Mexique–Canada : des relations d’affaires en plein essor

Croissance soutenue, coûts de main-d’œuvre compétitifs, proximité géographique, libre-échange… Le Mexique attire de plus en plus les entreprises nord-américaines.

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La ville de Mexico – Photo : iStock

Les entreprises américaines, canadiennes et québécoises sont de plus en plus nombreuses à lorgner le partenaire latino-américain de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Ce qui scintille tant sous le soleil du Mexique depuis quelques années, ce sont les coûts plus compétitifs que jamais de la main-d’œuvre. De quoi alimenter la croissance du « jaguar mexicain ».

En Chine, surnommée l’« atelier du monde », les salaires ont été multipliés par quatre de 2001 à 2011. Et on ne s’attend pas à ce qu’ils baissent de sitôt. Au contraire. Au cours de la même période, les ouvriers mexicains ont connu une hausse d’à peine 20 % de leur paye… Une conséquence de la forte croissance démographique, qui pousse chaque année des milliers de jeunes travailleurs sur le marché de l’emploi, estime la banque d’investissements américaine Merrill Lynch. Si bien que les salaires sont maintenant légèrement plus bas au Mexique qu’en Chine, à un peu plus de deux dollars l’heure.

Ce nouveau contexte profite largement au secteur manufacturier mexicain, qui fait déjà bonne figure. Le pays est en effet le premier exportateur mondial de réfrigérateurs et de téléviseurs, se trouve au troisième rang pour les cellulaires et s’est hissé en troisième place en 2012 pour le nombre de voitures exportées.

Lors du premier trimestre de 2013, 60 % des investissements directs étrangers sont allés dans le secteur manufacturier, contre 30 % en 2008, par exemple. Et le Mexique s’attend à recevoir une quantité record d’investissements en provenance de l’extérieur en 2013 — un signe clair de la confiance des entreprises.

La croissance économique du pays est à l’avenant. Après une croissance négative en 2009, en raison de la crise financière mondiale, le Mexique a rebondi pour croître à une vitesse à faire pâlir d’envie ses partenaires nord-américains : hausse de 5,3 % en 2010, de 3,9 % en 2011 et de 3,9 % en 2012.

Voilà des chiffres qui viennent embellir l’image du Mexique, noircie depuis de nombreuses années par la violence entourant la lutte contre et entre les cartels de la drogue, qui a fauché la vie d’environ 60 000 personnes depuis 2006. Or, cette violence a régressé depuis 2010. Et il est bon de rappeler qu’elle ne touche pas l’ensemble des 31 États. C’est surtout le Nord et certaines régions longeant le Pacifique qui sont touchés. Mexico, par exemple, a toujours été épargnée, de même que la péninsule du Yucatán, où se trouve Cancún.

De nombreux étrangers en ont pris note. Européens, Américains et Canadiens, notamment, veulent profiter de la vitalité du Mexique. Selon Mexico, le nombre d’étrangers a doublé de 2000 à 2010, pour atteindre environ un million de personnes, et les demandes de résidence temporaire et permanente sont aujourd’hui en forte augmentation.

Autre signe d’embellie, les Mexicains ont cessé de quitter en masse leur pays pour les États-Unis. Depuis environ deux ans, ils sont plus nombreux à franchir le Rio Grande en direction sud qu’en direction nord. Du jamais-vu.

Avec cette nouvelle donne, bien des entreprises américaines, canadiennes et québécoises veulent profiter d’un autre avantage : la proximité géographique, avec les économies que cela implique pour les coûts de transport.

C’est le cas de Louis Garneau Sports, qui s’est installé à Mérida, à 300 km de Cancún, il y a cinq ans. L’entreprise de Saint-Augustin-de-Desmaures emploie une centaine de personnes dans son usine et devrait passer à 125 d’ici peu. Louis Garneau conserve son usine en Chine, qui fait de la production de masse, mais « le meilleur est passé » dans ce pays, explique son dirigeant. Main-d’œuvre de plus en plus chère, longs délais de livraison, émergence de problèmes sociaux… Ce qui n’est pas le cas du Mexique, qui a aussi l’avantage d’être dans l’ALENA, ajoute Louis Garneau.

Le Mexique a aussi des ententes de libre-échange avec les 28 pays de l’Union européenne, le Japon et plusieurs pays latino-américains. Au total, Mexico a signé des accords de ce type avec 44 pays dans le monde. Aucun n’en a autant à son actif.

Pour une entreprise étrangère installée au Mexique, cela signifie qu’elle peut importer des produits provenant des pays tiers sans tarifs douaniers ou presque, et ensuite exporter plus aisément sa production locale dans ces mêmes pays.

Après les « tigres asiatiques », on risque fort d’entendre maintenant parler du « jaguar mexicain ».

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