Mabe : chronique d’une mort annoncée

On ne peut pas se surprendre de la fermeture de l’usine de fabrication de sécheuses Mabe, dans l’Est de Montréal, et de la mise à pied, en 2014, de ses 700 employés.

Deux employés quittent l'usine Mabe. (Photo : Paul Chiasson/PC)

En décembre 2009, General Electric, le partenaire américain du mexicain Mabe (propriétaire de l’usine de Montréal), annonçait un investissement de 80 millions de dollars dans de nouvelle installations à Louisville, au Kentucky, pour y fabriquer des laveuses dès cette année et des sécheuses en 2013.

En appui au projet, l’État du Kentucky avait alors consenti des avantages fiscaux de 21,5 millions de dollars et la ville de Louisville avait injecté de son côté 5 millions de dollars.

Pourquoi Mabe/General Electric (General Electric détient 48 % de Mabe) a-t-elle choisi le Kentucky plutôt que le Québec ?

Tout d’abord parce que 90 % de la production de l’usine montréalaise était destinée au marché américain. Cela fait plus de sens de produire là-bas, à moins que la productivité et les coûts de main-d’oeuvre fassent une différence en faveur de l’usine montréalaise.

Je ne peux pas comparer spécifiquement la productivité de l’usine montréalaise de Mabe à celle de Louisville, mais règle générale la productivité est bien meilleure du côté américain. Le Conference Board a calculé qu’en 2008 la faiblesse relative de la productivité canadienne depuis les 20 dernières années, quand on la compare  à celle des États-Unis, aura coûté l’équivalent de 8500 dollars.

Quant aux salaires, ceux des employés américains de GE sont en moyenne de 20,20 dollars de l’heure et de 13 dollars de l’heure pour les nouveaux travailleurs. Les travailleurs montréalais de Mabe gagnent entre 22 dollars et 30 dollars de l’heure. Quant aux travailleurs mexicains, le salaire mensuel moyen dans le secteur manufacturier était de 353 dollars en 2005.

On le constate, tout favorisait Louisville. Accuser le protectionnisme américain m’apparaît un non sens. Nous sommes dans un monde impitoyable où la concurrence internationale est omniprésente. On peut la nier et on peut s’en plaindre, mais ce mouvement est bien réel. Sans une meilleure productivité et une forte culture d’innovation, il sera difficile de tenir notre bout.

Le Kentucky mise sur le secteur manufacturier pour développer son économie. Toyota y détient sa plus importante usine nord-américaine, Ford vient d’annoncer deux grands investissements totalisant 1,2 milliard de dollars, General Motors compte y produire ses nouvelles Corvette et Rio Tinto Alcan y a même une aluminerie, car le prix de l’électricité est nettement sous la moyenne américaine.

Les coûts de main-d’oeuvre sont aussi plus bas que la moyenne des États américains  (au 40e rang) et Louisville est au 108e rang (!) des agglomérations américaines pour l’ensemble des coûts des entreprises.

Les employés de GE à Louisville sont syndiqués, mais le taux de syndicalisation n’est que de 8,9 % au Kentucky. Il est de 39 % au Québec.

Pour toutes ces raisons, le magazine Forbes a fait de Louisville un de ses « Best Places for business ».

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C’est exactement là le problème du secteur manufacturier. C’est le genre de travail qui peut être fait chez nos voisins du sud (USA/Mexique) avec une bonne qualité de produit tout en ayant des salaires plus bas.

Le secteur manufacturier doit se concentré sur la transformation des ressources naturelles ou dans des secteurs innovants qui demandent une main d’oeuvre plus spécialisé.

Concurrencer le Mexique, le sud des USA et la Chine tout en gardant les conditions salariales du Québec, c’est un énorme défi…

Donc, la recette est:
– Subventionner plus
– Réduire les salaires,
– Éliminer les pensions
– Éliminer la syndicalisation

Pour gagner, il faut être les meilleurs en tout cela. Quand est-ce qu’on commence, pour qu’on en finisse!

Mabe, Electrolux, White Birtch. De belles jobs en usine, bien payées, qui partent pour toujours. On appelle ça la Maladie hollandaise.

Nos manufactures ne sont plus compétitives parce que la monnaie canadienne est trop élevée. Elle est trop élevée parce qu’elle est dopée au pétrole albertain.

Or au Québec, on perd sur toute la ligne. On perd les jobs, on perd comme consommateurs parce que les prix ne baissent pas, les marchands et intermédiaires bouffant tout le taux de change, et on perd parce qu’on ne profite pas du pétrole, les ressources étant de propriétés provincicales et notre pétrole venant d’Algérie.

Bref, on a là un argument majeure pour la souveraineté. Mais comme c’est trop compliqué pour Pauline, l’argument va rester dans le tiroir…

On a pu voir une problématique presque identique voici quelques mois avec la papetière pourtant québécoise Cascades qui investit dans son usine de Memphis (Tennessee) plutôt que dans son usine de Joliette pour produire des papiers hygiéniques de qualité destinés au marché américain.

Dans le secteur de l’aviation, on a vu Bombardier déménager une partie de sa production vers Querétaro (Mexique) de telle sorte que ses équipementiers ouvrent aussi des unités de production sur place, faisant de Querétaro un pôle aéronautique désormais incontournable qui n’existait pourtant pas voici quelques années.

Les américains comprennent enfin qu’il est important de tisser à nouveau un tissu industriel sain pour répondre aux besoins de consommation de leur population. C’était une opinion soutenue et partagée par plusieurs économistes ; nous savons que cette question sera au cœur de la prochaine campagne électorale étasunienne. Le récent discours sur l’état de l’Union du président Obama ne laisse aucun doute sur ce fait.

Pendant ce temps, nous nous promettons de développer de nouveau espaces au nord du 49ième parallèle lorsque avec les problématiques liées aux transports que nous connaissons, il y aurait lieu de déployer des emplois productifs sur l’ensemble de la Rive sud puis diligemment relier les deux rives non par la construction d’un nouveau Pont Champlain mais par l’édification d’un lien rapide à la hauteur de Verchères ou de Contrecœur. Un « Projet Inter Rives Nord-Sud » produirait beaucoup plus d’emplois, évoluant au centre d’un bassin de population important, nous serions en phase pour satisfaire à tous impératifs de développements qui assureraient l’accroissement démographique, l’offre de services, certainement le maintient et la créations d’emplois des plus diversifiés.

Pourtant, n’est-ce pas ? – La priorité au Québec, c’est l’économie ! Quand quantité d’emplois intéressants et souvent bien rémunérés continuent de se perdre chaque années. Voici un constat qui n’a rien de réjouissant. C’est un déficit chronique que rien actuellement ne saurait compenser, lequel inhibe le déploiement des forces vives de la nation qui tout compte fait préfèrent rester à dormir à la maison !

Le problème principal n’est pas noté dans l’article, alors je le note ici: la force du dollar canadien.

Rappelons qu’en 2003, le dollar canadien valait 0,65 dollar américain. Aujourd’hui, nous sommes à la parité. Comme les produits sont expédiés aux États-Unis, ça veut dire que les coûts de production ont augmenté de plus de 50% depuis 2003 UNIQUEMENT à cause de l’appréciation du dollar canadien. Si le dollar valait encore 0,65 dollar américain, les employés de l’usine montréalaise, car ils sont rémunérés entre 22 et 30 dollars canadiens par heure, seraient rémunérés entre 14,30 et 19,50 dollars américains par heure.

Comme Gilles Duceppe avait dit dans les débats lors de l’élection de 2008, nous sommes en proie à la maladie hollandaise. C’est-à-dire que le dollar canadien gagne en valeur à cause de la richesse en ressources naturelles, le pétrole de l’ouest quoi. Le dollar canadien est très en demande, car le pétrole est vendu en échange de devises étrangères qui sont rapatriées au Canada et converties en dollars canadiens. La production de pétrole ne peut pas être exportée, donc elle ne subit pas les effets négatifs de cette hausse du dollar canadien, mais les autres industries qui peuvent être délocalisées, notamment l’industrie manufacturière, en mangent toute une.

La prospérité en Alberta occasionne donc la catastrophe au Québec et en Ontario, où est située la majeure partie de l’industrie manufacturière du Canada. Peut-être que l’Alberta et la Saskatchewan devraient adopter le dollar américain, ce qui devrait faire chuter la valeur du dollar canadien, mais c’est impensable politiquement. Le gouvernement fédéral ne bougera pas pour régler ce problème, les Conservateurs ont leur base en Alberta, et toute politique visant à contrer ce phénomène impliquerait de détourner les revenus pétroliers vers des placements étrangers (comme le fait la Norvège). Cela priverait les Albertains des revenus de leur pétrole, alors c’est impensable pour le gouvernement actuel (voir pour n’importe quel gouvernement).

Quant au manque d’investissement dans la productivité des usines canadiennes… c’est actuellement une preuve que l’idée que la nationalité des entreprises n’a aucune importance sur leurs décisions d’affaires et sur les impacts économiques est tout à fait erronée. Les entreprises basées aux États-Unis et/ou dirigées par des Américains privilégient pratiquement tout le temps les usines américaines plutôt que les usines canadiennes au niveau des investissements. De plus, ils ramènent les profits aux États-Unis, alors plus ceux-ci augmentent, et moins grands sont les retombées économiques ici.

Un autre facteur à considérer, c’est que les études économiques ont démontré l’importance des « clusters » industriels. C’est-à-dire que plus une zone est industrialisée, plus elle est attirante pour les industries. Ça veut dire que l’hécatombe industrielle que nous vivons est en train de démolir entièrement l’attrait industriel du Québec (et de l’Ontario qui subit le même phénomène).

Certains parlent de solutions impliquant de baisser les salaires, de baisser la syndicalisation et de subventionner à fond les compagnies… oui, peut-être qu’on aura des emplois, mais ce sera des petites jobines mal payées. Ce n’est pas avec ça qu’on s’enrichira, au mieux on s’appauvrira moins vite. Et ça continue de supporter la dynamique de concentration de la richesse qui a mené à la crise économique et qui continuera de mener à des crises économiques si elle n’est pas renversée.

Honnêtement, le plus je me penche sur le problème, de plus je réalise qu’il est systémique. À moins de renverser le paradigme économique actuel au complet (mondialisation, déréglementation des marchés financiers, le tout-au-profit, etc…), je ne vois pas vraiment de porte de sortie.

@ Doc

Et pourquoi selon toi cette fameuse « maladie hollandaise » frappe le Québec et pas les autres provinces ?

David, qui a dit que seul le Québec souffrait de la maladie hollandaise? L’Ontario avait environ 1 100 000 emplois dans le secteur manufacturier en 2004, c’était tombé à 850 000 à la fin de 2008, soit 250 000 emplois de perdu. C’est rendu à 780 000 en Décembre 2011.

Le Canada en tout a perdu 50 000 emplois dans le secteur manufacturier en 2011, ce qui continue une tendance depuis 2004, soit depuis le début de la hausse du dollar canadien.

Sources:
http://www.statcan.gc.ca/pub/75-001-x/2009102/charts-graphiques/10791/c-g000b-eng.htm
http://www40.statcan.ca/l01/cst01/labr67a-eng.htm

Ahhhh le dollar canadien FORT. Quelle calamité!

MAIS, posez-vous plutôt cette question: notre dollar étant actuellement à PARITÉ avec le dollar américain, comment se fait-il que les jobs soient transférées quand même là-bas?

Notre monnaie étant à parité (sans compter les innombrables subventions avec lesquelles sous sucrons ce genre de jobs!), nous les combattons donc à armes égales non? Et nous PERDONS à TOUT coup!

La société a même déclaré que même si nos gouvernements leur font une « offre qu’ils ne peuvent refuser », elle fermera.

C’est dire le peu d’avenir que le Québec gauchiste, syndicaliste et étatique a devant lui.

Tout le monde comprend que l’appréciation de la devise avantage les consommateurs, après une certaine période d’ajustement des prix. Mais, contrairement au message largement véhiculé, les entreprises canadiennes bénéficient également d’un dollar fort. D’une part, elles peuvent réduire leurs coûts de production, car elles importent une quantité importante de matières premières. D’autre part, comme elles ont pour habitude d’importer leur équipement et leur machinerie, elles peuvent maintenant acquérir ces biens à prix d’aubaine. Un dollar à parité, c’est comme une vente de «Boxing Day» et les entreprises devraient en profiter pour renouveler leur capital physique et améliorer leur productivité. C’est même indispensable dans un contexte de mondialisation des marchés.

Mais ce n’est pas tout. La vigueur du dollar signifie que les Canadiens peuvent acheter des entreprises étrangères à une fraction de ce qu’ils auraient payé il y a 10 ans lorsque le dollar valait 61¢ US. Certains se lamentaient lorsque des entreprises locales passaient aux mains d’intérêts étrangers. Aujourd’hui, les Canadiens ont les moyens d’effectuer des prises de contrôle auxquelles ils n’auraient pas osé rêver il y a quelques années. Mais pour cela, encore faut-il qu’on cesse de se voir comme les victimes d’une monnaie forte et qu’on passe à l’offensive.

L’appréciation du dollar canadien permet aussi à nos entreprises non seulement de retenir notre main-d’œuvre qualifiée, mais aussi d’attirer les travailleurs étrangers les plus talentueux, car ils sont maintenant rémunérés avec une devise forte. Si la faiblesse du dollar contribuait autrefois à l’exode des cerveaux, sa vigueur actuelle ne devrait-elle pas inverser la tendance?

Finalement, une monnaie qui s’apprécie signifie qu’il devient plus facile de rembourser nos dettes libellées en dollars américains, un peu comme si nos créanciers en effaçaient une partie.

En somme, un dollar fort permettra de tous nous enrichir. Cessons donc les jérémiades et saisissons les occasions qui se présentent à nous. Cessons également notre fixation sur le secteur manufacturier, car la valeur de la monnaie n’est pas la seule responsable des difficultés qu’il rencontre.

@David

Erreur: la maladie hollandaise touche aussi l’Ontario. Ces dernières années, l’Ontario a eu un taux de chomage plus élevé que le Québec.
Mais le Québec est plus touché parce qu’il a beaucoup de PME qui ont forcément une productivité moins élevée que les grandes entreprises.

L’ouest n’est pas touché évidemment puisqu’eux carburent aux ressources naturelles. L’Atlantique compte peu de manufactures.

François 1, je n’arrive pas à croire que tu as le culot de traiter les autres d’illetrés économiques alors que tu dis des âneries comme « le dollar canadien n’est pas fort car il est à parité avec le dollar américain, donc nous sommes à armes égales ».

Regarde, c’est bien simple, comme le dollar canadien était historiquement plus faible que le dollar américain, cette différence se reflétait dans les prix et les salaires. Le même objet se vendait plus cher au Canada qu’aux États-Unis et la majorité des travailleurs effectuant le même travail gagnaient plus chers en dollars canadiens au Canada qu’ils ne gagneraient en dollars américains aux États-Unis. Par exemple, le salaire minimum était de 7,45$ au Québec en 2004, contre 5,15$ aux États-Unis. En convertissant tout en dollar américain au taux de 1 dollar canadien = 0,65 dollar américain, ça faisait 4,84$ au Québec contre 5,15$ aux États-Unis.

Quand le dollar s’est apprécié, ça chamboule tout. Dire que parce que les deux devises sont à parité, on est à armes égales est complètement absurde. Les niveaux des prix et des salaires ont été établis en supposant un dollar canadien moins fort.

Tu dis que l’appréciation du dollar canadien facilite le remboursement des dettes libellées en dollars américains… c’est vrai, mais pratiquement toutes les dettes au Canada sont libellées en dollars canadiens, surtout pour les consommateurs. Ça veut aussi dire que les avoirs étrangers des entreprises ou citoyens canadiens ont perdu de la valeur.

Pour les consommateurs, c’est vrai que ça donne un avantage, les prix vont avoir tendance à légèrement diminuer, mais on le sait bien, les prix collent, surtout quand ils doivent diminuer. Personne n’aime diminuer ses prix ou son salaire. Mais les consommateurs et les travailleurs ne sont pas deux groupes de personnes distincts. L’argent que dépensent les consommateurs provient des salaires qu’ils reçoivent en tant que travailleurs (pour la plupart). Comme le dollar canadien fort détruit des emplois et effectue une pression à la baisse sur les salaires, et qu’une partie majeure des prix des produits vient de la vente, du transport et autres activités qui ne peuvent être délocalisées, cet avantage ne dure pas longtemps.

Quant au fait que les entreprises canadiennes puissent acheter à l’étranger, c’est plus compliqué. Oui, les entreprises étrangères sont à meilleur prix avec un dollar fort, mais s’ils s’attendent à ce que le dollar continue sur sa lancée, alors ils n’ont pas intérêt à trop investir à l’étranger, car leurs investissements faibliraient.

Un autre problème, c’est que quand la devise est trop forte, ça attire les investissements étrangers. Ça paraît être une bonne chose, mais ce n’est pas vraiment le cas, car le dollar fort rend les activités économiques non-profitables car leur rendement est mauvais. Qu’est-ce qui se produit alors? C’est la création de bulles spéculatives. Les investisseurs se voient offrir des produits « innovateurs » comme des avoirs financiers hypothécaires.

La Grèce, l’Espace, l’Irlande, l’Islande, les États-Unis… un lien qui unit ces pays qui ont vu la création de bulles spéculatives majeures est que leurs devises étaient surévaluées. Nous sommes au point où étaient les États-Unis en 2004, notre bulle immobilière est encore en train de gonfler car notre devise est trop forte. À moins qu’on ne réussisse à dégonfler cette balloune, je crains qu’on court à une crise financière à l’américaine.

Finalement, si une monnaie forte était vraiment bénéfique au niveau économique… pourquoi les Chinois ont une bonne croissance économique alors qu’ils manipulent leur monnaie pour la garder faible? Si tu avais raison, alors la Chine devrait être une catastrophe économique. Empiriquement, ton argument est donc prouvé comme étant incorrect. CQFD.

@ Doc

Au dernière nouvelle l’emploi se porte mieux en Ontario qu’au Québec !

Et là je passe sous silence que les souverainistes ont toujours dit qu’il conserverait le dollar canadien…

@ Simon V.

Tu as tout faux.

De 2002 à 2008 (avant la récession), le dollars canadien est passé de 65¢ à 95¢. Durant cette période le chômage est passé de 7,5% à 6%.

David, le secteur manufacturier perd des emplois depuis 2004 au Canada, même avant la crise, c’est un fait.
Voir ici:
http://www.cbc.ca/gfx/images/news/photos/2009/02/20/584-g000a-eng.jpg

Entre 2005 et 2008, dans un supposé « boom » économique, le secteur manufacturier perdait environ 4% des emplois par année. Ça prouve ce que je dis.

C’est vrai que les emplois au total augmentaient et que le chômage diminuait. C’était le cas aussi en Islande avant la crise, en Grèce, en Espagne, aux États-Unis, etc… C’est que, comme j’ai expliqué, la force du dollar attire des investissements étrangers, ce qui supportent l’activité économique pendant un temps, mais les activités économiques découlant de ces investissements sont instables et dépendent d’investissements continus (exemple: la construction). Bref, ce sont des emplois de bulles financières. Dès que la bulle éclate, ces emplois disparaissent.

« Au dernière nouvelle l’emploi se porte mieux en Ontario qu’au Québec ! »

Wow. Il faut vraiment être de mauvaise foi pour dire quelque chose comme ça.

1- Le taux de chômage en Ontario est historiquement plus bas qu’au Québec.
2- De la fin 2008 à décembre 2011, le taux de chômage au Québec était inférieur à celui en Ontario. Du jamais depuis des décennies.

Je n’endosse pas le commentaire de Doc, je ne suis pas persuadé que l’Ontario s’en tire vraiment mieux que le Québec. Je n’ai pas les données pour affirmer de telles choses, même si le fait que l’Ontario est plus près du noyau industriel du midwest américain (aussi magané soit-il) lui confère un avantage.

Néanmoins, ton commentaire ne fait aucun sens quant au débat.

Et quant au fait que les souverainistes voulaient conserver le dollar canadien, c’est vrai que plusieurs le disaient. Moi, j’avais des réserves car je croyais important d’avoir la souveraineté sur nos politiques monétaires, même si je sous-estimais les graves conséquences d’unions monétaires. Aujourd’hui, beaucoup de souverainistes, surtout les plus férus en économie et insoumis aux dogmes orthodoxes, ont changé leur fusil d’épaule à ce sujet (ou ont vu leurs convictions renforcées). On voit les conséquences d’unions monétaires mal foutues, alors on en prend acte.

La vente du pétrole brut aux USA gonfle artificiellement la valeur du dollar.
Depuis que le dollar est élevé, les emplois régressent au Québec…mais pas seulement au Québec. Les hommes d’affaires de l’Ontario en ressentent de plus en plus les effets et commencent à protester vigoureusement contre cette situation.
L’entreprise manufacturière canadienne pour demeurer fortement compétitive, demande un dollar qui a une valeur de ,90c ou moins quand comparé au dollar américain. Ce qui n’est pas le cas. Alors aussi bien l’Ontario que le Québec écopent de cette valeur gonflée par cette seule exportation de pétrole brut non raffiné.
Et les gouvernements provinciaux impliqués n’y peuvent absolument rien.
Il faut en conclure qu’un Québec indépendant, possédant sa propre monnaie, serait en bien meilleure posture…Mais ça il ne faut pas le dire.

D’ailleurs même dans la CEE, on cherche des moyens de se débarrasser de l’euro pour revenir aux monnaies nationales.
L’Allemagne est à mettre l’Euro hors de prix.

Avec un dollar québécois, le Québec serait capable de bien tirer son épingle du jeu.
Les frais de transport, avec la rareté grandissante du pétrole, vont aller en augmentant obligeant par le fait même les entreprises à produire de plus en plus localement.

De plus, une taxe sur le carbone, tout en aidant à diminuer la pollution mondiale, établira un meilleur équilibre entre tNous devons obliger les émetteurs de carbone établis sur notre territoire à payer une redevance sur le carbone et faire de même pour les importateurs. Cela coûte plus cher d’être propre, mais ce le sera davantage pour nos concurrents. Sauver la planète tout en coiffant nos concurrents, voilà une situation gagnante.

Un tarif sur le carbone perturbera tous les secteurs de fabrication, de l’acier aux produits de luxe. Plus les émissions produites par la fabrication d’un produit exporté sont importantes, plus le tarif sera élevé lorsque ce produit pénétrera les marchés qui contrôlent le carbone.

Les environnementalistes n’ont pas souvent l’occasion de diminuer les émissions de 50% d’un coup. C’est ce qui se produirait s’il y avait un régime imposant des tarifs sur le carbone. Sans compter que l’on rapatrierait de nombreux emplois qui nous ont échappés dans le passé.

La seule raison pour laquelle des pays comme la Chine réussissent à attirer sur leur territoire des industries qui émettent beaucoup de carbone, c’est que personne ne force ces pays à payer pour les émissions de carbone qu’ils rejettent dans l’atmosphère.

Lorsque les émissions auront un prix, elles produiront le même effet que les coûts de transport : plus les frais d’expédition sont élevés, moins l’avantage des salaires a d’importance.

@ Simon V.

En te concentrant sur le secteur manufacturier tu fais du cherry-picking car l’emploi en général a augmenté: un phénomène classique de destruction créatrice.

Mais il y a plus, le output du secteur manufacturier a diminuer moins rapidement que les perte d’emploi i.e. la productivité a augmenté. Tu serais donc contre l’augmentation de la productivité ?

En passant tu fais aussi du cherry-picking avec l’Ontario. Car depuis la fin de la récession, l’Ontario a comblé le retard pris depuis 2008.

Destruction créatrice? On a perdu des emplois dans le secteur manufacturier qui étaient relativement corrects, on a eu des McJobs en retour pour la plupart. Il n’y a pas de quoi fêter.

La destruction créatrice, c’est quand des emplois peu productifs ou superflus sont éliminés afin libérer des ressources et les attribuer ailleurs dans l’économie. Est-ce que les emplois dans le secteur manufacturier étaient peu productifs? Non. Étaient-ils superflus? Non plus. Est-ce que les emplois qui les ont remplacés étaient productifs? Vraiment pas pour la plupart. Ce n’est donc pas de la destruction créatrice.

Tes supposés gains en productivité sont illusoires. Tout d’abord, vu que le dollar fort réduit le coût des matières premières importées, cette réduction de coût donne une hausse de productivité illusoire (car la productivité est mesurée par la valeur ajoutée, qui est égale à la valeur suite à l’activité économique moins la valeur).

Ensuite, les emplois les moins productifs sont les premiers à tomber, mais les personnes qui perdent ces emplois ne trouvent pas d’emplois plus productifs. Imagine une compagnie qui fonctionne avec 50% d’employés permanents rémunérés à 20$ l’heure et 50% d’employés temporaires rémunérés à 10$ l’heure, le salaire moyen est de 15$ l’heure. Maintenant, imagine qu’à cause de ralentissement économique, la compagnie renvoie ses employés temporaires et ne garde que les permanents. Le salaire moyen des employés bondit alors à 20$ l’heure. Selon ton raisonnement, c’est une excellent nouvelle, le salaire augmente… mais le salaire n’a augmenté pour personne. Les permanents sont payés tout autant, mais les temporaires n’ont plus de salaire.

Isoler le secteur manufacturier n’est pas du « cherry-picking », c’est pour montrer l’effet qu’a une monnaie forte sur les industries qui peuvent être délocalisées, l’exemple le plus typique est le secteur manufacturier. Ce que ça veut dire, c’est que le Québec, tout comme l’Ontario, ont des déficits commerciaux immenses. Ça veut dire qu’on s’endette de plus en plus pour acheter des produits de l’étranger. Il faut être fou pour ne voir aucun problème dans ça.

Je suis estomaqué de voir ton manque de bonne foi. C’est toi qui fait constamment du cherry-picking, comme quand tu as utilisé le taux de chômage actuel pour argumenter que l’Ontario s’en tire mieux que le Québec dans la crise, alors que depuis le début de la crise, le Québec avait un taux de chômage plus bas que l’Ontario, quelque chose qui n’est plus vrai que depuis une couple de mois, et quand tu ignores le fait que le chômage ontarien est historiquement moins élevé que le chômage québécois.

Bon, je suppose que quand on suit une idéologie qui refuse l’empirisme, c’est correct de jouer avec les faits sans aucun égard à la rectitude de son propos.

Simon…Simon…Simon…vous ne semblez pas comprendre les mécanisme économiques.

Que voudriez-vous? Que l’État gaspille encore plus d’argent (comme s’il n’en gasoillait pas déjà assez!) pour soutenir les canards boîteux qui ne peuvent plus compétitionner avec le reste de l’univers?

C’est une avenue sans issue et n’importe quel amateur le sait. Sauf vous!

Relisez mes propos sur la force de ma monnaie:

« Tout le monde comprend que l’appréciation de la devise avantage les consommateurs, après une certaine période d’ajustement des prix. Mais, contrairement au message largement véhiculé, les entreprises canadiennes bénéficient également d’un dollar fort. D’une part, elles peuvent réduire leurs coûts de production, car elles importent une quantité importante de matières premières. D’autre part, comme elles ont pour habitude d’importer leur équipement et leur machinerie, elles peuvent maintenant acquérir ces biens à prix d’aubaine. Un dollar à parité, c’est comme une vente de «Boxing Day» et les entreprises devraient en profiter pour renouveler leur capital physique et améliorer leur productivité. C’est même indispensable dans un contexte de mondialisation des marchés.

Mais ce n’est pas tout. La vigueur du dollar signifie que les Canadiens peuvent acheter des entreprises étrangères à une fraction de ce qu’ils auraient payé il y a 10 ans lorsque le dollar valait 61¢ US. Certains se lamentaient lorsque des entreprises locales passaient aux mains d’intérêts étrangers. Aujourd’hui, les Canadiens ont les moyens d’effectuer des prises de contrôle auxquelles ils n’auraient pas osé rêver il y a quelques années. Mais pour cela, encore faut-il qu’on cesse de se voir comme les victimes d’une monnaie forte et qu’on passe à l’offensive.

L’appréciation du dollar canadien permet aussi à nos entreprises non seulement de retenir notre main-d’œuvre qualifiée, mais aussi d’attirer les travailleurs étrangers les plus talentueux, car ils sont maintenant rémunérés avec une devise forte. Si la faiblesse du dollar contribuait autrefois à l’exode des cerveaux, sa vigueur actuelle ne devrait-elle pas inverser la tendance?

Finalement, une monnaie qui s’apprécie signifie qu’il devient plus facile de rembourser nos dettes libellées en dollars américains, un peu comme si nos créanciers en effaçaient une partie.

En somme, un dollar fort permettra de tous nous enrichir. Cessons donc les jérémiades et saisissons les occasions qui se présentent à nous. Cessons également notre fixation sur le secteur manufacturier, car la valeur de la monnaie n’est pas la seule responsable des difficultés qu’il rencontre. »

En plus, si une monnaie faible était la réponse idéale aux problèmes des manufacturiers comme les illettrés économiques senblent le croire, les pays qui en ont une (et qui se retrouvent comme par hasard dans le tiers-monde économique!!!) seraient en première place pour les investisseurs.

C’est assez ou je continue?

François 1, mensonge répété ne devient pas vérité. Tu peux répéter mille fois ton commentaire précédent, il n’en deviendrait pas plus vrai. Ces affirmations importantes, je les ai démontrées fausses ou laissant de fausses impressions, car tu t’acharnes sur des faits en ignorant leur pendant négatif beaucoup plus important.

On peut acheter des entreprises étrangères à plus bas prix? Oui, mais si le dollar canadien continue de monter, ces investissements sont découragés car leur valeur diminuerait. En plus, vu que les activités économiques canadiennes deviennent de moins en moins rentables, les entreprises canadiennes n’ont pas les fonds pour se lancer dans des prises de contrôle étrangères.

La force du dollar canadien met un terme à l’exode des cerveaux? Pendant un temps, peut-être, mais comme l’activité économique faiblit de plus en plus, il n’y aura pas vraiment d’emplois de plus pour ces « cerveaux ».

Le dollar fort nous permet de mieux repayer nos dettes en dollars américains? C’est vrai, mais la presque totalité des dettes détenues au Canada sont en dollars canadiens. Ça ne change rien.

Regarde en Europe, pour la Grèce, l’Espagne et l’Irlande, l’Euro est une monnaie trop forte. Pour l’Allemagne par contre, c’est une monnaie trop faible. Qui s’en tire bien? Ces exemples de la réalité prouvent que tes arguments sont erronés plus que tout ce que je pourrais dire.

« En plus, si une monnaie faible était la réponse idéale aux problèmes des manufacturiers comme les illettrés économiques senblent le croire, les pays qui en ont une (et qui se retrouvent comme par hasard dans le tiers-monde économique!!!) seraient en première place pour les investisseurs. »

Les pays qui ont une monnaie faible attirent les investisseurs pour les emplois manufacturiers. C’est déjà le cas, et tu prétends que c’est le contraire. Et tu as le culot de traiter les autres d' »illettrés économiques »!

L’exemple le plus flagrant, c’est la Chine, qui manipule sa monnaie pour la garder faible. C’est pourquoi son industrie manufacturière est dans une croissance fulgurante. Avant la Chine, c’était le Japon qui faisait le coup.

C’est certain que des pays instables du tiers-monde n’attirent pas les investisseurs étrangers, donc une monnaie faible n’est pas le seul facteur à considérer, mais tous les faits indiquent que c’est un très fort avantage.

« Que voudriez-vous? Que l’État gaspille encore plus d’argent (comme s’il n’en gasoillait pas déjà assez!) pour soutenir les canards boîteux qui ne peuvent plus compétitionner avec le reste de l’univers? »

Ce que je veux, c’est qu’on cesse cette idéologie erronées du libre-échange qui récompense les pays qui manipulent leurs monnaies, qui traitent leurs travailleurs comme des esclaves et qui permettent aux entreprises de dumper autant de pollution qu’ils veulent dans l’environnement, empoisonnant la population. Avec des traités de libre-échange de ce genre, ces pratiques inhumaines sont des « avantages comparatifs », ça n’a pas d’allure au niveau humain et ça crée une situation où des déséquilibres profonds surviennent dans l’économie mondiale, ce qui cause des crises graves.

Je veux mettre fin à la course vers le bas. Je veux que les traités de libre-échange soient remplacés par des traités d’échange équitable, où les pays qui ont des pratiques inacceptables sont punis par des tarifs qui sont suffisants pour inciter tous les pays à adopter de meilleurs réglementations environnementales et sociales.

La majorité des usines qui ont fermé n’étaient pas des canards boiteux, elles étaient productives, plus productives en homme-heure que les usines du tiers-monde qui les remplacent. Elles ont fermé parce qu’il y a des distorsions dans le système qui font en sorte qu’un simple « libre-échange » n’est pas une manière juste et équitable de procéder.

Encore une fois David, tu utilises des données qui donnent un faux portrait de la situation. Si les exportations se sont relativement maintenues, il faut tenir compte du contexte dans lequel ça s’est produit. En d’autres mots, les États-Unis étaient dans un « boom », on sait maintenant que la prospérité était surtout illusoire à cause d’une bulle immobilière, toutefois, les Américains dépensaient de plus en plus. Si les exportations ne progressent pas dans un tel contexte, c’est très mauvais signe.

Si la moyenne des fonds de placement a un rendement de 5% et que ton fond de placement fait 0%… vas-tu affirmer que ton fond de placement performe bien? C’est pourtant le raisonnement que tu suis ici.

La part du Québec dans les importations américaines a chuté durant ces années. Elle s’était maintenue à environ 3,7-3,9% jusqu’en 2001 et a commencé à chuter drastiquement à partir de ce moment pour atteindre 2,8% en 2006.
http://www.mdeie.gouv.qc.ca/uploads/RTEmagicC_ddb1d7a8c4.jpg.jpg

Les sables bitumineux
Les sables bitumineux polluent l’atmosphère et l’économie.
La vente du pétrole brut aux USA gonfle artificiellement la valeur du dollar.
Depuis que le dollar est élevé, les emplois régressent au Québec…mais pas seulement au Québec. Les hommes d’affaires de l’Ontario en ressentent de plus en plus les effets et commencent à protester vigoureusement contre cette situation.
L’entreprise manufacturière canadienne pour demeurer fortement compétitive, demande un dollar qui a une valeur de ,90c ou moins quand comparé au dollar américain. Ce qui n’est pas le cas. Alors aussi bien l’Ontario que le Québec écopent de cette valeur gonflée par cette seule exportation de pétrole brut non raffiné.
Et les gouvernements provinciaux impliqués n’y peuvent absolument rien.

@ Simon V.

Donc tu reviens à admettre que la hausse du dollars n’est pas à prendre en considération…

@ Simon (# 20):

Avant de répondre, mettons les choses au clair:

(1) vaut-il mieux être riche ou pauvre?

(2) est-il préférable de détenir une monnaie dont le pouvoir d’achat est élevé ou faible?

Dans les deux cas, la réponse est évidente.

Monnaie faible = inflation galoppante, hausse immodérée des prix, coût des importations excessivement élevées, danger de prise de contrôle à rabais des entreprises locales, etc…

Bref, on n’a pas encore vu de pays devenir important à long terme en gardant artificiellement sa monnaie faible.