Mont-Laurier

La crise forestière secoue la communauté de Mont-Laurier, dans les Hautes-Laurentides, depuis deux ans. En plus des pertes d’emplois, deux compagnies établies locales se disputent pour obtenir les droits de coupe du même territoire.

Entrevue avec Michel Adrien, maire de Mont-Laurier

Comment Bellerive Kanenda et Bois Nobles Ka’N’Enda,deux usines établies localement, en sont venues à se disputer pour la même forêt ?
Bellerive Kanenda a fait faillite à la fin de 2007. Un nouveau joueur, Bois Nobles Ka’N’Enda, a racheté l’entreprise, ainsi que le contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF) qui vient avec. C’est un contrat qui permet à une usine de récolter chaque année, sur un territoire donné, un volume de bois rond d’une ou de plusieurs essences d’arbres.

Mais un des anciens actionnaires de Bellerive, la Coopérative forestière des Hautes-Laurentides, a déposé une demande d’injonction contre le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. Elle veut l’empêcher d’octroyer le CAAF de son ancienne entreprise aux nouveaux propriétaires.

Il faut dire que la Coopérative forestière détient aussi une usine dans un village voisin. Selon les membres de la Coop, le CAAF de l’usine qui a fermé doit d’abord servir à consolider l’entreprise actuelle plutôt que d’être cédé à d’autres. Évidemment, les nouveaux propriétaires ne sont pas d’accord. Acheter une usine sans CAAF, c’est comme bâtir un port méthanier sans qu’il n’y ait de gaz naturel disponible. C’est un peu inextricable pour l’instant. La cause sera entendue par un juge en avril prochain.

Quel est l’impact de la crise forestière à Mont-Laurier ?
On dit « Quand la construction va, tout va ». Dans notre coin c’est « Quand la foresterie va, tout va ». Inversement, quand la forêt va mal, compte tenu que c’est 80 % du PIB de la MRC, il y a un ralentissement partout. Beaucoup de commerces ont dû réduire leur personnel. Cependant, à Mont-Laurier même, l’économie est un peu plus diversifiée.
La ville compte plusieurs établissements d’hébergement. Nous avons aussi des institutions d’enseignement, l’hôpital et les CLSC. Cela atténue la crise ici, mais pas dans les villages environnants.

Quelles sont les perspectives pour l’avenir ?
Le gouvernement du Québec a demandé à chaque région touchée par la crise forestière de faire un plan de diversification de l’économie. Plusieurs propositions sont sur la table. Évidemment la foresterie reste importante. Les consultants proposent cependant d’aller vers la deuxième et la troisième transformations, ce qui est plus facile à dire qu’à faire.
Il y a aussi le secteur récréo-touristique. On a beaucoup de potentiel dans la région : la grande nature et les terres publiques. Ils ont ciblé les produits du terroir aussi et finalement les secteurs émergents, comme l’économie du savoir.

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