Nos champions à l’international : Les Entreprises Barrette

Malgré sa réserve, Barrette est probablement le plus grand fabricant de clôtures et de cabanons du continent.

Photo: Getty Images
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Blogue EconomieLes Entreprises Barrette, de Saint-Jean-sur-Richelieu, est «l’un des plus grands fabricants de produits de bois et de vinyle pour la construction et pour l’extérieur en Amérique du Nord», apprend-on sur le site de l’entreprise. Mais bonne chance si vous voulez en savoir plus sur ce joyau quasi inconnu de l’économie québécoise.

Cette entreprise, qui est probablement le plus grand fabricant de clôtures et de cabanons du continent, est extrêmement discrète et je ne crois pas que son président, Yves Barrette, n’ait accordé une seule interview à un journaliste. Il a fallu le livre des consultants en stratégie d’entreprise Dominic Deneault et Guy Barthell, Le Québec sur le podium, publié en 2010, pour que j’apprenne l’existence de cette entreprise, l’ampleur de ses activités et son histoire inspirante.

Dans ce livre, on apprend notamment que Barette affichait il y a déjà cinq ans des ventes de 600 millions de dollars et qu’elle employait 5 000 employés dans ses usines canadiennes et américaines. La publication spécialisée Opérations forestières et de scierie évalue plutôt à 2 800 le nombre d’employés, également répartis entre le Canada et les États-Unis.

Je compte au moins six installations de fabrication au Québec et des usines au Tennessee et en Ohio. Elle y fabrique plus de 90 types de panneaux de clôtures de bois et de vinyle, des fermes de toit utilisées dans la fabrication de toiture, des solives et des murs préfabriqués, des gazebos, des cabanons et des rampes d’escalier et elle exploite l’une des scieries les plus productives du Québec, à Chapais, à 650 kilomètres au nord de Montréal.

L’histoire de l’entreprise en vaut la peine et le récit qu’en font Deneault et Barthell est passionnant.

Le père d’Yves Barrette crée en 1957 une entreprise de transport en Abitibi. En 1964, Vianney Barrette s’installe à Laval et crée Barvi, une entreprise dont l’activité est de refendre et de planer du bois d’oeuvre pour l’industrie de la construction. Il ne lui manque plus qu’une scierie pour détenir toutes les activités de la chaîne de valeur puisqu’il transporte, distribue et effectue déjà une deuxième transformation du bois. Il s’alliera en 1965 avec Gérard Saucier pour former Barrette & Saucier, qui exploitera une scierie à Lebel-sur-Quévillon.

Vianney Barrette décède subitement à 45 ans et Yves, son fils aîné, n’en a que 20 quand il lui succède en 1975. Son père lui avait en quelque sorte donné les instructions pour ce qui allait suivre: «Si je meurs, tu n’arrêtes pas. Tu fonces, tu fonces!», lui avait-il déjà dit. Le message a été compris.

Les premières années ont été difficiles. Il a fallu céder la scierie à Gérard Saucier et en acheter de nouvelles pour approvisionner Barvi. Les trois scieries achetées pour approvisionner dorénavant l’entreprise sont en difficulté et celle de Chapais est carrément en faillite. Et comme un malheur ne vient jamais seul, le gouvernement retire à la famille Barrette ses droits pour sa terre de bois à plus gros diamètre, ne lui laissant qu’une terre de bois à petit diamètre. La cour de Barvi se retrouve remplie de bois de six pieds qui n’est pas utilisé dans le secteur de la construction.

Yves Barrette trouve d’abord un débouché pour ses planches de bois trop courtes. Il transforme les installations de Laval en une usine de production de clôtures. Il entreprend ensuite une tournée des usines canadiennes et scandinaves pour trouver les meilleurs équipements disponibles et augmenter la productivité à l’usine de Chapais, qui devient la scierie la plus productive à l’est des Rocheuses.

Malgré la crise qui a secoué ce domaine avec l’écroulement en 2007 de la construction résidentielle aux États-Unis, Barrette-Chapais — c’est le nom de l’entreprise qui exploite la scierie — a maintenu son rythme de production et préservé les emplois de ses quelque 500 employés.

Quand les Américains commencent à le concurrencer avec des clôtures de vinyles, Yves Barrette achète en 2001 le plus gros manufacturier et distributeur aux États-Unis, U.S. Fence.

Les Entreprises Yves Barrette est une société à portefeuille qui exploite aujourd’hui quatre divisions: Ambiance extérieure pour les produits de bois, vinyle et aluminium utilisés au jardin; la scierie de Chapais; Toiture mauricienne, la division de bois d’ingénierie possédée à 100 % depuis décembre 2011; et Valeur ajoutée, qui vend du bois, de la simple planche au bois utilisé pour la fabrication de clôture ou de sommiers.

Les fils d’Yves Barrette sont déjà actifs dans l’entreprise. Benoît Barrette est le président des divisions Barrette-Capais et Valeur ajoutée. Il siège au conseil d’administration du Conseil de l’industrie forestière du Québec et le site pancanadien Opérations financières et de scierie en a fait l’une des 20 étoiles montantes de la foresterie au Canada.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

1 commentaire
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Bravo a Barrette Chapais je travaillais pour Opémiska quand Barrette s’est implanté a Chapais et il y avais des septiques pour le fonctionnement de l’usine et bien ils ont fais mentir les septiques et il est rare que l’ont entend parler de Barrette et des Chantiers Chibougamau aux nouvelles ces entrepreneurs ont su diversifier leurs produits ils ne se sont pas contenter de faire du 2×4 ils ont fais de la deuxième et troisième transformation,bravo encore a ces Mesieurs.