Martin-Luc Archambault : ange et dragon

Martin-Luc Archambault n’est pas seulement un entrepreneur technologique de 34 ans, c’est aussi un investisseur aguerri, comme il le démontre à l’émission Dans l’œil du dragon.

«Je n'investirais jamais dans un projet qui a besoin de moi pour réussir. Je suis là pour accompagner et non pas pour diriger», dit Martin-Luc Archambault. (Photo : Alain Roberge/La Presse)
«Je n’investirais jamais dans un projet qui a besoin de moi pour réussir. Je suis là pour accompagner et non pas pour diriger», dit Martin-Luc Archambault. (Photo : Alain Roberge/La Presse)

Sur un écran de 80 po, Martin-Luc Archambault, un des deux nouveaux « dragons » de Radio-Canada, m’explique comment fonctionne Spotr.com : le logiciel permet d’échanger des photos, comme Instagram, mais aussi de les accompagner de bulles, comme dans les BD. « On fait “parler les photos” : l’application permet de raconter l’histoire derrière chacune, de la mettre en contexte », dit-il.

Spotr.com est l’une des nombreuses sociétés lancées par Martin-Luc Archambault depuis la création de sa première affaire, un site de transactions boursières, pendant ses études collégiales. À sa sortie de HEC Mont­réal, en 2002, il crée cinq autres entreprises, qu’il vendra trois ans plus tard à Zango, un holding de Seattle, ce qui le rendra multimillionnaire.

Archambault n’est pas seulement un entrepreneur technologique de 34 ans, c’est aussi un investisseur aguerri, comme il le démontre à l’émission Dans l’œil du dragon et au conseil d’administration du réseau Anges Québec, qui regroupe 165 investisseurs à la recherche des meilleurs entrepreneurs et occasions d’affaires.

À la tête du fonds d’investissement MLA Ventures, dont il est le seul actionnaire, il aide des entreprises technos à lancer des applications prometteuses. L’économie du Web est un vaste milieu, où l’entrepreneur qui a du succès devient le mentor et le financier de ceux dont la bonne idée répond à un véritable besoin.

Ces jeunes pousses ont besoin de beaucoup d’argent et de conseils. Leur succès n’est jamais assuré, compte tenu de l’abondance des applications sur le marché. Pour faire fructifier ses investissements, l’ange ou le dragon doit donc diminuer les risques, en misant sur plusieurs concepts à la fois.

Les bureaux de Martin-Luc Archambault, aux deuxième et troisième étages d’un immeuble du boulevard Saint-Laurent, à Montréal, n’ont pas beaucoup changé depuis notre première rencontre, il y a quatre ans. Une table de billard est toujours bien en vue, et une table de ping-pong sert de table de conférence. Le discours, toutefois, a changé.

Plutôt que de me parler de ses projets à lui, l’ange dragon me parle du Montréalais Carl Mercier, qui, de Toronto, développe VarageSale.com, une sorte de vente-débarras en ligne. Convaincus du potentiel du site, deux fonds de la Silicon Valley viennent d’y investir 34 millions de dollars.

Sur ces entrefaites, deux entrepreneurs à l’allure juvénile arrivent. Ils sont en train de bâtir une société semblable au site de location et de réservation de logements Airbnb, lequel est évalué aujourd’hui à 20 milliards de dollars, me raconte Martin-Luc Archambault.

Ce dernier n’a pas délaissé totalement son métier d’entrepreneur, mais sa participation à l’émission des dragons et au C.A. d’Anges Québec confirme un net virage vers l’investissement. Il vient d’ailleurs de céder la direction de Wajam, moteur de recherche sur les médias sociaux qu’il a créé en 2009 et qui emploie une quarantaine de jeunes personnes à Montréal et une dizaine à Tel-Aviv.

Lui-même a encore l’air bien jeune dans ses vêtements achetés du détaillant pour hommes en ligne Frank & Oak, dont il est l’un des actionnaires. L’entreprise montréalaise est devenue, elle aussi, la chouchoute d’investisseurs américains et canadiens.

Qu’il soit dans la peau d’un dragon ou d’un ange, Martin-Luc Archambault choisit d’abord l’entrepreneur plutôt que le projet. « J’investis quand je trouve un entrepreneur passionné, capable de me prouver qu’il y a un marché pour son produit et qu’il est en mesure de réussir. »

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« Je n’investirais jamais dans un projet qui a besoin de moi pour réussir. » (Martin-Luc Archambault)

Voilà une vison pour réussir en affaires.

« Je suis là pour accompagner et non pas pour diriger »

Il a raison. Travailler fort pour son entreprise ne mène à rien. Ça fait longtemps que je le dis; si on met tout son temps dans l’entreprise, on n’a pas le temps de s’occuper de ses affaires. Martin-Luc Archambault le confirme.