Livres et téléphonie mobile: même dilemme, deux rationalités

Photo : Martin Prescott / Getty Images
Photo : Martin Prescott / Getty Images

Faut-il laisser élargir la concurrence dans les télécommunications mobiles en laissant la porte ouverte à un grand joueur américain ? Faut-il la restreindre dans le marché du livre et empêcher de grands groupes américains de trop baisser les prix des nouveautés ?

Voilà deux grands débats passionnants où les solutions des deux paliers de gouvernement sont totalement asymétriques.

D’un côté, le ministre fédéral de l’Industrie, James Moore, trouve que le prix des télécommunications mobiles est trop élevé au pays et fait le pari qu’une concurrence accrue avantagera les consommateurs canadiens. Il part du principe qu’il faut donner de l’oxygène aux consommateurs, quitte à froisser les grands opérateurs de téléphonie mobile canadiens et favoriser l’entrée d’un géant américain sur notre marché.

Ce débat cache des enjeux réels. Par exemple, les grands groupes canadiens seront-ils défavorisés lors des enchères pour les services mobiles à large bande, en janvier prochain ? Qu’arriverait-il si Verizon, aux ressources quasi inépuisables, mettait la main sur deux des quatre blocs de spectre au Québec ? Cela pourrait-il signifier que deux opérateurs actifs aujourd’hui seraient rapidement déclassé s? Une telle situation pourrait présenter un recul au niveau de la concurrence.

De son côté, le gouvernement du Québec n’a pas énoncé de position définitive quant à la réglementation du prix du livre. Les interventions en commission parlementaire du ministre Maka Kotto montrent néanmoins qu’il penche du côté de la réglementation.

Le raisonnement prend le contre-pied de celui du gouvernement fédéral en matière de télécommunications. Il faudrait en effet limiter la concurrence des grandes surfaces qui serait dommageable à la survie des plus petits détaillants. Que le consommateur profite de la situation actuelle pour payer ses livres moins cher devient secondaire face à la nécessité de maintenir en vie un réseau de détaillants dont l’existence serait l’incarnation vivante de la culture. Le tout est enrobé d’un discours qui tend à soustraire en partie la culture des rapports marchands habituels.

J’ai déjà écrit sur le sujet et déjà défendu sur ce blogue (et ailleurs) la fameuse «exemption culturelle». Dans le dossier présent, je n’arrive tout simplement pas à assimiler le principe voulant que les consommateurs de Wal Mart et d’une petite librairie de quartier soient les mêmes et que les ventes de l’un aient des répercussions sur celles de l’autre. Je ne comprends pas non plus comment une hausse de prix va favoriser l’achat de livres et l’apparition de nouveaux lecteurs. N’oublions pas qu’il n’y a pas de détaillants de livres sans lecteurs.

Je me demande enfin si la précarité des librairies n’est pas d’abord le reflet de la dématérialisation des produits culturels. Il n’y a presque plus de disquaires et il n’y aura plus bientôt de clubs vidéos. A-t-on cessé pour autant d’écouter de la musique ou de visionner des films ?

Au lieu de protéger certains opérateurs, producteurs ou diffuseurs, je crois qu’il faut d’abord s’intéresser au consommateur. Même si je trouve le gouvernement fédéral imprécis dans sa démarche, j’aime mieux d’instinct des mesures qui me permettent de payer moins cher que d’autres qui me promettent de payer plus cher.

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En supposant que Verizon Wireless une division de Verizon Communications Inc. (anciennement Bell Atlantic Corporation) fasse son entrée sur le marché canadien, cela ne signifie en rien :

1- Que les prix pratiqués par la division sans fils au Canada soient identiques à la politique de prix pratiquée par Verizon Wireless USA.

2- Rien n’indique que dans la phase de rodage de cette entreprise l’ensemble des services offerts soient identiques à ceux qui sont actuellement offerts aux USA.

La question serait de savoir si le marché canadien est assez gros pour accueillir plus d’opérateurs et si Verizon Canada aura les reins assez solides pour offrir une gamme de services qui surclasse ceux de la concurrence. Selon le journal « Les Affaires » la compagnie américaine pourrait investir près de 3 milliards sur trois ans pour se doter d’une infrastructure qui soit susceptible de toucher les régions rurales éloignées.

Si tel est le cas, félicitations à Verizon, car ils vont aller chercher une clientèle qui est négligée par nos grands opérateurs canadiens. Donc on ne s’en plaindra pas.

Pourtant, lorsqu’on se rappelle du passage presque météoritique de AT&T au Canada, on peut se poser des questions et suivre l’exemple de Saint-Thomas qui consiste à ne croire que ce que l’on voit. Quant à L’indicible réalité, c’est que si on voulait faire profiter les canadiens de prix imbattables, il faudrait unifier les réseaux téléphoniques canadiens aux réseaux téléphoniques américains.

— Mais ça vous n’y pensez pas ! Quelle perte de souveraineté pour Ottawa. Pourtant deux économies intégrées feraient toute la différence au niveau des prix (ici je parle de toute autre chose que le seul traité de libre-échange) et encore au niveau des salaires et bien sûr au niveau du pouvoir d’achat.

Un petit mot encore sur les prix :

Lorsqu’il est question ici de ce que coûtent les services numériques (téléphone, télévision, etc.), lorsqu’on aborde le prix du livre, lorsqu’on relève la fermeture de nombre de vidéoclubs. Lorsqu’on relève simultanément que beaucoup de commerces de toutes tailles éprouvent des difficultés, incluant les Wal-Mart Canada, les Sears, les Target, les Rona et j’en passe. Lorsqu’on constate que les gens (moi compris) courent les aubaines, lorsqu’on s’aperçoit que de multiples achats se font par l’entremise de cartes de crédits. Est-il possible que tout soit lié ? Est-il possible que presque tous les ménages soient sans cesse forcés de procéder à toutes sortes d’arbitrages chaque mois, pour boucler leur budget ?

Ce n’est donc pas seulement le prix du livre qui est au cœur de l’enjeu de société, c’est le prix et intrinsèquement la valeur de toutes choses, tout comme le revenu per capita qui sont actuellement malmenés. Lorsqu’aucun indice ne nous avise d’une quelconque embellie qui soit faite pour durer.

Nous avons en quelques sorte le choix entre manger la poule ou l’œuf ; le choix entre un repli stratégique fondé sur nos acquis ou celui d’une économie globalisée ouverte à tous les marchés. Il est toujours possible en s’y prenant bien d’épargner la poule et l’œuf, dans ce cas on récolte en plus de la poule le poussin.

Je vous dit tout de go, que je suis en faveur de la venue d’un autre joueur. Je n’aime pas l’arnaque et j’ai l’impression que nos joueurs canadiens en ont un peu profités au fil des ans pour nous plumer d’une manière ou d’une autre. Les lamentations et larmoiements de ces derniers se retrouvent à pleine page de nos quotidiens ne m’émeuvent pas du tout. Trop peu, trop tard diront certains mais nous en sommes là. En ce qui concerne, le prix unique du livre et les changements qui s’opèrent chez le consommateur, il manque de temps et les gros joueurs l’ont compris en leur offrant une section réservée aux livres ou la possibilité de lire sur sa tablette. Pourquoi ne pas trouver du positif de lire partout où il est possible de le faire. C’est toujours un peu biaisé, d’un côté on nous martèle qu’il faut sauver les forêts donc l’émergence du livre mobile et de l’autre la mort du livraire de quartier au détriment de grandes surfaces. On veut sauver tout le monde et la planète en même temps, méchante tâche. L’important est de rejoindre le plus de personnes possibles peu importe la manière.

Ça fait des décennies qu’on se préoccupe de l’industrie du livre. Donc sur ce sujet particulièrement, j’affirme qu’il est très complexe. Il y a d’une part les libraires et d’autre part les éditeurs. Mais les auteurs sont sans doute les grands oubliés.

Comment les Wall Mart, les Costco, peuvent-ils présenter aux lecteurs de nouveaux auteurs inconnus ? Impossible.

Comment les librairies indépendantes qui pour beaucoup sont en dehors des grands centres pourraient-elles continuer à offrir à sa clientèle de nouveaux auteurs si elles sont dans l’impossibilité objective de concurrencer les Wall Mart, les Costco et les grandes chaines de librairies quant aux prix des best sellers ? Poser la question c’est y répondre.

Comment des auteurs nouveaux, qui pourraient avoir écrit un chef-d’oeuvre, peuvent-ils espérer être connu des lecteurs si les librairies disparaissent ? Est-ce que les Wall Mart, les Costco, les grandes chaines de librairies assureront leurs diffusions ? Ce ne sont pas les bibliothèques qui pourraient relever ce défi.

Si les seuls endroits que les éditeurs peuvent espérer voir leurs nouveautés être diffusées sont les librairies indépendantes qui disparaissent rapidement, pourront-ils continuer à éditer de nouveaux auteurs ? La réponse me semble évidente.

Mais J’ai oublié le lecteur qui ne souhaite pas lire uniquement le dernier best seller ? Vers où se tournera-t-il ?

Voila quelques questions pratico-pratiques à se poser sur l’établissement d’une politique du prix unique.

Personnellement je crois qu’il y a beaucoup plus à gagner qu’à perdre dans l’établissement d’une politique du prix unique du livre.

«Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c’est de survivre.»
[ Rainer Maria Rilke ]

Y’a rien comme les « progressistes » pour faire régresser un état… S’imaginer qu’on videra les océans avec une écuelle percée.

Le pire, c’est que les petits libraires EXISTENT TOUJOURS, aujourd’hui, et SANS l’aide de l’État et sans loi spéciale. Vous voulez les « sauver »? N’avez qu’à acheter vos livres chez eux et ce, dès aujourd’hui. Mais nâââooon…trop simple pour les interventionnistes. Faut des lois et des règlements compliqués avec leur lot de fonfons pour les faire respecter. En plus, ils s’imaginent qu’ils vont réglementer Internet… Good luck!

Pourquoi NOUS FORCER à payer PLUS cher pour les sauver une industrie en déclin? Ou pour soit disant protéger des auteurs inconnus? Tous savent très bien que s’ils avaient la moitié du talent que certains leur accordent, ils ne resteraient pas inconnus longtemps.

Par exemple, Michel Tremblay a été un auteur inconnu un certain temps jusqu’à ce que son indéniable talent jaillisse. Pas eu besoin de mesure spéciale pour se faire. Ses aptitudes et son génie ont suffit et en plus, et au grand dam des séparatistes qui l’ont crucifié lâchement sur la place publique, il a déjà dit que la souveraineté du Québec était dépassée…

Pas beau ça?

@ François 1

Un libertarien nous dit que les petits libraires existent encore.

Il a l’air connaissant le libertarien. Peut-il nous dire approximativement combien de petites librairies existent encore à Trois-rivières, à Sherbrooke et à Boucherville.

Il nous dit que Michel Tremblay a été un auteur inconnu juste qu’au temps que son talent soit reconnu; Elvis Presly aussi, un miracle est arrivé. Il est à noter qu’il est arrivé la même chose à Charles Drawin auteur de la théorie de l’évolution, mais le miracle a tardé.

Finalement:

Il nous dit que que les progressistes font régresser l’état. Je suppose qu’il veut parler des États-Unis et de l’Irlande.

Les progressistes, le mot le dit, font progresser l’humanité et les conservateurs la conserve telle qu’elle est en essayant de la réduire.

Faut se fier sur eux pour faire la promotion des auteurs, ils se disent « qu’ils aillent qu’au diable ».

J’ignore combien de « petits libraires » existent encore mais j’ai des yeux pour voir et ils existent toujours. La preuve? Ils sont tous à l’origine de cette perte de temps. De plus, saviez-vous que la moitié des « petites librairies » qui ont fermé au cours des dernières années ne l’ont pas fait parce qu’elles avaient fait faillite mais plutôt parce qu’il n’y avait pas de relève… Pas surprenant avec le taux d’analphabètes que produit notre système public d’éducation!

Pour ce qui est de la définition des mots progressistes et conservateurs, vous tombez à pieds joints dans le piège à con des définitions arbitraires données aux partis par leurs propres adeptes.

Les SEULES choses qui « progressent » vraiment avec les pseudo-progressistes ce sont les taxes, les impôts et le nombre de parasites fonctionnaires.

« J’ignore combien de « petits libraires » existent encore mais j’ai des yeux pour voir et ils existent toujours. »

Vous confirmez que votre avis est basé sur l’ignorance au sujet des libraires. Pas surprenant que vous n’ayez aucunes références.

Next!

Avant de vouloir défendre les « petits libraires » qui, soit dit en passant existent bel et bien AUJOURD’HUI, sans loi du prix plancher, peut-être que notre bon gouvernement devrait plutôt s’occuper du 1 Million d’analphabètes victimes du système public d’éducation et qui vivent au Québec non?

Une fois ces analphabètes instruits, on aurait alors 1 Million de clients possibles additionnels pour nos « petites librairies »…