Cependant, pour la population des 15-64 ans, selon statistique Canada, au mois de juin le taux d’emploi au Québec était de 73,6 % (tableau CANSIM 282-0001)

La robotisation a ses limites puisque le nombre de travailleurs dans de domaines des services augmente à chaque année. Puisque le Québec compte sur le Plan Nord et qu’il y a multiplication des mises en opération minière depuis une année, un bon nombre de ces emplois représentent trois à cinq fois la main d’oeuvre sur les sites miniers en terme d’approvisionnement provenant du sud. Le Plan Nord tel que conçu était une excellente idée qui exige temps et argent et commence à donner des résultats.

je reste aussi septique, Emploi Québec a aussi publié un rapport 2012-2016 par industrie et secteur, avec un équilibre. Difficile à croire qu’il y aura près de 54000 emplois de plus dans les services gouvernementaux?? Comment prédire les emplois disponibles dans 5 ans avec les fermetures d’usine, le non remplacement des départs à la retraite?

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