L’increvable mythe du retard entrepreneurial du Québec

L’entrepreneuriat au Québec? Pas fort, si l’on en croit les médias et les spécialistes du domaine. Pourtant, rien dans les statistiques officielles ne soutient un tel pessimisme.

L’entrepreneuriat au Québec? Pas fort, si l’on en croit les médias et les spécialistes du domaine.

Les entrepreneurs seraient «historiquement moins nombreux que dans le reste du Canada», nous apprenait La Presse lundi. «Le Québec serait sérieusement en retard sur ses voisins canadiens et américains en matière de création de PME», affirme Pierre-Karl Péladeau. «Les indices du dynamisme entrepreneurial au Québec sont généralement inférieurs à ceux obtenus dans le reste du Canada», soutient depuis des années la Fondation de l’entrepreneurship.

Pourtant, rien dans les statistiques officielles ne soutient un tel pessimisme. Je ne parle pas ici d’un sondage où des gens expriment leurs intentions de se lancer en affaires ou rendent compte des démarches qu’ils ont effectué pour créer une entreprise, mais des données réelles colligées par Statistique Canada sur le nombre d’entreprises au pays.

Dans mon livre sur l’entrepreneuriat, je constatais que le Québec comptait en 2011 un nombre d’entreprises de plus de deux employés qui correspond, grosso modo, à son poids dans l’ensemble canadien. En revanche, l’Ontario comptait proportionnellement moins d’entreprises compte tenu de son poids démographique.

J’ai été manifestement peu ou mal lu. Je persiste et signe: il n’y a pas de retard entrepreneurial au Québec. Cela n’existe pas. Voici donc de récentes données à l’appui de mon propos.

Si on ne compte que les incorporations, qu’importe le nombre d’employés, il y a avait au Québec, en décembre 2012, 220 954 entreprises, soit 21,7 % des sociétés au Canada. Cela est légèrement inférieur au poids démographique du Québec (23,6%), mais c’est aussi le cas pour l’Ontario, malgré ses 355 211 entreprises. L’Ontario représente 35 % des entreprises de toutes les tailles et 38,3% de la population.

Si je prenais en compte dans mon livre des entreprises de plus de deux employés, c’est que je ne voulais pas inclure les travailleurs autonomes comme moi qui, bien que propriétaire d’une entreprise, ne sont pas des employeurs et donc de véritables entrepreneurs.

Éliminons donc les micro-entreprises et ne tenons compte que des entreprises qui comptent cinq employés et plus. Il y a 100 889 entreprises qui se qualifient au Québec, contre 141 240 en Ontario, dont la population est pourtant 1,6 fois plus nombreuse. Le Québec compte pour 24,3 % des entreprises de plus de cinq employés au Canada.

Allons voir du côté des moyennes entreprises, celles qui ont de 100 à 499 employés. Il y en a en tout 7 814 au Canada, selon la BDC. 27 % d’entre elles ont leur siège social au Québec. Cette proportion n’était que de 25 % en 2006. Loin de s’affaiblir, la position du Québec tend donc à s’améliorer.

La BDC a son propre indice pour identifier les régions où l’entrepreneuriat est le plus dynamique. Le Québec est pratiquement au niveau national. Au cours des 12 dernières années, le Québec a devancé l’Ontario à sept reprises.

Faut-il plus d’entrepreneurs au Québec? Sans aucun doute. Nos PME ont-elles de formidables défis devant elles? Assurément. Ont-elles des difficultés à atteindre une taille conséquente et à devenir des moyennes, puis des grandes entreprises? Oh que oui!

Je ne pense pas que c’est en disant aux Québécois qu’ils sont de piètres entrepreneurs, en retard sur tout le monde, que nous parviendrons à créer ce mouvement irrésistible en faveur de l’entrepreneuriat et de la prise en main de notre économie.




 

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De bons chrétiens vous répliqueraient ceci: « Que vlez-vouuus, dans le plussse meilleur pays du monde » il faut bien entretenir le « pas capable » et le « né pour un p’tit pain » au cas où…Ça pourrait donner des idées « de grandeur » aux Québécois si on se mettait à parler positivement et avec optimisme du Québec. Propagande et dénigrement obligent…vous me suivez ?

Ah…tiens…et moi qui croyais que ce n’étaient que les « GROS » qui prospéraient…

À la fin de l’article, l’auteur note :« Ont-elles des difficultés à atteindre une taille conséquente et à devenir des moyennes, puis des grandes entreprises? Oh que oui! ». Il me semble que cette remarque est fidèle avec l’article qui précède.

Je comprends votre volonté d’exclure les travailleurs autonomes pour ne pas créer une forme de distortions dansles chiffres où on pourraitt les gonffler avec des entreprises d’une personne. Mais du même souffle, je considère les travailleurs autonome comme des entrepreneurs : ils ont pris (volontairement ou non) leur destin en main, ils doivent offrir un produit ou un service, se démarquer de la concurrence et avoir des clients. Pour réussir, s’ils n’ont pas une fibre d’entreptreneur, leur succès risque d’être limité.

Je me suis toujours demandé d’où venait cette campagne de dénigrement systématique de certains. Quel est le but derrière tout ça. À qui le « Crime » profite-t’il? PQ-PLQ-CAQ?
À lire les différents blogues, j’ai l’impression de vivre dans 2-3 monde différents suivant la discussion en place. Qu’on ait des visions différentes, je veux bien, mais qu’on s’acharne, là je décroche.

« …mais qu’on s’acharne, là je décroche »

C’est exactement ce que les auteurs de cette campagne de dénigrement systématique veulent.

Il y aura toujours ici, comme sans doute ailleurs, des personnes qui sont viscéralement incapables de considérer quelques vertus à ce qui existe chez-eux. Les commentaires répétés et tellement prévisibles de François1 en est un exemple patent.

Je crois sincèrement que le Québec a rattrapé un retard historique à partir des années ’60, soit la période de la révolution tranquille. On a alors mis de côté l’Église catholique qui diffusait une morale issue puissamment du jansénisme européen du XVIIIè et XIXè siècles. Ainsi, contrairement à la morale protestante qui encourageait la réussite sociale, l’Église catholique du Québec exhortait à l’obéissance et à la crainte de la réussite vénale.

Mais cette seule influence religieuse n’explique pas le retard des Québécois du monde des affaires jusqu’aux années 60-70. Certains aspects historiques doivent être pris en compte. Par exemple, l’Acte d’Union de 1840 réuni le Haut-Canada et le Bas-Canada. Le Haut-Canada a une population significativement moins élevée que le Bas-Canada mais a une dette plus de dix fois plus élevée que ce dernier car de nombreuses dépenses ont été faites pour la mise en place d’infrastructures industrielles et commerciales. Or, ce que l’Acte d’Union fit c’est que la dette de l’un et de l’autre fut amalgamée puis distribuée au prorata des populations. Ainsi le Bas-Canada (le Québec) hérita d’une partie très importante de la dette de son voisin et paya donc pour les infrastructures du Haut-Canada (l’Ontario) sans en avoir les avantages. Sa dette publique s’étant accrue considérablement du jour au lendemain, le Québec n’était pas très incité à favoriser les dépenses publiques structurantes. L’isolationnisme québécois (celui des vaincus) ne s’en trouva que plus accentué.

D’autres décisions historiques ayant beaucoup d’influence négative sur l’économie du Québec vinrent encore accentuées ce retard historique.

Mais malgré tout, le Québec s’est réveillé à partir des années 60 et on voit nettement qu’aujourd’hui il a changé complètement de face.

«Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé»
[Albert Einstein]

Le Québec d’avant les années ’60 contribuait POSITIVEMENT à la péréquation vu son dynamisme économique.

Depuis, il est devenu le BS du système canadien.

Il a en effet « changé »!!!

Encore une fois vous tentez de nous berner. Est-ce que parce que vous-mêmes vous vous faites avoir ? Je ne saurais dire. Quoi qu’il en soit, nous devons encore une fois noter que vous ne citez pas vos sources. Rien ! Est-ce seulement de mémoire que vous sortez une telle sornette ?

De plus, vous omettez de souligner, sans doute par ignorance, puisqu’à priori nous devrions croire en votre honnêteté intellectuelle, que les formules de calcul de la péréquation canadienne furent grandement modifiées, dans les année 60 et suivantes. Voici ce qu’en dit le Groupe d’experts sur la péréquation et la formule de financement des territoires (FFT) créé par le ministre fédéral Goodale, en 2004 :

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« Entre 1962 et 1967, on modifia le Programme pour inclure dans la formule une quatrième assiette fiscale, soit la moitié des revenus des ressources naturelles. On abandonna aussi la norme des deux provinces les plus riches pour adopter celle des 10 provinces, ou de la moyenne nationale.

Plusieurs changements importants furent apportés au cours des 20 années suivantes. Le nombre de catégories de revenus prises en compte dans la formule passa de 3 à 29. Il en résulta une méthode plus globale, dotée de mesures plus détaillées, mais aussi un programme plus complexe. De plus, durant cette période, la hausse notable des prix du pétrole gonfla les revenus des provinces productrices, en particulier l’Alberta. La norme des 10 provinces alors en place eut pour effet de faire monter la moyenne nationale et le coût de la péréquation pour le gouvernement fédéral. Aussi bon nombre des modifications apportées au Programme visaient-elles principalement à réduire l’incidence globale des revenus tirés des ressources naturelles par les provinces et à limiter les coûts assumés par le gouvernement fédéral.» (http://www.eqtff-pfft.ca/francais/eqtreasury/equal101-2.asp)

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Nous pouvons donc facilement comprendre que votre affirmation (non appuyée) devient pour le moins extrêmement douteuse, voire même mensongère dans la mesure où vous n’êtes pas en mesure de nous préciser vos sources comme je l’ai moi-même fait plus haut.

Petit détail: les modifications au calcul de la péréquation ont été appliquées de la même façon pour TOUTES les provinces canadiennes et le Québec qui vit dans le même Canada que TOUTES les autres provinces est un cancre en cette matière.

Tiens…histoire de vous éduquer convenablement, allez acheter ce livre. Vous verrez vos œillères disparaître:

http://www.quebecoislibre.org/13/130615-5.html

Extrait:

« C’est entre 1945 et 1960 que le Québec commence à rattraper le reste du Canada tant économiquement que socialement. C’est pourquoi on devrait qualifier cette période de « Grand Rattrapage » plutôt que de « Grande Noirceur ». À l’époque, les Québécois s’enrichissent plus rapidement que les Ontariens, les Canadiens ou les Américains. Ils réduisent rapidement l’écart qui les sépare des autres provinces en matière d’éducation. Leur santé s’améliore plus rapidement que dans le reste du Canada.

Les attitudes des Québécois évoluent. Dans le domaine économique, ils se montrent plus entreprenants, assument des risques plus importants, occupent des chantiers de développement qu’ils avaient auparavant négligés. Les moeurs des Québécois, dans la vie privée comme dans la vie publique, se transforment de manière importante: on se marie moins, on divorce davantage, le taux de naissance est à la baisse, la pratique religieuse également. Les Québécois vont plus longtemps à l’école et sont en meilleure santé. »

L’extrait que vous nous présentez n’a rien à voir avec la péréquation. Réveillez-vous mon vieux. L’extrait évoque un phénomène qui a été analysé sous toutes les coutures depuis plus de 50 ans.

C’est LA RÉVOLUTION TRANQUILLE ! C’est pas la péréquation. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, ce sont deux phénomènes différents. L’un est sociologique. C’est la révolution tranquille. L’autre est basé sur la fiscalité. C’est l’évolution de la formule du calcul de la péréquation.

Si vous souhaitez discuter de la révolution tranquille québécoise, pas de problème. Mais décidez-vous et ramassez-vous un peu. C’est cette confusion intellectuelle qui est navrante chez-vous.

Un peu de rigueur nom de Dieu !

«Il te montre la Lune et tu regardes son doigt.»
[Proverbe africain]

ADMIN: Et sur ce, revenons SVP sur le sujet du billet.

Petit commentaire: je sais de source très…très…très sûre que les divers organismes du gouvernement du Québec (Revenu Québec, CSST, etc…) sont actuellement à la trousse des petits travailleurs autonomes québécois pour tenter de leur soutirer (voler?) encore plus d’argent en les harassant inconsidérément.

Nos fon-fons confortablement installés dans leur tour d’ivoire et pensionnés et syndiqués mur-à-mur tentent de prouver que nos petits travailleurs autonomes sont en fait des salariés et non des travailleurs autonomes et ce, sur la simple évaluation d’un fonctionnaire qui travaille pour l’État; après son « évaluation », débrouille toi avec le problème!!! Sachant nos petits travailleurs n’ont ni les fonds ni le temps à consacrer à se défendre, ils espèrent ainsi tordre le citron encore plus.

Et après ça, vous tentez de nous convaincre que le Québec encourage l’entrepreneurship???

Le Québec sombre de plus en plus dans la dèche et ce, pour nourrir une horde de fonctionnaires et de politiciens qui n’ont aucune considération pour le peuple et les entrepreneurs.

Vous avez raison François 1.

Si c’était une assurance privé, la compagnie se contenterait docilement de payer rubis sur l’ongle, ne ferait aucune enquête et ne ferait aucune obstruction.

J’ai plein d’amis qui ont fait de fausse réclamations aux assurances et ils ont toujours été payés sans aucuns problème.

Le Québec n’encourage pas l’entrepreneurship, mais les compagnies d’assurance le font avec fierté pour les libretariens.

Les compagnies d’assurance privées font effectivement une enquête mais LORSQU’IL Y A un évènement. Pas AVANT!

Les enquêtes Jobidon que font actuellement les différents organismes parasites gouvernementaux se rapprochent beaucoup plus du harcèlement des petits entrepreneurs que d’une forme de recherche de la vérité. On décide que vous n’êtes pas travailleur autonome, on vous « cotise » allègrement, vous êtes OBLIGÉS de payer sous peine d’amendes et de saisie d’actif, et ensuite, vous êtes pognés avec le problème de vous défendre avec tous les coûts et les délais qui s’y rapportent.

Aucune assurance privée ne peut légalement agir de la sorte. AUCUNE!

Monsieur Duhamel, vous avez parfaitement raison! Je travaille dans le milieu de la formation en entrepreneuriat et je peux vous assurer que la clientèle est en constante augmentation et que les gens ont le goût de se partir en affaires. Ils ont de beaux projets et ils veulent les réaliser. J’ai toujours cru que les organisations qui véhiculent un discours alarmistes concernant l’entrepreneuriat, avaient un intérêt à le faire: celui de survivre ($$) et de se trouver une utilité! Merci de rectifier encore une fois les faits!! Faites le haut et fort!!