L’essence de la vie

Ceux qui croient que le pétrole est trop cher n’ont encore rien vu. Le président de Gazprom, l’entreprise russe devenue la principale société d’énergie au monde, prévoit que le baril de pétrole atteindra 250 dollars dans un proche avenir. Le baril de pétrole à 250 dollars, c’est une récession mondiale garantie doublée d’une inflation hors de contrôle.

Pour votre information, le baril de pétrole vaut ce matin 131 dollars; il n’a jamais franchi le cap des 140 dollars et seuls certains économistes ont osé jusqu’à maintenant prédire qu’il pourrait atteindre les 200 dollars. Faisons une petite règle de trois : si les prévisions du président de Gazprom s’avèrent fondées, l’essence pourrait atteindre 2,25 dollars le litre à Montréal et 6 dollars le gallon aux États-Unis.

On apprenait aussi se matin que les membres de l’OPEC ont diminué leur production de pétrole de 350 000 barils par jour en 2007. La diminution n’est que de 0,2 %, mais la consommation mondiale, elle, a crû de 1,1 % l’an dernier. L’écart ne fait que s’élargir, ce qui explique la flambée des prix.

Que peut-on faire pour mettre fin à cette crise ?

Réduire les taxes sur le carburant, comme le préconisaient Hillary Clinton et John McCain ? Pas fameux, car cela favoriserait une hausse de la consommation et donc des prix. Les consommateurs n’y gagneraient rien, les gouvernements perdraient beaucoup et les profits des pétrolières seraient encore plus élevés.

Imposer davantage les profits des pétrolières ? Il faudrait d’abord déterminer si elles font partie du problème ou de la solution. Mon analyse, c’est qu’elles profitent de la hausse des prix, mais qu’elles n’en sont pas la cause. Règle générale, plus elles font de l’argent, plus elles investissent dans l’exploitation de nouveaux gisements. Or, il faut mettre plus de pétrole sur le marché pour en corriger le déséquilibre.

Nationaliser le pétrole canadien ? La solution préférée des fans de Léo-Paul Lauzon. Juste pour partir le bal, commençons avec les quatre plus importantes capitalisations boursières : Suncor (48 milliards à la fin du dernier exercice, comme pour les exemples suivants), Encana (58 milliards), Husky (35 milliards) et Petro-Canada (22 milliards). Cela représente 163 milliards do dollars, sans compter l’appréciation considérable des derniers mois, les primes de contrôle et de dédommagement et les frais juridiques. Petite question : on paie ça comment ? Grande question : est-ce que cela va faire apparaître le pétrole comme par magie ?

Il n’y a qu’une solution valable pour lutter contre la hausse des prix pétroliers : diminuer la consommation. Depuis le début de la semaine, les camionneurs en Europe et en Asie répliquent et les automobilistes rouspètent. La consommation tend à diminuer en Europe et en Amérique. Résultat : le prix du baril de pétrole est en recul depuis vendredi dernier. Voilà pourquoi je ne crois pas qu’on pourrait se rendre à un baril de pétrole à 250 dollars.

La planète a encore des réserves de pétrole pour 41 ans au rythme de la consommation actuelle. Cela implique qu’une grande proportion des êtres humains connaîtront dans leur existence une autre source d’énergie qui va propulser véhicules, bateaux et avions. Le défi actuel, c’est de la trouver et de la développer. Ce sera l’ultime délivrance de cette drogue dure appelée pétrole.

P.S. Je serai absent au cours des prochains jours. À la semaine prochaine !

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Un gel des taxes sur le litre ne baisserait pas les revenus de l’État comme vous le soutenez mais juste un gel des revenus. A 1,50$ le litre, l’État encaisse énormément (désolé je n’ai pas les chiffres)

RC disait récemment que le Québec a encaissé 2,3 milliards en taxe d’essence l’an passé. Avez-vous idée à 1,50$ de ce qu’il encaisse présentement?

Je reviens à mon idée: les 2 gouvernements gèlent leurs taxes au niveau qu’ils vont chercher sur un litre à 1,00$ (c’est autour de 40 cennes). Après ils ne bougent plus, donc ils ne perdent rien. Toute augmentation après 1$ est due uniquement aux pétrolieres.
Résultat, au lieu d’avoir un litre à 1,50 ce matin on serait autour de 1,25$.
Les gouvernements ne perdraient rien dans l’opération (si ce n’est des taxes de plus sur notre dos)

« La consommation tend à diminuer en Europe et en Amérique. » P. Duhamel

En contrepartie, elle augmente très rapidement en Chine et en Inde (la moitié de l’humanité) qui accèdent aux avantages du pétrole.

Le baril de pétrole ne peut pas atteindre 250 dollars car l’industrie pétrolières y perdraient beaucoup trop.

À 250$ le baril, il est raisonnable de penser que la chute drastique de consommation affecterait les pétrolières.

D’ailleurs en Asie, la hausse du prix du pétrole va aussi se répercuter dans les habitude de vies des gens. L’état n’a plus les moyens de subventionner la consommation de pétrole.

Tout ça, savoir avoir eu de besoins de l’arnaque de Kyoto.

Moi, je ne demande qu’une chose : que le gouvernement passe un petite loi qui forcerait les compagnies de gazoline à avertir 24 heures d’avance avant de changer le prix de l’essence à la pompe.
Exemple: le mercredi 25 juin à midi, on annoncerait : $1.449 le litre à partir de midi, ce jeudi 26 juin 2008.
On aurait quelques heures pour voir venir…

@ Garamond

Ben oui, une autre loi, pourquoi pas, on n’en a pas assez. Si demain on annonce une hausse de 10 cents le litre, vous imaginez le bordel dans les stations d’essence et tout le trouble que ça occasionnerait?

« Le baril de pétrole ne peut pas atteindre 250 dollars car l’industrie pétrolières y perdraient beaucoup trop. » (DG)

Mais elles ont un sérieux problème, ce ne sont pas elles qui ont le contrôle du pétrole mais pas pentoute, alors elles perdront ou elle gagneront et les producteurs s’en foutent.

Si j’étais un pays producteur, étant donné qu’il n’en reste que pour 40 à 50 ans, je me poserais le cul sur mon or noir pas pressé pantoute, et j’attendrais la hausse.

Les Chinois sont 1 milliards, l’inde sont aussi un milliard, sans compter les autres. 3 milliards plus ou moins?
Avec chacun une mobylette, la demande sera plus grande qu’en Amérique. Ils en veulent du pétrole, et ils en en AURONT. À quatre piasses le litre pour la mobylette pas de problème. Mais à 4$ le litre pour les 4×4 truck de ville, rien ne va plus. L’Amérique s’ennuiera des trains.

Oubliez les taxes, les lois et tout ce que vous voudrez, vous allez PAYER, la ressource est au boute du boute. Le fédéral a fait la gaffe du siècle en donnant Pétro Canada.

Hydro Québec a laissé tomber les recherches sur la fusion nucléaire et nous en payeront le gros prix. À date c’est la seule solution, à condition que sa marche.

Le problème c’est que si les pétrolière veulent s’assoir sur un baril de pétrole à 150$ et +, ils ne vont que stimuler la recherche d’alternatives.

Au bout du compte, ils pourraient se retrouver sur des réserve de 40 ans de pétrole que plus personne n’a besoin d’acheter.

M. Duhamel-

La consommation baisse legerement en Amerique et en Europe, mais partout ailleurs elle augmente toujours: et il faudrait une diminution *mondiale* de la consommation (superieure a la diminution de la production, ca va sans dire) d’essence pour faire baisser les prix. Et vous oubliez le plus devastateur: les engrais chimiques utilises en agriculture sont a base de petrole, de sorte que le prix de production (et donc de vente) des aliments va lui aussi connaitre une hausse fulgurante dans un proche avenir…(A FORTIORI en raison des innondations qui ont recemment frappe les prairies americaines, et qui ont sans doute deja ruine une bonne partie de la recolte de mais de la region).

Quant a souhaiter l’apparition d’une nouvelle source d’energie, cela m’apparait irrealiste: et sur ce point Hydro-Quebec a sans doute bien fait de ne plus financer de recherches sur la fusion nucleaire, M. Nicolet (#6): ca fait deux generations qu’on jette de l’argent sur de tels projets, partout sur la planete, et on n’a pas reussi a ce jour a produire de l’energie par fusion nucleaire controlee meme en laboratoire.

Je pense donc que le plus sage serait de preparer le Quebec a l' »apres-petrole » plutot que de jeter de l’argent dans une peche aux miracles: et sur ce point le Quebec, grace a l’hydro-electricite, jouit d’une ENORME avance compare a ses voisins (comme je l’ai deja ecrit, c’est surtout le transport qui posera probleme).

« À 250$ le baril, il est raisonnable de penser que la chute drastique de consommation affecterait les pétrolières. » -D. Gagnon

De quelle façon les pétrolières seraient-elles affectées?

Yvon Fleurent

J’ai toujours cru au nucléaire comme énergie efficace.

Je partage entièrement votre jugement :

Hydro-Québec a chié sur le bacul!

Fier d’être «Hydro-québécois»? 😯

Le baril est à 130$ (grosso modo) et déjà la consommation baisse et la Chine et l’Inde laissent voir qu’ils n’ont plus les moyens de subventionner l’essence.

La majorité des pays producteurs ne peuvent pas s’assoir sur leurs réserves de pétrole. C’est leur seule source de revenue. De plus, ce sont les dirigeants de ces pays qui empochent et ils se foutent pas mal de ce qui arrivera au pays dans 40 ans.

A moins que je ne me trompe.

Le tokamak de Varennes avait donné des résultats tels que les ingénieurs Québécois savait que la fusion nucléaire était possible à son abandon. Il fallait construire un plus gros transformateur ou réacteur. Mais Hydro a lâché trouvant que 40 ans c’était trop loin. En Même temps Ottawa a décidé que ce serait en Ontario et plus de nouvelles. C’était un projet de 17 milliards à Varennes.

Les pays participants, le Japon, la Russie, la France, la Chine, USA? ont maintenant choisi la France, le projet inter. Un projet de 30 milliards, je crois.
Entre l’année 1799 où volta inventa la pile électrique, et la fabrication du premier alternateur industriel 1891, il y a 92 ans.

Pour la fusion, nous en avons déjà plus de 50 de faites sur le réacteur lui-même.

Pour l’hydro électricité, je ne crois pas que l’on puisse compter sur celle-ci. Nous manquons d’électricité l’hiver et la construction de méga centrale arrive à sa fin.

Le pétrole arrive à sa fin aussi.

Le gaz arrive à sa fin.

Le charbon, apparemment 200 ans mais avec le manque de pétrole, les réserves sont assurées passé la moitié du XXI siècle.

Donc la fin du charbon n’est pas si loin.

Pour la fission nucléaire, le combustible est rare, il y en n’aurait pas assez pour les besoins actuels.

Reste le vent qui est limité et instable, l’énergie solaire, qui elle est accessible avec des limites très éloignées et en très grande quantité, et la fusion nucléaire.

Donc, pour l’avenir, il faut y mettre le paquet sur la fusion, et sur le solaire au cas où la fusion échouerait.

Pour l’instant, nous gaspillons l’énergie de façon incroyable et il faut apprendre à ménager l’énergie en haussant les prix, et la meilleure façon est la hausse des taxes.

Je comprends que c’est très dégeulasse pour plusieurs, mais il faut se rendre à l’évidence; y en a plus.

Phrase manquante à ma dernière.

C’est à nos petits-enfants qu’il faut penser, pas à son char.

« De plus, ce sont les dirigeants de ces pays qui empochent et ils se foutent pas mal de ce qui arrivera au pays dans 40 ans. » (Gilles Laplante)

Donc ils ont les moyens plus que tout autres de s’asseoir sur leurs réserves pendant qu’ils bouffent du caviar avec un ver de champagne suivi d’un prime rib à 1,500$ avec des truffes.

Vous avez bien raison ils se foutent de nous.

Nous en sommes maintenant à un tournant, comme il y en a eu plusieurs dans l’histoire de la technologie. Non seulement doit-on développer d’autres méthodes d’exploitation de l’énergie (qui est pourtant partout), mais il faut aussi modifier nos habitudes.

L’efficacité énergétique est un des piliers de la recherche aujourd’hui. Comment faire plus avec moins?

Et remarquez que le Québec est extrêmement bien positionné pour faire face à ce défi. Quelle chance.

Une petite remarque: dire qu’il reste assez de petrole pour 41 ans suppose que l’on accepte sans sourciller les chiffres officiels des petro-monarchies du Proche-Orient: il faut bien se garder a l’esprit que ces chiffres ne s’appuient sur AUCUNE verification exterieure ou independante, et il se peut bien qu’une penurie mondiale de petrole aura lieu dans un avenir beaucoup plus proche.

M. Nicolet (#14): l’eolien et le solaire ont en effet leurs limites, la plus grave etant leur instabilite: mais en conjonction avec l’hydro-electricite, on peut largement en tirer avantage: lorsqu’on a un surplus d’energie produit par le solaire ou l’eolien on peut s’en servir afin de remplir (a la pompe electrique) des reservoirs hydro-electriques, dont on pourra par la suite se servir lors de periodes de pointe. Et pour ce qui est de la fusion: MEME si on parvenait a produire de l’energie par fusion nucleaire, rien ne dit que l’operation serait profitable sur le plan economique (savez-vous combien ca coute, un tokamak?)

M. Étienne je ne veux pas simplement vous relancer, mais les réservoirs d’Hydro s’emplissent seuls par la pluie. Ces réservoirs sont des accumulateurs. S’il vente, on dépense l’éolien ou le soleil, si le vent cesse, on pige dans les réservoirs. C’est une chance et une richesse.

Je dirais que le solaire est le plus grand volume d’énergie sur la planète. Imaginez, c’est assez pour chauffer dehors partout sur la planète!

Pour le tokamak en France 30 milliards juste pour prouver que sa marche ou pas. Mais c’est sur une bonne voie et ce n’est pas pour demain.

Il faut chercher comme pour l’électricité la vapeur et les moteurs.

Ne pas gaspiller c’est très payant et ça ne coûte absolument rien.

M. Nicolet-

Mes excuses, c’est moi qui me suis mal exprime: je suis bien conscient que les reservoirs d’hydro s’emplissent en raison de la pluie (ou de la neige fondante): ce que je voulais dire, c’est que l’inconvenient de l’energie eolienne ou solaire, c’est son caractere imprevisible: on ne peut pas emmagasiner l’energie facilement. Mais si on se sert d’un surplus d’energie solaire ou eolien afin de remplir artificiellement un reservoir, c’est a toutes fins pratiques de l’energie en stock, et je crois savoir qu’Hydro-Quebec procede souvent ainsi: elle achete de l’electricite hors-Quebec lorsque la demande (et donc le prix) y est a son plus faible, s’en sert afin de remplir les reservoirs au maximum, qui seront utilises par la suite lors des periodes de grande demande.

Et vous avez raison: la fusion nucleaire comme source d’energie, ce n’est pas pour demain. Vu l’urgence de la situation et le peu de temps dont nous disposons, je ne crois pas que nous pouvons nous payer le luxe de continuer a effectuer des recherches qui ne meneront peut-etre a strictement rien de pratiquable dans le domaine de la production energetique.

Assez amusant en effet d’affirmer qu’il reste du pétrole pour 41 ans.
Les compagnies de pétrole font du forage sans arrêt.
Quand le pétrole est présent en bonne quantité, le mot d’ordre est plutot de passer inaperçu afin de préparer le terrain (politiquement, etc,etc pot de vin la routine quoi) pour une exploitation lucrative future.
Quand le pétrole n’est pas au rendez vous, les compagnies brouillent les pistes en disant que le secteur est énormément prometteur.
Je ne vois aucunement comment des types peuvent affirmer qu’il reste 41 ans et 3 jours de pétrole.Trop hillarant.
Tout ça est TOP SECRET
Le but étant de propager l’impression d’une fin de la ressource imminente et de limiter au minimum la production pour que l’industrie soit en état de manque permanente et que nous nous fassions %$#@* à la pompe en plus de favoriser une récession afin que certains actionaires ayant des liquidités accumulées en quantité industrielles grace aux profit de l’énergie et de la matière première se ruent sur des titres en difficultés à cause de l’inflation et du manque de pouvoir de dépenser de la classe moyenne.
D’après mon petit doigt les portefeuilles de REER vont y gouter.
C’est toujours mieux que de manquer de nourriture.

Rien de mieux qu’une bonne récession pour que ceux qui ont du fric, rammassent celui de ceux qui en ont moins.

@ Yvon Fleurent

Je ne sais pas si comme moi vous avez entendu dans votre jeunesse les plus vieux dire: « Ça nous prendrait une bonne guerre! »

Les Américains semblent en avoir eu assez.

Que dites-vous M. Raymond Campagna?

Une bonne guerre? Les vieux?

Dans le milieu des gens d’affaire et des Elvis Gratton, je l’ai entendu au moins 50 fois depuis 5 ans et surtout à propos de celle de Bush. On va faire de l’argent avec la reconstruction qu’ils disaient.

Ouin, mais présentement ils déchantent tous.

Faites un sondage pour voir si les entreprises de 1000 ou 500 employés et moins sont républicains ou « guerroyeux ». Tous ceux que je connais en ont leur maudit truck de la guerre, après l’avoir appuyé avec acharnement.

Aujourd’hui ils sont gênés de m’en parler.

Peut-être que l’Irak et l’Afghanistan ne sont pas des ‘bonnes’ guerres… Poursuivre et chasser un envahisseur, comme Hitler par exemple ou Hussein au Koweit, c’est bien différent des guerres actuelles qu’on ne peut ‘gagner’. L’Irak, l’Afghanistan ce sont des changements de régimes.

Je suis bien d’accord avec M. Laliberté (et j’adore ce nom!) Hier justement Bush annonçait qu’il permettrait l’exploitation en mer des ressources pétrolières.

Monsieur Fleurent me fait sourire – appuiriez-vous le projet de Dion?

» il y a des guerres nécessaires. »

Lesquelles et pourquoi?

Et les autres, les pas « nécessaires », pourquoi?

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