Ne pas paniquer, ne pas banaliser

On peut comparer la crise actuelle à un excès de fièvre. L’économie est en train de réagir à une surdose d’endettement. Comme le corps humain, elle est en train de faire le ménage. Le moment sera difficile à passer, mais je crois qu’il était inévitable.

Première recommandation, ne cédez pas à la panique et ne liquidez pas votre portefeuille boursier. La perte que vous subissez pour le moment est une perte sur papier, ne vous empressez pas de la réaliser ! Soyez patient, même pour les achats de titre car je ne crois pas que le creux soit atteint.

Jusqu’où cela peut-il déraper ? Je n’en ai pas la moindre idée. L’effet est systémique et touche tous les secteurs et tous les pays. Je sais par contre que les ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les dirigeants des organismes réglementaires ont beaucoup de recours et de moyens. Par exemple, contrairement à la crise des années 1930, les clients des banques menacées ne perdront pas toutes leurs épargnes car les premiers 100 000 dollars sont assurés par le régime d’assurance dépôt du gouvernement américain. À l’époque, tout le monde était laissé à lui-même. Ce n’est plus le cas. Voilà pourquoi je ne pense pas que l’on vivra des temps aussi misérables

Je trouve néanmoins que certains sous-estiment l’ampleur de la tempête. Nous sommes comme à Galveston samedi matin. L’ouragan Ike a soufflé fort, mais il a fallu deux jours pour mesurer l’étendue des dégâts.

D’autres institutions vacillent et pourraient tomber, dont AIG, le plus grand assureur au monde. En cas de faillite 74 millions de clients – dont plusieurs au Canada – se retrouveraient sans assurance vie et 116 000 personnes perdraient leur emploi. De plus, une centaine de banques sont menacées.

47 000 emplois ont été perdus jusqu’à maintenant dans le secteur financier américain. Ces pertes s’ajoutent aux quelque 600 000 emplois détruits depuis le début de l’année aux États-Unis.

La baisse de la valeur de leurs propriétés et celle de leurs portefeuilles boursiers a – pour le moment du moins -appauvri les Américains. Ils seront moins dépensiers à court et à moyen terme.

On peut s’attendre aussi à ce que les banques deviennent très prudentes et limitent leurs risques au maximum. Conséquemment, beaucoup de projets d’achats de biens de consommation seront annulés ou reportés. Plusieurs entreprises n’obtiendront pas les crédits nécessaires pour se moderniser ou accroître leur production.

La diminution de la richesse des ménages, le taux de chômage accru et le resserrement des conditions de crédit nous mènent vers une récession aux États-Unis. Elle sera probablement plus sévère que prévu.

Le Canada n’est pas à l’abri des vents qui soufflent sur l’économie américaine. Il sera encore plus difficile de vendre nos produits aux Américains, qui seront encore moins nombreux à nous visiter.

Ce ralentissement va s’étendre en Asie et en Europe. Même la Chine sera touchée. Dell constate ce matin une baisse de la demande mondiale pour ses ordinateurs. D’autres entreprises feront bientôt le même constat.

Les conditions économiques actuelles provoquent la chute des prix des matières premières et de l’énergie. Cela aussi aura un fâcheux impact sur les exportations canadiennes. Pour la première fois dans le cycle actuel, les provinces de l’ouest devraient être touchées.

Le dollar canadien s’éloigne tranquillement de la parité avec le billet vert qui, ultime refuge en ces temps de crise, reprend du tonus face aux autres devises.

Les prochains jours devraient nous permettre de passer un diagnostic plus solide sur l’état de l’économie.

Enfin, tous les gouvernements du pays auront davantage de difficultés à boucler leur budget sans déficit.

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J’aime bien votre image de l’organisme infecté qui utilise tout son système immunitaire pour se défendre.

Malheureusement, les antibiotiques détruisent aussi ce qui est bon dans leur combat…

Il y a trop de cowboy qui jonglent avec l’argent des autres et qui, en plus osent demander plus de dérèglementation…
Il est aussi étrange de constater que les gourous du privé selon eux plus que parfait comparativement à la gestion du publis, siphonne sans vergogne l’argent des contribuables pour préserver leur empire.

Si vs avez un fonds de dividendes canadiennes (le grand standard) votre perte d’hier n’est qu’un demi-pourcent. Rien pour mal dormir. Parcontre c’est une très mauvaise année au Canada: votre fonds a perdu quelques points cette année. Entre le crash de 1998 et 2007, la plupart de ces fonds ont plus que doublé de valeur. Fallait encaisser les profits au début de la crise de l’immobilier aux États-Unis.

On oublie hélas, que malgré les discours des pseudo-connaisseurs de WallStreet et d’ici, l »économie n’est pas et n’a jamais été une science exacte.

C’est une science humaine comme les autres.

À la merci des passions et non de la raison.

« Il y a trop de cowboy qui jonglent avec l’argent des autres et qui, en plus osent demander plus de dérèglementation… »

Vous avez raison, l’excès de cupidité des financiers et leur vision à court terme a causé la crise actuelle. Une grande récession arrive à grand pas et il faut absolument la contrer. En tant que société, nous avons laissé les maîtres de ce monde déréglementer les finances pour qu’ils puissent s’enrichir rapidement. C’est ce qui a causé la crise immobilière qui elle même cause la récession. Contrairement à ce que nos « Elvis » (comme dit M. Fleurent) racontent, la Fed n’a pas causé la crise actuelle, elle a essayé de la contenir tant bien que mal mais.. que faire contre l’égocentrisme de plus en plus présent dans notre société? Dans le but de s’enrichir les banques ont concédé des prêts à risque et ont causé leur propre perte. Pourtant certaines personnes sont convaincues qu’un organisme privé peut gérer de l’argent efficacement.

Maintenant il faut s’ajuster et amenuiser les effets de la crise le plus possible : » les clients des banques menacées ne perdront pas toutes leurs épargnes car les premiers 100 000 dollars sont assurés par le régime d’assurance dépôt du gouvernement américain. » Grâce à cette mesure, l’économie saura survivre, heureusement nous avons droit au soutient de l’investissement public.

Par la suite, il faudra s’assurer que ça n’arrives plus et que les citoyens du monde (parce que la crise afecte le monde entier) ne soient plus désarmés contre l’égoïsme grandissant des financiers de ce monde. Il serait enfin temps que l’état prenne ses responsabilités et élimine le financement privé qui est à l’origine de la crise pour créer une société de financement qui s’occuperait des investissements afin de s’assurer qu’ils soient placé efficacement.

Ce serait une mesure coûteuse mais il serait préférable que l’état reprenne le pouvoir de l’économie qui lui revient. À la rigueur, il pourrait même punir les financiers avides d’argent en les expropriants tout simplement des richesses qu’ils ont volé (parce que un vol reste un vol) à la société pour lui même réinvestir dans les secteurs qu’il juge profitable qui subiront le coup de cette crise. « Plusieurs entreprises n’obtiendront pas les crédits nécessaires pour se moderniser ou accroître leur production. » Avec cet argent repris des mains des voleurs, nous pourrions soutenir l’économie et éviter la récession qui est à leur profit autrement.

C’est ironique.

On dit l’économie américaine au bord du gouffre mais leur dollar est toujours considéré comme une valeur refuge.

Quand le système capitaliste s’écroule suite à des placements junkies par des aventuriers de la haute finance, toute la classe financière crie au secours à l’État pourtant très réfractaire à ce même État quand il s’agit du bien public.
Les plus grands perdants dans ce désastre annoncé depuis des mois seront encore une fois les petits épargnants.

Le gouvernemt américain vient d’injecter 85 milliards dans AIG, en retour il s’accapare 80% des parts.

C’est-ti ça que l’on appelle nationalisation?

« On dit l’économie américaine au bord du gouffre mais leur dollar est toujours considéré comme une valeur refuge. » (DG)

Et les chinois veulent s’en débarrasser pour l’Euro.

La croissance économique dépends dans une grande mesure de la consommation de la population laquelle est souvent effectuée avec de l’argent emprunté. Il arrive un moment où il faut rembourser ce qui réduit notre pouvoir de consommer à nouveau. Le crédit trop accessible rend la société vulnérable puisque les institutions qui en vivent risquent d’en mourir.

« La croissance économique dépends dans une grande mesure de la consommation »

Absolument, mais elle ne doit pas être soutenue par l’endemment mais bien par l’investissement public. C’est comme ça que la croissance économique s’effectue : en créant de l’emploi qui stimule la consommation. Un des grand économiste qui a précisé cette méthode est John Maynard Keynes au début du siècle. Ses idées ont influencé la plupart des états de ce monde vers la prospérité. Il serait temps d’appliquer au mieux ces principes.

John Maynard Keynes a créer la misère et la ruine.

John Maynard Keynes n’a jamais été assez intelligent pour se poser la question suivante: d’où vient l’argent de l’état ?