L’homme de métal

5N PLUS

Leaders de la croissance 2012 - 5N Plus
Photo : J. Lafrenière

5N PLUS

Classement : no 1

Domaine d’activité : production de métaux purs et de produits chimiques spéciaux

Nombre d’employés en 2011 : 725

Siège social : Montréal

Chiffre d’affaires en 2011 : 493,2 millions $ US

Croissance 2006-2011 : 2 459 %

Avec un chiffre d’affaires multiplié par 25 de 2006 à 2011, le producteur de métaux spéciaux 5N Plus occupe le premier rang du palmarès des Leaders de la croissance 2012. La vie de champion est toutefois loin d’être facile.

Ces jours-ci, Jacques L’Écuyer, président et cofondateur de l’entreprise, passe le plus clair de son temps à tenter de rétablir la confiance de ses actionnaires. Et pour cause : la valeur de l’action de 5N Plus, cotée en Bourse depuis 2007, dégringole depuis un an.

Les métaux produits par 5N Plus sont utilisés dans les panneaux solaires, les téléphones intelligents, les ampoules DEL et même… Pepto-Bismol. L’entreprise achète des concentrés à des sociétés minières ainsi que des résidus industriels pour les purifier – jusqu’à 99,999 %, d’où le nom de « cinq 9 et plus » – et les transformer en produits chimi­ques. Ceux-ci sont ensuite vendus aux géants des industries électronique et pharmaceutique. 5N Plus produit également des sels, utilisés dans la fabrication de modules solaires photovoltaïques.

En 2011, l’entreprise a acheté MCP Group SA, chef de file dans la production et la distribution de métaux spéciaux, ce qui explique la croissance rapide de son chiffre d’affaires. « La forte demande dans le domaine de l’énergie solaire nous a aussi propulsés », dit Jacques L’Écuyer, ingénieur de 52 ans.

Mais le ralentissement en Europe, la baisse du prix des métaux et la dette contractée pour l’achat de MCP Group SA ont fait fondre ses profits. « Je dois reven­dre à perte des produits dont la matière première a été achetée à prix élevé », dit Jacques L’Écuyer.

Et comme si ce n’était pas assez, son principal client, l’américaine First Solar, le plus grand producteur de panneaux solaires au monde, a restructuré ses activités en 2011. Mais Jacques L’Écuyer ne se laisse pas abattre. « En affaires, il ne faut pas être allergique au risque ! » lance-t-il avec philosophie.

Ingénieur en métallurgie, il a travaillé pendant 20 ans à la société minière Noranda avant de lancer son entreprise. En 2000, avec trois de ses collègues, il a racheté une partie de la Division des matériaux avancés. « Nous étions prêts à prendre certains risques avec cette division que Noranda n’aurait pas voulu prendre », raconte ce passionné des matériaux.

Aujourd’hui, 5N Plus a des usines au Canada, aux États-Unis, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Chine et au Laos, ainsi que des bureaux de vente en Espagne, en France, au Luxembourg, au Pérou et en Russie. Une nouvelle usine est en construction en Malaisie.

« On s’attend à une forte croissance en Asie, en particulier en Chine, en Corée et au Japon », dit Jacques L’Écuyer, qui croit qu’on peut encore innover dans le secteur des matériaux. Serait-ce le temps d’acheter des actions de 5N Plus ?

 

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