Nos champions à l’international : Velan

Présente dans neuf pays, Velan, une entreprise montréalaise spécialisée en robinetterie industrielle, a le marché mondial inscrit dans son ADN, dit Pierre Duhamel.

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Photos : Velan

L’histoire est de celle qu’on aime raconter quand on veut illustrer la contribution des immigrants au développement économique et à l’enrichissement de leur société d’accueil.
Blogue Economie

1948. La Tchécoslovaquie bascule dans le camp soviétique. Le Parti communiste prend le contrôle, élimine ses opposants et nationalise toutes les entreprises privées de plus de 50 employés.

En 1949, Karel Velan, un diplômé en génie mécanique, quitte la Tchécoslovaquie pour Montréal. Il fondera l’année suivante Velan inc., qui deviendra un chef de fil mondial dans le domaine de la robinetterie industrielle.

Velan fabrique des appareils utilisés dans des raffineries et des champs pétrolifères et gaziers, ou alors, dans plus de 350 centrales nucléaires et 950 navires de la marine américaine ou des pays de l’OTAN.

En 1950, le premier sous-marin nucléaire américain, le USS Nautilus, contenait des pièces provenant de l’entreprise montréalaise, comme ce sera le cas pour le tout dernier porte-avions américain, le USS Gerald R. Ford, qui entrera en fonction en 2017.

Une entreprise si spécialisée a le marché mondial inscrit dans son ADN. Elle a ouvert sa première usine au Royaume-Uni en 1954 et sa première installation américaine à Plattsburgh, en 1956. Aujourd’hui, Velan emploie plus de 2 000 employés à ses 17 installations de fabrication, lesquelles sont situées dans neuf pays. Ses revenus étaient de 489 millions de dollars l’an dernier.

En plus du siège social dans l’arrondissement Saint-Laurent, Velan a trois usines à Montréal et une autre à Granby. En tout, 900 personnes travaillent à ses bureaux et usines du Québec.

L’entreprise est cotée en Bourse depuis 1996, mais elle est peu connue du grand public. Elle ne vend pas de robinets de salle de bain à Pierre Duhamel, mais des robinets à soupape à des entreprises comme Esso, Dow, Enbridge ou Samsung ! Le fait que l’entreprise appartienne à 70 % à la famille Velan et que le titre soit peu transigé en Bourse n’aide pas à la faire connaître.

Les affaires sont au ralenti depuis quelque temps. Les ventes ont baissé de 22 % au premier trimestre, comparativement à la même période l’année précédente. Une gestion serrée a néanmoins permis de hausser la rentabilité. Autre bonne nouvelle : le carnet de commandes est en légère hausse.

Le marché asiatique est le plus prometteur, et l’entreprise espère faire doubler de 11 % à plus de 20 % d’ici cinq à dix ans la proportion des ventes qui proviennent de ce continent. Pour ce faire, elle mise beaucoup sur ses trois usines en Corée du Sud, sa nouvelle installation de fabrication en Inde ainsi que son usine chinoise.

Karel Velan, âgé aujourd’hui de 96 ans, préside toujours le conseil d’administration de l’entreprise, aujourd’hui dirigée par son fils, Tom Velan. Un autre fils, Ivan Velan, agit à titre de vice-président exécutif, et la troisième génération de la famille est déjà présente dans l’entreprise.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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