Livre : le prix unique est-il la solution ?

Une commission parlementaire devra évaluer en début d’année de la pertinence d’une nouvelle réglementation du livre. Les associations regroupant libraires, auteurs, éditeurs et distributeurs demandent au gouvernement de limiter à 10 % le rabais maximal accordé sur le prix au cours des 9 premiers mois après le lancement.

L’idée derrière cette contrainte est d’empêcher les grandes surfaces comme Costco et Walmart de vendre à grand rabais les succès populaires et d’écrémer ainsi le marché, portant préjudice à la viabilité à long terme des quelques 200 libraires du Québec.

En accaparant la part du lion dans la vente des best-sellers, les grandes surfaces priveraient les librairies de leur gagne-pain et menaceraient leur existence. Avec leur disparition, il n’y aurait plus d’endroits pour vendre les milliers de nouveautés publiées chaque année, les collections des auteurs importants et ceux qui signent un premier roman, les essais qui portent une lumière sur notre société, ainsi que des milliers de livres pratiques.

À entendre les professionnels du libre, une réglementation plus stricte qui empêcherait Costco de vendre les livres de 30 % à 40 % moins cher, assurerait la viabilité des librairies, protègerait la culture, la diversité culturelle, soutiendrait les auteurs et préserverait la concurrence. Les différents partis politiques québécois semblent favorables à ces mesures.

Il y a un autre côté à cette médaille.

Les gens qui magasinent chez Costco seraient-il vraiment les clients potentiels des librairies ? Pas tous en tout cas. Il me semble que ce sont d’abord des lecteurs occasionnels qui font des achats spontanés. Ils profitent de petits prix pour acheter un livre qu’ils ne se procureraient peut-être pas dans un autre endroit et à un prix nettement plus élevé.

Si on veut acheter un roman, on ne va pas chez Costco qui ne tient que 200 livres différents en magasin. On y achète beaucoup de guides de l’auto ou du vin, les dictionnaires les plus populaires ainsi que les best-sellers littéraires du moment. Si ces livres n’étaient pas vendus dans ces magasins, plusieurs lecteurs s’en passeraient. La culture s’en porterait-elle mieux ?

Quand je chapeautais une maison d’édition de livres, c’était jour de fête quand on apprenait que Costco acceptait l’une de nos nouveautés. Cela assurait automatiquement la vente de milliers d’exemplaires. Oui, il fallait sacrifier une partie de notre marge bénéficiaire, mais cela restait une très bonne affaire compte tenu du nombre de ventes.

Ce sont les dollars obtenus chez Costco et les autres grandes surfaces qui nous donnaient souvent les ressources pour publier d’autres livres et de prendre plus de risques. Nous étions un éditeur de livres utilitaires, mais la dynamique du marché du livre est la même pour tous.

Cette dynamique s’apparente beaucoup à celle du capital de risque, même si tout distingue ces deux métiers. Dans les deux cas, on réalise les profits nécessaires sur une infime minorité des placements ou des lancements. L’éditeur va perdre de l’argent sur au moins la moitié des livres qu’il va publier au cours d’une année. Dans 30 % ou 40 % des autres cas, il récupèrera à peine ses billes ou engrangera un maigre profit. Bref, beaucoup d’efforts pour peu de résultats.

Et il y a ce best-seller miraculeux qui trouve un large public et vous permet de finir l’année avec des profits et les argents pour prendre de nouveaux risques.

Ces best-sellers – y compris en littérature – sont essentiels à l’industrie. Le Guide du vin permet la publication de multiples oeuvres littéraires ou d’essais percutants. Marie Laberge et Michel Tremblay ont permis à des éditeurs de littérature de faire de bonnes affaires. On peut rire de l’appétit sans fin des Québécois pour les livres de cuisine, mais ils sont devenus le pain et le beurre de nombreux éditeurs.

Où les best-sellers trouvent-ils preneurs ? Où les trouve-ton au hasard de nos emplettes ? Où en vend-on le plus ? Dans les grandes surfaces qu’on veut faire passer pour les ennemis du livre et de la culture. Elles n’en sont pas vraiment des amis parce que le livre ne sera jamais leur premier métier, mais ce sont des alliés à une époque où le livre vit une immense mutation.

Les professionnels du livre soutiennent que les pays qui ont réglementé le marché du livre ont su maintenir leurs réseaux de librairies indépendantes alors que ce ne serait pas le cas dans les pays qui ont opté pour un marché libre, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Le tueur de librairies dans ces deux pays ne s’appellent pas Costco, mais Amazon ! C’est Amazon qui a tué l’immense chaîne Borders et qui malmène Barnes & Noble. Le détaillant en ligne accapare aujourd’hui 30 % des ventes de livres aux États-Unis et sa progression semble irrésistible. On ne peut pas reprocher à Amazon de ne vendre que des ouvrages à haut tirage, car on y retrouve à peu près tous les livres disponibles.

Et il y a pire qu’Amazon. Cet été en Grande-Bretagne, Kindle, la division de livres électroniques d’Amazon, a vendu plus de e-books que la maison-mère n’a vendu de livres en papier. Voilà la nouvelle réalité des libraires, celle qui risque de les rendre obsolètes. Les libraires ont Apple et Amazon dans les pattes et c’est ce qui les fait trébucher.

Je ne suis pas sûr pour autant que le destin des librairies soit scellé. Les librairies s’ajustent à la nouvelle réalité. On y vend de la papeterie, de jouets et cadeaux de toutes sortes. On y trouve des cafés et même des bistrots. Les libraires sont mieux formés et savent partager leur passion. La librairie est devenue un lieu de culture et un havre de paix.

Faudrait-il que Bureau en gros porte plainte contre les librairies qui vendent de la papeterie ? Ce serait ridicule, vous en conviendrez. Pour moi, cette idée de faire de Costco le bouc-émissaire du changement d’époque me semble aussi saugrenue.

18 commentaires
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Je lis beaucoup et achète pour quelques centaines de dollars de livres par an, bien que jamais chez Wallmart ou équivalent. Mais je n’admets pas que le gouvernement envisage d’intervenir dans ce domaine. Je crois que ça fera diminuer les ventes de livres et ne profitera qu’aux grands éditeurs qui n’auront plus à consentir de rabais à ces magasins. De mon côté, depuis que la question est revenue d’actualité, j’ai commencé à me réorganiser pour diminuer mes achats. J’ai déjà coupé sur les livres québécois en les empruntant en format numérique à la bibliothèque. S’il faut sacrifier les petites librairies indépendantes pour éviter de devoir contrôler le prix des livres, je fais ma part en achetant maintenant plutôt des grandes libraires Renaud Bray ou Archambault. Voilà ma façon personnelle de contester ce mouvement.

Désolé, mais je ne crois pas du tout à la sincérité de votre argumentation, M. Duhamel. Votre véritable but, selon moi, est d’éliminer les petits commerçants, qu’ils soient du livre ou d’autre chose. N’auriez-vous pas des actions dans Costco, tout simplement ?

Bon…au Québec, on va « gérer l’offre » du livre maintenant comme on le fait avec le lait, l’essence, le proc et tout ce qui fait en sorte que les consommateurs paient beaucoup PLUS CHER qu’ils ne devraient pour un bien!

On va créer un organisme (Régie du livre!) rempli mur-à-mur de fonfons syndiqués avec congés et vacances payés, généreux comptes de dépenses et bien sûr ostensoirement pensionnés pour administrer tout ça, au moment même où nos finances sont au plus bas (dixit le parti québécois…) et où quantité d’autres besoins « secondaires » comme la santé, l’éducation, les infrastructures et tutti quanti sont cruellement sous-financés!

Bravo les gauchisto-bolchéviks! Payer plus cher pour les livres fera-t-il en sorte que les Québécois liront plus? Je vous laisse deviner la réponse… Je suis sûr que vous pourrez y arriver par vous-mêmes. Et en plus, vous aiderez les gros distributeurs de livres (Costco, Walmart, Renaud-Bray, etc…) à faire PLUS de profits car ils n’auront plus à se mesurer à la compétition les prix étant devenus uniques; déjà qu’ils paient moins cher leurs livres que les petites librairies vu le volume qu’ils achètent.

Mais il y a de l’espoir: les livres électroniques et internet qui se passeront bien de cet autre restriction à nos libertés individuelles.

Et dans quelques années, il faudra adopter une autre mesure, ou augmenter les subventions à l’industrie, pour contrer les effets pervers de la première mesure.

Pour ma part, les livres de 200 pages à 30-35$, c’est terminé, je me suis mis à l’électronique.

C’est la meilleure solution …. si votre objectif est de contribuer à tuer le marché du livre au Québec.

Non seulement les librairies n’y trouveront pas leur compte mais leurs ventes vont continuer de diminuer à cause du marché du livre électronique. Pour le moment l’industrie du livre francophone ralentit le développement de ce marché mais ce n’est qu’une question de temps.

Bref le résultat est que moins de gens vont lire, les plus pauvres seront pénalisés, tout ça pendant que l’industrie du livre francophone et la distribution vont décliner.

Mais connaissant le PQ c’est justement le genre d’interventionnisme qu’ils adorent…

Pour ma part je ne lis plus que des livres en version électronique, la plupart du temps en anglais.

En 1981, (en vigueur depuis 1982) la France a adopté une loi qui donne aux éditeurs le droit de fixer le prix de vente du livre. Comme cette loi ne s’appliquait pas au livres électroniques, la France a adopté en 2011, une loi qui permet aux éditeurs de fixer aussi le prix des livres électroniques, ce quelque soit la territorialité du vendeur, ce pour contrer des compagnies comme Amazon, Apple, etc. qui peuvent vendre moins cher. Depuis, il me semble que d’autres pays européens ont adopté des mesures similaires.

Cela dit, ces lois sont actuellement contestées devant la Cour européenne. Et si les librairies qui vendent des livres au rabais (soldes d’inventaires des éditeurs) marchent plutôt bien, c’est parce que le prix de vente du produit est et reste une condition importante de l’achat.

Je dois dire que je suis assez indécis par de telles mesures, car en tant que consommateur – j’achète moins de livres maintenant, mais j’en achète encore régulièrement – j’apprécie le fait que certains livres soient moins chers et je pense qu’il est bon pour le client d’avoir le choix des titres et aussi le choix en termes de prix, comme il m’est arrivé quelquefois de reporter ou de renoncer à l’achat de livres non indispensables en raison du prix que je considère parfois élevé, c’est pratiquement le cas des livres importés de France car les intermédiaires qui bénéficient de monopoles de faits, prennent de bonnes marges bénéficiaires. Idéalement il serait bon que nous puissions profiter du meilleur des deux mondes et je ne suis pas convaincu que ce genre de réglementations assure la pérennité des libraires et des librairies.

Il n’y pas que les libraires qui aient souffert ces dernières années. Même certaines chaînes spécialisées dans l’électronique comme Best Buy notamment sont aussi mal menées. Cela dit, certains éditeurs de logiciels exigent que leurs produits ne soient pas vendus en-dessous d’un prix plancher. Pourquoi pas la même chose pour les livres ? Laissons le soin aux commerçants de jouer avec ces paramètres.

François 1: «Bravo les gauchisto-bolchéviks!»

Le mot « fasciste » dans la bouche de Staline, le mot « bolchévique » dans la bouche de Mussolini étaient des notions galvaudées (ou slackées, si l’on aime mieux) au maximum, et qui donc pouvaient désigner n’importe qui et n’importe quoi à volonté. Des libéraux tel le comte Sforza étaient « fascistes » selon Staline ou « bolchéviques » selon Mussolini, les démocrates-chrétiens tel don Luigi Sturzo étaient « bolchéviques » selon Mussolini ou « fascistes » selon Staline, et de même la gauche anticommuniste à la façon de Gaetano Salvemini et du Parti d’Action, « objectivement de droite » pour les uns et « bolchéviques » pour les autres.

À noter que Sforza, Salvemini et Sturzo furent dans les années 20, après Giovanni Amendola, les tout premiers utilisateurs au monde des termes TOTALITAIRE et TOTALITARISME, notions qui ne sont pas apparues au lendemain du second après-guerre – contrairement à ce qu’une certaine gauche et une certaine droite ignares et fières de l’être veulent (se) faire croire – mais bel et bien en 1923, en langue italienne – « totalitario », « totalitarismo » – sous la plume de Giovanni Amendola, ex-ministre libéral devenu alors journaliste. Le terme servait a désigner à la fois le fascisme italien et le communisme soviétique (vu que le nazisme n’arriverait au pouvoir que dix ans plus tard). Certes, Amendola ne put utiliser très longtemps son néologisme, puisqu’il mourut en 1926 des suites de son second passage à tabac par les fascistes ; mais d’autres antifascistes historiques avaient pris le relais.

Or ces antitotalitaires italiens des années 20 et 30 – le libéral Sforza, le démochrétien Sturzo, l’homme de gauche Salvemini – premiers utilisateurs du mot « totalitarismo », qui s’opposaient également au fascisme et au communisme, non seulement savaient de quoi ils parlaient, EUX, et avec une précision remarquable, quand ils utilisaient des termes comme « fascisme » ou « communisme » – et le terme « totalitarisme », qui chapeautait les deux – mais de plus, ils n’avaient pas, dans leurs nombreux écrits, de mots assez durs, assez méprisants contre les galvaudeurs de notions, les slackeurs de concepts irresponsables et primaires-instruits, qui faisaient passer n’importe quelle droite pour « fasciste » et n’importe quelle gauche pour « communiste », semant ainsi une confusion intellectuelle et morale densément fumigène qui profitait directement (mais sans jamais s’en rendre compte, bien sûr) aux deux vulgates totalitaires.

On a entendu Parizeau utiliser le mot « fascisme » contre le PLQ, à la fin du printemps dernier (dans Le Devoir, « La tentation fasciste », date perdue).

Le PLQ remplit-il ce qu’on appelle les conditions du minimum fasciste ? Si tel n’est pas le cas, comme je le crois malgré mon aversion actuelle pour ce parti, alors c’est Parizeau, bien sûr, qui doit être attaqué sans merci pour cette raison impérative. Galvauder les notions de fascisme ou de communisme, c’est extrêmement grave; cela exige des représailles. Et de même bien sûr, l’application incompétente dans une certaine presse anglophone du mot « fasciste » (quand ce n’est pas carrément « nazi ») aux séparatistes ou simplement aux nationalistes (québécois, bien sûr, pas canadiens) : elle doit être attaquée sans merci POUR LA MÊME RAISON que Parizeau, ni plus, ni moins: étant donné qu’elle répand en toute irresponsabilité et en toute exaltation crétino-partisane une définition défectueuse, inopérante, galvaudée, incomplète et incompétente des fascismes.

Le PQ remplit-il les conditions du minimum fasciste ? Si tel n’est pas le cas après vérification (mais ici se pose le problème du temps que prend forcément une véritable vérification de fascisme), il est très insuffisant de le dire : il faut aussi se retourner contre les sources de galvaudage et de falsification du fascisme – comme le Globe ou le National Post ou The Gazette – quand bien même seraient-elles de mon propre « camp » (puisque je suis fédéraliste), et les attaquer sans merci pour cette raison-là, une raison particulièrement impérative. (Mais mes lettres à ce sujet ont toutes été refusées jusqu’ici, allez savoir pourquoi. Sans doute que vu que j’ose contrer leur rhétorique stratégiquement si payante, ils me prennent pour un séparatiste.)

Alors de même: l’expression « facteurs du minimum communiste » n’existe pas dans le monde des spécialistes du totalitarisme, mais il va falloir l’inventer au vu de ces espèces d’éructations hystérico-militantes, comme ce « gauchisto-bolchévique » du sieur François 1, qui sèment une imprécision, une confusion et un brouillage extrêmement dangereux.

Le problème avec ce dossier est qu’il est géré de façon beaucoup trop émotive plutôt que de façon rationnelle. Vouloir aider les petits détaillants semble louable à première vue mais la solution du prix unique elle, reste tout à fait ridicule et ne remplira pas ses objectifs.

En empêchant les vendeurs de livres d’offrir des rabais à leurs clients, nous nous retrouverons avec un prix globalement plus cher et comme le prix est souvent un déterminant dans la décision d’achat, cela fera baisser le taux de lecture chez la population. Cette conséquence amènera avec elle toutes sortes de conséquences connexes non-prévues. Il était rapporté dernièrement que les québécois lisent moins que leurs compatriotes des autres provinces. Cette mesure aggravera certainement cet écart.

Bien que le laisser-faire soit généralement la façon la plus efficace de procéder car elle laisse les acteurs économiques décider eux-mêmes, cette méthode peut aussi rendre plusieurs tsar de l’économie insatisfaits. Par conséquents, je comprends quand même que quelques fois, l’État souhaite pour des raisons autres qu’économiques favoriser une industrie ou certains joueurs au dépend de d’autres. La subvention directe aux petits libraires et détaillants et/ou le crédit d’impôt seraient deux méthodes qui pourraient avoir plus d’effets positifs que le prix unique qui elle n’est qu’une mesure socialisante et infantilisante qui en bout de ligne n’aidera en aucun cas le petit détaillant, le lecteur ou l’artiste.

Merci Monsieur Provencher #7 pour cette intéressante précision. À lire et relire Mais comme le disais Hayek, le socialisme mène au totalitarisme.

N’empêche que pour retourner au sujet, on doit connaître la motivation première de la volonté de certains de mettre en place cette politique du prix unique du livre.

Le problème pour certains et que l’on achète des livres comme on achète du salami, une table pliante en spécial avant de passer à la section des surgelées. Comble de l’horreur, ce n’est pas pour acheter le dernier essai sur la migration des fourmis rouges amazoniennes et son impact sociologique sur les populations aborigènes mais pour le Guide de l’auto ou le dernier Twilight.

La vraie cause est là, la culture générale se perd, on cherche un coupable et les grandes chaînes américaines sont des boucs émissaires parfaits. La maudite « américanisation ». Beaucoup moins sympathiques que nos vieux libraires locaux. Du plus, on fait une fleur à nos alliés politiques.

Or, voici mon anecdote personnelle. Je me suis procuré cet été les Games of throne au Costco. Il y avait une bonne différence de prix avec ma librairie locale. Avec cette différence de prix, je pu me payer un ouvrage spécialisé dans ma librairie locale. Victoire du « Livre ». J’aurais aussi pu l’acheter de seconde main alors là Victoire de l’écologie.

En augmentant les prix des Costco et Walmart, va-t-on vraiment arriver à l’objectif premier d’augmenter la culture générale? Empêcherons nous aussi l’inévitable migration du papier au numérique? Le numérique est-il vraiment contrôlable? Si les Games of Throne avaient été plus chers, les aurais-je acheté à ma librairie locale ou bien téléchargés illégalement sur ma tablette? J’aurais aussi bien pu m’acheter 2 salamis au lieu d’un si je n’avais pas autant été motivé par l’achat d’un livre.

@ Cesare Mori

Monsieur Mori, votre anecdote est l’exemple parfait que les libraires dénoncent. Ceux-ci vous diront que s’ils peuvent vendre votre livre spécialisé c’est à cause qu’ils vendent aussi des « best-sellers ». Or, si des marchands comme Costco vendent des « best-sellers » meilleur marché que votre librairie locale, celle-ci n’aura pas d’autre choix que de fermer et vous devrez trouver votre livre spécialisé ailleurs.

Vous dites que si le livre que vous avez acheter chez Costco devenait plus cher vous pourriez le télécharger illégalement. La question qui se pose ici, est, pourquoi ne l’avez vous pas fait auparavant ? Ce qui me laisse croire que vous êtes honnête et que vous achèteriez ce même livre à prix unique soit chez votre librairie locale ou dans un Costco.

P.S. La politique du prix unique n’empêcherait pas un marchand d’offrir des rabais pouvant aller jusqu’à 10% pendant 9 mois. C’est ce que propose l’ADELF (Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française)

ça ne me dérange pas, je suis capable d’attendre 10 mois

En attendant, je vais aller à la bibliothèque.

… maudite République soviétique du Québec.

« …maudite République soviétique du Québec. »

Mais non, elle n’est pas «soviétique» !

En revanche, la «perte du sens des proportions», exactement dans les mêmes mots, est fortement suggérée comme symptôme pré-totalitaire à la fois par l’historien de gauche Angelo Tasca dans ‘Naissance du fascisme’ et les chroniqueurs de droite (reaganiens enthousiastes) Fruttero et Lucentini dans ‘La Prédominance du crétin’.

C’est exactement le même genre de bouillie hystérique que la presse anglophone qui voit le spectre du nazisme dans le gouvernement Marois ou les baby-boomers de la gogauche 68 qui voyaient des « fascisses » partout. (Évidemment qu’ils en voyaient partout, ces primaires instruits: plus ta définition est imprécise, plus ton ignorance de l’historiographie de la période est grande, plus tu vois partout le communisse et le fascisse, un peu comme moi qui suis aussi un ignare, je vois partout l’influence pernicieuse du méchant déconstructionisse).

Un véritable totalitarisme se profilerait vraiment qu’on n’y verrait que du feu à force de crier au loup.

Moi,
j’ai un café et le mcdo vend son café
3 fois moins cher que moi. Dois-je
demander ne loi qui protège mes ventes ?

En France c’est la politique du prix unique depuis 30 ans, dans les années 1980. Donc le roman quand il sort certs il est cher mais il est au même prix partout que se soit en grand surface, en magasin spécialisé ou en librairie. Pour avoir le même livre mois chère il faut attendre la sortie en livre de poche quelque mois après. Le rabais le rabais maximal accordé sur le prix est de 5 %, et tout le temps.

Prix unique: pour contourner les éditeurs vont publier une édition spéciale pour Costco, comme Heinz le fait pour son ketchup, réduisant l’espèce d’économie d’échelle dont bénéficient les éditeurs quand ils vendent aux grandes surfaces. Le véritable enjeu c’est lelivre électronique. Vous le démontrez bien dans votre article. Et le véritable enjeu pour le livre électronique, c’est son prix qui est exagérément gonflé poussant vers le piratage.

Tant qu’à y être, pourquoi pas des librairies étatiques qui vendraient, bien sûr en situation de monopole protégé par des lois rifgides, les seuls livres désignés par l’État et à un prix unique, honteusement prohibitif, comme le Québec le fait depuis longtemps avec la SAQ!

Tant qu’à se faire fou..er!

Et ensuite, les boulangeries étatiques où l’on pourrait, comme en Union Soviétique, faire la queue pendant des heures pour avoir droit à un pauvre quignon de pain rassi. Puis les cordonneries étatiques avec UN style de soulier et UNE seule couleur. Et les logements étatiques où on pourait pousser le partage et la solidarité jusqu’à vivre en commune avec nos concitoyens.

Ça a fonctionné merveilleusement bien pendant quelques décennies ailleurs…pourquoi pas chez nous?

Pour les désiquilibrés épris de liberté individuelle, on peut même construire des camps de rééducation dans l’extrême nord du Québec qui nous rappelleraient le divins goulags.

À chaque jour, l’État québécois se boursouffle en créant des lois et des règlements qui entravent de plus en plus nos libertés individuelles et nous impose des choix avec lesquels nous sommes de plus en plus en désaccord mais que nous (et nos enfants et nos petits-enfants) financons à 100%.

Peut-être serait-il temps de revoir nos priorités avant que Moody’s le fasse pour nous?

Plus je lisais l’article et plus je me disais qu’il manquait le vrai point qu’ait le livre électronique. Je ne comprends pas que les librairies se batte contre Costco et Walmart. À mon humble avis c’est la mauvaise cible. Il devrait travailler à offrir des services uniques pour continuer s’attirer des clients.

Le livre électronique est plus simple pour moi et je peux même en emprunter à la BANQ.

De tous temps des entreprises disparaissent et d’autres apparaissent, il faut savoir s’adapter. Je ne comprends pas ceux qui se battent pour que rien ne change.