L’héritage, ou quand les super-riches lèguent leur fortune.

À son décès, Charles Bronfman, ex-Montréalais et ex-propriétaire des Expos, cèdera  la majeure partie de sa fortune évaluée à 2 milliards de dollars à des oeuvres philantropiques. M. Bronfman se joint ainsi à quelque 92 multimilliardaires qui ont promis de faire bénéficier la société d’au moins de la moitié de leur richesse.

Ce mouvement des super-riches donneurs a commencé avec Bill Gates, le fondateur de Microsoft. Il a lancé la Fondation Bill-et-Belinda-Gates en 2000, à laquelle il se consacre à temps plein depuis 2008. La fondation dispose d’une dotation de 33,5 milliards de dollars et elle consacre des centaines de millions de dollars chaque année à la santé et au développement dans les pays les plus démunis.

Bill Gates a réussi à convaincre Warren Buffett de céder à sa fondation son immense fortune (46 milliards en 2012) quand il mourra. Les deux Américains les plus riches ont créé le mouvement Giving Pledge pour inciter d’autres multimilliardaires à faire comme eux et de léguer à des oeuvres humanitaires une partie de ce qu’ils auront réussi à accumuler de leur vivant.

Il y a de bons sentiments dans ce mouvement. Contrairement à ce que les gens pensent, la grande majorité des nababs de ce monde ont eux-mêmes bâti leur fortune. 70 % des multimilliardaires américains du dernier classement du magazine Forbes ont lancé leur propre affaire. Des 20 nouveaux-venus au classement de cette année, on n’en retrouve que quatre qui ont hérité.

Ce sera aux enfants de ces immenses privilégiés de faire leur chemin dans la vie. On peut soupçonner qu’ils ne sont pas dépourvus et qu’ils s’en tireront très bien, même si papa et maman ont choisi de privilégier un autre « héritier ».

Pour revenir à Charles Bronfman, son fils Stephen a déjà hérité de son grand-père, le légendaire Sam Bronfman. Claridge, sa société d’investissement privé, mène plusieurs projets intéressants à Montréal. On peut donc retenir nos larmes.

Ce mouvement montre aussi comment les riches… sont très riches. En 1982, à la première édition du classement des 400 Américains les plus riches, Forbes comptait 13 milliardaires. On pouvait même se retrouver dans cette liste sélecte avec un « petit » magot de 75 millions de dollars. 30 ans plus tard, on se retrouve à la fin du peloton avec 1,1 milliard de dollars. Une misère !!! Des fortunes comme celles de Gates (66 milliards) et Buffett semblaient à l’époque inimaginables.

Que ces personnes redistribuent cette richesse inouïe me semble une bonne affaire et un dénouement plutôt heureux. Évidemment, ils choisiront des causes qui leur sont chères et qui reflètent leurs valeurs. Mais cela peut être une bonne affaire pour la société.

Je vous donne en exemple quelqu’un qui fait beaucoup de bien autour de lui et qui a permis à d’innombrables organismes de soulager la misère et d’offrir une réelle chance aux plus démunis.

Je parle ici de la Fondation Lucie et André Chagnon,vouée au développement des enfants et à la promotion de saines habitudes de vie. André Chagnon a injecté, dans ce qui est devenue la plus grande fondation philanthropique au Canada, 1,4 milliard de dollars obtenus lors de la vente de Vidéotron.

André Chagnon n’a pas fait voeu de pauvreté, mais il fait preuve d’une grande générosité. Voilà une valeur  importante comme jamais dans notre société.

 

 

 

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Pour ne pas avoir à payer d’impots sur les 1,4 milliard, la famille Chagnon a placé l’argent dans un fonds de charité!

Quant aux Bronfman, ils ont quitté le Canada en 1988, en faisant changer la loi sur les fiducies familiales, la veille de Noel! Ils ont pu sortir 2 milliards du pays sans payer la moindre cenne d’impots!

Voilà pour la générosité de nos riches!

C’est bien beau tout ça, que les riches donnes toute leur fortune, mais quel en est l’effet sur l’économie.

Je veux dire par là que Warren Buffet par exemple est très riche, mais je doute fortement qu’il plonge dans ses lingot d’or comme le faisait picsou.

Sont argent est au travail, son argent est investit dans des société et sert de capital au démarrage ou au soutient de plein de projet. Beaucoup de gens travaillent grâce à l’investissement de Buffet. Quelle sera la conséquence de retirer tout cet argent d’un coup à son décès pour le transférer vers d’autres pays et d’autres économies?
Certe ce sera bien pour ceux qui reçoivent, mais pour ceux qui perdent l’investissement?

Le gouvernement libéral avait proposé une loi spéciale pour permettre aux Bronfman de continuer d’être à l’abri de l’impot. Est-ce qu’un journaliste pourrait faire le suivi de cette très grosse histoire passée sous le radar?

http://pq.org/actualite/communiques/projet_de_loi_prive_205_concernant_la_famille_bronfman_le_parti_quebecois_atte

Communiqué – 8 juin 2011

Projet de loi privé 205 concernant la famille Bronfman : le Parti Québécois attend des réponses du gouvernement libéral
Québec – Lors d’une rencontre qui s’est tenue ce matin, le député de La Prairie, François Rebello, a soumis cinq questions précises au gouvernement libéral afin de connaître tous les impacts de l’adoption du projet de loi privé 205 concernant certains actes de donation de Samuel Bronfman et déposé par le député de D’Arcy-McGee, Lawrence Bergman.

« Alors que le gouvernement devait procéder à l’étude détaillée du projet de loi aujourd’hui, nous avons réclamé des précisions avant de consentir à l’adoption du projet de loi. Nous sommes donc en attente », a déclaré M. Rebello.

Il souligne que dans le passé, une décision anticipée du ministère fédéral du Revenu concernant le transfert d’une fiducie familiale estimée à 2,2 milliards de dollars de la famille Bronfman aux États-Unis avait fait perdre 700 millions de dollars au gouvernement fédéral. Cette situation avait d’ailleurs été vertement critiquée par le Vérificateur général du Canada d’alors, Denis Desautels.

« Avant d’adopter un tel projet de loi, il est tout à fait légitime de questionner la famille Bronfman, le député parrain du projet de loi et ancien notaire de la famille, Lawrence Bergman, et le gouvernement sur l’impact de l’adoption de ce projet de loi. Nous voulons agir avec rigueur et avec équité pour les contribuables », a conclu François Rebello.

Les cinq questions soumises par François Rebello au gouvernement libéral sont les suivantes:

1.Si le projet n’était pas adopté est-ce qu’il pourrait y avoir un impact fiscal positif pour le gouvernement dans les prochaines années?
2.Sans l’adoption de ce projet de loi, est-ce que la situation fiscale de ces fiducies ou des personnes concernées par ces fiducies changerait dans le futur?
3.Est-ce que qu’il y a reconduction de clause(s) grand-père ou d’acquis avec ce projet de loi?
4.Est-ce que la fiscalité applicable à ces fiducies et leurs bénéficiaires est accessible à tout autre citoyen qui se constituerait une fiducie familiale cette année?
5.Est-ce que le projet de loi introduit ou reconduit le statut de bénéficiaire à des personnes qui ne seraient pas éligibles à ce statut selon les règles d’application générale actuellement en vigueur pour les nouvelles fiducies familiales?

C’est leur argent; c’est bien de contribuer aussi massivement a des oeuvres caritatives, mais s’ils voulaient tout sortir en ‘cash’ et le passer au feu, c’est leur affaire, et tant mieux pour eux. Et qu’on ne vienne pas me dire quoi faire avec MON argent!