L’Ontario… et les Canadiens

Que diriez-vous si des partisans des Sabres, des Bruins ou des Rangers sortaient les confettis et le Champagne à chaque victoire de leur équipe contre les Canadiens, prétextant que ce club mythique constitue la plus grande dynastie du monde du hockey ? Vous leur suggéreriez sans doute de se calmer et de regarder où se trouve l’équipe montréalaise dans le classement de la Conférence de l’est, en insistant sur le fait que tout le monde bat les Canadiens cette année.

C’est l’image qui me vient en tête quand je lis des commentaires faisant grand état du fait que nous nous rapprocherions du niveau de vie de l’Ontario. Le budget présenté hier par le ministre ontarien des Finances n’était certainement pas celui d’une province riche et au-dessus de ses affaires. Le déficit atteint 15,3 milliards de dollars et une seule augmentation de 1 % des taux d’intérêt ajouterait presque un demi milliard de dollars au manque à gagner.

Au lieu de couper dans les services et de diminuer la taille de l’État ou de hausser les taxes comme au Québec, le gouvernement a décidé de geler les salaires de ses 1,2 million d’employés pendant deux ans, ce qui implique des modifications dans 4000 conventions collectives ! Le gouvernement ontarien entend « négocier » ce gel, mais il sera vraisemblablement imposé par loi.

S’il n’avait pas agi, le gouvernement ontarien se serait retrouvé avec un déficit de 22,1 milliards au lieu de 10,7 milliards de dollars en 2014-2015 et le service de la dette aurait été presque l’équivalent en 2017-2018 du budget actuel du ministère de l’Éducation.

Le gouvernement de Dalton McGuinty a été fort généreux avec les employés du secteur public au cours des dernières années. Depuis son élection en 2003, les salaires des enseignants ont augmenté de 34 % et atteignent en moyenne 83 500 dollars, environ 20 % de plus qu’au Québec. Les 25 000 médecins ontariens empochent en moyenne 400000 dollars par année. Ce sont des chiffres qui feraient mourir de jalousie n’importe quel enseignant ou médecin québécois.

On se demande comment Raymond Bachand va réussir à limiter les dépenses du gouvernement québécois à 3 % cette année; ce n’est rien comparativement au gouvernement ontarien qui veut les limiter à 0,9% entre 2012-2013 et 2017-2018. Les dépenses en santé seront limitées à 2,1 %. ce qui implique aucune augmentation pour les médecins non plus. Pour vous donner une idée comment ce sera difficile, les dépenses du gouvernement ontarien ont augmenté en moyenne de 7 % depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux.

Le gouvernement McGuinty a trop dépensé, cela est une évidence.L’économie lui joue cependant de sales tours. Les revenus de la province sont moindres que prévu à cause d’une économie chancelante. L’Ontario enregistre un manque à gagner de 1,6 milliard de dollars cette année et de 2,7 milliards de dollars en 2013 en raison de cette situation.

L’Ontario va donc mal, malgré la création nette de 121 000 emplois en 2011. Les prévisions économiques sont de l’ordre de 1,7 % de croissance cette année et autour de 2 % au cours des prochaines années.

Le Québec ? La province comptait seulement 38 000 emplois de plus en 2011. La croissance économique ne sera que de 1,4 %, cette année, selon les économistes du Mouvement Desjardins.

Le plus navrant dans les comparaisons élogieuses avec l’Ontario, c’est qu’elles semblent provenir des partisans des Blue Jackets de Columbus ! (Consolez-vous, les Canadiens ont gagné 3-2 dans le seul affrontement entre les 2 équipes cette année. CORRECTION : NON, c’est faux. C’est l’inverse. Désolé !))

12 commentaires
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ce nb’est qu’un début. Avec son obsession anti usine à charbon, le gouvernement ontarien risque de faire de l’Ontario une province pire que le QUébec

15,3G de déficit pour une population de 13 millions: 1,117$ de déficit per capita. Chaque Ontarien devrait donc payer 1,117$ de plus de taxes et d’impots pour balancer le budget

1,5G de déficit au Québec pour une population de 8 millions. 187$ de déficit per capita

Il faut tout de même comparer des pommes avec des pommes. La structure économique du québec se compare bien mieux avec celle de l’ontario qu’avec celle des provinces de l’ouest.

Je ne voudrais pas trourner le fer dans la plaie, mais en fait, les Canadiens ont perdu ce match en fusillade 3-2… hé oui, même les Blue-Jackets battent le Canadiens…

Au lieu d’un rattrapage du Québec sur l’Ontario on assiste apparemment à un rattrapage inverse et vers le bas.

C’est vraiment une mauvaise nouvelle pour les deux provinces et même, vu leur poids dans la fédération, pour tout le Canada.

A mon avis, on est loin d’une amélioration, en fait il y a de fortes chances pour que la situation empire. Le manque de compétitivité des économies de l’Ontario et du Québec est structurel et il faudrait des réformes profondes et douloureuses pour changer cela, on en est même pas proche…

Et encore, attendez que la bulle de crédit éclate, là vous allez pouvoir en écrire des articles…..

@doc: oui, mais la dette de l’Ontario est de $257 milliards ($19 769 par habitant) alors que la dette du Québec est de $248 milliards ($31 000 par habitant).

On peut tout de même rappeler que la Province l’Ontario compte encore pour 40% de l’économie canadienne. C’est aussi la plus peuplée et c’est encore celle qui a l’économie la plus diversifiée, ce qui constitue une facteur d’équilibre. Comme c’est demain le dépôt du budget fédéral, il faudra observer si les mesures promises par monsieur Flaherty pour la création d’emploi seront efficaces ou ne le seront pas.

On peut concevoir que si elles le sont, c’est l’Ontario qui pourrait être la première bénéficiaire de ces créations. Avec un taux d’emploi à la baisse et de ce fait de bonnes rentrées fiscales, le pari fait par l’Ontario est qu’un déficit public contrôlé qui décroît de manière échelonnée dans le temps est plus à même de protéger les acquis lorsqu’une élimination trop rapide du déficit pourrait déséquilibrer la gestion de plusieurs services de l’État dont le coût devrait décroître au fur et à mesure que s’améliorent les finances publiques.

L’Ontario mise sur sa résilience à long terme tandis que d’autres estiment qu’il vaut mieux que cela fasse mal maintenant pour que cela fasse moins souffrir après… Certains aspects évidemment au niveau des transferts fédéraux sont à prendre en considération.

Quoiqu’il en soit, je pense qu’une meilleure intégration de l’ensemble des composantes de l’économie canadienne devrait suffire pour produire la prospérité et éliminer l’ensemble des déficits budgétaires où qu’ils soient pour permettre d’envisager le plein-emploi partout. Encore faudrait-il développer une sentiment d’appartenance au pays et considérer la solidarité comme une vertu plutôt que de l’appréhender telle le sous-produit des engeances socialo-communistes dont il faut – vous en conviendrez –se débarrasser quelque en soit le prix 🙂

Erratum : « Avec un taux d’emploi à la baisse » j’aurais dû écrire : « Avec un taux d’emploi à la hausse ». Désolé pour cette erreur.

@honorable

Mais l’Ontario n’a pas HQ qui vaut plus de 100 milliards. Ils ont des réacteurs nucléaires finis qu’il va falloir retaper à gros prix.
Et ils n’ont pas des réserves de pétrole comme le Québec.

ET l’Ontario a toujours été favorisée par Ottawa. C’est là qu’est la capitale avec son orgie de grosses jobs dans les 6 chiffres. C’est là que sont les laboratoires de recherches. Toronto a vidé Montréal en sieges sociaux. Ottawa a financé l’industrie de l’auto à tour de bras.

En dépit de tout cela, l’Ontario en arrache aujourd’hui.

Et dire que pendant des années on nous faisait accroire que la richesse et le succès de l’Ontario étaient basés sur son immigration! lol

Doc
HQ ne vaut pas 100G. A 10 fois les profits elle ne vaut même pas 30G.Pour faire monter sa valeur il faudrait au moins doubler les tarifs…

Sur la valeur d’HQ : sa valeur comptable dans les états financiers du gouvernement tourne autour de 20 milliards. On ne peut prévoir exactmeent sa valeur marchande (c’est-à-dire si on la vendait) tant et aussi longtemps qu’on n’essaiera pas de la vendre. Il est cependant raisonnable de penser que la valeur comptable sera bien inférieure au montant d’une éventuelle vente. Aucune compagnie ne se vend à sa valeur comptable.

Pour ce qui est des bénéfices d’HQ, ils sont inutiles pour mesurer la valeur éventuelle de la compagnie pour la simple et bonne raison que l’entreprise ne peut fixer elle-même ses tarifs. Si HQ était une véritable compagnie privée, ses bénéfices seraient beaucoup plus élevés parce que les prix de l’électricité ne seraient plus soumis aux décisions politiques du gouvernemet.

De toute façon, pourquoi vendre une compagnie qui rapporte plus de 2 milliards par année au gouvernement et qui permet de garder des tarifs d’électricité aussi bas?

@ Guy Masson (# 11):

La valeur d’hydro-Québec est effectivement très volatile d’autant plus que ses revenus sont loin d’avoir été maximisés à cause du « bloc patrimonial » et de l’aide indirecte qu’elle offre à certaines entreprises via la politisation de ses tarifs à des niveaux ridicuement bas.

De plus, si on en venait à devoir la vendre, ce sera dans un atmosphère de panique économique digne d’un encan. Avez-vous déjà assisté à une vente à l’encan? Vous êtes chanceux si vous avez 0.15¢ pour chaque dollar de valeur.

Pour ce qui est de la propriété même d’Hydro-Québec, je crois que le gouvernement n’a rien, mais absolument RIEN à foutre dans la vente d’électricité, pas plus que dans la vente d’alcool, d’assurances et tutti quanti. Hydro-Québec ainsi que multe autres organismes publics devraient être privatisés.

De toute façon, à ce compte là, pourquoi ne pas étatiser les épiceries, les charcuteries, les boulangeries, les restaurants, les magasins de linge, d’appareils électroniques, les firmens de courtage immobilier et autres? Elles rapportent beaucoup également…

Donnez le désert à l’administration publique et en moins de 3 ans, vous manquerez de sable!

Les gouvernements se sont progressivement écartés de leur mission première, soit l’application de certaines lois et la défense et ils ont envahi des domaines où ils monopolisent les énergies de centaines de millires d’individus en les transformant en fonctionnaires aussi inutiles et paresseux qu’onéreux.