L’étrange histoire de la disparition du M&M rouge

« La mort et la renaissance du M&M rouge, c’est une histoire de l’incompétence gouvernementale et du pouvoir collectif des consommateurs. »

Photo © Stefano Bertolotti / CC 2.0
Photo © Stefano Bertolotti / CC 2.0

C’est l’histoire d’une injustice. D’une mise à mort. Et d’une résurrection.

En 1941, les premiers M&M’s à débouler sur les lignes de production de l’entreprise Mars étaient de cinq couleurs différentes : marron, jaune, vert, violet et rouge. De ce groupe, c’est le M&M rouge qui s’est rapidement imposé comme la vedette. À la fin des années 1960, il était adulé par des millions de personnes. Jusqu’à sa brutale disparition, en 1976.

Pendant une décennie complète, plus personne ne l’a revu. « La mort et la renaissance du M&M rouge, c’est une histoire de l’incompétence gouvernementale et du pouvoir collectif des consommateurs », explique Zachary Crockett pour Priceonomics.

Au cœur de cette étrange affaire : la coloration rouge n°2, autrement connue sous le nom d’amarante. Colorant alimentaire le plus utilisé du XXe siècle, elle se trouvait, en 1970 dans une variété de produits (boissons, friandises, crème glacée, hot dogs…) dont la valeur totale était de 10 milliards de dollars. Mais, la même année, des scientifiques russes l’ont lié à l’apparition de tumeurs chez des rats de laboratoire.

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a alors mené sa propre enquête, conduisant plusieurs études avant de définitivement statuer sur le cas de l’amarante. Quand bien même « aucune preuve d’un risque pour la santé publique » n’avait été décelée, le commissaire de la FDA, Alexander Schmidt, céda sous la pression populaire et bannit l’utilisation de ce colorant en 1976.

Les médias, qui s’étaient emparés de l’affaire, ont alors frénétiquement dénoncé le rouge n°2, le qualifiant notamment d’agent cancérigène. Il n’en fallait pas plus pour provoquer la panique au sein de la population américaine. L’hystérie collective a ensuite poussé des centaines de marques à rappeler leurs produits contenant ce colorant.

Et le M&M rouge, dans tout ça ? Il n’a jamais contenu de rouge n°2, Mars lui préférant le rouge n°40. Mais il fut tout de même mis à la porte pour éviter toute confusion dans l’esprit des consommateurs. Plutôt que de démêler le vrai du faux, l’entreprise a cédé à son tour devant la peur du rouge des Américains et a décidé de remplacer le M&M rouge par le M&M orange.

M&M's - Couleur

Neuf ans plus tard, le combat héroïque d’un étudiant du Tennessee a permis au M&M rouge de sortir de son exil forcé. Ce dernier avait toujours été le préféré de Paul Hethmon, qui le gardait toujours pour la fin.

En 1985, alors en première année à l’Université du Tennessee, il a fondé la Société pour la restauration et la préservation du M&M rouge. Ses appels à Mars, à la FDA et au président américain, Ronald Reagan, n’ont pas débouché. Mais le mouvement a rapidement pris de l’ampleur et des milliers de lettres ont commencé à affluer depuis la Suède, le Mexique, la Belgique, Hong Kong… Une femme originaire de St. Louis, dans le Missouri, est même allée jusqu’à écrire, non sans un certain sens du second degré :

« Ma vie est-elle digne d’être vécue sans le M&M rouge ? C’est une question que je me suis souvent posée. Pendant de nombreuses années, je suis parvenue à aller de l’avant, pensant que je ne pouvais rien y faire. Une personne contre le monde entier ! Mais maintenant, ma vie a un but, un sens. Ma vie est destinée à donner une nouvelle vie au M&M’s rouge. »

L’initiative de Paul Hethmon a provoqué un sentiment nostalgique collectif. Les médias, qui avaient précipité la chute du M&M paria dix ans auparavant, sont alors devenus son plus ardent défenseur. Quelques semaines plus tard, l’étudiant a reçu une nouvelle lettre de Mars.

« Tout vient à point à qui sait attendre, et tous les associés chez M&M/Mars voulaient être certains que vous soyez la première personne à recevoir la nouvelle. »

Surfant sur une vague publicitaire qu’elle n’avait pas déclenchée, l’entreprise a alors réintroduit le M&M rouge en fanfare lors des fêtes de Noël, en 1985. Pour ne pas faire de mécontents, Mars garda le M&M orange.

Depuis, le M&M rouge a fait son retour au premier plan, redevenant le visage de la marque. Mais il reste affecté par son passé. « Le Rouge a du mal à montrer ses émotions. Sa seule manière de dire « Je t’aime », c’est avec les bonbons », résume Jason Lucas, directeur créatif pour l’agence de publicité qui représente M&M’s.

 

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« L’étrange histoire de la disparition du M&M rouge »
C’est vraiment un titre accrocheur…
J’attends avec impatience l’étrange histoire de la disparition du Smarties bleu ou l’ètrange voyage des Smarties astronautes…
J’ai un faible pour les rouges….

J’ai dû réfléchir quelques secondes… et puis là je l’ai bien rit. C’est vrai il ne fait plus beaucoup de vague. Il n’ose pas jouer les belles-mères!!!

Et les Smarties dans tout ça, j’ai toujours entendu dire, on garde les rouges pour la fin…Moi, je suis Smarties, rien d’autre!

Bah! C’est pâs mieux dans els autres produits avec colorant rouge. C’est fait avec des inserctes rouge appellé « cochenille » un colorant rouge numéro E120