Montréal veut davantage de touristes d’affaires

Le nouveau p.-d.-g. de Tourisme Montréal, Yves Lalumière, vient de dévoiler les grandes lignes de l’orientation qu’il compte donner à l’organisme qu’il dirige depuis maintenant 100 jours. Et parmi ses priorités figure le tourisme d’affaires.

«Je pense que tout le monde a compris que Montréal est une ville festive et créative ; maintenant, j’aimerais aussi passer le message que « Montreal means business« », a dit en substance l’ancien président de Transat Distribution, lors du premier Gueuleton touristique de l’UQÀM de la saison, hier.

Selon lui, il n’est pas normal que Montréal n’accueille pas plus de congrès et de touristes d’affaires en provenance de Toronto, Ottawa, Boston ou New York, entre autres marchés limitrophes.

Il compte remédier à la situation : en moyenne, les touristes d’affaires dépensent 40 % de plus que les touristes d’agrément. «J’aimerais également ramener les gens d’affaires montréalais en ville, pour qu’ils y organisent plus souvent leurs rencontres, au lieu d’aller en périphérie ou dans d’autres villes», a-t-il ajouté.

Même si la métropole québécoise demeure la première ville de congrès en Amérique du Nord, le marché est de plus en plus compétitif, et la concurrence vient autant de Calgary et de Toronto que de Québec, Laval et Longueuil, désormais. Or, il y a encore place à amélioration. «Pas moins de 85 % des touristes d’agrément sont prêts à référer Montréal après y avoir séjourné, contre 70 % des touristes d’affaires», note Yves Lalumière.

Pour aller chercher davantage de touristes dans ce créneau, il veut notamment promouvoir les voyages de motivation (incentives) mais aussi agrandir le Palais des Congrès et doter la ville d’un centre de foires digne de ce nom. C’est pourquoi il aimerait régler rapidement et définitivement la question du toit du stade.

«Dès qu’il neige, on ne peut rien faire avec le stade ; or, l’infrastructure est là, il faut en profiter et la rendre utilisable pour évoluer dans les ligues majeures». À cet égard, Yves Lalumière se réjouit de l’accession à la mairie de Denis Coderre, «un gars de sports ouvert au tourisme, qui connaît bien tous les paliers de gouvernements».

Entre autres créneaux que compte développer le p.-d.-g. de Tourisme Montréal, les événements sportifs arrivent d’ailleurs en tête de liste. «Comme Boston, Montréal est perçue à l’étranger comme une ville de sports, et il faut mettre ça en valeur», estime cet ancien joueur de baseball de l’Université du Michigan. En plus de donner de la visibilité à une ville, la tenue d’événements sportifs attire souvent la famille des athlètes, qui y séjournent dès lors plusieurs nuits.

Yves Lalumière compte également améliorer l’accueil (en rendant l’accès WiFi gratuit partout en ville, par exemple) et développer les portes d’entrée de Montréal (croisières, trains, etc.), mais aussi travailler sur de nouvelles liaisons aériennes.

L’ancien dirigeant d’American Express Canada désire par ailleurs intégrer une approche commerciale dans la façon de faire de Tourisme Montréal, pour que chaque dollar dépensé engendre de bons retours sur investissements — une décision qui arrive alors que les comptes de l’organisme sont scrutés par le Vérificateur général.

Quant aux célébrations du 375e anniversaire de Montréal, qui auront lieu en 2017, Yves Lalumière préfère laisser travailler la Société créée spécialement à cet effet et se concentrer sur le court terme, tout en s’attaquant à des difficultés plus urgentes.

«Le gros problème de Montréal, c’est que ses nombreux atouts ne sont pas assez mis en valeur, dit le p.-d.-g. Et même si les Montréalais sont fiers de leur ville, ils sont aussi un peu gênés de la vanter, à cause de toutes les histoires de corruption ; or, à l’étranger, tout le monde adore Montréal. Les Montréalais doivent redécouvrir leur ville, se la réapproprier et en devenir les ambassadeurs. »

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