Nos ancêtres, ces entrepreneurs !

Éclairage des rues, création de parcs publics, implantation de tramways… Toutes ces merveilles de nos vies ont vu le jour grâce aux pressions des chambres de commerce, ces organismes dont il est trop souvent de bon ton de railler les dîners-conférences !

Cette année, la Fédération des chambres de commerce du Québec célèbre ses 100 ans. Profitons-en pour en finir avec cette idée des Canadiens français misérabilistes, dont l’entrepreneuriat ne serait né qu’avec la Révolution tranquille.

En 1887, le créateur de la toute première Chambre de commerce francophone, un agronome du nom de Joseph-Xavier Perrault, militait pour augmenter le commerce non seulement avec les États-Unis, mais aussi avec… la Chine et le Japon ! « Nous avons l’intelligence des affaires », disait-il. Avec raison.

Perrault a réuni des gens d’affaires comme Damase Dalpé dit Parizeau, un menuisier et marchand de bois. Celui-ci sera quelques années plus tard l’un des instigateurs de l’École des hautes études commerciales – où enseignera son arrière-petit-fils Jacques, avant de devenir premier ministre du Québec. On trouvait également L.E. Morin, un distributeur de produits pétroliers, et le pharmacien Joseph Contant. L’homme d’affaires réputé Louis Beaubien, cofondateur de la Banque provinciale du Canada et de la ville d’Outremont, aussi propriétaire de chemins de fer, devint conseiller de la Chambre de commerce du district de Montréal en 1889. Son arrière-petit-fils Philippe de Gaspé Beaubien sera l’une des figures de proue du Québec inc. pendant des décennies.

Misérabilistes, les gens d’affaires francophones de « l’avant Révolution tranquille » ne l’étaient absolu ment pas ! Déjà, vers 1850, la maison de commerce des frères Louis et Jean-Baptiste Renaud était aussi grande et aussi prospère que ses concurrentes anglaises ou américaines. Un bien nommé Jacques-Félix Sincennes sera à la tête de la Compagnie du Richelieu, importante société de transport qui deviendra la Canada Steamship Lines. Victor Hudon va créer une entreprise qui servira à la fondation de la Dominion Cotton Mills, ancêtre de la Dominion Textile. L’entrepreneur Louis Payette construira le Château Frontenac et la gare Viger. Georges-Élie Amyot sera le plus important fabricant de corsets de l’Empire britannique, et Tancrède Bienvenu, le roi des spaghettis en Angleterre, grâce aux pâtes Catelli. La liste de ces entrepreneurs méconnus pourrait être longue !Il ne faut donc pas s’étonner qu’en 1857, 135 hommes d’affaires francophones aient suivi Joseph-Xavier Perrault et d’autres pour fonder un organisme consacré à la défense de leurs intérêts.Ce rôle d’avant-garde, la présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, se fait un plaisir de le rappeler. Quand, en 1909, 13 chambres de commerce ont décidé de se regrouper, c’était pour accroître leur influence et créer un Québec plus fort et plus prospère. « Les chambres de commerce ont milité pour le développement du réseau routier, pour la création du ministère de l’Éducation et pour l’accessibilité à l’éducation, dit Françoise Bertrand. Elles ont été présentes au sein de la commission Parent, qui est à l’origine de la création des cégeps et du réseau de l’Université du Québec. Elles ont constamment favorisé l’enrichissement de la vie col lective et des milieux de vie. »

Quels sont les grands dos siers qui animent aujourd’hui ce réseau regroupant 100 000 membres individuels, 44 000 entreprises et 161 chambres locales présentes sur tout le territoire québécois ? Françoise Bertrand mentionne la promotion et le suivi des principales activités de développement économique. La Fédération veut veiller à la mise en œuvre des projets et elle en assure le suivi constant dans un site créé expressément à cet effet, quebecenavant.com. « Nous sommes mobilisés pour tout ce qui gravite autour de la main-d’œuvre, de la productivité et de l’innovation ainsi que de l’évolution des marchés extérieurs », dit la présidente. Joseph-Xavier Perrault ne l’aurait pas contredite !

Et encore

Cette année du centenaire sera riche en manifestations. Le 22 octobre prochain, la Fédération et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain réuniront des représentants de trois générations de gens d’affaires lors d’un colloque sur l’entreprise de demain. Pour clôturer le tout, une grande soirée sera donnée à l’immeuble de la Caisse de dépôt et placement du Québec. On y célébrera les premiers lauréats du nouveau Panthéon des entrepreneurs du Québec. « Ce sera un legs à la relève et l’expression de la fierté des entrepreneurs. »

— Chronique publiée dans L’actualité du 1e juin 2009

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Rendons hommage à tous ceux-là qui ont allié le développement économique au service d’un mieux-être sociétal.

Est-ce que ces précurseurs seraient à l’aise avec la lettre de la directrice générale écrite à la défense sans nuances du cafouillis des FIER?

Quel merveilleux sujet de livre, Monsieur Duhamel. On devrait enseigner cela dans les écoles. Les jeunes aiment les histoires de réussites – et on se souviendrait certainement d’un homme d’affaires nommé Jacques-Félix Sincennes (!)

Les entrepreneurs du reste du Canada ont la plus haute estime des gens d’affaires du Québec. J’entends constamment des grognements contre la classe politique, mais jamais contre le gens d’affaires du Québec.

Merci. L’idée de la grande noirceur est tellement répandue et ancrée dans la pensée collective que l’on a fini par penser qu’avant la révolution tranquille c’était le néant. C’est Maurice Duplessis et son parti qui ont électrifié les campagnes du Québec. Un progrès immense sur les lampes à l’huile. Les gens ont voté pour lui, ils avaient apprécié. Les gens d’avant 1960 n’étaient pas plus bêtes que nous aujourd’hui. Peut-être moins.

@ A.Champagne #5

C’est Maurice Duplessis et son parti qui ont électrifié les campagnes du Québec.

Il faudrait quand-même pas exagérer l’importance des « Bleus » de Duplessis dans l’électrification rurale. L’électrification rurale a été entreprise AVANT l’arrivée au pouvoir de Duplessis. La pupulation a commencé à réclamer l’électricité dans les années 30, mais la prospérité de l’après-guerre qui aura été l’élément déclencheur.

Par ailleurs, c’est le gouvernement Godbout (libéral) qui a créé Hydro-Québec, née en avril 1944 de la nationalisation de la Montreal Light, Heat & Power.

Pourquoi le gouvernement Duplessis n’a-t-il pas utilisé les pouvoirs détenus par Hydro-Québec pour prolonger les réseaux ruraux ? La question n’est pas simple et nous ne pouvonsque soulever des hypothèses. On peut croire que M. Duplessis, en partisan convaincu du libéralisme économique, n’a pas voulu inquiéter les compagnies d’électricité. L’électrificationrurale orchestrée par Hydro signifiait que cette dernière interviendrait directement dans lamajeure partie des régions du Québec.

– Marie-Josée Dorion, page 35, dans:
http://74.125.113.132/search?q=cache:f3So2m6B0zcJ:www.irec.net/publications/213.pdf+électrification+du+québec&cd=3&hl=fr&ct=clnk&gl=ca

Duplessis a été un frein, donc, si l’on en croit cet auteur…

» Et maintenant place aux fonctionnaires et autres ronds de cuir!!! » Un petit tour en Somalie brasseur ? Y a en pas de fonctionnaires par là. Y a rien que des entrepreneurs indépendants.

@ Warren Peace

Pour Hydro Québec, je peux me tromper, mais si ma mémoire est bonne, la création d’Hydro Québec était dans les projets des fondateurs de l’Union Nationale plusieurs années avant 1944 et en était une condition.

Il me semble que Godbout a créé Hydro pour couper l’herbe sous les pieds de Duplessis pour le battre aux prochaines élections mais les a perdu quand même.

C’est à vérifier.

@Yvon Fleurant #8

Votre hypothèse tient la route. Ni le Parti Libéral de l’époque ni l’Union Nationale ne jouaient dans les cordes de l’actuel Québec Solidaire. Et Godbout n’avait pas les couilles de Lesage, qui lui, a su s’entourer de visionnaires. Je ne parle pas seulement de ses ministres (Kierans, Lévesque, Gérin-Lajoie…) mais aussi de sa garde rapprochée (Claude Morin, plus tard taupe de la GRC au sein du PQ; Louis-Philippe Pigeon, plus tard juge à la Cour Suprême, etc).

Je ne fais pas reproche à Duplessis de n’être pas celui qui a créé Hydro-Québec. Je lui fais reproche d’avoir tenu Hydro-Québec entre ses mains, sans lui permettre de s’étendre en milieu rural et de contribuer ainsi à la prospérité des régions. Cela dit, l’Histoire enseigne que Lesage a lui-même longtemps hésité, avant de se rallier à Lévesque.

Un exemple de mauvaise gestion par le privé: avant la nationalisation dont Lévesque avait fait son cheval de bataille, l’Abitibi était alimentée sur le « 25 cycles », si bien qu’un grille-pain abitibien ne fonctionnait pas à Montréal, et vice-versa. On devine que les coûts d’acquisition des appareils électriques y étaient très élevés…

@ WP

« Je ne fais pas reproche à Duplessis de n’être pas celui qui a créé Hydro-Québec. Je lui fais reproche d’avoir tenu Hydro-Québec entre ses mains, sans lui permettre de s’étendre en milieu rural et de contribuer ainsi à la prospérité des régions. »

Il en a probablement fait de la politique d’une élection à l’autre comme pour les routes. Un mot dont je peu témoigner personnellement d’un personnage important de l’UN est « graduellement. (Autrement dit un ti boutte d’une élection à l’autre)

C’était probablement un de ses acolytes qui voulait HQ.

Ceci est vérifiable dans la série Duplessis de RC si ma mémoire est bonne.

De toute façon c’est un exemple où le Québec à souffert d’aliénation économique comme pour les routes le fédéral étant impliqué.

Il y a aussi les nouveaux entrepreneurs.

« …Guy Laliberté préfère les placements privés à la Bourse. Surtout des investissements dans des entreprises québécoises.”

Il a 0.00 cennes à la bourse.

«Je ne joue pas à la Bourse, dit Guy Laliberté. Ce n’est pas ma tasse de thé. Tout ce que j’ai fait dans la vie, c’est de bâtir des relations d’affaires basées sur la confiance et des valeurs communes. C’est ma nature et je ne veux pas me dénaturer même si j’ai plus d’argent qu’il y a quelques années.»

«Dans le contexte économique actuel, je voulais d’abord faire des investissements au Québec, dit-il. Nous avons une force au Québec, le dynamisme de nos entrepreneurs. J’espère qu’on va se retrousser les manches.»

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/bourse/200905/05/01-853293-guy-laliberte-ne-place-pas-son-argent-a-la-bourse.php?utm_source=bulletinLPA&utm_medium=email&utm_campaign=retention

Si cela lui réussit, la même chose s’applique à la caisse de dépôt.

@ Fleurent

La bourse c’est un outil d’investissement.. il en utilise seulement d’autres ; investir directement et plus massivement! La bourse ce n’est qu’un outil économique de financement (et d’investissement), évidemment les variations sont risquées mais ne pensez pas pouvoir l’éliminer sans changer profondément les méthodes de propriété (financement) des entreprises.

On se demande aujourd’hui comment nos entrepreneurs d’antant on fait pour créer leur entreprise sans l’aide « inestimable » de l’omniprésent gouvernement. Je crois qu’ils savaient de prendre en main et s’assumaient sans constamment quémander aux instances étatiques.

Aujourd’hui, «Les gouvernements ont une vision de l’économie qui peut être résumée en quelques mots: si ça bouge, taxez-le. Si ça continue à bouger, réglementez-le. Si ça cesse de bouger, subventionnez-le.»

– Ronald Reagan (1986)

@ François 1

Ton exemple en est une digne de Reagan.

Part toi en une entreprise et demande l’aide du gouarnement.

Après tu pourras en juger si c’est si facile de se partir en affaire avec l’état.

Tu ne connais rien dans ce domaine et tu nous fait des sermons de vicaires.

Et Reagan, oui, disons que ce n’est pas là qu’il faut rechercher le gros QI.

Cette fois là, les républicains avaient trouvé le bon acteur (il était plate), la bonne marionnette.

@ Yvon Fleurent:

« Ton exemple en est une ligne de Reagan… »: Relisez mon message. J’ai clairement écrit que ça venait de Reagan à la toute fin, cependant, je trouve votre commentaire très méprisant pour ce très grand Président américain qui a été élu pour deux mandats par les siens. D’ailleurs, à mon avis, nous n’aurons bientôt plus le choix au Québec que d’élire quelqu’un de sa trempe pour redresser l’état de nos finances qui est catastrophique.

Le reste de votre intervention est à l’avenant…

@ François 1

Je maintiens ce que j’ai écris, que se soit le pape ou Reagan.

Vous avez votre avis libéraliste c’est votre choix et il n’est pas obligatoire pour les autres.

Si vous voulez mon avis Obama, détesté par les libéralistes sera énormément plus populaire que Reagan et il est plus intelligent. C’est un des très rares de l’histoire des USA qui n’est pas une marionnette de l’administration.

Pour les finances le Québec est mieux portant que les USA, et ce sont les libéralistes qui ont mis ce pays dans la dèche en commençant par la droite à la Reagan pas Obama. Lui il tente de réparer les pots cassés de l’extrême droite de moins en moins populaire.

Alors quelqu’un de la trempe de Reagan ne ferait que nous mettre dans la merde économiquement, comme aux USA.

Pas besoin de ça.

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